DEUXIÈME CLASSE
DES SELS QUI RÉSULTENT DE LA COMBINAISON DES HYDRAGIDES AVEC LES BASES SALIFIABLES.
HYDRIODATES.
On a donné le nom à' hj-driodates aux sels résultant de la combinaison de l'acide hydriodique avec les bases. Les caractères qui peuvent faire reconnaître ces sels sont les suivans : i". traités par l'acide sulfurique, par l'acide nitrique concentré, et par le chlore, ils sont décomposés, et l'iode est mis en liberté; 2°. l'eau a la propriété de dissoudre les hydriodates. 'Les liquides qui en résultent, versés dans les solutions des oxides métalliques des trois dernières sections , y déterminent des précipités qui sont colorés diversement. Le précipité formé dans la dissolution d'argent est blanc ; celui résultant de l'action de l'iiydriodate sur la solution du protonitrate de mercure est jaune-verdâtre. Le précipité obtenu de la solution de sublimé corrosif est rouge ; celui produit dans la solution de nitrate de plomb est jaune ; ceux obtenus des sels de cuivre sont gris-hlan'thâtre; ceux de bismuth, marrons, etc.
Les hydriodates employés en Médecine sont peu nombreux: quelques-uns , additionnés d'une certaine quantité d'iode , s'unissent à ce corps, et forment les hydiwiodates iodurés.
HYDRIODATE DE POTASSE.
lodure de potassium.
Ce sel, qui n'est connu que depuis quelques années, estem-
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ployé en Médecine avec succès contre les tumeurs indolentes, il a aussi été mis en usage pour combattre diverses maladies. Plusieurs procédés ont été successivement donnés pour préparer l'hydriodate dépotasse. Ainsi on peut directement saturer l'acide liydriodique par le sous-carbonate de potasse , faire évaporer la solution saturée , et obtenir ce sel cristallisé , que M. Gay-Lussac regarde alors comme un iodure de potassium. Plusieurs autres modes de préparation ont été indiqués; de ce nombre sont : i°. la décomposition des iedures métalliques par l'eau et la saturation de l'acide bydriodique par les alcalis ; 2°. la décomposition de l'hydriodate de fer par la potasse. Ce procédé, dû à M. Baup de Vevay et à M. Caillot, est celui qu'on a mis en usage jusqu'à présent avec plus de succès.
Procédé de MM. Caillot et Baup. On niet ensemble dans un matras de verre lo parties d'iode et 5o parties d'eau distillée. On ajoute ensuite à ces substances , et par petites portions successives, 5 parties de limaille de fer, qui doit être entièrement exempte d'oxide de fer et de limaille de cuivre. Chaque fois qu'on fait une addition de limaille de fer, on remue le matras pour que toutes les substances soient bien en contact. Lorsque toute la limaille a été ajoutée, on place le matras sur une gi'ille de fer supportée par^un fourneau , et l'on chauffe ce vase , tout en ayant soin de le remuer de temps à auft'e pour répandre dans le liquide les parties solides , qui tendent à occuper la partie inférieure. L'iode , dans ces circonstances , s'unit au fer , et il se forme un hydriodate de fer ioduré ; mais, par l'action de la chaleur, ce combiné passe à l'état d'hydriodate simple. On reconnaît que la conversion en hydriodate de fer est complète par la décoloration de la liqueur, et l'on peut encore mieux s'assui'er de ce fait en trempant dans l'hydriodate une baiyle de papier blanc. Si la décomposition est complète , la partie du papier trempée dans l'hydriodate ne prend pas de couleur rouge , ce qui arriverait si la décomposition n'était pas opérée. On filtre la liqueur, on lave le filtre avec de l'eau distillée bouillante jusqu'à ce
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que l'eau qui en sort n'ait plus de saveur. On re'unit dans une capsule la liqueur et les eaux de lavage , on place la capsule sur un bain de sable, et l'on fait chauffer. Lorsque la température du liquide est parvenue au point voisin de celui de re'bullition, on verse dans l'hydriodate de fer une solution de sous-carbonate de potasse ,«continuant d'en ajouter jusqu'à ce que la saturation soit complète. On apporte la plus grande précaution dans cette opération, afin de ne pas ajouter un excès d'alcali. L'addition de la potasse détermine la précipitation de l'oxide de fer : on le sépare, par filtralion, de l'hydriodate de potasse qui vient de se former. Lorsque la liqueur est filtrée, on lave le filtre jusqu'à épuisement complet, et l'on réunit toutes les liqueurs. On essaie ensuite par le papier de tournesol rougi, pour reconnaître s'il y a un excès de base. Dans ce cas, on salure cet excès j)ar de l'acide bydriodique ; aussitôt que la saturation est achevée, on fait évaporer le liquide dans une capsule de porcelaine placée sur un bain de sable. Lorsque la liqueur est concentrée au point d'offrir à sa surface une légère pellicule, on cesse le feu , et on laisse la cristallisation s'opérer. Peu à peu les cristaux se déposent sur les parois de la capsule. La cristallisation étant terminée, oa enlève les cristaux , qui sont lavés avec un peu d'eau , et mis à égoutter. On lesTfait ensuite sécher sur du papier et à l'étuve.
