‹ Manuel du touriste photographe (volume 2)Chapitre 22 sur 79 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

Voici la façon d’opérer :

On prépare d’abord en telle quantité qu’indiquent les besoins :

1° Un vernis au caoutchouc ainsi composé :

Benzine cristallisable 100sr

Caoutchouc manufacturé 3 environ.

Ce liquide est filtré avec soin et conservé dans un flacon bouché à l’émeri ;

2° Du collodion normal :

Alcool rectifié 50 parties.

Éther à 92° ■• . 50 »

Coton-poudre lsr,5

Le cliché à retourner est d’abord recouvert avec le vernis au caoutchouc comme si on le collodionnait. L’excédent en est recueilli à part dans un autre récipient à large ouverture bouché à l’émeri. On le refiltre ensuite dans le premier flacon pour le débarrasser des poussières qu’il pourrait avoir entraînées de dessus la surface du négatif.

Cette couche de vernis se sèche assez rapidement, et quand la volatilisation de la benzine paraît suffisante, sans attendre même que la dessiccation soit complète,, on verse sur le vernis au caoutchouc du collodion normal, de façon à recouvrir la plaque en entier et l’on fait écouler l’excédent comme à l’ordinaire.

Dès que le collodion normal est sec, ce qui n’est

pas long, on coupe la couche avec une pointe de canif et une règle, tout autour du négatif, à la justification voulue ; on prend ensuite deux feuilles d’un papier quelconque tenues un peu plus grandes, dans les deux sens, que la pellicule à retourner.

L’une de ces feuilles est immergée dans une cuvette d’eau, puis appliquée sur le négatif; on chasse l’excès de l’eau et l’on provoque l’adhérence à l’aide d’un rouleau formé par un cylindre de bois recouvert, avec pression, d’un morceau de tube en caoutchouc vulcanisé, le tout pivotant sur deux axes recourbés en forme de fourche et réunis dans un même manche.

Avec la pointe d’une lame de canif on relève d’abord un des angles du papier que l’on rabat sur lui-même, puis on soulève avec précaution le même angle correspondant de la pellicule et on le rabat sur l’angle de papier déjà replié. Enfin, saisissant le papier et la partie de la pellicule qui est repliée sur lui entre le pouce et l’index, on arrache le tout d’un mouvement rapide et continu : la pellicule abandonne le verre avec facilité et se trouve retournée et étendue sur la feuille humide.

Si l’on veut en user à l’état pelliculaire, il n’y aura qu’à l’introduire en tre du buvard et à laisser se sécher à plat la feuille de papier humide qui a servi au retournement. Si l’on tient à maintenir de nouveau le négatif sur une glace mais retourné.

CHAPITRE QUATRIÈME, on mouille, comme la première, la deuxième feuille de papier, et on l’applique de la même façon sur la pellicule, puis on soulève un des coins du papier ; étant plus fraîchement mouillé, il adhère à la couche pelliculaire plus que celui de dessous, qui d’ailleurs est retenu par son dos sur la glace où il a été étendu, et la séparation s’effectue encore rapidement, la pellicule ayant alors repris sur la deuxième feuille la position quelle occupait sur la glace. On passe alors de la gomme en dissolution dans de l’eau sur une glace bien propre et on y applique la pellicule toujours soutenue par le papier; avec le rouleau on fait bien adhérer partout en chassant les bulles d’air, puis on supprime le support provisoire.

On pourrait se passer de gomme à la rigueur, mais l’opération est bien plus sûre avec cet auxiliaire.

M. Arents a mesuré le retrait de' la pellicule retournée par rapport à ses dimensions avant le retournement : il est peu sensible, puisqu’on ne trouve qu’une différence de 0ra,002 sur une longueur de Om, 32.

Le côté retourné offre assez de résistance pour qu’il soit inutile de le vernir ; il serait d’ailleurs dangereux de le vernir à l’alcool, car le cliché se craquellerait certainement à cause de la différence des retraits du vernis à l'alcool et de celui au caoutchouc.

Les clichés à la gélatine s’enlèveraient , dit M. Arents, par ce procédé aussi bien que ceux au collodion.

Cette méthode est, on le voit, d’une exécution rapide et facile et d’une très grande simplicité. Ce sont qualités de premier ordre et qui la recommandent à tous ceux pour qui le retournement d’un cliché est encore matière à hésitation.

On est encore plus certain de réussir dans l’opération de l’enlèvement d’un négatif à la gélatine, si l’on a, après avoir talqué la glace ou la plaque de verre, recouvert cette dernière d’une couche de collodion normal à 1/2 ou à 2 pour 100 de cotonpoudre. C’est sur cette couche de collodion qu’on verse et qu’on étend l’émulsion.

Quand le cliché est terminé et lorsqu’il est bien sec, on le recouvre d’une nouvelle couche de collodion normal, et quand cette couche est sèche, on entaille les bords avec une pointe de canif, et l’on enlève la pellicule sans aucune difficulté.

Le cliché se trouve emprisonné entre deux cou ches de collodion, ce qui assure sa parfaite conservation.

« On peut encore, dit le Dr Eder, parvenir à « détacher du verre la couche de gélatine sans que « la plaque ait subi une préparation préliminaire. « Pour cela, on met tremper la plaque pendant 1 /2 à « 1 heure dans de l’eau additionnée d’acide chlor- « hydrique (1 : 20); on coupe alors les bords,

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