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Tome II

un bouchon, et l'on procède à la distillation; on commence d'abord, par mettre dans le fourneau quelques charbons, pour échauffer seulement la cornue ; on élève la température , que l'on soutient de manière à entretenir la volatilisation du carbonate , sans trop échauffer le récipient , sur lequel on dirige un filet d'eau , qui doit couler depuis le commencement de l'opération jusqu'à la fin.

On peut se servir de la tubulure latérale supérieure pour bien conduire son opération. Si le feu est trop violent , lorsqu'on retire le bouchon , les vapeurs prennent subitement de l'expansion ; il faut alors modérer la chaleur , et multiplier les moyens de condensation. Si , le bouchon étant ouvert, les vapeurs ne sortent point avec force , c'est une preuve que l'opération marche bien.

On continue d'entretenir le feu , qui doit être plus fort à la fin de l'opération , les dernières portions du sel étant plus difficiles à volatiliser ; on cesse le feu lorsque le récipient se refroidit, ce qui annonce qu'il n'y a plus ni volatilisation ni condensation.

L'opération étant terminée , on laisse refroidir l'appareil -y. on le démonte. Si le récipient est en grès, on le casse pour enlever le carbonate qui se trouve attaché sur les parois. Ce sel a une épaisseur qui varie selon la quantité de mélange employé et la grandeur du récipient (i). Une portion du carbonate obtenu, celui qui se trouve à la partie inférieure du récipient, est un peu coloré et humide. Cette coloration est plus grande si le sel ammoniac employé était impur et coloré ; on remédie à cet inconvénient en mettant ce sel à part, pour lui faire éprouver une rectification (2) ; on conserve

(i) Si le récipient est en plomb, on enlève le couvercle mobile, et l'on détache le sel.

(2) M. Gessarda, dans le Bulletin de Pharmacie , 1810, t. II, p. va et suiv. , indique un moyen pour la rectification de ce produit 5 mais cet appareil n'ofifre pas tous les avantages que l'on pouvait de'sirerj nous pensons, d'ailleurs, qu'il serait dispendieux de l'employer dans la fabrication de ce produit en grand.

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le carbonate d'ammoniaque dans un flacon bien bouche'.

Voici ce qui se passe dans l'ope'ration. Par l'action de la chaleur il y a une double de'composition , formation de muriate de chaux. Ce sel étant fixe, il reste dans la cornue , et le carbonate d'ammoniaque qui e&t volatil, se de'gage. Ce sel est plus ou moins pur, ce qui dépend de la pureté des matières premières employées.

Ce carbonate est blanc ; il a une saveur caustique urineuse , une odeur ammoniacale très forte; il ramène au bleu le papier de tournesol rougi parles acides ; il verdit le sirop de violettes. Exposé à l'air , l'alcali se vaporise en partie , il en résulte un sel qui contient plus d'acide carbonique ; soluble dans l'eau, il se volatilise, si on le met en contact avec l'eau bouillante ; traité par les acides , il donne naissance à des sels ammoniacaux en perdant de l'acide carbonique qui se dégage. La potasse , la soude , la chaux , la baryte , mises en contact avec ce sel, le décomposent et donnent naissance à de nouveaux combinés et à de l'alcali volatil qui est mis à nu. Ce sel est formé de 56,4i d'acide et de 43,5g de base. ii

Le carbonate d'ammoniaque contient toujours une certaine quantité d'eau, qui a été déterminée , et que l'on y a reconnue dans la proportion d'un huitième à un douzième.

Le sous-carbonate d'ammoniaque est employé par le pharmacien-chimiste pour séparer la glucine et l'yttria de l'alumine. Pour cela , on traite le mélange des deux oxides ( alumine et yttria , ou alumine et glucine ) à l'état d'hydrates par ce sous-carbonate , qui dissout la glucine ou l'yttria sans dissoudre l'alumine ; on filtre , et , en chassant par le moyen de la chaleur le sous-carbonate d'ammoniaque, on obtient l'oxide que ce sel avait dissous.

Le sous-carbonate d'ammoniaque est quelquefois mêlé au tabac en poudre pour lui donner du montant. . Il est aussi employé dans la fabrication du pain , façon anglaise. Les dégraisseurs s'en servent pour enlever les taches d'acide ; en Phariiiacie, il est introduit dans de petits flacons et vendu sous le nom de sel volatil d' Angleterre y quelquefois on l'a-

romatise avec de l'essence de lavande ou avec d'autres huiles volatiles.

Les caractères qui peuvent servir à le faire reconnaître sont : 1°. son odeur , 2°. sa volatilité'. Lorsqu'il est traite' par l'acide nitrique, il y a de'gagement d'acide carbonique, et conversion du carbonate , eu nitrate d'ammoniaque, dont les caractères sont bien trancbe's et faciles à reconnaître.

CARBONATE DE BARïTE.

TVitherite ( de TVithering).

Le carbonate de baryte pouvant être employé' par le pharmacien pour obtenir la baryte et ses sels , nous avons cru devoir en parler dans notre ouvrage.

