CHAPITRE SIXIÈME
directs iraient impressionner la plaque sensible en se substituant aux rayons réfléchis par l’objet ou par la vue à reproduire et le négatif serait taché, voilé, compromis d’une façon quelconque. Pour empêcher les rayons directs d’arriver jusqu’à l’objectif, on peut user d’un parasol ouvert au-dessus delà chambre noire et incliné de manière à mettre l’objectif dans l’ombre, sans intercepter l’accès des rayons réfléchis par la vue à imprimer ; à défaut de parasol, il suffit d’un journal déployé et tendu convenablement, ou bien encore de l’ombre d’un chapeau ou du corps lui-même, bref, tout moyen est bon pour éviter la cause d’insuccès que nous venons de signaler.
En général, la meilleure place à donner à la chambre noire est celle qu’elle occupe quand elle a le soleil en arrière de la glace dépolie ou, au moins, très obliquement par rapport à l’objectif.
Il y a surtout à veiller, autant que possible, au maintien de l’horizontalité de la planchette sur laquelle est posée la chambre noire, surtout quand on reproduit des monuments et tous objets où se trouvent des lignes verticales.
On est exposé à des déformations de ces lignes d’autant plus grandes que l’appareil sera plus incliné par rapport au plan de l’horizon. Au lieu d’incliner la chambre noire, il faut déplacer l’objectif sur la partie antérieure de la chambre en le décentrant, en hauteur, de l’intervalle voulu pour
arriver à prendre le haut d’un monument, par exemple, sans que l’horizontalité de la chambre soit atteinte.
Il est pourtant des cas où, en dépit de l’emploi de la planchette mobile de l’objectif, on ne peut arriver au résultat désiré ; il faut alors, si l’on a à sa disposition une trousse d’objectifs à foyers divers, adapter à sa chambre celui des objectifs qui, de la distance où l’on est, permettra d’atteindre sans inclinaison la hauteur totale de l’objet. Si l’on n’y parvient, il faudra bien se résigner à une épreuve où les lignes de l’original seront déformées. C’est là une dure nécessité, mais encore mieux vaut-il en passer par là que de ne rien faire du tout.
Chacun saura bien, en voyant cette déformation, redresser les lignes et voir l’objet reproduit comme s’il était correctement rendu.
C’est bien à tort que l’on accuse la photographie de déformer les lignes, de donner des impressions souvent fausses. On oublie ou l’on ne sait pas que l’on exige souvent d’elle des tours de force que ne saurait certes produire l’œil humain, celui par exemple qui consiste à voir d’un coup la base et le sommet des tours d’une cathédrale gothique. Le plus souvent, pour rendre cette copie correctement, c’est-à-dire avec une parfaite rectitude de lignes, il faudrait pouvoir se placer à la hauteur du milieu de ce monument, tandis qu’on est sur le sol. La photographie voit naturellement alors l’objet en