‹ Manuel du touriste photographeChapitre 158 sur 160 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

11 en est de divers numéros, plus ou moins mous; on les choisit suivant que la nature du travail l’exige.

Le crayon ne sert que pour les douces demiteintes, mais il faut quelquefois atténuer l’action de la lumière à travers certaines parties du cliché qui sont trop translucides ; on recouvre alors le dos du cliché d’une couche de collodion normal, dans lequel on a fait dissoudre un peu de jaune d’aniline. Quand cette couche, que l’on ne met qu’aux endroits voulus, est complètement sèche, on supprime avec un grattoir tout ce qui excède la partie à garantir contre une action trop vive de la lumière.

On étend plus ou moins de collodion normal incolore la dissolution saturée de jaune d’aniline, suivant que l’atténuation cherchée le demande.

On emploie aussi du collodion carminé pour ce même objet, mais son action est moins efficace.

Quant aux points brillants que l’on rencontre souvent dans les clichés, ils sont bouchés au pinceau, suivant l’endroit où ils se trouvent, avec du rouge (vermillon) ou avec du blanc gouaché épais. On met ces retouches du côté du vernis.

Les clichés à la gélatine sont souvent retouchés avant tout vernissage, au crayon ou au pinceau, comme les clichés au collodion ; on vernit après que la retouche est terminée. Pour rendre plus

facile la retouche au crayon sur la gélatine, on conseille (l) de frotter la couche avec un peu de térébenthine ou de résine finement pulvérisée, ou bien encore avec une dissolution de 1 partie de gomme Dammar dans 40 parties de térébenthine.

On peut aussi retoucher les clichés à la gélatine après le vernissage, en opérant ainsi qu’il a été dit plus haut.

L’emploi de l’estompe avec de la mine de plomb bien broyée permet de produire sur les négatifs à la gélatine non vernis des effets d’atténuation souvent très agréables au point de vue artistique ; on peut en user dans tous les cas où l’on est en présence de masses trop translucides, que l’on veut corriger en produisant en même temps des demiteintes d’intensités diverses.

Quant à la question d’art en ce qui concerne la retouche, nous renverrons aux traités spéciaux, tel que celui de M. Piquepé (2). Nous pensons qu’on ne doit user de la retouche que pour corriger les imperfections des clichés et non pour vouloir faire mieux que ce que donne un bon cliché. Le plus souvent, les retoucheurs malhabiles compromettent les négatifs en les retouchant; mieux vaudrait qu’ils ne les eussent pas même touchés.

Pour retoucher les papiers à pellicules, on pro-

(’) Harrisson, Pliot. News , 1881.

(2) Piquepé, Traité pratique de retouche des clichés photographiques. In-18 jésus, Paris, Gauthier-Villars.

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