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SULFATE DE CHAUX

Gypse f Sélénite, Plâtre.

Le sulfate de chaux était connu des anciens , qui lui donnaient le nom de gjrpse. La connaissance de ses principes cons— tituans est due à MargrafF et à Macquer, qui démontrèrent qu'il était composé d'acide sulfurique et de chaux. Bergman , plus tard, en fit une analyse exacte, qui lui démontra qu'il ctait composé de 46 d'acide , de Sa de chaux et de 22 d'eau.

Ce sulfate se rencontre dans les parties supérieures des terrains secondaires et dans les terrains tertiaires. Dans les premiers de ces terrains, il forme des couches intercalées avec des couches calcaires; dans les seconds, il constitue des dépôts plus ou moins étendus, accompagnés de marne argileuse. Souvent il se présente en tables biselées de diverses manières à base de parallélogi'ammes obliquanj^les , qui dérivent d'un prisme du même genre d'environ 11 3° et S-j"; on le rencontre aussi sous la forme de lentilles plus ou moins volumineuses , ordinairement jaunes , isolées ou groupées en roses , en fer de lance ; ces cristaux sont quelquefois limpides , quelquefois ils sont opaques et colorés en rouge par des argiles ferrugineuses. Dans les grandes masses, on observe plusieurs variétés de structure : 1°. la fibreuse, douée d'un éclat nacré; 1°. la lamellaire, à très petites lames; 3°. la compacte. Dans tous ces

cas, le poids spécifique de ce sel est d'eiwiron 7,3i. Exposé à l'action de la chaleur , le sulfate de chaux durcit et blanchit en perdant son eau , qu'il reprend ensuite avec avidité' lorsqu'on le met en contact avec elle. Lorsque le sulfate de chaux ainsi traite' est en cristaux , il se gonfle , s'exfolie ; cette exfoliation est cause'e par l'eau qui , en se vaporisant, sépare et soulève les feuillets ; cet effet est surtout remarquable dans le sulfate de chaux eu fer de lance. Ce sel se rencontre en très grande quantité dans la nature ; Montmartre, Menil-Montant, près de Paris, fournissent d'immenses quantités de ce sel qui sont exploitées pour les bâtisses de la capitale.

On peut obtenir artificiellement le sulfate de chaux , en traitant le carbonate par l'acide sulfurique étendu, filtrant la solution , la faisant évaporer, et calcinant jusqu'au rouge.

Le sulfate de chaux a une saveur légèrement nauséabonde ; on s'en aperçoit lorsque l'on boit de l'eau qui en tient en dissolution. Une partie de ce sel est soluble dans 460 part, d'eau à 16° centigr., et dans ^5o part, d'eau bouillante. M. Paul a observé qu'en faisant entrer par pression dans cette solution du gaz hydrogène, le sulfate se convertissait, au bout de quelques mois , en sulfure. Le même effet doit avoir lieu lorsque l'eau contient en solution , et de ce sulfate , et des substances hydrogénées? Exposé à l'action de la chaleur, le plâtre perd son eau de cristallisation ; si l'on chauffe très fortement , on finit par le fondre ; si l'on se sert du chalumeau , on obtient un globule vitreux opaque. La température nécessaire pour opérer cette fusion est , suivant Saussure, d'environ 5i° de Wedgewood.

Il y a un sulfate à base de chaux exempt d'eau ; ce sulfate , qui se trouve en Suède , dans le Tyrol , à Berne , a été décrit par Fleurieu ( Journal de Physique , i "^98 ) , et examiné par Vauquelin ( voj. le Journal des Mines , an x , t. II , p. 345 ).

Le sulfate de chaux calciné à une température plus ou moins élevée, puis délayé avec un volume d'eau à peu près égal au sien, fournit une pâte liquide qui se durcit très promptement. On distingue deux &ovies àe plâtre . Le premier, pré-

paré avec le sulfate de chaux pur réduit en poudre et passé au tamis , sert pour la sculpture ; le second , qui contient du carbonate de chaux , est plus dur, on s'en sert pour le bâtiment. Le plâtre gâché avec une solution de colle forte et mêlé à des matières colorantes , forme une espèce de stuc qui est très uni si on le coule sur des surfaces polies ( le marbre, par exemple). Le plâtre , répandu sur les terres , rend la végétation plus active. Le sulfate de chaux hydraté blanc ou avec des zones de couleur jaune est connu sous le nom à^ albâtre ^ on s'en sert pour faire des vases, des pendules, des lampes, etc. On ne doit pas le confondre avec l'a/^^/re ca/ca//'e, le carbonate de chaux. Une variété de sulfate de chaux anhydre avec silice se trouve en Italie ; on l'emploie pour faire des chambranles de cheminées.

Ce sel est quelquefois employé dans des mélanges ; il existe en quantité marquée dans un grand nombre d'eaux.

SULFATE DE CINCHONINE.

Le sulfate de cinchonine est une combinaison de cinchonine et d'acide sulfarique. Pour le préparer, on prend la cinchonine, on la met dans une bassine d'argent , avec une petite quantité d'eau; on fait chauffer; on ajoute peu à peu à la liqueur de l'acide sulfurique étendu, jusqu'à ce qu'il y en ait en assez grande quantité pour saturer la cinchonine. Lorsque la saturation est achevée, on ajoute au liquide du charbon lavé à l'acide hydro-chlorique ; on fait bouillir promptement ; on fdtre le liquide bouillant. Par refroidissement, on obtient un sel qui cristallise en prismes à quatre pans , dont deux , plus larges, sont terminés par une face inclinée. On isole ce sel, et l'on rapproche les eaux-mères pour obtenir d'autres cristaux ; on répète cette opération jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de sel dans la liqueur. Le sulfate de cinchonine est amer ; il est soluble dans l'eau, plus à chaud qu'à froid. Ce sel est composé, d'après MM. Pelletier et Caventou , de 100 de cinchonine et de i3,02i d'acide sulfurique.

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