MOIS DE JANVIER
Oi poniraii faire celle reirai le le premier du mois, k\9 \: la Circoncision, ou la veille.
Lire les atii sur la manière de bien faire la retraite en t.iois. p. 237.
Ne pas oublier la lecture du Mémorial pour malièr* i'examen particulier, et l'exercice de la Préparation a la mort, le soir.
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PREMIER EXERCICE
Grand- mis du prêtre, p. 4 22.
DEUXIÈME EXERCICE
Obligation pour le prêtre de pratiquer ce qu'il enseigne.
1° De peur que ses corrections ne se tournent contre lui.
Saint Paul veut que Tite soit exempt non seulement de la faute qu'il reprend, mais de toute autre : In omnibus teipsum prœbe exemplum bonorum operu/u... ut is, qui ex adveno est, verealur, nihil liabens inaluni dicere de nobis. Comme rien n'humilie plus que la correction , dous lâchons de renvoyer à celui qui la fait la houle dont il nous couvre , et nous nous croyons à l'abri du reproche, des que nous
- 29i — avons, pour nous autoriser, ses propres relâche* nients.
Médecin, guérissez-vous vous-même. Kn nous jugeant , vous vous condamnez. De quel front osez vous attaquer une faute dont vous êtes coupable? L'Evangile n'est-il pas autant et plus pour vous que pour nous?
Rien n'est plus contraire à l'ordre , que de se réserver l'autorité et de se dispenser de l'exécution de ce qu'elle impose, de vouloir être obéi sans mériter ni se soucier d'être imité. Les pasteurs n'exercent l'autorité qu'à titre onéreux; s'ils ont le droit d'exiger de leurs ouailles la pratique du devoir, les ouailles à il leur tour ont le droit d'exiger de leurs pasteurs l'exemple , et elles s'arrogent celui de les censurer sans ménagement.
D'où vient la transgression des préceptes? De l'impossibilité prétendue qu'on suppose ou de la basse opinion qu'on en a : pourquoi tcii; ter ce qui est au-dessus des forces ? pourquoi s'arrêter î\ i\c$ minuties? Or, qui ne voit que le pasteur s'affranchissent des préceptes) les fidèles commuent aussitôt (pie l'observation en est impossible ou inutile; car qui mieux quo lui doit les estimer et peut les observer)
Aussi , selon la remarque de saint Grégoire, les pasteurs vicieux sont-ils amenés forcément è l'un de ces deux excès, ou d'exagérer leurs corrections pour ôter l'idée qu'ils puissent se trouver dans le même cas, ou de dissimuler les plus grands désordres par le besoin qu'ils ont eux-mêmes d'indulgence.
2o De peur que ses exhortations ne restent sans fruit.
L'exemple qui accompagne l'exhortation la rend plus intelligible et lui donne force et autorité ; il attire sans violence et montre la possibilité de ce qui , sans lui , serait réputé impraticable. Saint Grégoire soutient même que , pour pousser ses ouailles à la médiocrité de la vertu, le pasteur doit s'élancer jusqu'au sommet, comme celui qui, voulant faire passer sa barque ù la rive opposée , s'y prend de fort haut pour n'être point entraîné trop bas. En effet , les ouailles s'imaginant toujours qu'elles sont moins redevables que le pasteur, si celui-ci ne va au-delà du devoir, elles resteront en deçà. (Oral. I. Apol.)
Hélas! même en joignant l'exemple à la leçon , on ne réussit pas toujours : ce que l'exemple lait à peine, des mots le feront-ils? Doc-
trina verborum sine exemplii operum , est sicut eœmeiitum sine calce aridum et invalidum. Nain cujus vita despkitur , restât ut ejus prœdicatio contemnalur. (S. Bonav.Dc scx Alis. c. 6.) Peu d'hommes fout la distinction entre la bonté de la doctrine et la perversité de la conduite; on dit que le prédicateur joue son rôle , que son langage est un langage de convenance, non cie conviction , et on préfère s'en rapporter h ses acies qui contredisent qu'à ses discours qui recommandent.
Prêcher la vertu sans être vertueux , c'eM ressembler au professeur d'aslronomicqui n'aurait jamais vu les constellations que sur la sphère armillairc, ou au médecin qui ne parlerait de la propriété des plantes que sur le rapport de l'histoire. On ne persuade pas ce qu'on ne sent pas. Trop souvent même la pudeur retient et l'on finit par tolérer lâchement dans les autres ce qu'on tolère en soi-même.
