‹ Manuel du touriste photographeChapitre 83 sur 160 · CHAPITRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIEME

l’obturateur à guillotine mû par la seule action de la pesanteur; mais, complété par la disposition que nous allons indiquer, cet instrument est apte à rendre tous les services qu’on peut être appelé à lui demander, toutes les fois qu’on aura à procéder par voie dite instantanée.

Notre dessin indique clairement la nature et la construction d’un obturateur à guillotine. Lemieux est de le placer en arrière de l’objectif ainsi que cela est indiqué par la fig. 52. Voici pourquoi cela vaut mieux : O11 sait que la planchette, une fois abandonnée à l'action de la pesanteur, tombe avec une vitesse de chute qui s’accélère avec la durée de la chute ou suivant le carré de cette durée. La vitesse de chute sera donc plus grande à la fin de la chute qu’à son début.

Si l’obturateur est placé en avant de l’objectii. les premiers rayons réfléchis admis dans la chambre noire seront donc ceux qui agiront le plus longtemps sur la plaque sensible ; or, les rayons entrant par le haut de l’objectif sont ceux qui émanent du ciel et de l’horizon, ce sont ceux dont l’action devrait être de moindre durée.

Si au contraire l’obturateur est placé en arrière de l’objectif, les rayons qui sont les premiers à agir sur la plaque sensible sont ceux qui, réfléchissant le sol, les premiers plans, et les rayons venant du ciel ou des parties les plus éloignées, ne sont admis qu’au moment où la vitesse de chute

a subi une accélération suivant la loi très connue de la chute des corps dans l’air libre.

Quand on veut opérer avec une vitesse de chute constante due à l’action seule de la pesanteur, la planchette mobile ne doit être mue par aucun ressort, il suffit qu’elle coulisse bien franchement dans les deux rainures du support.

Mais si l’on est dans l’obligation d’employer une vitesse plus grande que celle due à la pesanteur seule, il convient d’accroître la chute par l’action de deux ressorts, soit en caoutchouc ainsi que cela se voit en AB et en A'B' [fig. 53), soit en métal, formés par des spirales d’acier. Si l’on fait varier les points d’attache de B en D et de B' en D\ on accroîtra successivement la tension des ressorts et la rapidité de chute sera de plus en plus grande, l’impulsion au départ étant plus forte.

D’autre part, l’ouverture pratiquée sur la planchette mobile P peut être rendue variable à l’aide d’une planchette pleine P’, que 1 on peut faire monter ou descendre, de façon à réduire l’ouverture à la dimension du diamètre de l’objectif et à l’augmenter jusqu’à trois fois le diamètre.

On conçoit que, pour une même vitesse de chute, la durée de l’action lumineuse sur la plaque sensible sera d’autant moindre que l’ouverture sera plus petite, et réciproquement plus l’ouverture de la planchette sensible sera grande (en hauteur) et .plus sera grande 1 action des

Page 1