SUR-TARTRATE DE POTASSE
Tarlre, 'Varlvale acidulé de potasse , Crème de tarlre. Sur- larlrale de potassium.
Ce sel existe tout formé dans quelques végétaux ; il se
trouve en grande quantité dans le suc du raisin et, par conséquent, dans le vin • Ou le rencontre dans le commerce sous deux états. Sali par une matière colorante rouge, provenant des vins , on l'appelle tartre rouge ^ ou bien , retiré de ce dernier, il a subi une solution et une clarification ; on l'appelle alors tartre blanc. Ces sels sont quelquefois employés dans l'état où le commerce les fournit ; quelquefois aussi on les purifie de la manière suivante. On fait dissoudre une quantité déterminée de tartre dans de l'eau bouillante, on filtre la solution. Lorsqu'elle est filtrée, on la clarifie en ajoutant peu à peu de l'eau cliar^jée d'albumine; par l'action de la chaleur, l'albumine, en se coagulant, enlève au tartre quelques matières colorantes; la liqueur est sensiblement décolorée. On filtre, on fait évaporer, puis cristalliser, et l'on recueille les cristaux qui, lavés à l'eau distillée, sont mis à égoutter , sécliés et renfermés dans des caisses de bois garnies de papier à l'intérieur.
On fait ensuite évaporer les eaux-mères, qui donnent de )iouveau des cristaux qu'on traite de la même manière.
Le sur-tartrate de potasse cristallise en prismes quadrangulaires courts, coupés en biais aux deux extrémités. Sa saveur est acide ; il est peu soluble dans l'eau froide, plus soluble dans l'eau i\ ioo° ; il est insoluble dans l'alcool; exposé à l'air, il n'éprouve aucune altération. Placé sur des charbons arden.s, ou introduit dans un creuset, puis chauffé, ce sel se décompose, donne naissance à de l'acide pyro-tartrique , aux divers produits qui résultent de la distillation des matières végétales ; enfin il laisse pour résidu du sous-carbonate de potasse. Les tartres du commerce pouvant être plus ou moins purs , on les soumet quelquefois à des essais chimiques pour reconnaître leur valeur réelle. M. Poulet de Marseille a proposé, pour apprécier cette valeur , de saturer l'excès d'acide du sur-tartrate de potasse par de la lessive caustique à 6° , et de reconnaître la quantité de lessive employée pour cette saturation comparativement à celle exigée par de la crème de tartre pure. Cette opération peut avoir une contre-épreuve, qui est la
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saturation de la potasse, de la crème de tartre obtenue' par l'incinération ; mais ce moyen , quoique excellent et facile à employer par le pharmacien , est trop compliqué pour le fabricant. Il est plus simple de calciner loo parties de crème de tartre pure, de laver le produit de la calcination, de le filtrer et de le saturer par de l'acide sulfu-^ rique à un degré déterminé (io° par ex.), de noter quelles sont les quantités d'acide employées à la saturation de la liqueur de lavage; à faire ensuite incinérer loo parties de la crème de tartre qu'on veut essayer ; à laver le produit de l'incinération et saturer la liqueur filtrée avec de l'acide au même degré que celui qui a déjà servi à faire la première opération ; à établir la différence entre les quantités d'acide employées pour les deux saturations. Si la liqueur provenant du lavage des cendres de la crème de tartre pure absorbe loa prammes d'acide , et que celle provenant de la crème de tartre essayée n'en absorbe que 76 , il est reconnu que la crème de tartre essayée est , en valeur , à la crème de tartre pure , dans la proportion de 75 à 100 ou de 3 à 4-
Ce moyen peut être employé plus simplement encore. Pour cela, on modifie l'instrument de M. Descroizilles pour l'essai des soudes et potasses, en faisant construire un tube contenant juste la quantité d'acide sulfurique à 10° reconnue nécessaire pour saturer la potasse résultant de la combustion de 100 parties de crème de tartre pure. On divise ensuite avec soin le tube en 100 parties égales, et l'on essaie les eaux de lavage des résidus alcalins des crèmes de tartre par de l'acide au même degré. On obtient de suite des résultats qui conduisent à connaître la valeur réelle des tartres du commerce (i).
