OUTILS
Aiguilles à matelas.
Elles doivent être longues de 12 à 16 pouces, et les meilleures sont celles dont l’œil est bien évasé et de forme oblongue. Les aiguilliers mélangent assez volontiers les qualités, parce que les bonnes sont rares; en les achetant il faut
donc avoir l'attention de retourner le paquet sens dessus dessous, et choisir alors celles qui sont dessus.
Aiguilles pour piquer les sièges.
Cette espèce d’aiguille est semblable à celle qui sert pour piquer les matelas, excepté que celles-ci sont courbées vers la pointe. Leur force et longueur varient suivant l'emploi que l’on en
veut faire.
Aiguilles à coudre.
Elles ne diffèrent en rien de celles dont on se sert en général pour toutes Îles coutures , et on trouve dans les assortimens les grosseurs dont on a besoin. On reconnaît particulièrement leur bonne qualité en soufflant dessus , et en voyant assez promptement disparaître la vapeur que le souffle y a produite.
Aiguilles courbees, dites de Tapissier.
Servant particulièrement à coudre les galons d'encadrement sur les siéges, il faut que leur grosseur soit bien assortie au fil ou à la soie qu’on emploie; car si on néglige ce soin, il en résulte que les points marquent mal et font un mauvais effet.
Ciseaux.
L'ouvrier tapissier, chargé de la coupe des
sé
MANUEL étoffes doit avoir au moins trois ou quatre paires de ciseaux, à cause de la différence des tissus qu'il a à tailler : les ciseaux pour le velours , où pour la panne, ne sont pas ceux dont on doit se servir pour la soie et la mousseline. En général, on ne reconnaît la qualité d'une paire de ciseaux qu'après s'en être servi quelque temps; mais lorsqu'on est assuré d’en avoir de bons, il faut autant que possible se dispenser de les faire repasser. Les couteliers les abîiment presque toujours en les échauffant trop sur la meule; il faut avoir une pierre noire, et les aigniser soi-même avec adresse et précaution.
Marteau.
Le marteau du tapissier est d'une forme particulière, et presque semblable à celui du couvreur en ardoiïses. D'abord, comme tous les autres marteaux , il a son heurtoir (assez effilé), d'où il tire son nom; ensuite, à l'opposé du heurtoir , il est aplati, et a souvent une espèce de petite hachette dont on a fréquemment besoin. Le manche, qui est ordinairement en fer, se termine par un tourne-vis; en sorte que le marteau du tapissier réunit trois outils dans le même objet.
P OincOn.
Cet outil, chez le tapissier, ne diffère point des autres poincons dont on se sert habituelle- : ment. C’est avant la pose des clous dorés qu'on fait usage du poincon pour préparer le trou qui doit recevoir la pointe du clou, et alors on choisit la grosseur de la mêche du poincon pour qu'elle s'accorde avec celle du clou. Le pommeau doit être en buis, et la mêche en bon
acier.
Compas.
Le compas ne diffère en rien des autres instrumens de ce genre, plus grand ou plus petit, suivant le travail auquel on veut l'employer; mais il faut que la pointe d’une des ; deux branches puisse être démontée, et laisser la faculté de la remplacer par un porte-crayon ou un porte-craie.
Pied-de-Roi et Règle.
Ces deux outils sont d’une nécessité indispensable, parce qu’à chaque instant on peut en 0 avoir besoin.
Le pied en ivoire est le plus exact et le plus propre. Pour la règle, qui sert pour les grandes
mesures, elle est ordinairement de 3 ou 4 pieds divisés en pouces et mètre.
Plomb.
Un tapissier ne peut obtenir de justesse et d'exactitude dans une foule de travaux importans de son art, s’il ne fait usage du plomb, plus sûr que l'œil le mieux exercé. Ce n’est qu'avec cet instrument qu'il peut s'assurer que tout est bien droit et de niveau, et que, dans l’ameublement dont il a été chargé, il n'existe aucun porte à faux.
Echelle.
Le tapissier-décorateur ne doit pas se servir au hasard de la première échelle qu'il trouve sous sa main; il doit en avoir une double expressément établie pour son usage particulier. Les montans devraient toujours être en acacia, et les marches ou bâtons de traverse en chêne. Le bas des montans ne doit jamais être ferré, et, par prudence , on les garnit de petits sabots d’étoffe pour ménager les parquets cirés.
En haut de l'échelle, à 6 pouces du bout, de l’un et de l’autre côté des monians, on doit y mettre un crochet en fer pour pouvoir y placer des cordons, des câbles, ou tout autre objet dont on peut avoir besoin pour le décor dont on
est occupé, et qui embarrassent momentanément pendant qu'on est sur l'échelle.
Métier pour Matelas.
Cette machine est nécessaire pour établir un matelas après que la laine ou le crin a été cardé ou rebattu. Ce métier se forme de quatre tringles plates en bois, ayant au moins 7 pieds de long, et au moyen d'un certain nombre de trous à leurs extrémités, dans lesquels on passe une cheville de fer, on les réunit en forme de cadre carré, pour y tendre la toile du matelas sur les petits crochets qui sont fixés sur les tringles.
Tenailles.à sangler.
Cette espèce de forceps sert particulièrement dans la fabrication des fonds de sangle , et dans tous les travaux qui exigent, en les préparant, une forte tension , soit au métier , soit à la grande lisse. Pour en fixer les branches à la partie d'en bas, on y adapte une chaïînette, qui tient ces tenailles fermées.