Quelquefois les cristaux obtenus d'une première opération sont purs et blancs ; ils ne demandent point alors d'être fedi.ssous de nouveau , comme cela arrive le plus souvent.
Si les cristaux sont colorés , ce qui peut arrivei' lorsqu'en saturant l'excès de potasse par l'acide hydriodicjue , on a mi» un excès de cet acide , pour les obtenir blancs et décolorés , il faut les exposer à une chaleur suffisante.
Cependant il vaut mieux , pour obtenir un produit plus pur, réunir les cristaux provenant d'une première opération , les faire dissoudre dans l'eau et leur faire subir de nouvelles «ristallisations.
M. Taddei a publié le procédé suivant pour obtenir le uième produit.
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Procédé de M. Taddei. On fait dissoudre de l'iode dan^ de TeAprit de tin marquant 20 à 25" à l'arëomètrtf de Baume. Lorsque la dissolution est opérée, on y verse à plusieurs reprises de riiydro-sulfate de potasse : le liquide se trouble^ et sa ÉOulear^ qui était d'un rouge foncé, passe au rou}>,e-niarron , puis au rose couleur de chair , enfin à la couleur blanc de lait. Lorsque la couleur est parvenue à ce point , c'est ixaé preuve que tout l'iode a été converti en acide bydriodique, qui s'est combiné à la potasse. On laisse éclaircir , et l'on verse encore quelques gouttes d'hydro-sulfates. Si cette dernière addition ne trouble plus la liqueur, c'eèt nne preuve que l'opération est terminée. On filtre, et l'on fait évaporer jusqu'à siccité , afin d'obtenir , par cristallisation , l'iiydriodate de potasse.
Ct moyen, que nous avons essayé, nous a donné de l'hydriodate de potasse qui était moins blanc que celui obtenu à l'aride du premier procédé que nous avons rapporté. Cependant , en le dissolvant dans l'eau et en le faisant cristalliser , nous sommes parvenus à nous procurer ce produit à l'état d« pureté convenable. ,
L'bydriodate de potasse est solide, 1)lanc, prenant une forme régulière, le cube. Sa saveur est acre, légèrement amère. Ce sel est déliquescent : 100 parties d'eau à 12° en dissolvent 14 1 part. Par la dessiccation et par la cristallisation, il se transforme en iodure de potassium et en eau. L'iodure de potassium Se fond facilement et se volatilise à la température rougè sans éprouver d'altération marquée. Cette propriété peut seï-^ vira reconnaître s'il a été falsifié p-âr des sels étrangers-. L'hy— driodate de potasse est formé de roo parties d'acide bydriodique et de 37,426 de potasse. Le prix élevé de l'iode et celui des sels qui résultent des comlïinaisons de ce corps combustible ont fait naître des falsifications que nous devorts signaler dans l'intérêt du pharmacien. Ces altérations ont été iridi— q,uées dans une notice sur la préparation de l'hydriodate de potasse, publiée par M. Robiquet. Ce savant-indiqiVe le moyen suivant pour reconnaître si un hydrioda^e a été falsifié par
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quelques substances e'trangères. On prend un poids de'terminé d'hydriodate de potasse bien pur et une même quantité de sel qu'on soupçonne altère'; on fait dissoudre ces échantillons dans les mêmes quantités d'eau, et l'on introduit ces deux solutions dans de petites cornues tubulées , à la partie inférieure desquelles est adapté un récipient. On verse dans ces dissolutions de l'acide nitrique en excès, de manière à déterminer une décomposition. L'acide nitrique se combine à la potasse , l'iode est mis à nu. Par l'action de la chaleur, on le fait volatiliser; on élève la température, pour être certain d'une décomposition complète de l'hydriodate : on recueille l'iode qui s'est volatilisé , on le fait sécher, et l'on prend les poids qui, étant comparés entre eux, indiquent ou non la pureté du sel essayé. On examine les deux liqueurs distillées , et on les essaie par le nitrate d'argent. La liqueur qui provient de l'hydriodate pur ne donne pas de précipité , tandis que celle qu'on obtient d'un hydriodate mélangé (i) en produit un de chlorure d'argent d'autant plus marqué que l'hydriodate était plus impur. M. Robiquet, en terminant sa notice , émet l'opinion que ce mélange^ de sel pourrait bien être le résultat de l'opération à l'aide de laquelle les sels ont été obtenus (2).