D'ailleurs, Dieu vcille-t-il autour de la Cité : avec une sentinelle vendue à l'ennemi? Verset-il la rosée sur un champ où le fermier répand des substances corrosives , propres à étouffer et brûler la semence? Se scrvira-t-il , pour élever un édifice de sainteté , d'une main impure
et perfide? Est-ce un canal empoisonné qui transmettra les eaux vivifiantes de la grâce , un moule faux et menteur qui multipliera les fidèles copies de Jésus-Christ? Celui dont le seul aspect provoque la colère du juge , sera-t-il accepté pour médiateur?
PREMIÈRE CONSIDERATION
Le prêtre au saint tribunal.
Le ministère de la confession , pour être dignement rempli, demande :
1° L'état de rjràce. Quelle position pour un prêtre coupable , que celle du confessionnal! Il pousse les justes dans les voies de la perfection, et lui-même roule d'abime en abîme ; il excite les pécheurs à recourir à la miséricorde divine, et il n'a pour elle que défiance ou mépris. Chaque absolution est pour lui une condamnation; chaque bénédictio n qu'il répand ,
attire ta malédiction sur sa tète. Il se souille en purifiant , il se blesse en guérissant , et plus il introduit d'âmes dans le ciel, plus il s'en ferme à lui même la porte.
2° La victoire sur ses passions , de peur de succomber à des tentations : 1° D'impatience , conférant le sacrement avec précipitation ou le refusant avec injustice ; 2° de respect humain . n'osant interroger, instruire, différer l'obsoïution, exiger l'accomplissement d'un devoir; ~° (fe curiosité, cherchant à connaître le mode et les raffinements du crime; 4° d'impureté , se complaisant dans ce qu'il entend, faisant peut-être du saint tribunal un rendez-vous de complices, encourant l'irrégularité. Chas.», pénitent , le démon serait trop beureux de passer dans le confesseur ; le vaincu conspire >* perte du vainqueur.
ô° la fidélité au.r précautions recommande- Ne jamais entendre les femmes en direction ebc/ soi ou chez elles. Eviter les dénominations affectueuses et fréquentes: rien de mou, d'e\pansif, d'étranger à In conscience; être court. La nuit, allumer un cierge , puisqu'il y a des tentations qui Ct vcspertdioncs >'t nnctuœ in U* nebrit pr<fcipuè hominrs incuutos infestant.
- 20fi - (Lhoncr.) En confessant les malades, tenir ouverte la porte de la chambre , et se souvenir de ces maximes : Severitas non desit, ut consolationem nostram mulier accipiat cum tremore, et ità sentiat visilalionis affectum, ut clericum veneretur. (L'auteur du livre De singularitate Clericorum.) « Courbons-nous vers ceux qui sont « tombés, assez pour les relever, non jusqu'à tomber avec eux. » (Le Pape Pelage.)
4° L'absence de toute jalousie. Vouloir enchaîner à son confessionnal tous ses paroissiens, témoigner son ressentiment à ceux qui s'en écartent , spargere grana exquisita loco granorum communium cum intentione atlrahendi columbas vicinorum : quelle petitesse et quelle source de sacrilèges! Que dirait ce prêtre, si on lui refusait le libre choix de son médecin ou de son confesseur? Se croit-il donc plus sage, dit saint François de Sales, que le Concile de Trente qui veut qu'un confesseur cxlraordinaire soit offert aux religieuses lia oui ter in anno? ou bien, les religieuses sontelles plus suspectes que les autres?
;i° La charité. N'est-il pas dépourvu de cette vertu celui qui fait bon accueil et donne tout son temps à quelques pénitentes privilégiées ,
— 2H7 et se montre froid et pressé d'en finir avec lei pauvres, les ignorants, et en général, tous les hommes ; celui qui nesaii ni ouvrir le cœur par son affabilité, ni interroger avec patience, ni rappeler les vérités essentielles sans causer de la confusion ; celui qui , pour s'épargner la peine de préparer un pécheur, le renvoie, sous prétexte qu'il n'est ni examiné ni contrit, ou qui, ne pouvant encore l'absoudre, n'a nul souci de l'encourager et de le faire revenir au plus tôt; celui qui ne veut se rendre an confessionnal qu'à certaines heures, ou qui refuse impitoyablement d'entendre les personnes étrangères à sa paroisse ! C'est pourtant Dieu qui les lui envoie; qui sait ce qui se passe dans ces âmes ?
