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Le point devant et arrière est d'usage dans les toiles de coton et autres toiles fortes, pour doublure de tapisseries , parties de lits, etc.
Le point-devant est pour le satin, taifetas, toiles fines, mousselines , et toutes les étoffes sujettes à s’érailler ou à se regripper. IT faut faire cette couture à très petits points. On l’emploie également dans la couture rabattue : on commence par elle en laissant un peu déborder un desdeux lés, quirabat ensuite à points de côté, après l'avoir remployé. Observez que cette couture, qui se fait ordinairement très serrée, doit être la plus solide.
Le point en dessus se fait aux onglets des bordures de tapisseries, rideaux, tapis de pied, etc.
Le point de côté est fait aux mêmes ouvrages , et on lui donne la préférence parce que la couture paraît moins, On s’en sert dans les cartouches, dans la tête de la crête et sa dentelure, dans les tirebottes à l'envers, au bord des tapisseries et rideaux , dans les galons posés à plat.
Le point lacé n’est employé qu'aux plus fortes étoffes, telles que tapis de pied : c’est une espèce de point-arrière ; on passe l'aiguille çà et là, comme si on laçait un corset, et on a soin de mettre les points très près les uns des autres et de bien les serrer.
Le borde à une fois se fait en ployant son galon bien juste par le milieu, et le même point d’ai-
guille comprend le dessus et le dessous du bordé. On s'en sert pour les carreaux, les pentes, rideaux , etc.
Pour les nervures on prend une étroite bande d'étoffe pliée en deux, que l’on met dans ou entre la couture de la plate-bande d’un carreau avec son dessus et dessous. Cette bande forme une espèce de languette qui dépasse, et ce qu’on appelle communément la nervure. Pour la faire dans des carreaux d'étoffe légère, on passe une ganse de coton plus on moins forte dans la petite bande d'étoffe ou dans un galon plié en deux, ce qui arrondit et remplit mieux la nervure.
La couture feuilletée se fait en remployant également l’étoffe et la doublure sur les bords, et en les cousant ensemble en points dessus ét devant.
Le glacis est un fil de fil ou de soie que l’on passe entre l’étoffe et la doublure à deux ou trois pouces de distance , et en prenant le moins possible d’étoffe pour le point. Il faut tenir le fil ou la soie très lâche.
La piqüre n'est que le point-arrière tellement près l’un de l’autre que l'on pique toujours dans le trou précédent pour faire le point suivant, ce qui rend la piqüre graisseuse ou perlée.
Pose des, clous dores.
En posant les clous dorés, il faut observer que Ja distance entre eux soit comme des clous à la baguette, ce qui nécessite à faire les trous à distance bien égale, non seulement pour ne.pas égratigner les montures des bois des siéges, mais aussi pour que les clous ne soient pas trop serrés les uns contre les autres ; on laisse même entre eux un petit jour pour les faire paraître dans toute leur grosseur. On doit avoir soin de faire le trou avec le poinçon plus ou moins profond selon la longueur du clou, afin qu'il puisse bien tenir sans qu'on soit obligé de le frapper trop fort pour l’enfoncer, ce qui peut endommager la tête. Un peu d'habitude apprendra au reste de ne pas donner avec le marteau des faux coups par lesquels on abîme ou le clou, ou l'étoffe, ou la feuillure des bois.
Lits.
Les changemens amenés par le temps, la mode et le luxe dans les mœurs et usages, joints aux améliorations apportées dans tout ce qui a rapport aux arts et métiers, ont totalement changé la forme etla composition des couchers comme des autres objets d’un mobilier. Des changemens semblables sont survenus dans ce qui concerne
MANUEÏ,
les bois de lits , sous le rapport de la forme des bois et des ornemens. Tout le travail du tapissier, pour établir un lit, se borne maintenant à la garniture et aux rideaux et draperies ; les lits à la romaine , à la turque, à la polonaise, en niche, à tombeau, à l’impériale , à l'anglaise , ete., jadis si en vogue, sont aujourd’hui à peine connus de nous. Cependant certains préceptes n’ont pu. varier, car de même que le fauteuil est le type de tout ce qui est siége, l’ancien lit à la duchesse est celui de tout ce qui est lit, Nous avons donc eru devoir donner les instructions les plus détaillées sur cet objet : elles serviront de guide dans la confection des lits de toutes espèces.
En suivant les anciennes règles dans la confection d’un lit à la duchesse » On commence par la pente de pied; on metau milieu un lé de damas et on y en ajoute deux autres, dont un de chaque côté , afin que la pente ait trois lés. Si elle est trop large pour le lit, on lève une bande sur chaque lé des côtés, et si deux lés suffisent on en partage un en deux, que l’on coud à chaque côté de celui du milieu.