HYDRIODATE DE SOUDE.
On prépare l'hydriodate de soude par les mêmes procédés que ceux que nous venons ^'indiquer pour l'hydriodate de potasse. Au lieu d'employer le carbonate et l'hydro-sulfate de potasse , on se sert de carbonate et d'hydro-sulfate de soude.
L'hydriodate de soude est un solide blanc, cristallisant eu
(i) Les hydriodates de pousse et de soqde sont ordinairement falsifies par des hydro-chlorates de potasse et de soude.
(î) Il est à notre connaissance que les hydriodates purs ont e'te' méle's d'Iiydro-chlorates pour être vendus au-dessous du cours. Ce mc'Iange e'tait si peu homogène , qu'on a pu en séparer des cristaux d'hydro -chlorate, ne contenant pas un atome d'hydriodate.
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prismes rhomboïdaux , aplatis. Ces prismes, eu se réunissant, forment des cristaux plus épais, qui donnent à ce sel quelque ressemblance avec le sulfate de soude. Exposés à l'air , ils en attirent l'humidité , et deviennent déliquescens. Par la dessiccation , ce sel passe à l'état d'iodure. 100 parties d'eau distillée à la température de 14° dissolvent 178 parties d'hydriodate de soude. Exposé à un degré de chaleur un peu élevé , l'hydriodate de soude entre en fusion , perd une certaine quantité d'acide hydriodique et se volatilise.
100 parties d'acide hydriodique demandent pour leur satu ration 24» 7 ^^ ^^ soude.
Les médicamens qui se préparent avec les hydriodates étant peu connus , nous avons cru devoir ici consigner leurs formules.
HTDRIODATE DE POTASSE lODURÉ(l).
Ce sel se prépare en mêlant ensemble, hydriodate de potasse, 20 parties; iode pur, 6 parties. On met ces deux substances dans un mortier de verre, et l'on triture longtemps, afin que le mélange soit homogène et qu'il ait acquis une couleur rouge foncée.
L'hydriodate de potasse et l'hydriodate ioduré sont mis en usage pour la préparation de divers médicamens , sirops, solutions, etc.
Sirop d' hydriodate de potasse.
Sirop de sucre blanc bien cuit, 820 parties; hydriodate de potasse, I partie. On fait dissoudre le sel dans la plus petite quantité d'eau possible , et l'on ajoute cette solution au sirop, qu'il faut bien agiter, afin que le mélange du sirop et du sel soit bienfait.
(ij Noas avons eu recours aux diverses forniults publiées par MM. Henry, Magendie, Bailly, etc.
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Sirop d hjdriodate de potasse ioduré.
Siiop de sucre bien cuit, 820 parties; hydriodate de portasse ioduré, 1 partie. On fait dissoudre i'hydriodate dans la plus petite quantité d'eau possible, et l'on ajoute le sîolutunï au sirop. Il faut avoir soin de bien mêler, pour que le médicament soit bien égal dans toutes ses parties.
Solution d'hydriodate de potasse,
Hydriodate de potasse, un demi-gros ; eau distillée, i once. On introduit I'hydriodate de potasse dans une fiole , on y ajoute l'eau. Lorsque la dissolution est faite, on filtre , et l'on conserve la liqueur dans un flacon bouché en verre (i).
Pommade d'hjdriodate de potasse.