6° La prudence. Elle discerne le motif qui amène le pénitent , son degré d'instruction , sa sincérité et sa contrition ; elle se défie des rapports qui ont pour objet un tiers, surtout les Confrères; clic ne dit rien qui, répété, puisse donner lieu aux dérisions et aux sarcasmes; elle sait dissiper les illusions, combattre les tentations , constater une vocation ; elle s'accommode au caractère, à In vertu , à la marche de l'Esprit-Saint; cite ne tombe ni dans
je rigorisme par scrupule on système , ni tUill le relâchement par timidité ou indifférence ; elle possède le secret si précieux et si rare d'interroger quand et comme il convient. C'est ici la vertu que rien ne peut suppléer : sans la prudence, on peut être un saint prêtre, mais non un bon confesseur.
DEUXIEME CONSIDERATION
ÎVéeessité de confesser et d'absoudre les enfants.
Voici les conclusions d'un excellent opuscule qui a pour titre : Doit-on donner l'absolution aux enfants qui ne communient pan encore ?
i° Les enfants arrivés à l'âge de discrétion sont susceptibles de recevoir le sacrement de pénitence, c'est -à-dire, l'absolution. 2" Il y a obligation pour eux de le recevoir au moins une fois l'an : Omnis utriusque sexùs, etc. 5° Ils y ont un droit strict , ex justifia. 4° 11 est du devoir
dos confesseurs et dos na-leur- d'employer tous leurs soins pour les faire entrer dans les dépositions que le sacrement exige. d° Ce n'est pas seulement une l'ois l'an, au temps de Pâques , par inrmpié, que le confesseur s'efforce! a de disposer un enfant ;'i l'absolution, mais chaque l'ois qu'il le trouvera dan SUD étal de damnation. C° Quand l'enfant aura le bonheur d'être sans péché mortel , un confesseur charitable s'empressera de lui accorder quelquefois la grâce de ce sacrement , le seul auquel il puisse participer avant la première communion, pour développer en lui la we cl les vertus chrétiennes. S* autem dubium sit an puer pevfectum usum ratimiis Itabeal, (une si est in periculo mords , aut in obligatio)ie implemli prœreplum pascJiale, absolvendus est sub conditione ; e» tantà inagis si conf'essus futrit aliquod dubium mortale : henè "ni m polest athninislruri sucrumoitum sub conditione, qiuntdùjusta adest causa, ut èSMi liœc , tiberandi hune puerum a statu dumnationis , si unquùm in illuni est lapsus. Idque uyendnm, ctiamsi puer sit recidivu*. Et prubuhilitvr ])luns doclores dionit (ptùit puni istt duhiè disposai absolvi j)o*su)tt, saitvm puai duos cil très mêmes t suh conditione , lied sida ituialia afi
ferrent , ne careant diù gratiâ sacramentali , et forte etiam sanctifîcante, si qvam forte gravem culpam haberent ipsis occultam. (Hom. Apost. Tract, ult. cap. unie, punct. 4. num. 38.)
Gerson signale trois avantages des confessions générales : 1° Les enfants, interrogés et exhortés, accuseront des impuretés dont ils n'osaient ou ne savaient pas faire l'aveu ; 2° ils sauront à l'avenir les choses qu'ils doivent dire, la manière de les dire , et l'obligation où ils sont de ne pas mentir ; 5° ils goûteront le repos si doux d'une conscience déchargée , assurés de n'avoir plus à revenir sur le passé.
Sentiat alius quid volueril, dit- il, egoinsim~ plicitate meâ judico tonfessionem, si modàrectè facta fuerit , esse directricem efpcacissimam ad Chrislum. Aperiuntur enim per eam morbi peccatorum intimi, si docte , prudenter et morose perscrutatus omnia fuerit confessor obstetricandi scientiam habens , ad educendum ex anima colubrum tortuosum , et ad ejiciendum virus peslilens à corde, quo manente, nullius unquam parvuli spiritus crescet in Chrislo , sed jugiter morbidus et languidiis, imà pemtùs emortuus et sepultus jacebit in sterquilinio peccatorum (Opui *i»at).
Gerson avoue que ces enfants, en entrant tu laint tribunal , sont assez souvent mal disposés : Video sœpe mnltos frigidos in inilio, qui etiaui roltoquiiun talc suprà actibus suis vel horrent , vel rident, et discedunt calentes, consolati H ubertim fientes. Obtigit mihi crebrà talis mutatio. (lbid.)
11 avoue encore qu'ils retomberont probablement et bientôt ; mais, ajoute-t-il, Numquié senlinam navis exhauriens ideircà deserit opust quia redit tantumdem aquœ quantum extuleritf Siquolidie manus sordidantur , non minus ablui- MHi iltti s ; quia etsi redeanl sordest non eàdem tenacilalc coliœrescunt (lbid.).
