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CHLORATE DE POTASSE

Muriate sur-oxigéné de potasse.

Ce sel , plus connu sous le nom de muriate sur-oxigéné de potasse que sous celui de chlorate , s'obtient en faisant passer dans une solution de potasse , marquant 82° à l'aréomètre, un courant de chlore. A cet effet , on opère de la manière suivante : on met dans une tourille de grès ( ou dans un matras ) placée sur un bain de sable du peroxide de manganèse d'Allemagne réduit en poudre ; on adapte à la (ourille un bouchon de liège surmonté de deux tubes, l'un en S , destiné à introduire l'acide ; l'autre, courbé à angle droit, doit conduire le chlore produit dans un flacon à trois tubulures , contenant de l'eau destinée à laver le gaz. De ce flacon part un deuxième tube qui va plonger dans une solution de potasse marquant 32°, et qui a été préparée avec de la potasse d'Amérique , de laquelle on a séparé les sels en la faisant dissoudre dans l'eau, concentrant la solution pour ensuite l'abandonner à ellemême pendant quelques jours , afin d'en séparer des cristaux qui s'y sont formés. Cette solution , ramenée à 82°, est placée dans une tourille , et le tube qui y plonge doit être d'un assez gros diamètre. A l'extrémité de ce tube on ajoute un tube d'un diamètre plus petit , qui doit être bouché à la lampe, et recourbé en crochet. La petite branche de ce tube , qui doit avoir o,3 de longueur , doit être introduite dans le gros tube, et la grande branche est fixée dans le bouchon de la tourille , et doit pouvoir être mise facilement en mouvement pour faire jouer la plus petite branche , destinée à détacher les cristaux qui pourraient se former dans l'intérieur du tube.

L'appareil étant ainsi disposé , ou lute toutes les jointures ; lorsque le lut est bien sec , on verse dans la tourille , à plusieurs reprises, et par le tube en S , de l'acide hydro-chlorique dans la proportion de 220 parties d'acide sur 100 d'oxide de manganèse; on laisse le dégagement de chlore s'opérer.

Lorsque le dégagement cesse , on verse tie nouveau de l'acide jusqu'à ce que toute la quantité' soit introduite ; on commence alors à chauffer graduellement, et l'on ne cesse de faire du feu que lorsqu'il n'y a plus de dégagement de chlore. On reconnaît que le dégagement du chlore a cessé lorsque les tubes qui servent à conduire ce gaz s'échauffent. Cette élévation de température démontre le passage de l'eau en vapeurs dans ces tubes.

Le manipulateur doit observer continuellement la marche de l'opération ; il doit dégager les tubes lorsqu'ils s'obstruent, ce qui est alors indiqué par l'élévation^du liquide dans les tubes de sûreté. Si l'on opère dans un vase transparent , et en petit, on aperçoit au bout de quelque temps la liqueur se troubler : cet effet est dû à ce que, dès le commencement de la saturation, l'alcali laisse'précipiter de la silice avec laquelle il était combiné, et formait un silicate de potasse. Après ce premier phénomène, des bulles s'élèvent du fond d u liquide et vont crever à la surface ; ces bulles sont formées d'acide carbonique qui a été dégagé du sous-carbonate. Enfin on aperçoit des cristaux de chlorate de potasse sous forme de lames brillantes, qui vont se déposer au fond de la liqueur, en même temps que les bulles se dégagent. Le chlore étant susceptible de former des acides différens en se combinant à l'hydrogène ou à l'oxi— gène , il arrive dans l'opération que nous venons de décrire que le chlore réagit et sur les élémens de l'eau et sur ceux de la solution , et qu'il donne lieu tout-à-la-fois en se combinant à de l'hydrogène, à de l'acide hydro-chlorique , et en se combinant à l'oxigène , à de l'acide chlorique. Ces acides s'unissent à la potasse, et donnent également lieu à deux sels; mais le sel à base d'acide hydro-chlorique étant plus soluble, se dissout dans la liqueur ", tandis que le chlorate se précipite , et se trouve mêlé à une petite quantité de silice.

On démonte l'appareil , on recueille sur une toile , on laisse égoutter le sel silice , puis on les traite par l'eau bouillante , et l'on filtre ; la silice reste sur le filtre , tandis que le chlorate qui s'est dissous, cristallise par refroidissement. Si

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l'on veut l'obtenir en belles lames , il faut avoir le soin que le refroidissement s'opère le plus lentement possible.

Ce sel est blanc, nacré ; il cristallise en lames hexaèdres ou en lames rhomboidales. Il est soluble dans i5 parties d'eau froide , plus soluble à chaud , puisqu'il n'exige que 2 parties et demie de celle-ci ; il se précipite par refroidissement. Introduit dans une petite cornue , et soumis à une haute température , il entre en fusion , laisse échapper de l'eau, puis de l'oxigène (i) ; il passe alors à l'état de chlorure de potassium, qui reste dans la cornue.

Ce chlorate est employé pour obtenir l'oxigène. En solution dans l'eam à de petites doses , il a été administré en Médecine avec quelque succès ; enfin , dans les arts , on en consomme des quantités assez considéraJ^lés pour la fabrication des allumettes oxigénées.

De la falsification de ce sel. Ce sel ayant un prix assez élevé', quelques personnes le mélangent avec du nltre ou avec de l'hydro-chlorate de potasse : le dernier de ces mélanges pouri-ait provenir du mode de fabrication ; mais il est à notre connaissance que quelques-uns de ces mélanges ont été faits volontairement. Voici les caractères qui peuvent faire reconnaître ce sel à l'état de pureté : i". il doit avoir une saveur douceâtre et sans amertume ; 2°. il doit fuser sur les charbons sans faire de bruit ; 3°. sec et pulvérisé , puis mêlé à une demipartie de soufre, ce mélange doit s'enflammer par le contact d'un tube imprégné d'acide sulfurique à 66°; 4°- sa solution ne doit pas précipiter par le nitrate d'argent ; 5°. traité par l'acide sulfurique , il doit laisser dégager du chlore , et non de l'acide nitrique sous forme de fumée blanche. Le chlorate de potasse qui aurait été mêlé à des sels étrangers peut être purifié par cristallisation : les sels qui lui sont ajouté?, étant

(i) M. Piobiquet a «Value ia quantité d'oxigène qui se dégage, à 38,88 ponr 100 de sel desséché. Suivant ce professeur , 37,304 ^^ ''■^^ oxigène appartiennent à l'acide chloriqiie, et 6,576 h Toxide de potassium. ( Dirl. technologique, t. V, p. '.'-i40

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