‹ Manuel du tourneurChapitre 42 sur 44 · DONT TOUTES LES PARTIES SONT FAITES AU TOUR · texte numérisé non relu

DONT TOUTES LES PARTIES SONT FAITES AU TOUR

Après avoir décrit les procédés les plus ordinaires pour exécuter sur le. Tour en l'air différentes pièces simples , nous croyons devoir présenter aux Amateurs un moyen d'en exécuter une plus compliquée, qui, en exigeant beaucoup de précision et de justesse, puisse les accoutumer. à rendre fidèlement les modèles les plus difficiles, et orner un cabinet d'un morceau qui atteste l'habileté et le goût de son auteur, s La PI. 38 représente l'élévation , la coupe et le plan géométral de ce Temple. C'est, comme on le voit, une calotte surbaissée, portée par douze colonnes, et surmontée d'un piédestal portant une btfule sur son piédouche. lies piédestaux des colonnes sont engagés dans un gradin de dix marches, à la moitié desquelles est un pallier ou repos. Au centre est un autre piédestal sur lequel on peut placer un morceau de Tour, curieux et difficile, tel que nous enseigiietons- à en faire plusieurs dans notre second Volume, comme boule renfermant une ^oile à 6 , 8 ou la pointes détachées de la boule , et «ortant hors de cette boule ; une torse à jour avec le cheveu , espèce de pièce dont la tige longue de lo à i-x pouces, est crosse comme un gros crin, et cependant sont pris sur celte pièce des anneaux, de petits vases et autres omemens, tant fixes qne mobiles; une pile de dames excentrée, etc. ou bien une figure d'ivoire ou un portrait en buste, On place le tout sous une cloche de verre, pour le préserver de la poussière, et éloigner le jaunissement indispensable de l'ivoire par le temps. Î^Jîg- 1 représente la partie postérieure du temple coupé perpendiculairement sur son diamètre, et la/î^. i en représente la partie extérieure, de façon que les deux réunies forment le Temple en entier. Il a été nécessaire de représenter la coupe pour faire sentir la forme intérieure de la calotte surbaissée, la coupe des gradins qui sont au-dessus, les moulures de l'entablement intérieur , leur coupe et leur saillie. La calotte et l'entablement peuvent être faits de deux pièces pour, éprouver moins de difficultés. L'entablement y4 , sur le dessus duquel pose la calotte, doit être fait d'un.

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ntorcecru , ' et toarné avec beaucoup de précision , tant à l'intérieur qu'à a rextcrieur. Nous ne déterminerons pas l'espèce de bois dont toutes les ' parties de ce Temple doivent être faites ; il nous suffit de dire qu'on, doit choisir du bois rondin parfaitement sec , sjtns aucunes fentes si gerçures, et qu'il &ut opposer avec goût couleuTs à couleurs. Ainsi la calotte et l'entablement peuvent être de palissandre, d'ébène, de bois violet, d'acaJoM> ou autre beau boisj on peut aussi, à défaut de bois d'un diamètre suffisant, prendre le bois sur le plat dans une planche; mais on risque trop, quand tout est terminé, que les pièces ne gauchissent , surtout si l'on fait toute la partie supérieure d'un seul morceau. La coupe fîg-.i , fait assez voir le repos, au milieu duquel on place le piédestal dont nous parlerons dans un instant.

Si on fait ce dessus de deux morceaux, ce que nous conseillons , il sera à propos de laisser k la calotte un tendn J? B, qui entre, juste ^ns une rainure pratiquée au dessiis de l'entablement, dé manière que ces deux pièces étant collées après que les moulures sont terminées, on ne voie pas le joint , et qu'ainsi ces deux parties s'entretiennent réciproquement

On fera le piédestal d'en-haut en ivoire ou en quelque bois très-pré' cieux , et on le surmontera d'une boule d'une autre matière pour varier davantage les couleurs. I^s profils que donne la coupe de la figure suffiront pour qu'on puisse l'exécuter au Tour.

La Jig. 1 représente les moulures et profils qu'on doit donner extérieurement, tant à la calotte qu'à la corniche. La jig. 3 représente le dessous de cette corniche ou entablement, qui repose sur les douze colonnes. Les lignes circulaires qu'on y voit, sont les saillies des différentes moulu res de la corniche , tant intérieure qu'extérieure. La distance des deux lignes a, a, indique le nu de la colonne, à l'aplomb du quel le bas de la' corniche doit être posé, et que le chapiteau, ainsi que le tailloir, doivent excéder, comme on le voit sur hifig- 3. On a représenté , /^.- 4 , sur une plus grande échelle, les moulures de la corniche, tant pour l'intérieur que pour l'extérieur, le même ordre ne permettant pas de changement. On tracera sur le dessous du soffite une ligne qui en partage l'épaisseur en deux parties égales ; et sur cette ligue on marquera douze points de division , également espacés entre eux , sur lesquels on fera des trous de deux ou trois lignes de diamètre ; et c'est dans ces trous qu'on fait entrer et qu'on colle de petites chevilles, qui entrent également (hans les chapiteaux des colonnes, pour les fixer à leur place, et former de ce jielit édifice un tout qui ait quelque solidité.

