SELS FORMÉS AVEC LES ACIDES VÉGÉTAUX
ACETATES.
Les acétates sont des combinaisons salines , résultant de l'union de l'acide acétique avec les bases salifiables. Ces sels
possèdent les caractères suivans , qui peuveut servir à les faire reconnaître : i°. exposés à ractiou de la chaleur, ils se décomposent et donnent , comme produits de cette décomposition, de l'eau, du gaz acide carbonique, du gazoxide de carbone , de l'huile , du gaz hydrogène carboné , du charbon , de l'acide acétique et de l'esprit pyro-acétique. On a reconnu qu'en général les acétates très décomposables par la chaleur donnent beaucoup d'acide acétique ( exemple , l'acétate de cuivre) et peu d'esprit pyro-acétique, tandis qu'au contraire les acétates qui exigent une haute chaleur pour leur décomposition (exemples, les acétates de potasse, de soude) donnent plus d'esprit pyro-acétique et moins d'acide (i).
2°. Les acétates sont presque tous solubles dans l'eau.
3°. Traités par plusieurs acides, tels que l'acide hydro-chlorique, l'acide nitrique, l'acide phosphorique, l'acide sulfurique, les acétates sont décomposés avec dégagement d'acide acétique ; . il y a formation d'autres sels ( des hydro-chlorates, nitrates , phosphates , sulfates ) .
L'acide sulfurique étant fixe , on doit l'employer de préférence pour reconnaître et décomposer les acétates. Cet acide détermine le dégagement de l'acide acétique et forme des sulfates avec les bases.
ACÉTATE d'ammoniaque.
Ce sel est le résultat de la com^binaison de l'acide acétique avec l'ammoniaque , dans les proportions de 62,45 d'acide et de 37,55 de base. L'acétate d'ammoniaque peut être préparé de diverses manières; mais, quel que soit le mode de préparation qu'on ait employé , il doit être incolore , sans excès d'acide, marquer 5° à l'aréomètre des sels, ou i,o36 à l'aréomètre à densité.
(i.) U11 tableau des produil&fouruis par divers acétates, eii, acide et en esprit pyro-acéliqne , a ctë pabUé par Cheneyix. ( Tliompson , tom, II, pag. i5o. )
84o MANUEI,
Procédé du Codex. On prend une quaiitilé voulue d'acide acétique marquant 3° ; on le place dans une bassine d'argent, et l'on y ajoute par petites portions, pour éviter une effervescence trop vive , du sous-carbonate d'ammoniaque jusqu'à ce que la saturation de l'acide soit opérée. On chauffe doucement le liquide, on essaie ensuite par le papier de tournesol. Si la saturation est complète , on laisse refroidir ; on filtre la liqueur et on la conserve dans des flacons bien bouchés. Si la liqueur n'était pas saturée , on ajoute, selon le besoin , ou l'acide ou l'alcali nécessaire, jusqu'à ce que la saturation soit complète.
MM. Steinacher, Destouches, Mavtius, ont donné des procédés pour obtenir l'acétate d'ammoniaque. Le procédé décrit par M. Steinacher est à peu près le même que celui i-apporté dans le Codex j il ne présente aucune modification qui puisse faire préférer son emploi (i).
Procédé de M. Des touches. On fait dissoudre dans une once et demie d'eau distillée trois onces d'acétate de potasse. Lorsque cette solution est faite, on y mêle une autre solution, qu'on a préparée avec 4 onces d'eau pure et 2 onces de sulfate d'ammoniaque. A peine ces deux sels liquides sont-ils en contact, que la décomposition s'opère avec une légère élévation de température ; il y a formation d'acétate d'ammoniaque et de sulfate de potasse , qui se précipite au fond du vase, tandis que l'acétate d'auîmoniaque reste liquide et surnage. On laisse refroidir la liqueur, pour qu'une petite quantité de sulfate de potasse , qui restait en dissolution à l'aide de la chaleur, puisse se précipiter, et l'on filtre pour séparer ce sel de l'acétate liquide. On lave le filtre avec deux onces d'eau froide, pour enlever l'acétate d'ammoniaque, qui imprègne encore les cristaux de sulfate de potasse. On réunit les liqueurs , qui pèsent 8 onces, et qui contiennent de l'acétate d'ammoniaque
(1) Nous avons lappoiie ici les divers procèdes employés à la pre'paratiou de ce sel , poiu ucdrc relève uu pivcau des couaaiâsauccs actuelles.
