‹ Manuel du touriste photographeChapitre 11 sur 160 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

ment à l’oxalate de fer, du moins pour les glaces préparées de la façon que je viens d’indiquer.

Je suis porté à croire que les glaces recouvertes d’une couche mince d’émulsion se développent beaucoup mieux à l’acide pyrogallique que les glaces à couche épaisse comme celles dont je me sers, qui se colorent très facilement dans le bain alcalin, et ont une grande tendance au voile vert par réflexion et rouge par transparence. Là peut-être est le secret de la divergence d’opinion entre les partisans déclarés de chacun des modes de développement.

J’ai en provision les solutions suivantes, qui ne s’altèrent pas :

1° De l'oxalate neutre de potasse dissous à saturation dans de l’eau distillée ;

2° Du sulfate de protoxyde de fer dissous à raison de 30 pour 100 dans de l’eau distillée contenant 1/2 pour 100 de son poids d’acide tartrique. Cette solution se conserve, pourvu qu’elle soit au jour. Dans le cas où elle se troublerait, on la ramènerait à l’état limpide par une addition d'acide tartrique suivie d’une exposition à la lumière;

3° Une solution d’hyposulfite de soude à 1 pour 1000;

4° Une solution de bromure de potassium à 1 pour 100;

5° Une solution d’alun ordinaire à saturation.

Pour développer une glace 13 x 18 dans une cuvette de cette dimension, on prend 90cc de la solution d’oxalate neutre de potasse; on y ajoute 30rr de la solution de fer, et, s’il s’agit de développer un cliché dont la pose a été très courte, on additionne ce mélange de lcc à 3CC de la solution d’hyposulfite à 1 pour 1000. La glace est plongée d’un seul coup dans le liquide, et l’image apparaît au bout de quelques secondes. Si elle paraît se voiler, ou se développer uniformément, on ajoute quelques gouttes de la solution de bromure; mais on doit en être sobre, car il est rarement nécessaire d’en faire usage avec les préparations que j’ai indiquées : le plus souvent, l’image monte d’ellemême en séjournant dans le révélateur.

Il est difficile d’indiquer combien de temps il convient

de l’y laisser; rien ne remplacera l'expérience, mais il faut en tous cas attendre que les blancs du cliché soient franchement teintés, si l’on veut avoir une image dure et heurtée. On examine la glace d’abord par réflexion, puis par transparence devant la lumière rouge, et il ne faut pas perdre de vue que l’image doit paraître beaucoup trop vigoureuse pour l’être suffisamment après le fixage. Avec un développateur récemment préparé, le cliché est ordinairement à point après une minute ou une minute et demie, mais il n’y a pas de règle fixe à cet égard, et l’opérateur le plus exercé est celui qui arrivera au meilleur résultat.

On rince ensuite le cliché sous le robinet, et on l’immerge dans une solution neuve d’hyposulfite de soude à 15 pour 100. On l’y laisse de cinq à dix minutes jusqu’à parfaite dissolution de la couche blanche de bromure, et on la plonge ensuite, sans la laver ou après un lavage superficiel, dans une cuvette contenant la solution d’alun à saturation. Cette operation, qui n’est d’ailleurs pas indispensable, n’a pas pour but de consolider la couche, mais de la nettoyer et de donner de la transparence aux noirs du cliché sans nuire en rien aux demi-teintes. Toutefois, le cliché baisse légèrement de ton dans cette solution, et il est préférable de ne point y faire passer ceux que l’on juge après fixage à leur valeur exacte, ni, à plus forte raison, ceux trop faibles. Ensuite, lavages abondants et prolongés et séchage.

Je développe généralement et successivement de quatre à six clichés dans la même solution d’oxalate fraîchement préparée. A partir du cinquième son action se ralentit, mais le développement ne s’en fait pas moins bien en un peu plus de temps, ün peut facilement développer et fixer ces clichés en moins d’une heure, en remplaçant chaque glace au sortir des bains par une nouvelle. Si, pendant le lavage, la couche de gélatine paraît recouverte d’un léger dépôt opalin, il peut être utile de passer à sa surface une touffe de coton cardé mouillée, afin de l’enlever. On prolongera le lavage des clichés pendant plusieurs

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