I.c prêtre auprès «les malade
Jamais leurs besoins ne furent plus pressants n plus nombreux. Chez les uns, incrédulité
ou endurcissement à vaincre par !c raisonnement ou l'exhortation \ obligations à remplir: rétractation, restitution, réconciliation, abolilion du scandale, éloigncmentderoccasionjconfessions nulles ou sacrilèges à réparer; péchés mortels à expier; oubli ou ignorance des vérités essentielles au salut. Chez les autres, mérites à conserver et à augmenter: tentations contre la foi, l'espérance, l'humilité, la pureté à dissiper; illusions à démasquer; scrupules ou crainteexcessive de la mort à calmer.
Que deviendront-ils, s'ils sont seuls ?
Jésus-Christ semble dire au prêtre : Ce paroissien pour lequel vous avez eu tant de sollicitude, ou peut-être tant d'indifférence pendant sa vie, se trouve maintenant aux portes de l'éternité. Volez à son secours : donnez-lui l'absolution pour le purifier, le Viatique pour le soutenir dans son dernier passage, l'Extrême- Onction pour le soulager et détruire les restes de ses péchés, l'indulgence pour lui remettre la peine après lui avoir remis la coulpe. Votre sentence doit précéder la mienne; déliez- le avant et pour que je le délie moi-même ; ne laissez pas périr une aine qui m'a coûté mon
Quelles no sont pas les précautions du pilote, à rentrée du port, lorsque son navire plein do richesses eourt risque de se briser contre les écueils; les alarmes du laboureur, à la veille de la moisson , quand des nuages chargés de grêle s'amoncellent sur l'horizon ; les supplications d'une mère, au moment où le juge va prononcer sur son fils une sentence de vie ou de mort !
Parlez au premier signal. Mauvais temps, difficultés des chemins, insomnie , indisposition, répugnance : que rien ne vous arrête. Loin de répondre avec l'accent du reproche: Lt mal n'est point aussi grave que vous le dite*, ou nie dérange toujours pour des n'eus, je verrai le médecin ,elc, répétez partout étspécialcment en chaire, que vous êtes la nuit comme le jour à la disposition de votre paroisse ; que vous préférez l'aire dix courses inutiles que d'en omettre une seule nécessaire: qu'on ne doit point attendre que la maladie soit dangereuse pour vous avertir, ni craindre de vous être importun ; que vous savez combien est grande en ce point votre responsabilité et celle des parents.
Engagée votre malade à faire une confession
générale, plusieurs renvoyant au dernier moment l'accusation de certains péchés. Administrcz-Ic pendant qu'il jouit de ses facultés, plutôt trop tôt que trop tard. Au besoin , recommandezlui de faire son testament en bonne et duc forme et de ne point oublier son âme. Rc venez-le voir aussi souvent que possible, et, à chaque visite, même plusieurs fois par jour, réitérez-lui l'absolution, après l'avoir interrogé sur les fautes qui pourraient l'inquiéter encore, cl lui avoir suggéré, doucement et sans le fatiguer, des sentiments conformes à son état.
Au sein des populations chrétiennes, l'assiduité du pasteur auprès des malades lui concilie infailliblement l'affection cl l'estime. Dans les paroisses même les plus indifférentes, ses efforts pour pénétrer dans les maisons d'où il est repoussé, équivalent à une prédication sur l'importance du salut et la nécessité de songer à ses fins dernières. Partout, son attention à procurer des secours aux malades indigents et délaissés, le (ait bénir de Dieu et des hommes.
Mais quelle idée peut faire concevoir de son icle, et quelle malédiction ne doit pas attirer sur sa dernière heure, le pasteur qui, après une ou deux visites, laisse ses malades lullci
iculs pendant plusieurs jours contre les remords de leur conscience, contre les assauts du démon, contre les horreurs et les transes de l'agonie? Est-ce autre chose qu'un mercenaire qui va trouver volontiers ses brebis quand il faut les tondre, et <|ui les abandonne lâchement quan»/ il faut les protéger ? Primum nobisest, exterio* ta noslra misericorditer ovibus impcmlere : pos» tremum vero, si necesse sit, etiam vilain noxtram pro eisdem ovibus ministrare. A prim. autem hoc minimo pervenilur ad poslremuïA majus. Sed cùm incomparabiliter longé sit melior anima qud vivimus quàm lerrena subslantia quam exteriàs possidemus : qui non dal pro ovibus substantiam suam, quand ù pro his dalurus est animam suam (S. Grcg. Pfcp. boni. 14 in Evang.) ? Ajoutons : Et comment donnera-t-ilà ses ouailles même son argent, le pasteur qui leur compte ses visites et leur mesure sa parole?
