‹ Manuel du tourneurChapitre 17 sur 44 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Divers Procédés pour le Moulage et la Ponte des Métaux.

5^=!=^ il OTSE intentioa n'est pas ici de donncor un traité de l'art du fondeur. Pl. io. Une de8crit)tion complète de cet art «i{*erott de trop grands détaib :, et nous élotgneroit de notre plan ; mais nous avoQs voulu seulement donon* aux amateurs quelques notions qui pourroat leur être utiles daos aœ i»finité de circonstances, et les mettre à mcnœ d'apprécier les trarrauxeo ee genre qu'ils penrent être dans le cas de Ênre exécuter.

La méthode la phis simple et la plus exptfditiTe de Ëùre lesmoules pour couler le plomb , le cuivre , et en général tous les métaux , est celle connue sous le nom de Jeter en sable , et dont nous allons décrire les procédés.

On tamisera suffisamment de sable , qu'on mouillera légèrement ; puis , sur une table , on le maniera et retournera , avec un rouleau semblable à celui des pâtissiers, jusqu'à ce qu'il soit également humide , et ne présente plus de pelottes. On se fera deux châssis de bots de chêne , de grandeur et d'épaisseur suffisantes , pour contenir sur sa longueur et sur son épaisseur la pièce qu'on veut fondre. Ces châssis ne sont autre chose qu'un bâti carré , de quatre morceaux , assemblés à tenons et mortaises , qui se mettent l'un sur l'autre , et y sont assemblés , au moyen de deux ou quatre chevilles , qui tiennent à un des châssis , et entrent un peu librement dans l'autre.

On met .sur une table celui de ces châssis qui ne porte pas de chevilles : on le remplit de sable de fondeur , car l'opération que nous décrivons ici est celle du fondeur en cuivre ; on y place la pièce qu'on veut mouler , de manière qu'en la retirant elle n'écorche pas le creux qu'elle aura laissé dans le sable. On s'assurera gî , entre la pièce et la table , il y a assez d'épaisseur de sable pour que le moule ne crève pas en cet endroit. Quand la pièce sera bien placée , on mettra le second châssis sur ce premier , en Élisant entrer les chevilles dans les trous qui leur sont propres , de manière que les bois se correspondent exactement On emplira de même ce

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cliassisde stble, qu'oD battra arec plas de soin que le premier. Puis, ■ . — avec ane lame d'épée ou de fleuret, ou ane règle de bois, à laquelle on ^*^ *«• aura bit un biseau coupaut , on raclera tout le sable qui excède la sur- &ce dn châssis. On couTrira cette surface d'un ais , et on retournera le tout; puis on lèvera le premier châssis [on concbe); on brisera le sable qull contient, pour en remettre de nouveau, quand il sera eu place. Il faut avoir soin , avant de recommencer cette opération , de bien nettoyer ta surface du premier moule, et dy &ire de nouveaux repères en creux dans les endroits qui ne sont occupés ni par le jet, ni par les évents; on saupoudrera le tout de charbon, de manière à noircir toute la surface , puis, avec un soufflet et à une certaine distance , on nettoyera le moule. Cette seconde moitié achevée, on séparera les deux châssis avec précaution , pour que la pièce quitte sans écorcher aucunement les contours du vide qu'elle va laisser, et on les posera doucement et debout contre un mur, ou ailleurs, hors des coups qu'on pourroit leur donner en passant , ce qui anéantiroit en un instant tout le tl^vail.

On 6tera, avec la même précaution, la pièce de dedans le second chassis, et si, malgré les soins qu'on s'est donnés, il j avoit quelque écorcbure, il endroit, ou remettre la pièce, après avoir mis dans son creux un peu de poussière de charbon, ou racommoder proprement avec les doigts et de petits outils convenables, les écorchures, et rendre au creux la forme qui est altérée.

On fera, avec la lame d'un couteau, ou même encore avec une lame détrempée , k laquelle on aunt donné par le bout la forme d'un o mal fermé, une gouttière qui prenne depuis le creux jusqu'au haut du moule, dont le bois, en cet endroit, doit élre un peu évasé à chaque châssis pour donner entrée à la matière.

