‹ Manuel du tapissier, décorateur, et marchand de meublesChapitre 8 sur 47 · DES TRAVAUX DU TAPISSIER EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DES TRAVAUX DU TAPISSIER EN GÉNÉRAL

Nous serions tombé dans des répétitions continuelles , si nous avions voulu indiquer à chaque objet d'ameublement la manière dont il se fabrique et prépare. Nous réunissons donc ici toutes les instructions nécessaires sur les différens travaux du tapissier , et, lorsque nous parlerons dans le courant de cet ouvrage de rideaux, draperies, siéges, lits, etc., etc., nous renvoyons le lecteur au présent chapitre.

Que le tapissier qui est habile dans son art ne s'écarte jamais du véritable bon goût , et il peut espérer que ses travaux plairont, sinon toujours, du moins plus long-temps que s’il sacrifiait l’élégance simple à {a mode du moment; car telle chose qui, dans la nouveauté, plait beaucoup au public , est rebutée un an après. Quelque solide que soit sa confection, sa forme extérieure la discrédite ; chaque saison , chaque mode nouvelle la vieillit, et elle est rangée parmi les objets d'occasion et de peu de valeur, malgré sa solidité et sa bonne confection.

Assortiment, Raccordement et Assemblage des

E'ioffes.

En assortissant plusieurs pièces d’étoffe, il arrive quelquefois que leurs nuances diffèrent, ou que les dessins en sont plus ou moins grands, ñ ce qui rend leur rapport très difficile; dans ce cas, il faut tâcher que chaque pièce fournisse la il quantité nécessaire pour les différentes parties il des meubles , afin que la disparité soit moins sensible, et même imperceptible.

On ne doit rien couper avant d'avoir examiné toutes les pièces, afin de pouvoir placer chaque dessin selon la partie des meubles qui lui convient. En coupant l’étoffe , il faut laisser deux à trois doigts de plus pour le rempli, l'efilage et le réglement haut et bas.

Pour les tentures, les maîtresses-fleurs doivent être bien au milieu des coupes, et autant que possible à portée de la vue, et surtout de manière à ce qu'elles règnent bien de niveau au pourtour de l'appartement; il en est de même pour les rideaux.

Quant aux siéges de toute espèce, lorsque les dessins ne sont pas expressément disposés pour chaque meuble, il est essentiel que la fleur principale soit dans le dossier ; celles qui approchent le plus de la principale servent pour les

fonds, ou bien, si elles sont d’une étendue suffisante pour l’un et l’autre, on met la tête au dossier et le bas au fond.

Avant d'employer les étoffes de soie, il faut les étendre pendant plusieurs jours, afin qu’elles prennent l'air et qu'elles se raccourcissent, ce qui arrive toujours plus ou moins; l'oubli de cette précaution fait que toutes les coupes se trouvent pendant le travail trop courtes. Ce raccourcissement est d'environ 2 à 4 aunes sur 100 aunes de satin fort et broché; sur des étoffes plus légères et unies il est moins considérable.

Pour l'assemblage des lés, soit des tentures ; soit des rideaux ou des siéges , s’il y a de la difficulté dans le raccord parfait des dessins, on fait un choix dans les lés pour les assortir le mieux possible, et l'on donne des coups de ciseaux à la lisière la plus serrée, afin qu'en la tirant elle se joigne à l’autre lé. Quelquefois , surtont dans les toiles peintes, on est obligé de lever une bande d’étoffe sur un côté de la lisière pour pouvoir raccorder les dessins des deux lés. En général , le raccordement des dessins et l’assemblage des lés est un travail très difficile, et demande beaucoup d'attention; l'expérience y est le meilleur maître. |

Autrefois le tapissier était presque toujours

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obligé de prendre sur l'étoffe même les bordures,

plates-bandes, soubassemens, etc., ce qui pré- 1 sentait souvent des difficultés , et causait toujours de la perte d'étoffe. L'industrie des fabricans a levé ces inconvéniens depuis long-temps, car on trouve ces bordures et bandes de toutes largeurs, faites exprès pour les étoiles de chaque espèce, et il ne reste au tapissier que d'en savoir distribuer convenablement toutes les parties.

Coutures.

Pour-réunir toutes espèces d'étoffes ou les orner de garnitures , on emploie les différentes facons de coudre que voici :

Le surjet se fait en remployant à droit-fil les étoffes qu'on joint par les bouts, et se coud avec de la soie plate ou de la soie fine; le mieux vaut d'y employer de la soie qu'on eflile de létoffe même. Il faut en cousant prendre peu d'étoffe

afin que la couture ne paraisse pas ; et d’une

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nuance à l’autre il est nécessaire de changer aussi

de couleur de la soie.

Le point-arrière est employé au coutil, damas, velours, satin, et autres étoffes pour tapisseries,

siéges, tapis de pied, enfin à toute étoffe qui est Le

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sujette à être étendue avec force. Pour les étoffes moins tirées, comme celles des pentes, draperies, courtepointes , etc., on emploie le même

point mais MOINS pressé.

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