‹ Manuel du touriste photographeChapitre 4 sur 160 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Après trente-six heures, les réactions sont terminées. Mieux vaut, dit M. Chardon, un excès que le manque d’argent.

On verse alors le collodion par petites parties dans une grande quantité d’eau distillée, on agite et l’on recueille le précipité sur un linge fin placé dans un entonnoir. On lave avec soin jusqu’à ce que l’eau sorte pure, on égoutte et l’on étend le précipité bien lavé sur du papier buvard, et on laisse sécher dans l’obscurité.

Le résultat donne une matière floconneuse jaune clair, qui constitue l’émulsion sèche.

Pour préparer des couches sensibles, on prend :

Ether 50co

Alcool 50

Quinine 0;,',20

On fait dissoudre d’abord la quinine dans l’alcool, on filtre, et, dans le mélange d’alcool et d’cther, on met 3gr, 50 d’émulsion sèche.

On agite plusieurs fois ; après quelques heures, on filtre sur un tampon de coton, et le liquide est prêt à servir.

Les plaques collodionnées et sèches doivent être opalines et légèrement brillantes.

La sensibilité de ces couches est plus grande des deux tiers environ que celle des plaques au tannin.

D’où il résulte que, si une plaque au collodion

humide, dans des conditions déterminées d’éclairage, de distance focale, etc., exige une pose de 1 minute, une plaque au collodion sec au tannin devra poser 8 minutes, et une plaque sèche à l’émulsion au collodion posera seulement 2m40s.

Nous renvoyons, pour le développement de ces plaques, au Chapitre Y, spécial à cette opération, pour les diverses sortes de préparations sensibles.

Émulsion sèche à la gélatine ou gélatinobromure d'argent. — Nous n’avons indiqué que pour mémoire les deux méthodes précédentes de produire des couches sensibles, ou mieux, ainsi que nous l’avons dit, notre désir était d’être plus complet, en prévoyant les cas où l’emploi de l’émulsion sèche à la gélatine serait impossible. Ces cas peuvent se présenter en voyage ou dans des pays où le climat rendrait accidentellement très difficile l’emploi des plaques à la gélatine.

On peut en voyage arriver à manquer de ces sortes de plaques, et alors il serait plus facile de préparer des plaques au collodion sec, que d’entreprendre les manipulations minutieuses et si délicates qu’entraîne la préparation de l’émulsion à la gélatine.

Dans l’état actuel de la science photographique, nous ne saurions rien recommander aux touristes photographes qui soit préférable aux couches sensibles à la gélatine, que ces couches aient comme

Page 1