C'est en 1776 que l'on eut la première connaissance de ce sel ) que l'on a depuis trouvé tout forme' en Angleterre , dans le Hanckshire; à Anglesarck , en Syrie; à Neuberg, en Sibérie; à Scblaugenberg et dans le pays de Galles, Ce carbonate est , ou à l'état de pureté , ou bien accompagné de matières étrangères. Le plus ordinairement il est blanc , et eu masses rayonnées, d'un grand volume et d'une grande densité. Calciné et traité par l'acide nitrique étendu , on peut le convertir à l'aide de la chaleur en nitrate de baryte.

Le carbonate de baryte pur doit être préparé de la manière suivante : on verse , dans une solution de nitrate de baryte , du sous-carbonate de soude liquide jusqu'à ce que l'addition d'une nouvelle quantité de ce sel ne produise plus de précipité. Le nitrate de baryte est décomposé , l'acide nitrique s'unit à la soude, et l'acide carbonique à la baryte. Il y a formation de deux sels ; mais le premier de ces sels ( le nitrate de soude) est soluble, tandis que le carbonate de baryte ne l'est pas : ce dernier se précipite. On filtre ; le carbonate de baryte reste sur le filtre , tandis que le nitrate de soude passe à l'état liquide. On lave le filtre à l'eau bouillante jusqu'à ce que la liqueur qui sert au lavage n'ait plus de saveur ; on

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laisse égouttèr, on fait sécher le précipite' à l'étuve, et on le conserve ensuite dans un flacon bouche' en liège. Ce sel est blauc, pulvérulent, très pesant ; il n'a ni odeur ni saveur.

CARBONATE DE CHADX.

Craie , Marbre , Sous-carbonate de chaux.

Les espèces de carbonate de chaux sont très nombreuses ; mais celles qui sont principalement employe'es par les pharmaciens sont, le carbonate de chaux saccharoïde , et ce sel ayant la forme pulve'rulente , et qui est connu sous les noms de craie , de blanc d" Espagne , de blanc de Trojes y dç blanc de Meudon, etc. Le premier doit être choisi blanc , exempt de matières étrangères qui altéreraient sa pureté ; le second doit être en poudre fine, privé de petits cailloux et de matières végétales et animales qui pourraient être ntiisibles dans quelques préparations pharmaceutiques.

Le carbonate de chaux peut être préparé en précipitant la solution d'hydro-çhloi-ate de chaux par un carbonate alcalin, recueillant le précipité sur un filtre, le lavant jusqu'à ce qu'il n'ait plus de saveur , et le laissant égoutter et sécher , ou en le prenant à l'état demi-solide, et le réduisant en trochisques.

Ce carbonate , ainsi préparé , peut être employé comme absorbant.

CARBONATE DE CUIVRE

Ce sel, qui s'obtient en décomposant les sels de cuivre par les carbonates alcalins, recueillant le précipité, le lavant à Teau distillée bouillante, le faisant sécher, le réduisant en poudre , a été prescrit contre le tic douloureux , et l'on en a , selon quelques auteurs , tiré un très bon parti. Le praticien qui ordonne ce sel doit avoir soin de ne pas l'employer à des doses très élevées , de peur de déterminer des accidens pluis^ ou moins graves.

yiO MANUEL

CARBONATE DE FER

Rouille , Safran de Mars apéritif.

On a donné le nom de sous-carbonate de fer à la pre'paration obtenue de la manière suivante :

On prend de la limaille de fer bien pure , on l'humecte le'gèrement avec de l'eau ; on l'abandonne ensuite à l'action de l'air dans une cave , en ayant soin de temps en temps d'ajouter une petite quantité d'eau. Le fer placé dans ces circonstances s'oxide promptement. L'oxide formé absorbe de l'acide carbonique ; il y a formation d'un sous-carbonate de fer , d'utie couleur jaune-rougeâtre , et qui est connue sous le nom dé fouille de fer (i). Lorsque l'oxidatibii est avancée , on laiése secber , on réduit en poudre, on passe au tamis, et, parlé lavage , on sépare les parties les plus fines que l'on fait sécher et que l'on conserve pour l'usage, -i' '-■'■■■'• ....-.«j.i.îj

On peut encore préparer le carbonate 'de fer en précipitant une solution de fer par le sous-carbonate de soude. On prend une certaine quantité de sulfate de fer, i kilogram. -joo gram. ( 3 liv. 3 onces i gros ) , on le fait dissoudre dans une grande quantité d'eau; on filtre la solution ; lorsqu'elle est filtrée, on précipite cette solution par du sous-carbonate de soude' liquide obtenu en faisant dissoudre 2 kilogrammes ( 4 livres ) de ce sel cristallisé dans une suffisante quantité d'eau, en ayant soin d'ajouter de ce sel jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de précipitation. On laisse reposer le précipité; on décante l'eau surnageante que l'on remplace par de l'eau bouillante , on agite , on laisse reposer , on décante de nouveau ; on recueille le précipité sur un filtre, puis on le lave jusqu'à ce que l'eau sorte insipide de dessus ce précipité. On le fait égoutter , on le réduit alors en trocliisques , ou on le fait sécher, et on le

(i) Ce profluit contient une assez grande quaniitc d'ammoniaque.

met en poudre que l'on conserve dans un bocal de verre fermé.

Le carbonate de fer est employé dans l'art médical comme tonique, emménagogue, astringent; on l'administre depuis cinq grains jusqu'à un gros : on le fait entrer dans quelques pilules.

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