‹ Manuel du touriste photographe (volume 2)Chapitre 4 sur 79 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

ce qui équivaut à l’addition de 2®r du sel d’argent par chaque feuille de papier sensibilisé, nous disons feuille entière de 45 x 55cm.

Il va sans dire que cette opération doit avoir lieu dans un laboratoire éclairé, dans le jour, par une vitre jaune, ou bien, le soir, à la lumière d’une lampe quelconque. Il faut laisser la dessiccation s’opérer dans l’obscurité et n’user du papier sensibilisé qu’alors qu’il est absolument sec, sans quoi l’on serait exposé à tacher les négatifs.

Nous renverrons, pour tous les détails relatifs à l’albuminage et à la sensibilisation du papier, aux traités spéciaux de photographie, car nous conseillons aux touristes d’employer de préférence le papier albuminé et sensibilisé qu’ils trouveront tout préparé par des maisons spéciales.

Nous leur recommandons notamment le papier albuminé sensibilisé fourni par la maison Dodille et CM1)-

Ce papier est préparé de telle sorte qu’il peut se conserver blanc durant six mois environ, pourvu qu’on le tienne dans un lieu sec et obscur.

Il est bien plus aisé de recourir à ce papier tout prêt que de le préparer soi-même. Néanmoins, il est des cas en voyage, dans certains pays dénués des ressources qu’on trouve dans les grandes villes, où il peut être indispensable de préparer du papier

(') Rue Tardieu, 5, Paris.

sensible. On fera donc bien d’introduire dans les bagages photographiques tout ce qui est nécessaire à cette préparation, soit: du nitrate d’argent fondu, du bicarbonate de soude et naturellement du papier albuminé.

Quand on désire préparer du papier sensible susceptible de se conserver longtemps blanc, on ajoute au bain d’argent 12 pour 100 de nitrate de magnésie, et l’on procède comme il a été dit plus haut.

Cette conservation exige toujours le maintien du papier dans un endroit obscur et très sec. Le mieux est de l’introduire bien sec, roulé sur lui-même, dans des boîtes cylindriques en fer-blanc ou en zinc à fermeture aussi complète que possible et sans addition de chlorure de calcium.

Insolation dit papier sensible. — Le fragment du papier albuminé sensibilisé, coupé à la dimension voulue, est appliqué contre le négatif, la couche d’albumine portant contre le collodion ou la gélatine si le cliché est sur verre ; on met le tout dans le châssis-presse et l’on expose, soit au soleil, soit à la lumière diffuse, durant un temps suffisant pour l’impression de l’image, impression poussée à un degré de venue qui dépasse celui où l’image est bien complète en tous points. Il est nécessaire de faire la part de la réduction que devront produire les bains ultérieurs de virage et de fixage.

Pour fixer tout de suite le débit sur lequel on

GHA.PITRE PREMIER, doit compter, étant données des feuilles entières de papier albuminé de 45 x 55. nous indiquerons que la feuille produit de 36 à 42 épreuves format visite, 12 épreuves format album.

Quand on emploie du papier susceptible de se conserver longtemps blanc après sensibilisation, il n’y a nas d’inconvénient sérieux à faire à l’avance le tirage d’un assez grand nombre d’épreuves, sauf à n’en effectuer le virage et fixage que plus tard.

Pourtant, mieux vaut, si l’on tient à un virage régulier et prompt, fixer les épreuves fraîchement imprimées, le soir, après la journée de travail.

Les épreuves conservées durant un certain temps avant d’être virées ne virent que très lentement, et difficilement atteignent-elles au ton noir pourpre des images récemment tirées sur un papier d une préparation peu ancienne.

Le châssis-presse à double volet permettant de suivre pas à pas la venue des épreuves, il est inutile de préciser des règles pour la durée de l’insolation.

Nous nous bornerons à dire que, lorsqu’on a à tirer le positif d’un cliché très doux, il convient, pour obtenir une image offrant des oppositions mieux marquées, d’interposer soit une feuille de papier pelure, soit un verre dépoli, entre la glace du châssis-presse et le dos du cliché.

Cette précaution n’est pas nécessaire quand le négatif est dur. Mieux vaut en pareil cas le tirer

directement, c’est-à-dire sans interposition d’un écran servant à diffuser les rayons lumineux.

En pareil cas, et quand cela est possible, il convient de recouvrir le dos du cliché de collodion dans lequel on a fait dissoudre un peu de jaune d aniline. Une fois cette coùche sèche, on gratte avec soin et précision les endroits correspondants aux parties opaques du négatif en ne laissant la couche jaune que sur les portions où le cliché a trop de transparence.

Il est peu prudent de laisser séjourner trop longtemps une feuille de papier sensible contre le négatif, surtout quand on se sert d’un négatif sur gélatine non verni ou collodionné.

Si, le soir, on a des épreuves incomplètes encore, mieux vaut les sortir quand même du châssispresse, sauf à les réappliquer le lendemain contre le cliché et à les remettre au jour.

Sans cela on est exposé, par le fait de l’humidité contenue soit dans la pâte du papier, soit dans la couche de gélatine, à voir se produire des taches sur le cliché, taches causées par le nitrate d’argent libre à la surface du papier sensible.

11 n’est pas aussi malaisé qu’on pourrait le croire de réappliquer une épreuve positive contre le négatif après l’en avoir séparée.

Cette opération s’effectue contre la glace du châssis à une lumière très diffuse et par transparence. Quand on n’aperçoit plus du tout de parties

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