Tome II
Le sulfate de cinchonine est soluble, à la température ordinaire , dans 54 parties d'eau : par l'addition d'une quantité convenable d'acide, il passe à l'état de bi-sulfate. Les cristaux de ce bi-sulfate sont des octaèdres rbomboïdaux , inaltérables à l'air ; solubles dans un peu moins de la moitié de leur poids d'eau à i4°, solubilité qui est beaucoup plus grande que celle du sel neutre. ( V. le travail de M. Baup , Ann. de Chimie et de Physique , t. XXVII, p. 323. ) Ce sulfate peut être administré avec succès contre les fièvres aiguës et périodiques. On assure qu'il est moins irritant que le suUate de quinine.
SDLFATE DE CUIVRE.
f^itriol bleu , Vitriol de Chypre, Deuto-sulfate de cuivre.
Ce sel , qui existe tout formé dans la nature , et que l'on rencontre en dissolution dans quelques eaux , ne se prépare pas dans les officines. C'est ordinairement celui du commerce que les pharmaciens emploient , après avoir eu , toutefois , le soin de le purifier.
Le sulfate de cuivre qui se trouve dans le commerce est préparé , 1°. en grillant le sulfure dé cuivre naturel, \es pyrites, que l'on rencontre en grande quantité, en exposant ensuite ces pyrites grillées à l'action de l'air, en les humectant , lessivant ensuite , et faisant évaporer les eaux de lavage ; 2°. en traitant le cuivre par le soufre , en calcinant le sulfure formé , et en l'exposant au contact de l'air après Tavoir humecté , le traitant ensuite par l'acide sulfurique faible , faisant évaporer et cristalliser la dissolution filtrée ou décantée.
La cristallisation du sulfate de cuivre n'est pas aussi facile à opérer que celle d'un grand nombre de sels. Aussi la science du fabricant de vitriol bleu consiste-t-elle en partie dans l'art de disposer les cristallisoirs , et de conduire la cristallisation de manière à obtenir des cristaux gros et réguliers.
Le sulfate de cuivre est bleu , légèrement acide j il rougît
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îe papier de tournesol ; il est soluble dans l'eau froide , plus soluble encore dans l'eau bouillante ; il laisse déposer , par refroidissement , des cristaux en prismes irréguliers. Ces cristaux , sèches et exposés à l'action de l'air , s'eôleurissent et se recouvrent d'une poussière verdâtre. Exposé à l'action du feu, le sulfate de cuivre se fond dans son eau de cristallisation ; il éprouve la fusion aqueuse, et se transforme en une poudre d'un blanc bleuâtre , qui , mise en contact avec de l'eau , reprend sa couleur bleue. Si l'on expose le sulfate de cuivre à une température plus élevée , ce sel est décomposé ; l'acide se dégage , et abandonne l'oxide de cuivre, qui reste dans le vase dans lequel s'est faite l'opération.
fie sel , d'après l'analyse de M. Proust , est un combiné de 33 d'acide sulfurique, de 32 d'oxide de cuivre, et de 35 d'eau.
Le sulfate de cuivre est employé dans plusieurs préparations, mais particulièrement comme médicament externe. Donné sans précaution à l'intérieur , il causerait des accidens fâcheux , et agirait comme poison.
Furification du sulfate de cuivre. On prend du sulfate de cuivre du commerce , on le fait dissoudre dans de l'eau distillée ; on filtre la solution , on la met dans une capsule de porcelaine, on la fait évaporer jusqu'à ce que la liqueur marque 29°; on arrête l'évaporation , et l'on porte la capsule à l'étuve. Par un refroidissement lent, les cristaux se déposent sur les parois du vase ; on les enlève , on les lave avec un peu d'eau distillée , et on les met à sécher. Ces cristaux , une fois secs , doivent être renfermés dans des vases clos , pour les mettre à l'abri de l'air , qui les rendrait efflorescens.
On fait évaporer les eaux-mères pour obtenir de nouveaux cristaux que l'on traite de la même manière.
Les réactifs à employer pour reconnaître le sulfate de cuivre sont, 1°. l'eau distillée, qui dissout ce sel en prenant une couleur bleue ; 2°. les sels de baryte , qui forment dans cette solution un précipité insoluble dans un excès d'acide nitrique ; 3°. l'alcali volatil, qui fait passer cette solution du bleu au violet, après avoir d'abord produit un précipité qui se
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redissout dans l'excès d'alcali ; 4°- l'hydio-cyanate ferrure de potasse , qui précipite la solutiou de ce sulfate en brun-rougeâlre ; 5". une lame de fer, qui , plongée dans la solution, se recouvre de cuivre métallique.
SULFATE DE CUIVRE ET d'aMMONIaQUE.
Sulfate de cuivre ammoniacal.
Pour obtenir ce sel , que l'on administre à petites doses comme anti-spasmodique, on verse dans une solution aqueuse, saturée de sulfate de cuivre, de l'ammoniaque liquide, de manière à précipiter d'abord l'oxide de cuivre , puis à redissoudre le précipite formé; on fait ensuite évaporer doucement la liqueur, qui fournit des cristaux de sulfate de cuivre et d'ammoniaque d'un beau bleu velouté.
On obtient aussi ce sel par le procédé suivant. Après avoir saturé la solution de sulfate de cuivre par l'alcali volatil , on ajoute à la liqueur saturée et claire de l'alcool à 36°, dans la proportion d'une partie et un quart d'alcool sur une partie de liquide. Le sulfate d'ammoniaque et de cuivre ne pouvant rester en solution dans cette liqueur alcoolique , se précipite sous forme de cristaux ; on décante l'eau-mère, et l'on enlève les cristaux , on les dessèche en les plaçant sur un papier à filtrer. On les conserve ensuite dans des flacons bien fermés.
Le sulfate de cuivre et d'ammoniaque , traité par les réactifs que nous avons indiqués pour le sulfate simple, présente des phénomènes analogues. Il peut être reconnu cependant , parce qu'il y a dégagement de gaz ammoniac lorsqu'on le traite par la chaux , la potasse ou la soude.