CHAPITRE SIXIÈME
sensitomètre Warnerke. A défaut de sensitomètre, on peut, par quelques essais successifs, arriver à établir le degré de tel produit sensible par rapport à tel autre produit dont la sensibilité est connue.
Un autre facteur important est celui qui est relatif à l’intensité de la lumière actinique au moment et au lieu de l’opération, intensité qui peut d’ailleurs varier suivant la couleur dominante de l’objet à reproduire. Nous allons indiquer à l’aide de quel moyen on peut apprécier l’intensité lumineuse.
Il y a encore à considérer l’ouverture du diaphragme de l’objectif et la distance focale où se forme l’image réfléchie dans la chambre noire.
Nous ne parlons pas de la nature du développement qui peut aussi influer sur la durée de la pose, puisqu’il est certains développements avec lesquels il est permis de compter sur une pose plus ou moins courte.
Cet élément d’appréciation peut être laissé de côté ici parce qu'il sera toujours aisé de le faire entrer en ligne de compte lorsqu’on saura comment on peut résoudre l’ensemble des données principales et arriver, toutes choses égales d’ailleurs, à une durée approximative convenable.
Pour trouver cette solution, on devra mesurer, tout d’abord, l’intensité des rayons lumineux, à l’aide de notre photomètre négatif. Ce petit instrument, bien simple, donne l’intensité lumineuse
par dixième, c’est-à-dire qu’elle a été réduite à 10° à partir du moment où la lumière est assez forte pour produire en une minute une teinte échappant à peine au blanc sur un fragment de papier albuminé, sensibilisé au chlorure d’argent jusqu’à la teinte obtenue en une minute dans une belle lumière diffuse. La teinte 10 est celle qui résulte de l’action de la plus belle lumière diffuse sur le même papier sensible. Les autres degrés (fig. 58)
sont formés en divisant l’espace compris entre 1 et 10 en 8 autres teintes graduées.
Ce moyen de dosage de l’intensité des rayons lumineux est très suffisant dans la pratique.
Il se peut seulement que l’on ait à opérer dans un milieu où, au bout d’une minute, l’action lumineuse ne produirait pas un effet même égal à la teinte n° 1 : on prolonge alors l’action jusqu’à ce que ce degré soit atteint, et s’il faut deux ou trois minutes pour y arriver, il faudra en conclure que la lumière, en ce cas, est deux ou trois fois moindre que celle qui aurait donné le n° 1, et l’on posera deux à trois fois plus.