CHAPITRE SEPTIÈME
Nous avons insisté sur la nécessité de ne jamais toucher la pellicule durant l’opération du développement et du fixage; on évite de la sorte les accidents qui pourraient se produire par le fait delà rupture par place de la gélatine. Ces ruptures ne peuvent arriver si la pellicule est constamment maintenue sur un même support rigide. Rien de plus aisé d’ailleurs que cette manipulation, qui, à quelques précautions près, est la meme que pour les plaques de verre couchées de gélatine.
Le suiffage des bords des pellicules est indispensable pour éviter que les liquides ne s’insinuent entre la couche qui sert de véhicule et la couche sensible. On le pratique de façon à bien garnir la tranche de la pellicule avec le bout de l’index et du pouce bien graissés de suif. La tranche est passée entre ces deux doigts fermés : de cette façon, elle est recouverte d'assez de matière grasse pour repousser l’eau sur ses bords.
Les pellicules à la gélatine offrent les mômes avantages que celles sur papier, à cela près, vu l’épaisseur de la couche de gélatine servant de support, qu’elles ne peuvent s’imprimer des deux côtés comme les pellicules réversibles de M- Thiébaut. On ne pourrait arriver à ce résultat qu’en employant des pellicules excessivement minces.
Papier Morgan à pellicule adhérente. — Le papier Morgan offre le même inconvénient que les pellicules sur gélatine, c’est-à-dire qu’il ne peut servir
que pour des impressions du côté où se trouve la couche sensible. De plus, la pellicule ne pouvant être séparée du papier de support, on est fatalement condamné à subir J es effets du grain du papier, ce qui pour des portraits ou des épreuves d’un format réduit enlève beaucoup de finesse. Mais ce défaut devient une qualité pour des vues d’une certaine dimension, qui gagnent à ce grain un effet plus artistique. Le léger flou qui en résulte corrige heureusement la rigidité des détails photographiques et donne aux épreuves un aspect qui se rapproche davantage de celui des dessins au fusain ou au crayon.
Avec le papier Thiébaut ainsi qu’avec le papier Balagny, on est le maître d’avoir ce même effet produit par le grain du papier, en laissant adhérer aux pellicules leur support grenu. D’ailleurs, lors même que la séparation aurait eu lieu, on est toujours à temps d’interposer une feuille de papier d’un grain convenable entre la glace du châssispresse et le négatif pelliculaire.
Le développement du papier au gélatinobromure Morgan a lieu comme dans les autres cas ci-dessus, dans un bain à l’oxalate de fer ou dans un bain alcalin; mais il faut, avant de mettre le papier impressionné en contact avec le révélateur, l’immerger dans de l’eau jusqu’à planimétrie parfaite.
L’emploi de ce papier convient plus spécialement