Pour s'assurer que tous se confessent, on forme, à la suite de la liste des noms, Jovtc colonnes pour les douze mois de l'année, cl l'on met la date du jour de la confession de ebaque enfant vis-à-vis son nom et à la colonne du moii courant.
TROISIÈME EXERCICE
La chasteté nntt ineffablemcnt l'âme à Dieu rt a Jésus-Christ.
\° En épurant , élevant et divinisant en quelque sorte son regard.
Beati mundo corde : quoniam ipsi Deum videbnni. (Matlh. c. 5.) Ineorrupti» autem facit esse proximum Deo. (Sap. c. 6.). Comme la lumière ne saurait pénétrer les corps opaques, mais que. rencontrant un corps transparent, elle y entre et s'y unit , parce qu'elle y trouve son éclat et quelque chose de sa nature : Sicut spéculum, si fuerit mundum , aeeipit imagines ; ainsi , tandis que le cœur charnel , plus impénétrable qu'un rocher, repousse les rayons de la vérité et se condamne à de hideuses ténèbres , le cœur chaste, tel qu'un cristal limpide, réfléchit les splendeurs du soleil de justice et va toujours d'illumination en illumination : Ita et anima para faciem Dei. (Theophil.)
Dnué de h vertu iPîttiirc n cui , le
cœur i • 1 1 : i > t c l'est encore, ee semble, de la capacité de l'étreindre et de le posséder : tfumen divinum , aptiorem sibi nullam , ac familiariorem sedem constituit , qttàtn puram et castam animam. (S. Isid. Egypt.) Anima quanta caslior membris , tantô vivacior sensibus; et quanta mundior conte, tantô capaeior Chrisli est. (S. Paulin).
De même que la volupté Ralionem aliénât , sensus hebetat, intelleclum obnubilât, brulum facit ex homine ; ainsi la chasteté Oculum mandat , intelleclum clarificat, mentem élevât, affectionem puripeat ad eontuenda cœlestiu : virginitas argenlo splendidior , cryslallo purior , vitro clarior , vas mundum divinis impressionibus aptum. (S. Thom. de Villan ). A l'oraison et à l'étude , on sent que l'àme monte d'un vol rapide jusqu'à la source de la vérité , pour y boire à longs traits , et qu'elle se remplit avec délices de la substance de Dieu même.
2° En lui faisant contracter avec l'Epoux celeste une mystérieuse et indissoluble alliance.
Nam si carnale matrimunium constituit duos in came unà , cur tion magU sjn'rilualis copula duos conjunget in unospiritut (S. Bern. In cant.
— r>oi —
i. 8.) Christus viryo , viryinis sponsus (S. Ambr.). Virgineus flos , virginitatis lilium , cujus caro virginea continentiœ dedicavit templum (Uupert.). Sponsus speciosissimus , nobilissimus , cpulentisiimus , guo amabilior nec in cœlo nec in terra invenitur (S. Ign. maru). «/esws so/e serenior, et balsamo suaviur , onmi dulcore dulcior, et cunctis amabilior. (S. Bcrn. Riiythm. orat.)
Mille fois heureuses les âmes vierges unies à un tel Epoux ! Si elles peuvent lui dire : Tout ce que nous avons est à vous; il peut leur répondre à son tour : Tout ce que j'ai est à vous, ma puissance pour vous proléger, ma sagesse pour vous découvrir les ruses de Satan , mes vertus pour vous enrichir.
Aux âmes vierges de revendiquer, au ciel, la prédilection , la familiarité de Jésus. A elles de former sa cour d'élite , de suivre l'Agneau partout où il va , de monter avec lui la montagne de Sion, vêtues de robes éclatantes et parées de son royal diadème , de partager son trône , d'être comme le char splendide où il est assis, le jardin où il se plaît à fixer son séjour au milieu des lys. A elles de porter son nom écrit sur le front et de chanter le cantique que nul autre
ne peut chanter. A elles de prendre place plus près de lui à sa table pour savourer le pain des Anges et s'enivrer de ce vin qui fit autrefois germer leurs vertus, d'aspirer aux plus délicieux embrassements, de se plonger plus avant, selon la mesure des sacrifices imposés à chacun de leurs sens, dans le torrent des célestes voluptés.
Gaudia virginwn Chrisli , de Ckristo , in Christo , cum Christo , post Christ uni , per Chriitum, propltr Ckriilum. (S. Aug. de sanetàVtfs gioil.)