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OSMAZOME

Rouelle et Thouvenel furent les premiers qui firent mention de cette substance, à laquelle M. Thénard donna le nomà^ osmazomt ; elle existe dans la chair musculaire , le sérum du sang, la matière blanche du cerveau, peut-être dans toutes les sécrétions animales. M. Vaiiquelin l'a trouvée dans les Agaricus campestris, Theogallus, bidb-osus et muscarius } MM. Chevallier et Lassaiyne, dans le Chenopodium viilvaria ; MM. Payen et Chevallier, dans la matière jaune du houblon ; M. Morin , dans V Amomum zinziber^ le Galanga, etc., etc. On la retire ordinairement de la fibre musculaire, en agissant delà manière suivante : on divise la chair musculaire du bœuf en petits morceaux , on la met ensuite pendant deux heures avec trois fois son poids d'eau, en ayant soin de malaxer de temps en temps ; on décante l'eau de ce pi'emier lavage, ou en remet de nouvelle; ou malaxe, on décante; on répète une troisième fois l'opération. On réunit les eaux de lavage , on les fait évaporer dans une capsule de porcelaine. Lorsque la chaleur est assez forte pour que l'albumine soit coagulée, on filtre de nouveau , on prend la liqueur filtrée et on la fait évaporer jusqu'eji consistance sirupeuse. On traite cet extrait, qui contient l'osmazome et les sels, par de l'alcool qui dissout ce principe et laisse ces sels ; on filtre ensuite , et l'on fait évaporer à une douce chaleur pour obtenir l'osmazome presque pure.

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Ce produit jouit des proprie'tës suivantes : il est d'une couleur jaune-brunâtre , d'une odeur et d'une saveur analogues à celles du bouillon ; il est soluble dans l'alcool et dans l'eau ; sa solution aqueuse ne se re'duit point en gele'e ; par l'évaporation, elle laisse un extrait qui est l'osmàzome. Cette solution additionnée d'infusion de noix de galle , fournit un pre'cipité abondant ; elle est aussi précipite'e par le nitrate de mercure et par le nitrate et l'acétate de plomb.

Exposée à l'action de la chaleur , l'osmàzome se fond , se boursoufle, se décompose en donnant des produits analogues à ceux que l'on obtient de la décomposition des matières végéto-animales , en laissant un charbon volumineux alcalin, et qui contient du sous-carbonate de soude.

L'osmàzome est ordonnée par quelques praticiens , comme matière alimentaire d'une facile digestion , et propre à ranimer les forces. Cette manière de la considérer a donné lieu à la préparation de quelques médicameiis nouveaux dans lesquels on la fait entrer ; elle fait partie d'un chocolat médicamenteux ; elle est quelquefois introduite dans des sirops. L'élude de ses propriétés médicales est encore à faire , et les résultats d'un travail sur ce sujet seraient d'un haut intérêt.

Des travaux faits sur ce principe par M. Collard de Martigny ont démontré à ce jeune chimiste, i". que la solution aqueuse d'osmazome étendue n'est pas précipitée par une petite quantité de teinture d'iode ; ?.°. qu'au contraire, la solution concentrée précipite abondamment en jaune-citron; 3". que le précipité est insoluble dans un excès d'alcool , dans l'éther, dans l'acide sulfurique étendu : qu'il se redissout au contraire rapidement par l'addilion de quelques gouttes d'eau ; 4°. que l'ammoniaque en excès décolore ce précipité sans le dissoudre : il perd alors sa solubilité dans l'eau, et devient au contraire très soluble dans l'acide sulfurique concentré.

D'après ([uelques recherches encore incomplètes, M. Collard regarde l'ormazome comme formée par l'union d'une huile et d'une matière animale particulière.

DU I>HARMAC1EN. IOo5

UREE.

Fourcroy et Vauquelin ont donné ce nom à une substance particulière qui existe dans l'uinne. La découverte de cettesubstance est due à Rouelle, qui, en 1773, publia la description de ce produit sous le noin d'extrait savonneux d'urine. A cette même époque, il indiqua quelques-unes des propriétés de cette substance. Malgré ce travail , l'urée était encore peu connue non plus que sa nature, lorsque des expériences , dues à Fourcroy et à Vauquelin, furent publiées en 1 799 ; elles firent mieux connaître ce produit et ses propriétés particulières , et lui donnèrent une nouvelle existence.

