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CARBONATE DE POTASSE

Bi-carbonate de potasse.

Ce sel , qui est le résultat de la combinaison de l'acide carbonique et de potasse dans les proportions de 43 d'acide, de

(1) Oa peat obtenir le bi-cavbonate de magnésie en cristaux plus volumineux, en mêlant ensemble ia5 parties de sulfate de magnésie et i36 parties de sons-carbonate de soude pnr, ces deux sels dissous dans l'eau. On filtre après avoir mélangé, et l'on abandonne la liqneur à une cvaporation spontanée. (Thomson, t. II, p. 558. )

{•») (C'est de ce calcaire magnésien que les Anglais rctivcnl leur magnésie. (I^écluî.)

DU PHARMACIEN. ^Sl

4o de base (Bergman ), et de 17 d'eau, jouit de propriétés bieu difte'reutes de celles du sous-carbonate. Il n'attire plus l'huniidité de l'air ; il cristallise en prismes quadrangulaires , terminés au sommet par deux triangles renversés en forme de toit de maison , ou en prismes tétraèdres, rbomboïdaux, à sommets dièdres. Sa saveur est alcaline , non caustique ; il verdit le sirop de violettes , ramène au bleu le papier de tournesol, est soluble dans l'eau froide , plus soluble dans l'eau bouillante , mais en perdant une partie de son acide , qui se dégage sous forme de bulles. Chauffé fortement , il perd de l'eau de cristallisation, de l'acide carbonique, et passe à l'état de sesqui-carbonate.

Ce sel se prépare de la manière suivante : on monte un appareil composé d'un grand flacon (i) à trois tubulures, contenant du marbre blanc concassé et de l'eau. La première tubulure supporte un ||ibe de sûreté recourbé à angle droit , qui va plonger dans un deuxième flacon contenant de l'eau ; la deuxième sert à fixer un entonnoir à longue tige , dont l'extrémité inférieure doit plonger dans l'eau : on peut à volonté fermer cet entonnoir avec un tube de verre plein, arrondi parles extrémités, ou bien l'entonnoir est muni d'une cannelle que l'on ouvre et ferme à volonté pour donner passage à l'acide; la troisième , située à la partie inférieure, sert à i-etirer les produits résultans de la décomposition du marbre par l'acide hydro-chlorique ( Vhjdro-chlorate de chaux). Du deuxième flacon part un second tube de sûreté qui plonge dans tin troisième flacon contenant une solution de potasse pure ; <le ce troisième flacon part un tube qui va plonger dans un quatrième vase, et ainsi de suite (2). Cet appareil étant monté et luté , une fois le lut séché , on verse par l'entonnoir de l'acide hydro-chlorique , en ayant soin de n'en mettre que par petites portions , et à plusieurs reprises. L'acide hydro-chlorique

(1) On peut se servir d'une tourille; alors on modifie l'appareil. (1) Ces flacons sont à larges ouvertures et fermes par des bouchons de liéee.

se trouvant en contact avec le marbre , le décompose, s'unit à la base pour former un hydro-chlorate ; l'acide carbonique étant ainsi mis à nu, se dégage. Cet acide passe dans le premier flacon, où il se lave, et de là dans les solutions de potasse, où il se combine en partie pour former le bi-carbonate , qui cristallise dans la liqueur sur les parois des flacons et autour des tubes. Il ne faut pas laisser les tubes s'engorger de ce sel : pour cela on monte , autant que possible , l'appareil avec des tubes à large orifice, ou qui soient coupés à la partie inférieure en bec de plume. On renouvelle les quantités de marbre et d'acide autant que l'on veut ; à cet effet , on casse le marbre en morceaux , on le fait entrer par la tubulure supérieure, et l'on fait couler le sel liquide formé de chaux et d'acide hydro-chlorique par la tubulure inférieure. Lorsque le carbonate cristallisé est en assez grande quantité , on démonte l'appareil , on l'enlève ; on le met à égou^^er , et on l'étend sur du papier à filtrer. Quand il est sec, on l'enferme dans des flacons fermés en liège.

Plusieurs procédés ont été donnés pour obtenir ce carbonate. De Chaulnes exposait une solution de potasse pure dans le gaz acide carbonique qui se dégageait de la fermentation de la bière. Pelletier se servait de celui que nous venons de citer. Berthollet employait le suivant.