Dl) PHARMACIEN. 84 1
complètement sature. Cet acétate doit contenir un peu de sulfate de potasse.
M. Martius (i) , se basant sur la quantité' d'acide carbonique plus ou moins grande qui existe dans le sous-carbonate d'ammoniaque du commerce , avance qu'il est impossible d'obtenir par les procédés indiqués jusqu'ici un acétate d'ammoniaque d'une concentration constante. Il indique alors, pour obtenir de l'acétate d'ammoniaque médical, la saturation de l'acide acétique à un degré connu par de l'ammoniaque aussi à un degré déterminé. Le degré de l'acétate d'ammoniaque étant bien établi , il est facile par les divers procédés d'obtenir l'acétate d'ammoniaque médical au degré nécessaire : il ne s'agit pour cela que de saturer exactement de l'acide acétique, soit par l'ammoniaque, soit par le sous-carbonate de cette base, et d'amener le produit saturé à la densité de i,o36, soit en le concentrant à l'étuve , si la densité du sel liquide est moindre, soit en étendant d'eau la solution, si sa densité est plus considérable.
M. Thénard, dans son Traité de Chimie, indique le procédé suivant pour préparer Vacétale acide. On introduit dans une cornue un mélange fait à parties égales d'acétate de potasse et d'hydro- chlorate d'ammoniaque, on chauffe ensuite le vase distillatoire , pour opérer la décomposition; l'acétate d'ammoniaque se sublime en très grande quantité sous forme de cristaux. Ces cristaux d'acétate acide, recueillis, dissous dans l'eau, peuvent être ramenés par le sous-carbonate à l'état d'acétate neutre et au degré convenable à son emploi médical.
L'acétate d'ammoniaque liquide a d'abord une saveur fraîche; cette saveur change bientôt, et a ensuite quelque chose de sucré. Soumis à la distillation dans une cornue , ce sel perd une portion de sa base, qui passe à la distillation, unie à un peu d'acide acétique ; en continuant l'opération , on ob-
(i) Rejjcrljui die Pluinna , h. XV, h. i , \>. 66.
tient de l'acide acétique mêlé d'un peu d'ammoniaque ; enfin le sel se réduit en vapeurs, après avoir éprouvé une décomposition partielle. L'acétate d'ammoniaque liquide est employé comme stimulant ; on le donne à la dose de deux gros à deux onces dans des véhicules et en des temps convenables. C'est un très bon médicament contre l'ivresse.
ACÉTATE d'ammoniaque EMPYREUMATIQUE.
Esprit de Mindérer^ Esprit de Mindêrérus.
Ce sel diffère du précédent en ce qu'il est mêlé d'un savonule ammoniacal formé par la combinaison de l'huile empyreumatique avec du sous -carbonate d'ammoniaque.
On prépare Vespril de Mindêrérus (i) de la manière suivante. On fait distiller du vinaigre ordinaire; on rejette le premier tiers , qui est trop aqueux ; on recueille le second tiers , qui* passe à la distillation , et on le sature par du sous- carbonate d'ammoniaque empyreumatique, tel qu'on l'obtient de la distillation de la corne de cerf. Lorsque la saturation est complète^ on filtre le liquide et on le conserve dans des flacons bien fermés et placés à l'abri des rayons lumineux
L'esprit de Mindérer ainsi préparé est tonique et diaphorétique , propriétés que ne possède pas l'acétate d'ammoniaque préparé avec le sous-carbonate d'ammoniaque pur.
