‹ Manuel du touriste photographeChapitre 12 sur 160 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

heures dans de l’eau souvent renouvelée, puis on laissera égoutter sur le séchoir. Si l’on désire obtenir une dessiccation très rapide, il suffira de laisser séjourner quelques minutes la glace dans une cuvette contenant de l’alcool. Placé ensuite dans un courant d’air, le cliché sera sec en une demi-heure, et pourra être tiré. Enfin, il sera prudent de vernir le cliché, ou simplement de le recouvrir d’une couche de collodion normal qui protégera la gélatine contre l’action du papier nitraté et aussi contre l’humidité, ou même les gouttes d’eau qui ne manquent pas, à un moment donné, de compromettre le cliché auquel on tient le plus.

La solution de fer doit toujours être transparente et ne laisser aucun dépôt ni sur la glace ni dans la cuvette. Si un dépôt d’oxalate de fer se produisait, il faudrait y ajouter de la solution d’oxalate neutre de potasse, jusqu’à ce qu’il se redissolve; mais cet accident ne se produit pas si l’on emploie les solutions dosées, comme il est dit cidessus. Il est également utile de s’assurer, au moyen du papier tournesol, que le mélange est franchement acide; s’il ne l’était pas, on l’amènerait à cet état par l’addition d’acide oxalique ou tartrique.

Après avoir développé cinq ou six clichés, la solution de fer a pris une teinte beaucoup plus foncée. Il faut se garder de la rejeter, car elle peut servir en quelque sorte indéfiniment, si l’on a la précaution de l’exposer à la lumière du jour dans un flacon bouché, transparent, après y avoir ajouté environ 1 pour 100 de son volume d’une dissolution à 4 pour 100 d’acide tartrique dans l’eau distillée. Au bout de peu d’heures d’exposition à la lumière diffuse, ou de quinze à dix minutes aux rayons solaires, le mélange d’oxalate de fer reprend sa teinte primitive, plus claire, et est de nouveau propre à développer plusieurs glaces. On peut répéter nombre de fois cette opération, et on possède ainsi constamment sous la main un développateur en bon état. Son action est un peu plus lente, mais presque aussi efficace que lorsqu’il est neuf. J’ai développé cet été, avec ce révélateur revivifié, de nom-

breux clichés instantanés sans la moindre difficulté. S’il tend à donner des clichés plus durs qu’à l’origine, on remédie à ce défaut par l'addition de quelques gouttes de la solution d’hyposulfite à 1 pour 1000.

Le révélateur contenant de l’acide tartrique doit toujours être acide et demeurer transparent. 11 laisse souvent déposer des cristaux verts d’un sel de fer dont je n’ai pas constaté la nature, mais on ne doit pas s’en préoccuper; ils se déposent et demeurent adhérents au fond du flacon.

Il est un autre procédé que nous nous bornerons à indiquer sommairement et qui nous paraît susceptible de fournir du bromure d’argent très divisé.

Ce procédé de fabrication, basé sur le principe que nous allons indiquer, a ôté imaginé par M. Obernetter, de Munich, dont 1a. compétence en pareille matière est indiscutable.

Du nitrate d’argent est mélangé à une solution de gélatine, et quand cette gélatine s’est figée on la divise en petits fragments que l’on recouvre d’une solution assez concentrée de bromure d’ammonium. La solution alcaline, en pénétrant à travers la gélatine, va se combiner avec le nitrate d’argent. Il se forme donc du bromure d’argent incorporé à la gélatine, et par suite aussi divisé que possible.

Nous ignorons les détails précis du procédé employé par M. Obernetter, mais voici des proportions indiquées par M. le lieutenant von Reisinger (*) :

(’) Photographie News, p. 728 (année 1882).

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