Tome II
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sine de fer, et Ton y ajoute 8 ou to fofs autant d'eau que le poids total ; on fait bouillir vivement et pendant deux ou trois lieures , on laisse déposer , on filtre une petite quantité du liquide , et l'on examine si la potasse est entièrement décarbonatée. Si elle est à l'état d'oxide seulement , elle ne précipite pas'l'eau de cbaux , tandis que la précipitation a lieu si la liqueur contient encore de l'acide carbonique ; si elle en contient, il faut faire bouillir de nouveau le liquide avec une petite quantité de cbaux que l'on y ajoute en plus. Quand la liqueur ne précipite plus l'eau de chaux , on filtre le plus vite possible, on lave le résidu à l'eau bouillante jusqu'à ce que l'eau qui en sort soit insipide ; on réunit toutes les liqueurs , et on les fait évaporer le plus vivement possible, jusqu'à ce que la liqueur soit à peu près réduite au poids de la potasse employée ; on laisse refroidir jusqu'au lendemain , en ayant soin de bien couvrir la capsule. On trouve sur les parois du vase des cristaux (i) ; on décante les parties liquides, on fait égoutter les sels cristallisés qui s'étaient déposés, on réunit les liquides, et l'on fait évaporer à siccité; on fond ensuite la matière dans un creuset, pais on chauffe fortement. Dès qu'elle est bien en fusion , on la coule sur une plaque de marbre que l'on a eu soin d'huiler légèrement , et qui a ensuite été essuyée avec du papier Joseph. Lorsque la potasse est assez refroidie pour que l'on puisse la toucher sans se brûler , on la casse en morceaux plus ou moins gros , et l'on introduit ces morceaux dans un flacon de verre bien sec, que l'on bouche avec soin.
Ce produit ainsi obtenu est la-pierre à cautère (2). Quelquefois , pour s'en servir plus commodément, on réduit cette pierre en petits bâtons ou cylindres. A cet effet, au lieu de
(ï) Ces cristaux sont des sels rjui étaient mêles à la potasse et qui varient pour la nature et pour la quantité , selon que la potas.se que Ton a employée est plus ou moins pure.
(2) Il est souvent inutile de su servir de creuset pour obtenir la potasse caustique. On peut ramener dans le vase civaporatoire au point de fusion necebsaive pour la couler.
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couler la potasse fondue, comme noixs l'avons dit , sur une table de marbre , on la coule dans un moule de métal nommé lingotière ; elle prend alors la forme cylindrique. On a soin d'avance de faire chauffer la lingotière , et d'en huiler légèrement les parois intérieures.
La potasse ainsi obtenue est assez pure pour être employée à divers usages pharmaceutiques ; mais elle ne le serait pas assez pour des opérations analytiques , puisqu'elle contient encore divers sels de potasse, des sulfates, des hydro-chlorates, etc. 11 faut donc lui faire subir une nouvelle purification.
On prend la potasse caustique en plaques , \a.jjierre à cautère, ou mieux encore la potasse qui n'a pas été fondue dans un creuset , pour l'avoir solide , et qui a une consistance sirupeuse ; on verse dessus quatre fois autant d'alcool à 36° qu'il y a de potasse , on agite avec une spatule d'argent pour opérer la division de la masse. Lorsque le mélange est bien intime, on coule le tout dans un vase de verre allongé et de forme cylindrique, on remue plusieurs fois pendant le jour, pour faciliter la dissolution. Quand on voit que la dissolution de la potasse est opérée , on laisse en repos ; on examine la liqueur , et l'on reconnaît qu'elle se partage en trois couches bien distinctes. La première , qui est rouge et la plus légère , est formée d'alcool tenant la potasse dissoute ; la seconde, qui est liquide et aqueuse , contient de la potasse et des sels en solution ; enfin, la troisième, formée de corps solides, est composée de sels insolubles dans l'alcool , qui , ne trouvant pas assez d'eau pour se dissoudre , se sont précipités au fond du vase. Quand on est arrivé à ce point , on décante avec précaution , au moyen d'un siphon , la couche liquide alcoolique, et l'on cesse dé faire agir le siphon lorsque l'on est près d'atteindre la couche aqueuse. On ajoute une nouvelle quantité d'alcool à la place de celui que l'on a enlevé, on agite de nouveau pendant la journée , enfin on décante. Le lendemain , on réunit les deux liqueurs, on les introduit dans une cornue de verre munie d'une allonge et d'un ballon ; on place la cornue sur un triangle , et l'on procède à la distillation , en ayant soin
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de bien rafraîchir le ballon. Quand on a recueilli les deux tiers de l'alcool employé', on verse le liquide qui est dans la cornue dans une bassine d'argent, et l'on fait évaporer. Pendant l'opération , ce liquide se recouvre d'une pellicule ayant une apparence huileuse : on l'enlève au moyen d'une cuillère d'argent Lorsque la matière a été chauffée presqu'au rouge , on la coule en plaques minces, sur un marbre ou dans une bassine d'argent très sèche ; lorsqu'elle est solidifiée, on la concasse, et on l'enferme dans des flacons fermant bien.
Théorie de ces opérations. La potasse du commerce étant, comme nous l'avons dit, un sous-carbonate de potasse mêlé de différens sels (i) , on la traite par la chaux pour lui enlever l'acide carbonique , avec lequel cette dernière se combine , en formant un carbonate de chaux insoluble ; on obtient alors l'oxide de potassium en solution ; mais comme la potasse du commerce est toujours mêlée de sels, qui sont le muriate , le sulfate de potasse , etc. , ces sels restent dissous , et se trouvent réunis à l'oxide de potassium , et quoiqu'on en sépare une partie par cristallisation, de ces sels existent encore dans la pierre à cautère : c'est pour les séparer de celle-ci qu'on la traite par l'alcool. 1/oxide de potassium étant soluble dans l'alcool , tandis que les sels ne le sont pas , elle se trouve séparée de ceux-ci , qui restent ou dissous dans le liquide aqueux , ou bien à l'état sec.
La potasse préparée à l'alcool retient , malgré la forte chaleur qu'on lui a fait subir, une certaine quantité d'eau. C'est donc un hydrate d'oxide de potassium. D'après M. Ber— zelius, le protoxide de potassium contient ?.o,4o9 d'oxigène sur loo de métal. MM. Gay-Lussac et Thénard ont trouvé qu'il était formé de loo de métal et de 19,925 d'oxigène.
Les caractères de cet oxide sont d'être d'une couleur blanchâtre , de jouir d'une saveur âcie , caustique , urineuse , de se
(i) Ces sels sont quelquefois dans la proportion de i'2 h a5 pour 100 de potasse.
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combiner aux acides pour former des sels particuliers. Exposé à l'air , il en attire l'humidité , et se réduit en un liquide qui a un toucher onctueux et qui détruit l'épiderme.
La dissolution de la potasse à l'état de pureté précipite en jaune par le muriate de platine ; elle ramène au bleu le papier de tournesol rougi ; elle verdit le sirop de violettes , brunit le papier de curcuma. Cet oxide est un poison contre lequel on peut donner avec succès les boissons acidulées.