SUBORDINATION
Afin de renouveler vos promesses avec foi , consolation et profit spirituel, considérez que la subordination est nécessaire:
1° A notre liberté , comme condition de sa dignité.
Si , comme l'explique Bossuct, la liberté d'un être en général est le pouvoir et la facilité de tendre à sa fin, et si la liberté des enfants de Dieu est l'humble soumission aux lois qui les empêchent de s'égarer, donc notre liberté augmente à proportion des moyens qu'on nous fournit d'aller à Dieu et des obstacles qu'on enlève sur notre route; donc les lois ecclésiastiques, en nous garantissant des pièges de Satan, du soulèvement des passions et des séductions du monde, et en réglant comme une mère attentive l'ensemble et le détail de notre vie ,
loin de gêner notre liberté, la favorisent, et d'autant plus qu'elles nous détournent mieux des écueils contre lesquels viendraient échouer notre vertu et notre zèle. Elles sont à notre liberté ce que sont les ailes à l'oiseau, les voiles au navire, les digues au fleuve , les rails à la locomotive , les barrières à celui qui marche sur le bord du précipice. Ce n'est pas un geôlier, mais la garde d'un prince; ce n'est pas une prison , mais une citadelle fortifiée qui protège. N2 pouvant nous arracher cette liberté de mal faire , dit Bossuct , elles la brident du moins et la serrent de près, de peur qu'elle ne s'échappe. ( Vcture).
2° A lahiérarchie dont nous sommes membres, comme condition de sa puissance,
La création , l'économie de la rédemption , la cité céleste : tout est marqué au coin de l'unité. D'où résulte la force d'un cable, la solidité d'un édifice, le jeu régulier d'une machine, sinon de la connexion des parties qui composent le tout? Que deviendrait un royaume, une armée, une famille, le corps humain luimême, sans un principe d'unité , c'est-à-dire sans autorité et sans subordination? Ainsi un diocèse, non moins que l'Eglise en général ,
n'aura de beauté, de puissance ti de vie , qiu par l'unité et dans l'unité. Témoin le clergé schismatique , désormais sans force et sans considération , sans sève et sans fécondité, pur instrument de despotisme; riche, mais esclave; peuplant la terre , mais stérile pour le ciel; affranchi de ce qu'il nomme la tyrannie du pape, mais réduit à mendier auprès de César ses dogmes et ses sacrements. Il n'a pas vu qu'à mesure qu'il se dérobait à la main paternelle des pasteurs légitimes, il passait sous la iérule du pouvoir civil et qu'un bras de ferle saisissait , le muselait et l'absorbait.
3» A notre vertu , comme condition de son mérite.
Tout acte chrétien exige un sacrifice de la nature : tel est l'ordre de foi ; or la promesse si solennelle d'obéir à l'évêque étant un acte éminemment chrétien, le prêtre, en la faisant, a dû s'attendre à immoler son jugement et sa volonté. — On m'envoie dans un poste qui répugne à mes goûts , on m'interdit des jeux que j'aime , on m'astreint à des rites dont je ne vois pas toute la portée : n'importe , je me soumets; car ce sacrifice du jugement et de la volonté est nécessaire pour qu'il y ait vertu dans l'o-
béissance et mérite dans la vertu , et c'est précisément la vertu et le mérite que je cherche. — L'ordre me parait insensé , celui qui l'intime n'a pas mes sympathies , sa conduite peut-être ne répond pointa sa dignité : n'importe encore; je m'abandonne à lui comme la flèche prête à voler au nord ou au midi , comme le bâton entre les mains du vieillard , comme l'outil qui s'use sous les doigts de l'ouvrier, comme un corps sans vie qui se laisse remuer , placer et déplacer sans résistance. Si je n'obéis qu'aux ordres dont j'admire la raison et la sagesse, qu'aux supérieurs que j'estime et que j'aime, nonne et elhnici hoc faciunt?
4° A notre ministère , comme condition de son succès.
Le ministère pastoral s'exerce dans Tordre surnaturel où tout est fécondé par la grâce; par conséquent, plus le prêtre entrera dans cet ordre par la vivacité de sa foi et l'étendue de son sacrifice , plus il attirera de grâces sur son ministère. Mais où trouver une vie plus profondément empreinte de l'esprit de foi et de sacrifice, que celle d'un prêtre qui obéit à son Kvèque promptement, universellement, amoureusement, comme Isaac A son Père, Joseph à
l'ange, Jésus-Christ à ses bourreaux, cl qui, selon la belle parole de saint Ignace : Non inluctur in persunâ Superiorishominein obnoxinm erroribus al que miseriis, sed Christian ipsum, qui est sapienlia summa. bonilcis inunensa, chariVài infiitita, quittée decipi pôles t, née nos vuli ipse decipere. (De virt. obed.) ? Et peut-on douter que l'héroïsme d'un pareil dévoùment ne soit récompensé par des bénédictions sans mesure? C'est le froment qui refleurit cl se multiplie d'autant plus qu'il a subi une mort et une putréfaction plus entière; c'est le ressort qui réagit d'autant plus victorieusement qu'il a été plus comprimé ; c'est la vapeur d'autant plus puissante qu'elle a été plus condensée.
Sine sangnÈnis effusione non fit remissio Ilcbr. c. 9). Vir obediens loquttur victoriam (Prov. c. 21.).
axioosy
4° Eu faisant les préparalif» du départ , éviter cet empressement, ces allées et ce» venues, ces conversations bruyantes qui dissipent l'esprit intérieur et donnent au Séminaire l'aspect d'une ville prise d'assaut où retentit le cri de satire qui peut.
2° Réciter le Chapelet pour mettre sous la protection de la sainte Vierge le Prédicateur cl les Préires retraitants.
STI8 : / 5* Rentré cheï soi, s'appliquer i suivre de \ point en point son Règlement de vie et accomplir aussitôt ses résolutions.
0 11 serait souverainement avanlapeuipendant les jours qui suivent la retraite, afin d'en conserver et d'en accroître le fruit, de prendre pour méditation et pour lecture dans la secoude partie du Manuel, les sujets qu'on jugerait conformes à k% besoins particulier», ou qui u'auraieDl pu être traites faute de temps parlePr*dicatcar.
Dt-l XIÈMË PARTIS.