Ce sel est peu usité ; cependant nous avons eu occasion d'en préparer à plusieurs reprises. Il doit être récent : lorsqu'il est abandonné à lui-même, il éprouve un commencement de décomposition ; il laisse alors précipiter une matière noire , pulvérulente, ayant l'apparence du charbon.
L'acétate d'ammoniaque contient quelquefois du cuivre qui provient des vaisseaux dans lesquels s'est faite la sattiration
(i) L'autciu de ce nicdicament se nommait Mindérer; dans les onvrages laiins, on lui a donne lu terminaison us. ( Re'cluz. )
de l'acide par la base, ou par l'emploi d'un acide impur. Pour reconnaître la présence de ce métal, on verse dans l'acétate d'ammoniaque quelques gouttes d'acide en excès , et l'on y trempe une lame de fer : celle-ci se recouvre d'une couche de cuivre si l'acétate examiné contient de ce métal ; si cet effet n'a pas lieu, c'est que ce combiné n'en contenait pas.
La calcination indique encore si l'acétate d'ammoniaque est pur : dans ce cas, il doit se détruire en entier sans laisser d'alcali, ce qui n'arrive pas lorsqu'on calcine un acétate ammoniacal qui contient de la soude , de la potasse, ou même de la chaux.
ACÉTATE DE BARÏTE.
Acéte de barjte, Proto-acétate de barium.
Ce sel est le résultat de la combinaison de l'oxide de barium avec l'acide acétique. Il cristallise eu aiguilles fines, prismatiques , transparentes ; sa saveur est acide et amère ; il est soluble dans l'eau : loo parties de ce liquide bouillant peuvent dissoudre g6 parties d'acétate , et 88 seulement si ce liquide est à la température de i6°. ( Buchoîz. ; La solution aqueuse de l'acétate de baryte peut être employée pour constater, dans les vinaigres ou autres liquides , la présence de l'acide sulfurique ou des sulfates; le moyen de l'émplbyer consiste à verser , dans une solution soupçonnée contenir de l'acide Sulfurique ou un sulfate libre , de l'acétate de baryte liquide jusqu'à ce que celui-ci ne forme plus de prééipité ; à recueillir le précipité ; à le laver d'abord avec de l'eaU acidulée par l'àcidô nitrique, puis avec de l'eau pure ; à le faire sécher ; à prendre le poids du précipité, d'où l'on déduit celui de l'acide sulfurique qui le constitue sulfate.
On prépare l'acétate de baryte de deux manières : i°. par la décoipposition du sulfure de baryte. On délaie dans l'eau pure le sulfure de baryte obtenu de la calcination du sulfate avec le charbon ; on verse dans ce mélange de l'acide acétique par petites portions ; on continue l'addition de cet acide jusqu'à ce
qu'il y en ait un léger excès. On chauffe le liquide pour chasser l'acide hydro-sulfurique qui i\e se serait pas dégagé ; on filtre, et Ton fait évaporer convenablement : le sel cristallise; lorsque la cristallisation est opérée, on décante l'eau-mère, on met le sel à égoulter, on le lave ensuite avec un peu d'eau pure : lorsqu'il est sec, on l'enferme dans des flacons pour le soustraire au contact de l'air ( ce sel est un peu efilorescent ).
2**. En saturant la solution aqueuse de baryte par l'acide acétique. On prend une solution d'hydrate de baryte faite à chaud , on la sature par cet acide ; on fait évaporer la liqueur lorsqu'elle a été filtrée. Les cristaux que l'on obtient de cette manière sont plus purs que ceux provenant de la décomposition du sulfure.
L'analyse de l'acétate de baryte a donné les résultats suivans : acide, 43, 1 7 ; base , 56,83. ( Thénard et Gay-Lussac. )
Les résultats donnés par Thompson sont les suivans : acide acétique, i atome, 6,25 ; baryte, i atome, 9,75; eau, 3 atomes, 3,375; total, 19,375.