Divers procédés ont été proposés pour la préparation de l'urée. Le premier consiste à faire évaporer à une douce chaleur une certaine quantité d'urine humaine jusqu'à ce qu'elle soit amenée pn consistance de sirop épais ; dans cet état , l'urine se prend par refroidissement en une masse cristalline. On verse sur ce produit cristallin et à différentes reprises , quatre fois son poids d'alcool à 36° ; on chauffe doucement ; l'alcool dissout l'urée sans dissoudre les substances salines qui l'accompagnent. On décante chaque fois l'alcool , on réunit les diverses solutions alcooliques dans une cornue , et l'on soumet à la distillation pour retirer une partie de l'alcool ( cet alcool peut de nouveau servir à préparer l'urée ) , lorsque par la distillation on a amené la solution alcoolique à l'état sirupeux. On verse le résidu dans une capsule , et on laisse cristalliser. L'urée ainsi obtenue n'est pas pure.

Le procédé suivant est dû à M. Thénard. On fait évaporer de l'urine jusqu'en consistance de sirop épais; on verse , dans le résidu, une quantité égale à son poids d'acide nitrique à 24** ; on entoure le vase d'un mélange réfrigérant , pour aider à la cristallisation. Lorsque les cristaux sont formés, on décante l'eau-mère , on lave les cristaux avec un peu d'eau froide ; on les dessèche entre des feuilles de papier Joseph ; on les fait ensuite redissoudre dans l'eau ; on ajoute à la solution

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du carbonate dépotasse qui s'empare de l'acide nitrique ; on fait évaporer à siccite' , et l'on traite par l'alcool rectifie qui ne dissout que l'ure'e. On fait évaporer la solution alcoolique , qui fournit de l'urée en cristaux. On peut , si l'on veut l'avoir plus pure , faire redissoudre une deuxième fois dans de l'alcool.

Un troisième procédé est dû à M. Henry. Ce procédé, communiqué à la section de Pharmacie de l'Académie royale de Médecine , dans la séance du 28 février 1829, offre , selon l'auteur , plus d'avantage que les précédens : on verse dans l'urine fraîche un léger excès de sous-acétate de plomb ; on décante la liqueur claire qui surnage ; on sépare le plomb en excès à l'aide d'une quantité convenable d'acide sulfurique ; on filtre , on fait évaporer vivement la liqueur jusqu'en consistance sirupeuse, en ajoutant du charbon animal pour la décolorer ; on passe à travers une toile ; on concentre ensuite le produit qui fournit par l'évaporation des cristaux confus. Ces cristaux , séparés de l'eau-mère à l'aide de la pression , doivent être redissous dans de l'alcool à 36° bouillant , qui sépare l'urée. On soumet la solution alcoolique à la distillation et l'on obtient ce produit. Pour l'avoir à l'état de pureté on le fait de nouveau dissoudre dans l'eau , et l'on soumet la solution à une nouvelle cristallisation.

L'urée pure est blanche , inodore, semi-transparente ; elle cristallise en prismes tétraèdres ou hexaèdres. Sa saveur a quelque analogie avec celle du nitrate de potasse ; elle est plus pesante que l'eau , sans action sur les couleurs bleues vépétales ; elle est très soluble dans l'eau et dans l'alcool ; sa solution aqueuse abandonnée à elle-même avec le contact de l'air se décompose et devient ammoniacale.

L'urée n'exerce aucune action sur les sels , mais elle modifie leur cristallisation : elle donne à l'hydro-chlorate de sonde la propriété de cristalliser en octaèdres , et à l'hydro-chlorate d'ammoniaque celle de cristalliser en cubes. Les alcalis ne l'altèrent pas à fvoid , mais à chaud ; ils la décomposent en ammoniaque, en acide carbonique et en acide acétique. Soumise à l'action de la chaleur , elle donne beaucoup de vapeurs

blanches d'une forte odeur d'ammoniaque. Ce produit a été trouvé dans l'urine humaine , dans celle des quadrupèdes et dans le sang des animaux privés de reins.

L'urée est maintenant employée en Thérapeutique, mais son emploi n'est pas toujours suivi de succès.

Selon M. Bérard , ses principes constituans sont : l'azote , l'hydrogène , le carbone et l'oxigène , unis dans les proportions suivantes : azote, 434^; oxigène, 9.6, 4» ; carbone, 19,40; hydrogène, 10,80.

APPENDICE

Quelques omissions s'étant glissées dans cette seconde édition , nous avons dû, avant de nous occuper et des divers tableaux et des formules, faire entrer ici la description de quelques produits qui sont ou qui peuvent être utilisés en Pharmacie : tels sont V acide pectique , V huile de Croton tiglium ; Vhuile d' Euphorbia lathjris, la Pjrroihonide.

ACIDE PECTIQUE.