Le tartrate acidulé de potasse peut être reconnu , 1°. par les solutions de chaux , de strontiane, de baryte, avec lesquelles il forme des précipités ( des tartrates) , qui sont décomposables par l'acide sulfurique en fournissant de l'acide tarlrique et des
(1) On peut essayer de niènae le tartre rouge.
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sulfates insolubles ; 2". par la chaleur, qui décompose ces sels en laissant pour résidu de l'oxide de potassium combiné en partie à l'acide carbonique.
Ce sel est employé comme purgatif ; mais son insolubilité est cause qu'on lui substitue la préparation suivante.
SUR-TARTBATE DE POTASSE RENDU SOLDBLE PAR UNE ADDITION d'acide BORIQUB.
Crème de tartre soluble.
La crème de tartre , comme nous l'avons dit précédemment, est peu soluble. Lassonne fit voir , dans un écrit qu'il publia dans les Mémoires de V Académie , lySS, que ce sel pouvait être rendu plus soluble par l'addition d'une partie d'acide borique sur quatre parties de crème de tartre. Lémery , en 1728, et Lefebvre , dans la même année , proposèrent l'emploi de l'acide borique pour le même objet. Le premier de ces mélanges étant encore employé, on le prépare de la manière suivante (i).
On fait dissoudre dans 20 parties d'eau 3o parties d'acide borique. Lorsque la dissolution est opérée, on la filtre; on la verse ensuite dans une bassine d'argent, et l'on ajoute peu à peu 210 parties de sur-tartrate de potasse pulvérisé, en ayant soin de remuer continuellement le mélange, pour qu'il soit bien homogène dans toutes ses parties. On le fait ensuite dessécher à l'aide de la chaleur jusqu'à ce qu'il puisse être réduit en poudre ; alors on le triture dans un mortier de marbre ,
(i) Ce procédé est celui du Codex. Il a la plus grande analogie avec celui que M. Meyrac fils a publie' dans le Journal de Pharmacie , janvier iSi"-. Cet auteur assure qu'il faut, dans la préparation de la crème de tartre, an moins un huitième d'acide borique pour que la crèrne de tartre ait toute la solubilité désirable. Le procédé de M. Meyrac consiste à mêler à ^oo parties d'eau 100 parties de crème de tartre et 12 parties d'acide borique, à faire bouillir, à flltrer, puis à faire évaporer, pour obtenir un produit pulvérulent.
on le passe au tamis de soie et on le conserve pour l'usage.
Quelques manipulateurs préparent ce produit d'une aiUre manière ; ils prennent une partie d'acide borique pur , sept parties de crème de tartre. Lorsque le mélange dans ces proportions est fait, ils le réduisent en poudre que l'on passe au tamis de soie d'abord, et ensuite dans un tamis moins serré, afin que le mélange soit plus homogène. On peut encore traiter ce mélange ainsi divisé par un peu d'eau distillée, faire chauffer, et dessécher, comme nous l'avons dit précédemment.
M. Soubeiran, pharmacien en chef d'un des hôpitaux civils de Paris, a indiqué le procédé suivant pour préparer la crème de tartre soluble.
On prend une partie d'acide borique , quatre parties de crème de tartre et vingt-quatre parties d'eau. On opère la dissolution à l'aide de l'ébullition , et l'on entretient la liqueur bouillante jusqu'à ce qu'elle soit très concentrée. On ménage ensuite le feu, et l'on agite le produit jusqu'à ce qu'il soit amené à l'état sec et cassant. Dans cet état , on essaie par l'eau froide, pour reconnaître si le mélange est entièrement soluble dans le liquide : si la solution se fait complètement, on termine la dessiccation à l'étuve et l'on réduit en poudre le mélange , qu'on conserve convenablement; si la solution est incomplète, on traite le produit par deux parties d'eau froide , on filtre et l'on évapore à siccité. La partie insoluble restée sur le filtre est du sur-tartrale de potasse ; la partie qui s'est dissoute fournit par l'évaporation la crème de tari>re soluble.