‹ Manuel du speculateur à la BourseChapitre 85 sur 210 · CHEMIN DE FER GRAND-CENTRAL · texte numérisé non relu

CHEMIN DE FER GRAND-CENTRAL

(Siège social: Paris, 16, place Vendôme.)

Le Grand-Central a subi de nombreux remaniements depuis sa concession. L'étendue de son réseau, d'après le Rapport à rassemblée du 3 mai 1856, est de 1,349 kilomètres, dont 140 environ en exploitation.

Concession du 2! avril 1853 : de?Clermont à Lempdes; du Lot à Montauban ; embranchement sur Marcillac ; de Lempdes à Périgueux , . . . . 314k.

Concession du 7 avril 1855; de Lempdes à la rivière du Lot; de Saint-Étiennc à la rencontre de la ligne de Clermont à Montauban ; de cette ligne à Périgueux ; de Limoges à Agen ; de Marcillac à Rodez 765

Embranchements sur Tulle , Cahors , Bergerac et Villeneuved'Agen (concession provisoire) 120

Achat à la Compagnie d'Orléans de îa section de Saint-Germain à Clermont C5

Achat de la ligne de Montluçon à Moulins. 85

HISTORIQUE

Ce chemin, destiné à relier Bordeaux et Lyon en passant par Périgueux, Brives, Aurillac, le Puy, fut concédé, le 21 avril 1853, pour 99 ans, à MM. de Morny, Latour-Maubourg, Pourtalès, Hutchinson, Uziella, etc. Les travaux devaient être exécutés selon le système de la loi de 1842, sauf pour les sections suivantes : de Clermont à Lempdes, de la rivière du Lot à Montauban, avec embranchement sur Marcillac, et de Périgueux à Coutras.

Le capital était de 90 millions, représenté par 180,000 actions.

Par décret du 26 décembre 1853, les chemins de fer de Rhône-et-Loire furent annexés au Grand-Central, puis cédés, le 31 janvier 1855, par le Grand-Central à la Compagnie de Paris à Lyon-Bourbonnais (l).

Le décret du 7 avril 1855, en complétant le réseau de cette Compagnie, modifia la clause relative à la participation de l'État dans les travaux \ la Compagnie se charge de toutes les dépenses moyennant une subvention du Trésor de 76 millions pour les lignes principales et de 2 millions pour l'embranchement de Rodez.

Les quatre embranchements concédés provisoirement (Cahors, Villeneuvc-d'Agen, Bergerac et Tulle) doivent être construits dans le système de la loi de 1842.

Un décret du 15 décembre 1855 approuve la construction d'un embranchement destiné à relier les mines de Roche-la* Morlière et Firminy au tronc principal.

Achats et fusions.

La ligne de Moulins à Monluçon doit desservir huit concessions houillères en exploitation, les hauts-fourneaux de Commentry, Fourchambault, les glaces et verreries de Montluçon, Souvigny, et une foule d'autres établissements de premier ordre. Elle fut concédée le 17 octobre 1854 à M. Ferd. Barrot, de Monicaut, Rougemont, etc., pour 99 ans,

(I) Voir le chemin de fer de Paris à Lyon par le Bourbonnais.

i\ partir du 17 octobre 1860. La société anonyme, autorisée le 23 juin 1855, porta son capital à 22 millions, représenté par 44,000 actions.

Par convention du 20 juin 1855, approuvée le 19 décembre suivant, la Compagnie de Moulins s'est fusionnée avec le Grand-Central ; les actions des deux Compagnies^ libérées de 250 fr., s'échangent au pair. En conséquence, les 180,000 actions du Grand-Central sont portées à 224,000.

Le Grand-Central a acheté les établissements miniers et métallurgiques d'Aubin comprenant : 1° onze concessions de houille; 2° une mine de fer; 3° divers droits de recherche, d'extraction et d'affouage de houille et minerais; 4° quatre concessions de mines métallifères; 5° six forges et hautsfourneaux ; 6° divers terrains, carrières, forêts et domaines; 7° le fonjds de roulement. — Le prix de la concession est de 44,200 obligations, remboursables à 500 fr. pendant la durée de la concession; 15 fr. d'intérêt.

La section de Saint-Germain-des-Fossés à Clermont a été cédée au Grand-Central par la Compagnie d'Orléans, qui reste chargée de l'achèvement des travaux. — Cette concession a été faite, moyennant la remise du nombre d'obligations nécessaire pour représenter un revenu net de 1 2,000 fr. par kilomètre, sauf déduction de 1,200 fr. par kilomètre en représentation du matériel roulant fourni par la Compagnie acquéreur, soit en tout, 46,800 obligations remboursables à 500 fr. ; 15 fr. d'intérêt.

Nous avons mentionné ailleurs les conventions relatives à la participation dans le chemin de fer de Lyon-Bourbonnais.

Conditions avec l'État.

L'État accorde une subvention de 78 millions en compensation des travaux à sa charge ; quatre embranchements de 130 kilomètres seront construits dans le système de la loi de 1842. La durée de la concession est de 99 ans à dater de l'achèvement des travaux, c'est-à-dire de 110 ans à partir dit 2 mai 1852. Le capital d actions est porté à 1 12 millions. Le

gouvernement garantit un intérêt de 4 0/0 du capital de 219 millions à réaliser par voie d'emprunt ou par émission d'actions. — Il entrera en partage des bénéfices excédant 8 0/0 du capital dépensé par la Compagnie. — Les travaux doivent être exécutés dans le délai de onze ans.

ÉTAT FINANCIER DE LA COMPAGNIE

Les dépenses sont évaluées, par les Documents statistiques, à 331,455,000 fr., dont 92,900,000 fr. à fournir par l'État, soit 28 0/0.

Subventions par l'État : en espèces 78 millions; en travaux, mémoire. (A payer ultérieurement.)

Les Actions sont au nombre de 224,000, représentant un capital de 112 millions; elles sont de 500 fr. , dont 450 fr. versés. Elles touchent 4 0/0 pendant la durée des travaux.

L'assemblée se compose des propriétaires de 20 actions.

Les Emprunts de Rhône-et- Loire sont transférés à la Compagnie du Bourbonnais. 11 reste à la charge de la Compagnie 181,000 obligations, remboursables à 500 fr., en 99 ans; 15 fr. d'intérêt (janvier et juillet); elles représentent un capital de 54,300,000 fr., savoir :

90,000 obligations émises en 1855 27,000,000

44,200, achat des établissements d'Aubin 13.200,000

46,800, achat de la section de Clermont à St-Germain. 1 4,040,000

Le Grand-Central a fait, avec la Compagnie d'Orléans, un traité de fusion dans le courant de 1856 : chaque section serait construite par le Grand-Central et exploitée par lui pendant deux ans; il serait ajouté 50 0/0 aux produits nets du dernier exercice; et le prix du rachat serait basé sur ce taux. Mais cette convention n'a pas reçu les sanctions nécessaires à sa validité.

Les concessions sollicitées par la Compagnie sont : en Espagne, le chemin de Madrid à Saragossc; en France, le réseau pyrénéen ; une ligne de Limoges à Paris, passant par Tours, Vendôme et Chàteaudun.

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