L'acide pectique s'obtient de la manière suivante. On réduit en pulpe, à l'aide d'une râpe, des racines charnues (la betterave, la carotte, le navet ) ; on exprime le suc ; ou lave ensuite le marc avec de l'eau de pluie filtrée. C'est avec ce marc que l'on obtient l'acide. On prend les proportions suivantes : marc de navets ( ou de carottes , etc. ) , 5o parties ; eau , 3oo parties ; potasse ou soude caustique , i partie ; on délaie le marc dans l'eau, de manière à obtenir une bouillie claire ; on ajoute la soude ou la potasse ; on fait bouillir pendant un quart d'heure ; on passe à travers une toile ; on lave à l'eau de pluie portée à 100° centigrades ; on réunit la liqueur; on décompose le pectate alcalin qui s'est formé, par une solution étendue de inuriate de chaux , ajouté en quantité suffisante. La gelée très abondante se précipite ; on la recueille sur une toile; on ia lave exactement; on fait de nouveau bouil-

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lir le magma dans de l'eau aiguisée d'acide hydro-chloiique ; on jette le tout sur un filtre; on lave à grande eau, et l'on obtient ainsi l'acide peclique pur. Si l'on employait de l'eau contenant du sulfate de chaux , une partie de l'acide pectique se précipiterait en formant une combinaison triple insoluble. On prépare des gelées avec l'acide pectique ; pour les obtenir, on délaie une partie d'acide pectique bien égoutté dans trois parties d'eau distillée. On dissout à l'aide d'une petite quan^ tité de soude ou de potasse ; on reconnaît le point de saturation à l'aide du papier de tournesol rougi. Lorsque la saturation est terminée , on fait chauffer ; on y mêle 3 parties de sucre blanc et un aromate quelconque ; on ajoute A la liqueur la quantité convenable d'un acide faible étendu , et ayant à peu près la force du vinaigre ( l'acide suifurique peut être employé au besoin ). Ou agite le mélange, qui , après quelques instans , se preaid en gelée consistante. {Annales de Chimie et de Physique , t. XXX , p. 92. )

CROTON TIGLIDM.

Huile de croton liglium.

Depuis quelque temps, les journaux de Médecine se sont occupés de donner des détails sur l'huile obtenue du croton tiglium. Tous ces journaux ont présenté cette huile comme un purgatif très actif à de très petites doses. Des praticiens étrangers, MM. Beneventi , Vinglake, ont consigné leurs recherches dans les ouvrages scientifiques. Le premier de ces .savans a remarqué que l'huile de croton tiglium agit plus fortement à proportion lorsqu'elle est donnée à des doses minimes ( une demi-goutte ) que lorsqu'on la donne à des doses plus fortes. Le second l'a donnée à la dose d'une goutte amenée par des intermèdes à l'état de pilules ; il en a obtenu le succès le plus complet.

Cette huile se retire des graines du croton tiglium ( graine de Tiilj ou des Moluques)^ graine qui est aussi connue sous le

ni) PHARMACIEiV. lOOQ

nom de pignon d'Inde. Celte huile avait été employée en Europe en i63o ; mais ce moyen thérapeutique fut abandonné. M. Conwell , médecin au service de la compagnie anglaise des Indes Orientales à Madras, a de nouveau fixé l'attention des médecins sur cette huile, qui maintenant est le sujet d'un grand nombre d'expériences.

On obtient cette huile par plusieurs procédés : i°. en mondant les amandes de leur coque , les broyant ensuite pour soumettre la pâte à l'action de l'eau bouillante ; celle-ci en sépare, l'huile qui vient à la surface de l'eau ; on la recueille , et on la sépare par filtratiou des substances impures qu'elle contient (i). 2°. En faisant digérer dans l'alcool à 38", pendant vingt-quatre heures , les amandes réduites en pâte , épuisant cette pâte par une nouvelle quantité d'alcool , réunissant les solutions alcooliques , les soumettant à la distillation pour séparer l'alcool qui sert pour de nouvelles opérations , filtrant l'huile qui reste , et la conservant dans un flacon bien fermé ( procédé de M. Caventou ). 3°. en se servant de l'éther pour séparer l'huile de la pâte, et laissant évaporer la solution éthérée au contact de l'air, introduisant l'huile dans un flacon. L'huile de croton tiglium est d'un jaune orangé , son odeur est prononcée et siii genen's j sa saveur est très acre et piquante. Mise sur la langue en très petite quantité , elle laisse dans l'arrière-bouche une sensation des plus désagréables et qui persiste très long-temps; elle peut cependant être anihilée à l'aide d'un peu de suc de citron étendu d'eau et pris en gargarisme. Donnée à la dose d'une ou deux gouttes mêlées à une once de sirop, elle pui'ge doucement et abondamment. MM. Magendie, Récamier, Rappeler et Bally ont fait de nombreuses expériences sur cette huile. Ces trois derniers ont vu qu'il suffisait d'une à deux gouttes de cette huile pour produire de douze à vingt selles.

(i) On doit se garaniir des vnpeurs nqueuscs, elles contiennent nn prinripcirrîtant.

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