Cette pommade peut être préparée en réduisant I'hydriodate en poudre, et en l'incorporant à un corps gras quelconque : c'est au médecin à prescrire les proportions dans lesquelles ces mélanges doivent être préparés. Les formules suivantes sont celles qui ont été employées jusqu'ici.
Pommade d'hydriodate de potasse.
Axonge pure et récente y 64 gtamtncà ( 2 onces ) ; hydriodate dépotasse, 4 grammes (i gros). On fait le mélange de ces substances dans un. mottier de verre (2) , ou bien sur «ne
(r) Le me'dccia »loif cie'iijfWfr (l;»fi5 sa foriiltilc cfiipHcs sont les gaawilcS de cette solution qui doivent être administrées an malade. •
(q) C'est une erreur de croire que ce procède est bon : celui qni est employé ])ar la plupart des pharmaciens de Paris vaut mieux; il consiste à faire dissoudre Tliydriodate dans un pcn d'eau et h l'incorporer, par trituration, h la graisse. Ls sel «« trouvant, plas divise dans 1« corps gras, k» pommade en est plus active.
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glace OU sur ua porphyre. Il faut que cette pre'paration soit bieu homogène dans toutes ses parties.
Aidre formule ( M. Magendie ).
Axoiige pure, 96 grammes (3 onces) ; bydriodate de potasse, 4 grammes ( 1 gros ). On opère de la même manière que nous venons de le dire plus haut.
Pommade d' hjdriodate ioduré (i).
Axonge pure , 64 grammes ( 2 onces) ; hydriodate de potasse ioduré, 4.g'*aiïimes (i gros). On mêle exactement l'hydriodate ioduré à l'axonge. Pour arriver à ce point , on met d'abord le sel dans un mortier de verre , on le divise avec soin , on ajoute ensuite une petite quantité d'axonge. On mêle exactement, on réunit, au moyen d'une carte, le mélange; on ajoute une nouvelle quantité d'axonge, et l'on «continue d'agir ainsi jusqu'à ce que le mélange «oit bien homogène.
Le mélan;;e fait sur un petit plan de glace , et ramassé avec un couteau d'woire , est plus tôt fait, et il est plus intime.
M. Gallard, élève de M. Boullay , ayant remarqué que la couleur des pommades qu'il préparait avec l'hydriodate de potasse n'était pas toujours la même, et variait quelquefois du blanc au jaune , quoiqu'il eût employé le même hydriodate dans ces préparations , eut l'idée de rechercher quelle était la cause de ces variations de couleur. Les résultats qu'il obtint de diverses expériences lui firent connaître que les graisses qui ne sont pas récentes ont la propriété , lorsqu'elles sont en contact avec les hydriodates , de décomposer ces sels et de donner lieu à de l'eau résultant de la combinaison de
(1) Celte formule est celle qui a e'te' publie'c par M. Henry, chef de la pharmacie centrale, dans le n° 3 dn Journal de Pharmacie , mars, 1822. La pommade pt^paree d'aprè« cette formule est usitée daiu les hôpitaux civils de Paris,
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l'oxigène des graisses avec l'hydrogène des hydriodates , et à •de l'iode qui, devenu lilire, colore les pommades pre'parées avec cette graisse. Cette remarque fait sentir toute l'importance qu'il y a pour le praticien d'«'mployer à la pre'para • tien des pommades d'hydriodates des graisses re'centes et parfaitement pures. Ces pommades doivent même être préparées en petite quantité, et au moment de les mettre en usage , à moins qu'on ne veuille obtenir des pommades iodurées.
HTDRO-CHLORATES.
Les hydro-chlorates {muriates) sont les sels résultant de la combinaison de l'acide hydro-chlorique avec les bases sali fiables. Les caractères principaux de ces se's sont les suivans : i". ils se dissolvent dans l'eau distillée , en fournissant les solutions qui, étant traitées par le nitrate d'argent, donnent un précipité blanc caillebotté , insoluble dans l'eau et dans l'acide nitrique concentré : ce précipité est soluble dans l'alcali volatil , lorsqu'il j\\ pas été desséché ; 2°. traités par l'acide sulfurique concentré, ces sels sont décomposés ; il résulte de cette décomposition des sulfates qui restent en dissolution dans le liquide et de l'acide hydro-chlorique gazeux , qui se dégage et qui est reconnaissable à son odeur particulière : cet acide peut être recueilli puis examiné ; 3°. traités par l'acide phosphorique à l'aide de la chaleur, ces sels sont décomposés; il y a formation de phosphates et dégagement d'acide hydro-chlorique ; 4°- soumis à l'action de la chaleur , quelquesuns de ces sels, ceux de la première section (i), se décomposent , laissent dégager du gaz acide hydro-chlorique , et sont convertis en oxides; d'autres sont réduits en chlorures , avec formation et dégagement d'eau ; enfin quelques-uns sont décomposés entièrement. Il y a dégagement d'eau et de chlore , enfin réduction du métal .
