‹ Manuel du touriste photographe (volume 2)Chapitre 67 sur 79 · EX LUMIÈRE · texte numérisé non relu

EX LUMIÈRE

faible 12» 36 1 18»

n°3 = 24mm. -

rv>4 = 18mm. .

lm 3,

n° 5 = 13mm. .

n° G = 9min. .

n° 7 = 5ram. .

n° 8 = 3mm. .

Nous nous bornons à cette première série, mais il convient de les inscrire toutes les neuf pour

APPENDICE

avoir un guide approximatif immédiat quand on opère sur nature.

Nos tables des temps de pose dispensent de faire ces calculs, ils s'y trouvent faits pour répondre à tous les besoins courants.

Il va sans dire qu’en usant de notre photomètre négatif (*), on arrivera avec plus de précision à déterminer la durée de la pose. Les appréciations au jugé, pour savoir si la lumière est moyenne ou faible, laissent à l’erreur une part considérable, que l’on évite en employant le photomètre.

Dans la série relative à la première combinaison l’on voit que si, par une lumière faible, l’on use des diaphragmes ayant 5mm ou 3mm de diamètre, l’on arrive à des durées d’exposition très longues de 7m et de 20s, au lieu des durées de quelques secondes qui correspondent aux diaphragmes ayant 29mm, 24mm, i8mm et même 13mm de diamètre.

Grâce à ces quelques données que l’opérateur devra fréquemment consulter, il évitera de sérieux mécomptes, il ne sera plus exposé à tous les insuccès si nombreux qui résultent de l’absence de toute indication précise quant à la durée de la pose.

Si usant, par exemple, du plus petit diaphragme n° 8, de 3mm de diamètre, il a remarqué qu’une demi-minute de pose lui suffisait en plein soleil,

(’) En vente avec le Calcul clés temps déposé (Paris, librairie Gauthier-Villars).

saura-t-il, sans consulter un tableau spécial, que, par une lumière faible, il lui faudra poser 136 fois 9S, soit 20™ 24% au lieu de 34s?

Il est évident qu’il faut se familiariser avec des durées aussi diverses, suivant que l’on a recours à tel ou tel diaphragme et aussi suivant l’intensité de la lumière.

C’est pourquoi nous recommandons avec une telle insistance l’étude de cette question si importante ; c’est pourquoi aussi nous invitons les excursionnistes à se munir de petits tableaux indicateurs établis d’après les bases qui viennent d’être fournies avec d’assez longs détails.

Nous ne saurions trop le dire et le redire :

Actuellement, l’on trouve des appareils excellents, des plaques sensibles parfaites ; les révélateurs d’un emploi sûr et facile abondent. Que fautil de plus pour qu’un amateur photographe obtienne le succès le plus constant ? Il faut qu’il sache déterminer la durée de l’exposition avec la plus grande approximation possible.

C’est là la seule opération pour laquelle on est généralement le moins bien au courant. Le plus souvent, non seulement on est étranger à la connaissance exacte de l’ouverture des diaphragmes, mais on ignore encore la distance focale exacte à laquelle se forme l’image dans la chambre noire, surtout quand l’objet, le groupe à reproduire se trouvent plus ou moins rapprochés de la chambre

noire. Nous croyons donc nécessaire d’entrer dans quelques détails sur cette question du foyer et sur les précautions à prendre en ce qui concerne cette donnée essentielle des opérations photographiques.

DISTANCE FOCALE, VARIATIONS DE LA DUREE DE L'EXPOSITION SUIVANT QUE CETTE DISTANCE EST PLUS OU MOINS GRANDE.

Nul n’ignore que, suivant que l’image se forme sur un plan plus ou moins rapproché de l’objectif, il y a lieu de poser plus oumoins. Mais, sil’onsait cela, il est rare qu’on tienne un compte suffisamment exact des variations de cette distance focale pour un meme objectif ou pour des objectifs différents. Il résulte de cette négligence ou de cet oubli, le mot importe peu, que l’on se trompe très souvent dans la durée de la pose. Prenons pour exemple la trousse Français, qui contient, on le sait des lentilles propres à la formation de neuf combinaisons diverses allant depuis 0m, 40 de foyer jusqu’à 0m,13.

