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ACÉTATE DE POTASSE

Terre foliée végétale , ^rcanuni lartari. Ce sel a été décrit d'une mauièie précise par ilaynioud

DU PriARMACIRN. 855

Lulle , et c'est à lui que sont dues les preiaières notions exactes que nous avons eues sur sa pre'paration. On l'obtient en saturant l'acide acétique provenant de la distillation du vinaigre, ou celui provenant du bois (qui avait ete' appelé pyro-ligneux ) , par le sous-carbonate de potasse pur.

Quelques praticiens pensent que ces niédicamens , préparés avec ces deux acides , ne sont pas identiques. Cette assertion est vraie si l'acide obtenu du bois n'est pas entièrement privé de principes étrangers; mais si l'acide est à l'état de pureté, ces médicamens ne diffèrent en rien l'un de l'autre.

Préparation. On verse dans une certaine quantité d'acide acétique ou dans du vinaigre distillé , une solution de souscarbonate de potasse obtenue par la combustion du tartre (i), de manière à saturer immédiatement l'acide. Ce mode d'agir a été indiqué par notre collègue M. Fremy , et il a eu pour but de ne pas permettre à l'alcali de réagir sur le vinaigre , réaction qui colore le liquide et l'acétate sec qu'on en obtient. Quand la saturation est complète , et qu'il ne se dégage plus d'acide carbonique, on fait évaporer la liqueur jusqu'aux trois quarts, en ayant soin , pendant l'évaporation, d'entretenir toujours le sel liquide à l'état acide. On laisse alors refroidir la liqueur, et quand elle est claire, on décante, on fait chauffer le produit décanté, on le jette ensuite sur un filtre de charbon , où il achève de se décolorer.

On fait évaporer jusqu'à pellicule le liquide filtré, qui doit toujours être à l'état acide. On retire du feu, on divise la liqueur par petites portions, qu'on amène à siccité dans des bassines d'argent à fond plat, exposées sur un feu très doux , en ayant soin de ne pas remuer. Quand l'évaporation est terminée , on retire promptement la bassine du feu , on la

(i) Quelques auttîors prescrivent la potasse perlasse du commerce j mais celte espèce de potasse est le plus souvent à un tel degré d'irnpurete , qu'il faut, autant que possible, n'eui ployer que le sous-carbonate qu'on a prépare soimêine, ou soumotlre raicali qu'on achète à des purifications plus ou moins rcpctces

couvre d'un papier , on laisse refroidir. On enferme ensuite le produit dans un col droit bien sec, qu'on ferme exactement avec un bouchon de lie'ge.

Figuier de Montpellier, a, dans les .-!^/i/ia/e>y de Chimie y avril 1823, indiqué l'emploi du charbon animal pour décolorer les sels , et particulièrement l'acétate de potasse provenant de la saturation des vinaigres colorés , et même du résidu de vinaigre contenant encore de l'acide acétique. Ce pharmacien, après avoir saturé, faisait évaporer aux trois quarts, laissait refroidir , tirait à clair, et mettait en contact avec du charbon animal dégagé de carbonate et de phosphate de chaux par l'acide hydro-chlorique (i). Lorsque la solution est filtrée , on la fait évaporer avec les précautions que nous avons citées plus haut (c'est-à-dire avec excès d'acide) dans une bassine à fond plat, et sur un feu doux. Ce procédé, que nous avons répété, donne de très bons résultats.

Ce sel peut aussi être préparé par la double décomposition de l'acétate de plomb, par le sulfate de potasse, ou encore par celle de l'acétate de chaux , par le sulfate de potasse ; mais le premier de ces procédés demande une attention scrupuleuse pour que ce produit ne retienne pas de sel de plomb. Le deuxième donne un acétate qui contient presque toujours un peu de sulfate de potasse.

L'acétate de potasse est blanc , feuilleté , léger. Sa saveur est particulière , piquante; il doit être inodore. Exposé à l'air, il en attire très promptement l'humidité ; il se réduit ensuite en un liquide pesant, visqueux. Exposé à l'action du feu, il éprouve la fusion; si l'on continue de chauffer, on obtient des produits analogues à ceux que fournissent les substances végétales, plus de l'ammoniaque, de l'acide acétique, et, selon quelques auteurs, de l'acide hydro-cyanique. Le résidu

(i) Figuier Dièlail, dans une liqueur contenant Tacëtate de potasse provenant de la saturation d'une livre de sous-carbonate de potasse , 60 grammes de f haï-bon lave à l'acide liydro-chlorique.

est de la potasse quelquefois mêlée à du cyanure de potassium (i).

L'acétate de potasse est souvent prescrit comme stimulant à des doses plus ou moins considérables.

Ce sel peut être reconnu, i°. par l'acide sulfurique , qui le décompose en en dégageant l'acide acétique , et en donnant naissance à du sulfate de potasse; 0°. par le muriate de platine, qui donne, avec ce sel, un précipité jaune de muriate de platine et de potasse ; 3". par le feu , qui le décompose et le convertit en sous-carbonate de potassium. La composition Ûtéorétique de ce sel est la suivante : acide acétique, 5i ,52; base, 48,48.

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