Rien n'est aussi ordinaire aux pièces jetées en moule , que d'y trouver des vents ou soufflures, qui sont de petites cavités, tant à la surface qu'à l'intérieur de la pièce , si elle a un peu d'épaisseur. Ce défaut provient de deux causes; ou de ce que l'air se trcmve renfermé dans la matière , ou de. ce que, le moule étant encore un peu humide, cette humidité réduite en vapeur par la grande <^&leur de la matière, ne peut sortir du moule , et y occupe nécessairement une place. Pour éviter ces inconvéniois , on fera, à quelque distance du jet, un autre canal, placé sur le p<Hnt le plus élevé, qui gagne également jusqu'au haut, et qui serve à'évent;et si la pièce étoit d'une forme telle que l'endroit où l'on feroit l'évent, fût plein avant que tout le creux le fût , il faudroit eu faire un ou plusieurs autres : mais

,8o , . MANUEL DU TpURÎÎTEyE,-'

■ ■■ Us doivent être fort petits. Par ce moyen , od sera assuré que la pièce vioi-

^'" ^°' dra nette et sans défaut.

.. On mettra ensuite les moules sécher, au-dessus d'un petit feu de charbon fait sur le carreau , en appuyant les ' moules l'un, contre l'autre , et les retournant de temps en temps sens dessus de-ssous. Dans les grands ateliers on a des étuves destinées k cette opération.

Lorqu'on voudra couler , on passera dans les moules un peu de cendre fine , délayée dans de l'eau ; on replacera les châssis l'un sur l'autre , et on les serrera entre deux planches ou ais , au moyen de cordes , ou mieux encore de vis. Les fondeurs en cuivre se servent pqur cela d'une presse, dans laquelle ils prennent plusieurs châssis pour couler la matière dans chacun, l'un après l'autre.

Quelque sec que soit le moule , le plus sur est de le faire chauffer. La matière, n'étant pas saisie par le froid , coule et s'étend mieM^ '• d'ailleurs l'air qui y est conteuu étant déjà dilaté , entre dans une moindre expansion.

Les fondeurs en cuivre ont des fourneaux construits exprès pour placer le creuset qui contient leur métal. Ces fourneaux sont de forme carrée, et séparés en deux parties par une plaque de fer dont les quatre angles sont retranchés. La partie inférieure ou fos$e reçoit le vent du soufr flet, et le transmet à la partie supérieure qui contieat le creuset et le charbon. . .

Les amateurs , qui n'ont ordinairement que de petits objets en ce genre à exécuter, peuvent remplacer ce fourneau , en disposant leur forge de la manière suivante. On placera sur le cendrier, à un pouce environ du dossier et vis-à-vis de la tuyère du soufflet , un morceau de brique , pour recevoir le creuset, et on entourera le creuset, ainsi posé, d'une bande de fer de la même hauteur, et courbée en demi-cercle pour contenir le charbon.

Les orfèvres et les bijoutiers , qui n'ont le plus souvent que de petites pièctô à fondre, n'emploient pas d'autres moyens.

Après ces dispositions , on commencera par chauffer le creuset vide et ' jcouvert , pour s'assurer s'il peut résister à l'action du feu sans se fendre , et on y njettra ensuite de la matière, cassée en morceaux,' à environ deux tiers de sa hauteur. On continuera de chauffer , en animant le feu par l'action du soufflet , jusqu'à ce que ce premier bain soit totalement en fusion. On achèvera de remplir le creuset à deux ou trois reprises en entretenant toujours la chaleur, de manière que la matière, en fusion, ne se refroidisse pas par l'action de celle qu'on y jette, et que l'on doit toujours tenir chaude près du fourneau : sans cette précaution le creuset se fendrait.

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CHAP. V. Divers Procédés pour ta FhTOe. 8i

Quand le creuset sera plein et la matière entièrement en llUion , on = agitera le tout^ avec un bâton, pour faire monter à la surface les corps hétérogènes qu'on enlèvera avec une écuraoire.

. On peut , avant d|écuraer , jeter dans le creuset une pincée de sel de verre. Cette substance s'empare à l'instant de tous les corps , non fusibles k ce degré de chaleur , suspendus dans la matière , et les porte à la surface , où il se forme une couche vitreuse qu'on enlève avec la plus grande Êicilité.

Si on opéroit sur de l'or, on reroplaceroit le sel de verre par le borax , dont, l'effet est plus actif; mais le prix élevé de cette substance ne permet pas de l'employer dans les grandes opérations , ni pour les matières de peu de valeur.

Le cuivre ainsi en fusion et bien écume , on saisira le creuset par sa circonférence avec des tenailles courbes , et on versera le métal dans les mouleS'

On peut employer tous ces procédés pour fondre le plomb et l'étain;, mais, ces métaux exigeant beaucoup moins de chaleur pour entrer en fusion , on peut les fondre dans une marmite de fer , placée sur un fourneau ordinaire.

