UNION FINANCIÈRE ET INDUSTRIELLE
Nous avons entre les mains les statuts et le prospectus d'une compagnie nouvelle qui se propose de faire les mêmes opérations que le Crédit mobilier; elle se constitue de primeabord au capital de 100 millions, avec faculté d'augmenter le fonds social s'il devenait insuffisant. Elle est provisoirement en commandite, sous la raison sociale Calley de Saint- Paul et C" .
Depuis la publication des statuts et du prospectus, il n'avait presque pas été question de cette société. Son apparition avait jeté une certaine émotion dans le monde des affaires et donné lieu à des commentaires qui se contredisaient : preuve que Ton ne savait rien de positif sur son compte. Les uns y voyaient une concurrence sérieuse au Crédit mobilier, appelée peut-être à le supplanter; les autres considéraient l'enl reprise comme un compérage qui donnerait, parle moyen de la fusion, la faculté au Crédit mobilier d'accroître son fonds social et de forcer la main au gouvernement, qui répugnait, disait-on, à autoriser une nouvelle émission de titres sur une place déjà si encombrée.
Les décrets des 30 janvier et 9 février 1857, autorisant l'emprunt de 50 millions du département de la Seine avec l'entremise de la Société de Y Union financière et industrielle, ont fait connaître la réalité de cette compagnie, qui, si nos renseignements sont exacts, se proposerait en outre de s'appuyer sur des entreprises industrielles d'une haute importance.
Quoi qu'il en sgit, l'esprit de coalition menacç de tout englober : or, nous demandons encore une fois : Quand tous
les joueurs seront coalisés, sur qui prélèveront-ils des différences?