(i) Hydro-chlorates d'alumine , de glucine , de niagncsic , de ihorine , d'yttria et de glucine. Ces sels ne sont point employés dans l'ussge médirai.
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HYDRO-CHLORATE d'aMMONIAQUE,
Sel ammoniac , Sel armoniac , Muriate d'ammoniaque.
Ce sel a été' long-temps tire' de l'Eyypte : on l'y préparait en faisant dessécher la fiente des chameaux , qu'on brûlait ensuite dans des cheminées qui étaient construites de manière à ce qu'on pût* recueillir beaucoup dé suie. On ramassait ce produit, on l'introduisait dans de grands ballons de verre ayant plus d'un pied de diamètre. On avait le soin de ne remplir ces ballons qu'aux deux tiers de leur capacité ; ou exposait ensuite ces vases , placés sur des galères , à l'action d'un feu très doux d'abord , mais qu'on augmentait successivement. Au bout de trois jours d'un feu continu, l'opération étant terminée , on cassait le ballon ; et l'on obtenait le sel ammoniac sous forme de pains convexes d'un côté et concaves de l'autre; ces pains étaient noirs à la surface.
La préparation du sel ammoniac se fait maintenant en Europe , et la quantité que la France peut en fournir au commerce est considérable. Baume est le premier qui ait tenté d'élever une fabrique de ce sel. Il distillait des matières animales, recueillait le produit de la distillation , et fc décomposait par le muriate de magnésie contenu dans les eaux-mères des salines; il séparait le précipité magnésien formé par le carbonate d'ammoniaque , faisait évaporer la liqueur , et soumettait à la sublimation le résidu , qui lui donnait du sel ammoniac.
MM. Leblanc et Dizé s'occupèrent aussi de la préparation de ce sel , en faisant rencontrer ensemble dans des chambres de plomb , du gaz acide hydro-chlorique et des vapeurs d'ammoniaque. Ces deux procédés ne donnant pas de produits avantageux, on fut forcé du préparer ce produit d'une autre manière. C'est à Payen père et à Pluvinet qu'est dû le premier procédé qui ait parfaitement réussi. Le fils et le frère de ces habiles manufacturiers le suivent encore dans des fabriques
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situées aux environs de Paris, et qui sont dans l'état le plus
prospère. Ce procédé consiste :
1°. A cbarbonner dans des cylindres en fonte , réunis dans de grands fourneaux , des substîinces de nature animale, des os , des chiffons de laine , des cornes, etc. ; à recueillir et à cotndenser les produits qui se dégagent pendant la décomposition, et qui sont de l'eau , de l'huile animale, du carbonate d'ammoniaque ; à les réunir dans des réservoirs.
2**. A séparer des produits condensés l'huila qui surnage , et à laice passer trois ou quatre foisi le liquide contenaoit le carbonate d'ammoniaque à ti'avers des couches de sulfate de chaux broyé, qu'on a disposées sur des toiles tendues, faisant l'office de filtres. Eu traversant 1« sulfate de chaux , le carbornate d'ammoniaqiie se décompose ; il y a formation de carbonate de chaux et de sulfate d'ammoniaque : le premier de ces selsi reste sur les- toiles, le second passe à l'état liquide.
3*. A décomposer le sulfate d'ammoniaque en solution dans l'eau par le muriate de soude, à l'aide de l'ébuUition. Dans cette opération, il y a double décomposition: l'acide sulfurique s'unit à la soude, et forme du sulfate de soude, et l'acide hydro-chlorique se combine à l'ammoniaque. On sépare ces deux sels par l'évaporalion et la ccislariisalion,.