On ne doit couler le plomb qu'à une chaleur suffisante; et, k cette occasion , nous nous permettrons ici une observation intéressante.

Le plomb , Vétain , ainsi que tous les autres métaux , portés à une trop grande chaleur , s'oxident plus ou moins , suivant leur nature et le degré de chaleur qu'on leur fait subir. Chauffé modérément , le plomb produit à sa sur&ce une crasse, une écume ou peau qui est blanche. L'étain produit le. même résultat. La chaleur portée un peu plus loin sur l'étain donne du jaune; plus loin encore sur le plomb, c'est du rouge connu, sous le nom de minium.

Ces différens effets sont produits par la combinaison de l'oxigène avec le métal à plus ou moins fortes doses. Si donc on veut rendre aux oxidesleur forme métallique , il faut leur enlever l'oxigène surabondant , et, pour cela, on les mêlera avec du charbon en poudre ou quelque matière animale , comme de la graisse , qui a plus d'af&nité que le métal avec l'oxigène..

Si l'on veut empêcher que .le métal en.fosïon ne s'oxide en aussi grande quantité , on jettera dans la marmite de fer , où on fait l'opération , un peu de graisse ou de suif, ou du poussier de charbon; ces substances, plus légère que le çtétal, s'élèvent à sa surface, la recouvrent, et l'empêchent d'absorber l'oxigène de l'atmosphère.

«1 MANUEL DU TOUHNECR.

= Quand ro|i>érE>tion mn. terminée , on lansacra teiroi^ la piâct dans le moul«, car si on la tourmoitotl encore chaude, étia s« OMsemirt très' aisément.

Si ta pièce est $B8C«pCfble d'être mise »t Tour « cm la Munwrt afec les préCROtiona indiquée» à l'endroit où nous enseigaerdrt» è garnir «b plomb les roues des rouets à filer.

Presqne tous les détails dans lesquels hons WAOttS ffenm», fl{^t^ tiennent à l'art du fondeur en cuitre. lïToas n'avons pas éta devoir en dire davantage sor cet art , qui demande des ustensiles particuliers ^ et qui entraîne ïine inanité d'opémtioos étrangère» à notre snjet. Le ftwtneau à fondre est construit de manière à ne pouvoir servir qu'^ Wla : îV fitufun sonfïlet bien phis grand que ee\m qu'eiige une md^etHte foi^ : enfin , i «oins «fu'on ne fonde eo grand , ropératiod «st bien plas oôih teuse que quand on fait fondre par l'ouvrier qui ne se livre qu'à ce gtatu« de travail.

jïous t<trt»iiHiron» «et article pat fcoMOtnandar de fair« bien séehâP kl monles : la moindre humidité , noA^Mulnnent £iit fflaïKfUer l'opération , ' mais mérae devient funeste à l'artiste. On sait qu'une goutte d'eau réduite subitement cm vapeur , ocmipe quatre eu cinq cents ibis son volume Si donc un peu d'humidité reste dans le aoule, et qna k chaliur du pAouib la rédnfse en vapeur, elle vetM s'écha|tpe^ ou occuper un plus grand espace : mais si quelque obattcle s'y oppose , elle rompt toutes les barrières, et brise tout ce qui lui &it résistance, ai , dans »ae uêioê où Ton coule nne^^u«9 d« fer, les ehéneannc ne^oDC pa» asM^ éelia«£M», on voit la matière jaillir de tons côtés, enlever le toit, briser toitt ea qui environne, et Hienaéer le» jour» de tous IM as«i$taas« q» ne trouvent d'autre ressource que dans la fuite.

Le sal^e, dont m servent les fondeurs, vient de fottt^Ai-aus'Rmfc , village près 4« Paris. II est jaune, gras au toucher, et se He trèv-bien ; mais on a ren^arqué qu'il devient niàlleut , lorsqn'd a d^jà essuyé qndques fontes, que quand il est netif : on a «outume de le mèlev avec du vient, et, par ce mèlaf^, tous dettx deviennent meilleura ; le vieuit est rajeuni, et le neuf est adouci; car les fondeurs assurent que, dans le sAhle tout pur neuf, les pièces dont sujettes à se fendre en refroidissaftt : sm durplus , cette observation né peut concerner qu* la fonte *n cuivre.

iiorsqu'on vent fondre des ouvrages â noyau , l'opération est beaucoup plus difficile : on nomme noyau j le centre d'une pièee qui doit venir creuse ; comme le coips d'une figure « d'ua tuyau , ete. On fait ce noyau

CHAP. y. Divers Procédé* pour la Fonte. 83

avec 4e purtàl eabte, «t «[mud la pièce est fondue^ «d Tôte avec Hjac a lame d'^pée , eu autre outU poûitu et (raocbaot ; mais tt faut «ter ' soigneusement tout le atMit , t»nt aa dedane qu'au tjkfaors , Attendu «pir rica n'abiioe Mttaat les limes et les outils de Tour.

