CHAPITRE PREMIER
support des glaces, du verre, du papier ou des pellicules fabriquées de diverses manières.
La gélatine bromurée d’argent offre le grand avantage d’être douée, bien qu’à l’état sec, d’une sensibilité qui dépasse, en moyenne, dix fois celle du collodion humide. Nous disons en moyenne, car on fait des émulsions d’une sensibilité de vingt à quarante fois plus grande que celle du collodion humide.
On conçoit donc aisément qu’il n’y ait pas lieu de recourir à l’emploi d’autres procédés négatifs, quand on peut user de celui à la gélatine. Nous le recommandons donc tout spécialement. Aussi allons-nous entrer à son sujet dans tous les détails opératoires qu’il comporte, de façon à en rendre l’emploi rapidement familier aux débutants.
Dans un manuel du genre de celui-ci, est-il nécessaire d’indiquer les moyens de produire une émulsion sensible, alors qu’il y a tant de maisons qui la vendent toute préparée, alors que l’on peut partout aujourd’hui trouver dans le commerce d’excellentes plaques à la gélatine?
En vérilé, nous pourrions nous en dispenser. Pourtant, il est bon de résumer au moins la façon dont on peut, si l’on tient à préparer tout soimême, produire l’émulsion à la gélatine bromurée d’argent.
Nous disons résumer. En effet, il existe actuellement un nombre considérable de procédés dis-
tincts, connus ou inconnus, d’arriver à la formation de l’émulsion qui nous occupe.
En principe, il s’agit de former du bromure d’argent très divisé et susceptible de rester en suspension dans une solution aqueuse de gélatine.
Seulement, il est de nombreux moyens divers d’atteindre ce résultat, et les effets produits diffèrent suivant que l’on a opéré de telle façon ou de telle autre.
Ce n’est pas le cas de discuter ici la valeur des divers procédés ; chacun vante le sien comme étant le meilleur. Il en est de cela comme des formules innombrables de collodion ioduré ; en définitive, toutes ces formules se trouvent quintessenciées, à peu de chose près, dans une seule, que l’on peut employer avec une complète certitude de succès. Il en est ainsi de la préparation des émulsions à la gélatine.
Pour que notre indication relative à une de ces préparations soit aussi claire et aussi complète que possible, nous ne pouvons mieux faire que de reproduire ici le procédé employé par un amateur des plus distingués, M. Audra, qui, depuis trois ans, s’occupe très activement d’études et de recherches relatives au gélatinohromure.
M. Audra a communiqué à la Société française de Photographie le procédé actuel, dont il use de préférence, après avoir fait plus de cent essais