Il est évident que, le foyer de 0m, 13 étant beaucoup plus court que celui de 0m,40, il y aurait lieu de poser beaucoup moins qu’avec cette dernière combinaison, mais dans quel rapport?

C’est là ce que l’on ignore.

Le calcul sur nature, au moment d’opérer, rebute l’amateur; ou il ne sait pas faire ce calcul, ou

bien il aime mieux s’en rapporter au hasard avec l’aide d’une appréciation approximative basée sur l’éclat plus ou moins lumineux avec lequel lui apparaît l’image sur le verre dépoli. Il fera donc erreur infailliblement s’il se fie au hasard.

Pour n’avoir pas à mesurer les variations focales chaque fois qu’il s’en produit, il devra, dès que l’appareil lui a été livré par le fabricant, tracer sur la planchette de base deux graduations distinctes ; sur l’un des côtés, il gravera avec une pointe d’acier des traits de centimètre en centimètre, en partant du point occupé par le diaphragme de l’objectif, et des chiffres de 5 en 5 et de 10 en 10 pour pouvoir lire aisément la distance focale.

Sur l’autre côté de la planchette, il gravera une graduation bien utile, surtout pour les appareils de poche et d’excursion, laquelle consiste dans une indication du foyer pour des distances connues depuis 0m, 5 Ode l’objectif jusqu’à l’infini. Cette graduation donnera, par exemple, le foyer de l’image d’un objet placé à 0m,50 de l’objectif, puis à 0m,75, puis successivement à 1, 2, 3, 4, 5, 6, 8, 10, 15, 20, 25 mètres, etc., de l’objectif en un mot jusqu’au moment où la mise au point demeurera invariable pour tous les plans ultérieurs.

Pour exécuter cet utile travail, que bien à tort l’on néglige le plus généralement de faire, on se sert d’une planchette sur laquelle on a fixé un imprimé portant de très petits et de très gros carac-

APPENDICE

tères, et l’on place cette planchette à 0m,50 de l’objectif, puis on met bien exactement au point ; à l’aide d’une pointe d’acier l’on grave alors un trait sur la partie de la base où se trouve arrêtée la base mobile de la chambre noire ; on place ensuite la même planchette à 0ra,75. On met au point, et un nouveau trait indique la position occupée par la partie mobile de la chambre noire, et ainsi de suite de mètre en mètre jusqu’à ce qu’aucune différence ne se produise entre deux positions successives distantes de lm. On met alors la planchette plus loin, jusqu’à ce qu’un nouveau déplacement du plan focal soit nécessaire pour une mise au point bien nette, et l’on grave alors un nouveau trait. Cette opération n’est terminée que lorsqu’on arrive à un point où tout déplacement plus éloigné de la planchette ne modifie en rien la netteté de l’image.

On a bien soin d’indiquer, à l’aide de chiffres tous nettement marqués, les distances auxquelles correspond chaque trait.

Cette graduation, que nous n’avons vu pratiquer nulle part, permet, sans faire usage de la plaque dépolie, d’arriver toujours très exactement à la mise au point pour toutes les distances indiquées par des traits, et même, au moins approximativement, pour des distances intermédiaires.

Les grandes variations dans la distance focale ne se produisent d’ailleurs que dans les cas où les

objets sont très rapprochés de l’objectif, car, à partir de quelques mètres, les variations sont à peine sensibles.

Prenons pour exemple l’objectif de notre En-cas photographique petit modèle. Cet objectif a un foyer normal de 0m,10.