Lorsqu'on veut donner à fondre une pièce, qui doit être ctievue, Ae modèle doit être &it d'noe manière pat4ioulièire,'et arec beaucoup de pi-écautions. Sopposons qne ce soit an tu^rau ; et cet eneiaçle suffîra pour tous les autres oa.s:.oo tourmera uncylindne de boifl, de jla grosseur «xténettre qu'on veut dosncr au tuyau , £t joône 'deux lignas de fhi» ou miviron, pance que la aatière ae retire «onetfroijdi3sant;«ai lui donnera fiotv iongqeur à pen puts 6 pouces de p4«is .qu'au iujau, -et^ aw ciiacu* des bonts de oe eyiindre, on marquera une lon^œux d'à peu fuès % potices, et on le réduira, depuis le» deux marques jusqu'à obaque bout, k la grosseur intérieure du tuyau , comme si le petit «yliioMliv étoit passé au travere d'un tuyau ée bots. Le fondeur meuleoa oe cylindre dans le sable; ptiis il formera , avec de pareil sable , .vm noyau , de la grosseur du pet*t cylindre , et le posera juste dans sa {dace. On conçoit qu'au ssôlieu H reste une partie vide que la aaatière ronplira, .et qu'eu ôtant le noyau, le tuyau se trouvera pesoé d'outre -en outre. Q «at même des cas , où l'on perce le gros cylindre au Tour, et on le tourne sur un plus petit cylindre qui y entre juste. Cette méthode est préférable à la première pour les petits objets seulement, en ce qu'elle sert au fondeur à mouler le noyau avec plus d'exactitude.

Si le noyau ne devoit pas passer d'outre en outre dans la pièce , on formeroit un noyau de bois, qui pût entrer dans le modèle, et on laisseroit la portée plus longue que la portion placée dans le modèle : le fondeur le feroit semblable en sable , et comme il auroit une certaine longueur, il tiendroit suffisamment en sa place, quoique tenu par un seul bout, l'autre bout restant en l'air, au centre du vuide, que le modèle auroit formé.

Le sable de fondeur , quand il est tamisé un peu fin , rend assez bien les omemens qui sont sur une pièce ; mais on ne peut jamais obtenir assez de netteté , pour qu'on n'ait pas besoin de reparer aux ciselets les pièces qu'on doit dco^r, ou qu'on veut qui soient propres. D'ailleurs, si les omemens sont très>fiins , et ont peu de saillie, il est rare qu'ils viennent bien nets. Les ouvriers, et même les artistes, expriment ce défaut de netteté par le mot fiou .- cette pièce vieiUflou y elle ne vient pas nette. Il est dans les arts certaines expressions, dont on ne connoit pas

a l'origine, dopt on n'mtend pas la signification , et auxquelles on a cependant attaché une idée, que tout le monde adopte. Ainsi, pour dire qu'un tableau est vaporeux , qu'il n'est pas sec et maigre , les peintres rendent cette idée , en souiïElant un peu y et balançant la main comme pour peindre la vapeur.

Lorsqu'on veut qu'une pièce vienne bien nette jusqu'aux plus petits omemens , on emploie le tripoli au lieu de sable; on le met en poudre , et on le passe au tamis bien fin. Cette poudre réunit le triple avantage de présenter une surface très-unie, de s'iosinuer dans tes plus petits détails , et de se lier au -moyen d'une espèce de gluten , ou matière onctueuse , qu'on sent au seul toucher. Nous avons vu des médailles copiées par ce moyen, et qui se confondoient presque avec l'original, au son près, que jamais matière fondue ne peut acquérir, et que l'écrouissenient du balancier peut seul lui procurer.

On prétend encore qu'un os de sèche , qu'on donne aux serins , est une très-bonne matière pour fondre bien net : on enferme , et l'on presse fortement entre deux de ces restes de poisson, la pièce qu'on veut couler, et elle s'y imprime parÊiitement : mais nous ne garantissons point ce procédé, dont nous n'avons pas &it l'expérience.

CHAP. TL Sect. 1. Outils à ptrctr le bois.

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