4°. A sublimer #ans des vases de terre le sel ammoniac après l'avoir d'abord desséché ; à avoir soin de percer le pain, qui se forme par sublimation, avec un instrument semblable à un vilebrequin, et prenant la précaution de tremper la mèche de cet outil dans l'huile ; en ap,issaat ainsi , on prévient la rupture des vases, ruptune qui pourrait avoir lieu par l'expansion que peuvent, prendre et l'air et les vapeurs^ de sel ammoniac.
Le sel amnioniiac se trouve dans le commerce sous fbrme de pain. Il y en a de deux sortes : l'un , pur, a une couleur blanche ; on le < omme^e/ blanc ; ce sel est destiné aux usages pharmaceutiques • l'asutiie , qui est coloré , est le gris y on l'emploie dans les arls, pour l'étamage des métaux , etc. Le sel ammoniac est soluble dans moins de 3 parties d'eau
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à ^5*»; il çst plus soluble dans l'eau bouillante, cristallise par refroidissement. Ces cristaux sont, ou des pyramides à 4 face^, Qu dea pyramides allongées; dans ce dernier cas, il présent^ la coufifruration de barbes de plume. Exposé à l'action de l'air , ce sel attire légèrement l'humidité. Si on le chauffe , il se sublime sans décomposition , sous forme de fuméeç ou vapeurs blanches , qui se condensent facilement sur les corps froids qu'on leur présente.
Le sel Ammoniac est formé de 68,52 d'acide hydro-chlorique, et de 3i,48 d'ammoniaque.
Le muriate d'ammoniaque , tel qu'on le trouve dans le commerce , a quelquefois besoin de subir une purification pour pouvoir être employé comme médicament. Ce travail consiste à faire dissoudre le sel dans l'eau , à filtrer la dissolution , que l'on fait ensuite évaporer jusqu'à pellicule, à recueillir les cristaux qui se déposent , et à les conserver dans des vases de verre après les avoir fait sécher.
Le sel ammoniac est employé comme tonique stimulant : on le fait quelquefois prendre comme fébrifuge. On reconnaît cethydro-chlorate par divers réactifs m", parle nitrated'argent, qui détermine dans sa solution un précipité insoluble dans l'acide nitrique concentré , soluble dans l'alcali volatil ; ?.°. par le muriate de platine, qi^i donne un précipité sous forme depoudi^ jaune : ce précipité , lavé et séché , exposé à l'action de la chaleur , est réduit, en partie, en vapeurs blanches qui se dégagent , en laissant pour résidu du platine métallique très divisé ; 3°. par la chaux, la potasse, la soude à l'état solide ou liquide, qui, mêlées avec ce sel, dégagent l'î^mmoniaque; 4". par l'actipii de la chaleur, qi^i le volatjliiSQ sans décom position.
HYDRO-CHLORATE d'aMMOMAQOE ET DE FER.
Muriate d'animomaque^ et de fer.
Pour obtenir ce combiné, que l'on connaît aussi sous, le noin de fleurs ammoniacales , martiales , on fait dissoudre
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dans l'eau distillée 36 parties d'hydro-chlorate d'ammoniaque bien pur, puis 12 parties d'hydro-chlorate de fer; on filtre la solution , on la met dans une capsule , et on la fait e'vaporer à siccité. On pourrait conserver le sel ainsi pre'pare' pour l'usage pharmaceutique ; mais les formulaires prescrivent , en outre, de le sublimer de la manière suivante. On place le sel provenant v^e l'évaporation dans une capsule de porcelaine, on la recouvre d'une autre capsule renversée et percée d'un très petit trou ; on lute les bords des deux capsules, on place le tout sur un bain de sable, et l'on chauffe celui-ci. Le sel s'élève en vapeurs qui se condensent à la partie supérieure de l'appareil. Quand la sublimation est terminée , on arrête l'évaporation ; on laisse refroidir , on démonte l'appareil , et l'on conserve le produit suljlimé dans un bocal fermé hermétiquement.
Cette opération peut être faite dans une cornue ; le manipulateur a l'avantage de pouvoir reconnaître- à quel point en est la sublimation. Nous avons aussi essayé de faire cette sublimation dans des capsules de verre ; mais les parois de ces capsules étant inégales, on risque souvent de casser ces vases.
Le muriate d'ammoniaque et de fer , lorsqu'il est traité par la potasse ou par la soude , est décomposé ; il y a dégagement d'ammoniaque et précipitation de l'oxide de fer. Si l'on opère dans la dissolution de ce sel, ce dernier phénomène est très visible.