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DEUXIÈME CONSIDÉRATION
L'oisiveté, sourcr c'o mille manx pour l'homme.
Tel est, au dire de saint Bonaventurc, le mal que fait l'homme oi?if.
1° Il transgresse le précepte formel du Seigneur : In sudore vultïis lui veseerispane (Gen. e. 5.).
2° 11 encourt la malédiction divine : Exemplitm de fiai, cui Dominns maledixit , quiafàlia tanlàm habuit (Matili. c. 21.).
3° Il s'isole du reste de la création : E.rcmphim enim est in corporibus inanimalis, sicut in sole et ïvnà, qui quotidiè surgunt et perficiunt cursumsuum. Ilem palet in corporibus animatis, sicut sunt arbores, et herbœ : quœ licet in hyeme v.udœ sint, lameii virlulem servanl,et in tempore «i/o rtdexmt ac consueta. Idem ostenditnr in seniilrilibtu : Vade ad formicam, à piger (Prov,
h" II perd le temps : Q 10 nihil pretinsiùscxt, ijt'in brpi'i Imrà pqssel quis obtinere veniam, qvatiam et gloriam. Et lamen, ut ait Bernaidus, nihil viliùs reputatur, quia dicunt homines otiosi : Yenite, deducamus tempus.
5° Il néglige sa fortune spirituelle : Quia qui non mercatur in nundinis, postcà non habebit. Propter frigus piger arare noluit : mendicabit ergo œstate, et non dabitur illi (Prov. e. 20.).
6° Il donne au vice des armes contre lui : Ver agrum kominis jrigri transwi , et ecee totwn repleveranl urticœ, etoperueranl super fteiein ejus ppinœ (Prov. c. 2V.). Kola quàd aquà corrumpitur quiète, et ferrum eoidralu't rubiginem : et porcus mactandus permittitur in quieie pingueseere.
7° Il prépare dans son cœur au démon un domicile paisible : Quia homo oliosus est quasi jnilcinardiaboli, et in oîlâ tepidâ libenler muscœinsident, quœ ferventem l'vgiunt.
8° Il s'offre de lui-même aux tentation* : Est enim homo acedios\is quasi urbs absqite murorum ambitu, et quasi signum posilum ad sutjilltim.
9° 11 pervertit Porare des choses : Quiavult
mettre , et non seminare , sicut catus qui Ubenter pisces comedit , sed eos non Ubenter capit.
40° Il laisse percer sa muraille par les voleurs : Quia mors fur est , et quotidiè tollit unum asserem , id est, unum diem : si seiretpater familias quà horà fur venturus esset , vigilaretutique, et non sineret perfodi domum suam (Matth. c. 24.).
11° Il fait de son âme un réceptacle d'immondices ; Otium enini est occasio luxuriœ : Factum est eo tempore quo soient rcges ad bella procéder e , misit David Joab , etc. (Reg. 2. Lib. c. H.). Item occasio est nugarum : Athoiienses ad nihil aliud vacabant , etc. (Act. c. 47.). Item occasio curiositatis : Otiosœ discunt circuire domos , etc. (Timoth. i. c. 5.).
42° Il montre sa folie : Quia tonitrua audiois no/1 surgit. Tonuit autem Christus in cruet et in prœdicatione : tonabit etiam in die judicii. Item stultus est , qui immunditias de oculo non ejicit : hypocrita , tjice primùm trabem de ocuh tuo (Matth. c. 7.).
43° Il ne se met point en peine d'arriver à la sainteté et au ciel : Quia vix ad locum quis véniel, qui unum pedem hodiè movet , et post ennum alium. Sic et illi quorum motus est pet
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inlellectûx, et non pet affectas :cùmtamen sit affeclibus ambulundum (Compcnd. Theol. verit. De corruptclâ pcccati, lib. 3. c. 18),
TROISIÈME EXERCICE
La elinstcfc spiritualité et angéltse
l'honime.
