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2 MANUEL bre 1621 ; ce ne fut toutefois que le 25 juin 1656, que leurs nouveaux statuts furent approuvés. La révolution en abolissant toutes les corporations mit aussi fin à celle qui nous occupe, et l’on voit depuis cette époque l'art du tapissier , art si nécessaire et si utile, atteindre une perfection que l’on eroirait à son terme , si l'expérience de chaque jour ne nous prouvait que la perfectibilité est sans bornes chez un peuple aussi ingénieux que les Français. ; Aujourd'hui, comme autrefois, le tapissier proprement dit confectionne ou fabrique des meubles et décore les appartemens; mais aujourd’hui, bien plus qu'autrefois, les progrès des arts, le raflinement du goût, les caprices de la mode, les exigences du luxe, et surtout l’habitude du bien-être qui s'est répandu dans toutes les classes de la société, exigent chez le tapissier des connaissances que Île bon goût et l'élégance doivent guider. Aussi un bon tapissier doit-il être maintenant, non seulement un fabricant expérimenté, mais encore un décorateur habile et un inventeur élégant. Joignez à cela qu'il doit | savoir choisir et acheter ; car l’ébénisterie, la serrurerie , la dorure, les bronzes, les cristaux, les gravures encadrées , etc. , etc., sont actuellement, aussi-bieu que les fauteuils et les lits, des
parties essentielles du mobilier.
En qualité de fabricant et d'ouvrier, le tapissier ne pourra donc trop s'appliquer à connaître toutes les parties de son travail proprement dit, mais aussi à bien apprécier la qualité et lès propriétés des étoffes qu'il emploie, la préférence que l’on doit accorder aux unes sur les autres, leur assortiment, le parti le plus favorable qu'on peut tirer de chacune, leur distribution dans les meubles , la séparation et l’union des lés, l'emploi des bordures, les coutures convenables aux diverses étoffes, la quantité qu'on doit employer, la pose des clous, etc., etc. L'élégance des draperies , l'harmonie des couleurs et l’adroite combinaison des étoffes , toutes choses dont dépend cet ensemble gracieux qui flatte si agréablement la vue, sont en outre le sujet d'une étude particulière : là, c'est moins l'expérience qu'il faut que du goût ; aussi le bon décorateur est-il rare, surtout si on exige en lui autant de variété dans l'agencement qu'il y a de mobilité dans la mode. À Paris, où les tapissiers trouvent sous leur main des matériaux faciles à disposer selon tous les goûts et au gré de toutes les bourses, où des dessinateurs, des artistes et des ouvriers expérimentés sont toujours prêts à satisfaire tous les besoins , il-leur est beaucoup plus facile qu’en province de confectionner ou commander avec promptitude et exactitude. Loin de Paris on est
MANUEL privé de tous les moyens qui abondent dans la capitale, et en outre le tapissier de province est obligé de faire lui-même une infinité de travaux ignorés du tapissier parisien ; tels sont le collage des papiers de tenture, les paravens, les billards, etc., etc. Le tapissier de province doit donc être beaucoup plus instruit comme ouvrier, que celui de Paris, qui est en quelque sorte un artiste.
Le but de l'ouvrage que nous offrons ici, est de guider l'un et l'autre ; il donnera en outre des préceptes aux jeunes gens qui ont embrassé l’état de tapissier, et sera indispensable à toutes les personnes qui, à quelque titre que ce soit, s’occupent de l’ameublement et de la décoration des appartemens.