CHAPITRE HUITIÈME
M. Audra est un amateur de photographie trop distingué pour qu’il soit permis de laisser de côté les indications données par lui dans son intéressante et instructive brochure (') ayant pour titre : le Gélatinobromure d’argent , sa préparation, son emploi, son développement.
Déjà dans le Chapitre des Couches sensibles nous avons eu l’occasion de faire un emprunt à cet excellent travail. Voici maintenant sa formule de développement. Si peu qu’elle diffère des précédentes, car au fond on revient toujours à peu près aux mêmes données, il est intéressant pour le praticien qui tient à bien faire et à bien connaître le pourquoi de ses résultats, de se mettre au courant des divers procédés pratiqués par les plus habiles.
Dans la méthode de révélation où le fer est l’agent réducteur, M. Audra procède ainsi qu’il suit :
« On a préparé d’avance, dit-il, les solutions suivantes :
« 1° Oxalate neutre de potasse à saturation dans de l’eau distillée. Si l’on n’a pas d’eau distillée à sa disposition, on peut employer de 1 eau ordinaire, mais dans ce cas il se forme un abondant précipité d’oxalate de chaux qu’on doit laisser déposer ou filtrer avec soin. Il est préférable de faire la dissolution à chaud afin d’être certain d’obtenir la saturation.
« Si l’on opérait à froid, il faudrait laisser pen-
dant plusieurs heures le sel dans l’eau en agitant fréquemment.
« 2° Sulfate de protoxyde de fer pur bien vert et non peroxydé, 0gr,30 pour 0gr,100 d’eau distillée.
« Là, l’eau distillée est indispensable sous peine d’introduire ensuite dans le développateur des traces de chaux qui se précipiteraient à l’état d’oxalate insoluble sur le cliché. Cette solution, qu’il est également plus aisé de faire à chaud, doit être franchement acide et rougir le papier bleu de tournesol; il est utile d’y ajouter environ lgr d'acide tartrique pour chaque 200cc de solution, soit 1/2 pour 100. Cette addition a pour but de conserver pendant longtemps le sel de fer à l’état de protoxyde, pourvu qu’il demeure exposé à la lumière du jour. Sans cette précaution, la solution se peroxyde rapidement et perd toutes ses propriétés développatrices.
« 3° Bromure d'ammonium ou de potassium , 2gr pour 100 d’eau distillée.
« Les solutions 1 et 2 se conservent indéfiniment. On a également sous la main plusieurs cuvettes propres, un peu plus grandes que les glaces à développer. L’une doit servir au développement, une autre au fixage, et les autres aux lavages. Dans une éprouvette graduée, on verse d’abord 3 parties de la solution d’oxalate de potasse, puis 1 partie de la solution de fer.
« Le mélange devient immédiatement jaune