Procédé de Berthollet. On introduit dans une cornue im mélange de carbonate de potasse liquide et de sous-carbonate d'ammoniaque , dans les proportions convenables. La potasse enlève l'acide carbonique au sel ammoniacal , met à nu la base , qui se dégage à l'état gazeux , et que l'on peut recueillir et condenser. Ce mode est maintenant employé par les Anglais pour préparer le bi-carbonate de potasse.

Ce sel peut être reconnu et distingué du carbonate neutre de soude en le saturant par les acides , qui donnent des sels à base de potasse bien différens de ceux à base de soude. Ce sel est moins employé que le suivant.

DU PHARMi^lEN. ySS

CARBONATE DE SOUDE

, Bi-carbonate de soude.

Ce sel est le re'sultat de la combinaison de l'acide carbonique avec la soude, dans la proportion de loo parties d'acide et de 70,693 d'oxide de sodium.

Ce bi-carbonat© se pre'pare comme le pre'cédent, et parle même appareil. La solution de potasse est remplace'e par celle de soude. On opère de la même manière que pour le carbonate dont nous venons de parler.

Le procédé de M. Bertliollet est aussi employé pour préparer ce sel , particulièrement par les Anglais. On introduit dans une cornue 12 parties de sous-carbonate de soude bien pulvérisé , 4 parties de sous-carbonate d'ammoniaque , et 4 parties d'eau distillée ; on place la cornue sur un bain de sable , on chauffe légèrement d'abord , puis on élève successivement la température. Le sous-carbonate d'ammoniaque est décomposé , son acide est absorbé par la soude , qui s'en sature pour former un carbonate neutre. L'alcali volatil se dégage , et est recueilli dans l'eau qui sert à opérer sa dissolution , et qui devient un produit pharmaceutique ( Vammoniaque liquide )-.

On peut encore l'obtenir en laissant en contact sous une pression plus ou moins grande , du carbonate de soude avec l'acide carbonique , ou bien en faisant passer de l'acide carbonique à travers du carbonate efifleuri et réduit en poudre (i).

Le carbonate de soude est blanc , cristallisé ; il a une légère saveur alcaline.; il verdit le sirop de violettes , et les couleurs des mauves , des dalhias. Chauffé dans une cornue ,

(i) M. D'Arcet a propose de recueillir le gaz acide carbonique qui se produit dans les eaux naturelles, pour le faire passer dans une solution de souscarbonate de soude.

il y a dégagement d'acide carbonique , et la soude reste com-

bine'e à l'état de sous-carbonate.

Le bi-carbonate de soude est employé dans la Thérapeutique ; on le donne à la dose de 8 grains à un demi-gros. M. D'Arcet l'a fait entrer dans des pastilles alcalines, à là dose de 5 grammes sur gS de sucre : ces pastilles facilitent la digestion , et même remédient à une digestion incomplète. La dose de ces pastilles est de six à huit par jour ; on peut , sans inconvénient, en prendre un plus grand nombre, ainsi que nous nous en sommes assurés par nous-mêmes.

Le bi-carbonate de soude peut aussi être employé pour empêcher la formation , et même dissoudre les calculs d'acide urique et d'urate d'ammoniaque. Un Mémoire de M. Robiquet, lu à l'Académie royale de Médecine, a, le 3i janvier 1826, annoncé ce fait, et une lettre de M. Loiseau , du i4 octobre, a confirmé les observations de M. Robiquet.

La dose de ce sel employé dans ce cas est de 5 grammes par litre d'eau , et la quantité d'eau est de a litres environ par jour.

DES CHLORATES.

On a donné le nom de chlorates à des sels qui sont les résultats de la combinaison des bases salifiables avec l'acido chlorique. C'est à Berthollet que l'on est redevable de la connaissance de la plupart d'entre eux, qu'il avait nommés muriates oxigénés. Leurs caractères particuliers sont d'être facilement décomposés par la chaleur au-dessus de la chaleur rouge, et d'être transformés en oxigènc , en chlore et en oxides, ou en oxigène et en chlorures. Cette différence a fait ranger ces sels en deux sections. Les chlorates sont peu employés en Médecine ; on fait cependant usage du chlorate de potasse , et encore ses usages n'ont pas encore été étudiés avec tout le soin désirable.

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