Si nous opérons ainsi qu’il vient d’être dit, nous trouverons que, pour un plan distant de 0m,50 de l’objectif, le tirage de la chambre noire doit être porté à 0m,125aulieu de 0m,10; qu’il sera de 0,112 pour un objet placé à lm de l'objectif, de 0m,103 pour un objet placé à 2m, de 0m,102 pour une distance de 3m; puis, entre 4m et 6m, il n’y aura plus guère qu’une variation décroissante de lmm; à partir de 6m aucune différence dans la netteté du point ne sera appréciable.

Cela se traduit pour l’œil par la figure ci-jointe :

Fig. 19.

L’on remarquera que, si les variations focales sont très grandes entre 2m et 0m,50 à partir de l’objectif, la décroissance de ces variations devient rapidement insensible entre 2m et 6m, puis n’existe plus à partir de cette distance.

APPENDICE

On a donné bien des moyens de suppléer à la privation d’une plaque dépolie, mais il nous semble qu’une graduation pareille à celle que nous venons d’indiquerpeut, en cas d’absence de cet organe, servir à déterminer très nettement le point. Il n’y a qu’à mesurer avec un mètre la distance exacte où se trouve l’appareil de l’objet à reproduire.

Non pas qu’il faille pour cela se dispenser de la glace dépolie, mais, comme il peut arriver qu’elle se brise durant le transport, il est bon d’avoir cette ressource.

Pour les appareils de poche, qu’on manœuvre à la main, on peut, à la rigueur, se dispenser absolument de mettre au point. D’un coup d’œil il est aisé de juger si l’on est à plus ou moins de 6m de l’objet. Si la distance excède 6m, la mise au point est toujours parfaite en mettant le tirage de la chambre au foyer normal, qui est, par exemple, de 0m,10, si cette distance n’est que de 4m ou de 3m ; on a bien vite, en faisant des pas de lm, mesuré cette distance très approximativement et sans se préoccuper de regarder sur la plaque dépolie, ce qui nécessite l’emploi d’un voile noir, surtout quand on opère en pleine lumière ; il suffit alors d’amener le tirage à 0,102 ou à 0,101 pour être rigoureusement au point.

On facilite ainsi considérablement les opérations photographiques avec un appareil employé à la main, c’est-à-dire, sans pied.

On pourrait faire des objectifs qui, à l’aide d’une vis micrométrique, reculeraient ou avanceraient d’une fraction de millimètre déterminée, quand il y aurait à passer, par exemple, de 4m à 5m, ce qui se traduit par un déplacement moindre de lmm. Mais dans la pratique et pour des appareils tenus à la main, cette précision extrême est absolument inutile.

Que bon veuille bien suivre notre avis quant à la graduation des diaphragmes et des distances focales, et l’on s’en trouvera bien.

Nous regrettons de voir qu’aucun Traité n’indique cette voie à suivre, que plusieurs auteurs même se plaisent à conseiller l’à peu près, s’efforçant de démontrer l’inanité des moyens de précision, alors surtout qu’ils sont d’une mise en œuvre aussi simple.

C’est pour nous une raison de plus pour insister sur l’utilité de ces moyens, à l’aide desquels les amateurs deviendront bientôt des maîtres, au lieu de se décourager au sein d’insuccès sans nombre et de finir par abandonner un art si attrayant et où ils auraient réussi dès le début, s’ils avaient seulement suivi les quelques prescriptions qui précèdent.

A notre grand regret, nous le répétons, on se plaît à les diriger dans la voie des appréciations au jugé alors que bien mieux vaudrait leur tracer des règles précises dont l’application les conduirait à des résultats certains.

APPENDICE

Uussions-nous prêcher encore dans le désert, nous considérerons toujours comme un devoir impérieux de recommander aux débutants l’étude de la durée de la pose suivant les diaphragmes, suivant les distances focales, l’intensité de la lumière, la sensibilité des plaques, etc., et l’emploi de moyens pratiques d’arriver à déterminer cette durée sans s’en rapporter à une appréciation qui, le plus souvent, trompe les plus exercés.

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