4U Le corps, en lui donnant comme un second baptême qui le régénère et le reporte à l'heureux état de l'innocence originelle ; en y déposant je ne sais quelle émanation du corps glorieux de Jésus-Christ, quelque chose qui tient plus de l'esprit que de la matière, dit saint kugmiimiaHquidjam non carnis in carne, quelque chose qui l'embaume, dit saint Bernard , instar odoriferi balsami, et qui le fait nommer par Tcrlullicn , angelifîcala caro; en le faisant jouir d'avance, par le don de la grâce et l'effort d'une volonté généreuse, de l'incorruptibilité dont les anges jouissent par nature, et à laquelle les élus ne participeront que plus tard à titre de récompense.
Do là cet empire qu'ont eu quelques saints sur les éléments et les bêtes féroces; de là ce reflet tout céleste remarqué sur leur visage, cette fraîcheur retenue longtemps au sein du tombeau. Qui donc, s'écrie saint Jean Damascène, ferma et ouvrit à son gré les cieux, divisa le Jourdain, ressuscita les morts, fut ravi dans les régions supérieures ? N'est-ce pas le chaste Eliç? A qui fut-il donné d'hériter du double esprit du maître , si ce n'est au disciple non moins pur et non moins chaste î Par sa chasteté Daniel n'a-t-il pas brisé les dents des terribles lions? Par leur chasteté encore, les jeunes Hébreux n'ont-ils pas été préservés et délicieusement rafraîchis dans la fournaise de Ribvlone ! Certes, dit saint Bernard, ce n'est pas une grande merveille que l'Ange, debout au milieu des flammes, n'ait pas été consumé, puisqu'il n'avait qu'un « oi ps fantastique, mais c'en est une insigne que les trois enfants, avec un corps réel, n'aient pas reçu les plus légères atteintes.
9' LWme. « Voulez- vous savoir, dit saint Jean Cbrvsostôme, combien la virginité l'emporte sur le mariage? Autant que la nature angélique l'emporta sur la nature humaine, et
plus encore. L'ange ne contracte point d'alliance, l'homme chaste non plus; l'ange ne songe qu'à exécuter les ordres de Dieu , l'homme chaste aussi; l'un n'a point de corps, l'au- Ire vit comme s'il n'en avait pas , avec moins de facilité, sans doute, mais plus de mérite. L'ange, en effet, est-il comme l'homme écrasé sous un manteau de houe, aiguillonné par la concupiscence, amolli par des voix enchanteresses, fasciné par les pompes du monde, entraîné captif par les charmes d'un visage séducteur? En avouant que ces lourds organes nous rendent inférieurs à l'ange , nous devons reconnaître qu'ils nous donnent cependant sur l'ange un incontestable avantage, celui de demeurer purs dans la corruption, riches parmi les voleurs, invulnérables au milieu des traits de la volupté. »
La virginité est la perfection de la vie humaine et le commencement de la vie céleste , an intermédiaire entre les esprits et les corps, une sorte d'arc-cn-ciel ; car si d'un cote elle touche à la terre, de l'autre elle louche au ciel *« si elle arrache L'homme à sa pesanteur naturelle et lui communique un sublime élan vers Dieu , elle ravit le cœur de Dieu et l'incline
amoureusement vers l'homme. Si les ange?, disent les Pères, sont les vierges du monde futur, à leur tour les vierges sont les anges du monde présent : non puint des anges vulgaires, mais des anges supérieurs, des anges dont la beauté tempère le hideux spectacle de nos crimes et dont la puissance désarme le Dieu vengeur.
Combien ces paroles sont délectables ! Esse angelum, félicitas est ; esse verô virgincm, wrtulis : dum hoc obtinert nilitur ex gralià , quod habet angélus ex naturà (S. Hier, de Virg.) Virgincs sunt angeli terrestres, et homines cœlestes (S. Aug. de S. Virgin. c. 15.). Virginalit integritas, angelica porlio est ; et in came corruptibili incorruptionis perpétues iTT^it^ti* Udcm.),
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