Pour faire les deux pentes de longueur, on met à chacune quatre lés; savoir : un dans le milieu, deux aux côtés de celui-ci , le quatrième se coupe en deux parties et s'ajoute aux deux côtés des trois autres. Quand il est question d'un grand lit,
DU TAPISSIER. Lx il vaut mieux joindre les quatre lés, sans en couper un en deux, parce que les deux pentes de longueur sont parallèles à celle du pied par les deux bouts qui se joignent; maïs quand il s'agit d’un lit de trois pieds ou trois pieds et demi, ilest plus joli à voir un lé dans le milieu des pentes de longueur, et cela vaut mieux qu'une couture, vu que le grand feston placé au milieu de cette pente est le même que celui de la pente du pied, ou du moins y a rapport.
Il faut que les pentes excèdent le châssis d’un demi-pouce au moins à chaque bout par en haut, et d’un pouce et demi par en bas, ce qui fait que les pentes sont plus longues par en haut d’un pouce que le châssis, et par en bas de trois. Les deux pouces de plus que l’on donne par le bas , font la bonne grâce des pentes , et on a plus de facilité à faire tourner les rideaux au pied du lit quand les tringles sont en dessous.
Les grandes pentes portent ordinairement depuis 15 jusqu’à 25 pouces de hauteur, quand le plafond est d’une hauteur ordinaire; celles qui excèdent la hauteur de 25 pouces sont pour des appartemens extrêmement hauts.
Les contre-doublures des grandes et petites pentes doivent être à moitié de leur hauteur, excepté celle du chevet, qui ne se contre-double pas, parce que l'envers est porté sur le dossier.
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Cescontre-doublures sont de taffetas et se mettent par-dessus la doublure, qui estcommunément en bougran ou en grosse toile de la même couleur que l’étoffe. Pour doubler les pentes, il faut poser le bougran ou la toile en équerre sur une table, ensuite y étendre dessus le damas, ou autre étoffe en soie, que l’on tire plus que la doublure, et on règle le haut et le bas. Puis on fait un bâtis dans le milieu de chaque lé et sur chaque couture pour y faire les glacis à la main, afin de contenir l’étoiffe avec sa doublure.
Ce glacis est un fil de soie qui se coule entre l'étoffe et la doublure, et se fait à petits points d’aiguille par-dessus l’étoffe. L'on fait aussi un bâtis en fil au pourtour des pentes à un demipouce du bord, afin qu’il ne se trouve pas pris sous les bordés.
En assemblant les trois grandes pentes par le pied, il faut les bâtir à points perdus à l'endroit de l’étoffe et aux côtés des bordés. Les quatre petites pentes se cousent à surjet et à l’envers depuis le haut jusqu'au milieu, afin que le bas puisse jouer. Ces petites pentes se prennent autant que possible dans les pertes qui se font en coupant l’étoffe. La pente la mieux assortie doit être celle du chevet , la moindre est celle du pied. Il n'en est pas de même des grandes pentes ; les -plus belles sont pour la pente du pied. Quant
DU TAPISSIER. h3 aux deux de longueur, la plus belle se met en bas et la moindre à la ruelle.
Lorsque l'on borde une pente ou un soubassement festonné, on soutient le bordé en approchant du creux des festons, et on tient le bordé ün peu lâche au milieu des festons, afin que la pente tombe d’aplomb. Quand ils sont bordés en crête, on laisse dépasser la dentelure de la crête autour du feston.
Le tire-botte, qui attache les trois grandes bandes sur le châssis, se coud au haut de chaque pente un peu au-dessous du bordé de soie, en prenant avec le point d'aiguille l’étoffe de distance à autre.
Pour faire l'impériale, on y met de la toile qui s'attache aisé, ainsi que la plate-bande; elle se coud à surjet et à points éloignés. Il faut que la toile déborde un peu, afin qu’en rabattant le tire-botte, on puisse la mettre en double sous le tire-botte, tant au haut qu'au bas de l'impériale, ce qui donne de la prise pour la remonter.
On met un lé d’étoffe de chaque côté, c'est-àdire sur les deux mansardes de longueur; il faut que ces deux lés soient assortis au petit fond du lit, qui fait le milieu de l’impériale ; on y ajoute deux bouts d’étoffe chacun d’un tiers ou d’un
quart, selon la largeur des mansardes. Ce qu il
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y a de moins dans les mansardes on le met d
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