v Chi tonmera douze colonnes , parfaitement égales et semblables , de qneV ' que bois qui tranche , aTec la corniche ou entablement. Nous ne pouvons assez recommander la par&ite égalité mtre ces colonnes, tant pour le diamètre que pour le renflement et la hauteur; sans cela on verroit du jour en haut ou en bas, et la vue en seroît offensée. On fera les chapiteaux et leurs tailloirs en ivoire , avec les précautions que nous avons indiquées ci-dessus pour la colonne dorique II sera bon de tourner ces chapiteaux suï" un arbre , afin que les trous correspondent bien à ceux qu'on a faits dans le soffite, et qu'on fera dans les colonnes; et déplus, afin que tournés sur leur axe , ils posent parfaitement sur les colonnes , et que l'entablement pose dessus bien carrément. Nous conseillons d'employer l'outil d'acier , qui fait les moulures d'un seul coup, et dont nous avons parlé ; c'est le seul moyen d'avoir tous les chapiteaux absolument pareils. Si l'on vouloit augmenter le mérite de la difficulté vaincue, et ajouter de l'élégance aux colonnes, il faudroit que le gorgeriu ou la partie du chapiteau qui est entre l'astragale et le tore fût du même bois que le fiût de la colonne ; alors le tore et le tailloir seroient en ivoire, la partie intermédiaire en bois, et l'astragale aussi en ivoire; et pour cela on jH'épareroit de l'ivoire sur un arbre , en le dressant sur ses deux surfaces; on j rapporterait un morceau de bois pareil aux colonnes et de fil, puis une plaque d'ivoire pour l'astragale : et si l'on avoil bien pris toutes ses mesures, on trouveroit sur l'outil, qui doit faire toutes les moulures d'un seul coup, la mesure totale, composée de parties rapportées.

Nous ne nous arrêterons pas à enseigner à tourner les colones : ce que nous en avons dit ailleurs nous paroit suffisant. La précaution de les percer d'outre en outre est utile, surtout dans le cas présent.

Pouf que les colonnes soient entr'elles d'une parfaite égalité de hauteur, il sera bon de se faire avec un morceau de tôle un calibre semblable à celui que nous avons conseillé pour faire les manches d'outils ^aux entr'eux. Cette méthode est excellente dans tous les cas semblables à celuici , où l'on veut atteindre une égalité parfaite. Après avoir tourné sur un arbre d'acier et sur un Tour d'horloger les bases des colonnes en ivoire , jusques et non compris le congé, qui va joindre le fut, ain.si que le carré, avec un outil, pour plus d'égalité, suivant les proportions que la. jig. 5 rend plus sensibles, on fera les socles carrés aussi en ivoire, et on les tournera sur le même arbre, ronds d'abord pour les rendre ^ux d'épaisseur, et on les équarrira ensuite. Enfin on fera les piédestauxC, C, C, C, <7, C, C, C, C, C, C, C, avec les précautions et les outils que nous

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CHAP. IIL S>CT. IL Deaei^tion d'un Temple , etc. 49S

avons indiqués aitlenrs. On peut ,. pour plus d'dégance , icB &ire d'uai avtre ■

bois , et rapporter les moulures d*uD autre boi& encore Noos nous pki* Pi-3: sons à augmenter les difBcohés , povr donnéE 4 PAnnOeur in plsnair de l'exécution, et à l'ouvrage un deg^ d'âègance de phn.. . ,

On voit, par Itifig- 6 et/,, ks deux moitiéa detiplanaroriaite sur le quel est po«é tout ce petit édiâoc. Ce sent des -gradins, de dix iKwckes es deux parties, séparées par unrepoc oet pa^âx à k-raoîtié. .

La meilleure manière de £ûre ce gradin est de k&ire d'une seule ^ûs, soit qu'on prenne un morceau de bois sur le plat , suffisant en diamètra pour excéder par en bas la plmlbe drit^^édcstal des colottaes., comme on le Toil sur le pkm par la pronièrc B^w circulaire;, soit qufon- raj^povta l'un sur l'autre, bien collés, deusplateanc d'une épaisseur saffisante pvmv donner la hauteur totale du gradin. Mais dan» ce dernier cas , il sera bon de jM-éparCr ces deux plateaux au Tous , de manière que I'ub: entre dons l'autre , et y repose , au moyen d'une feuillure prise pi^séinent à l'en' diT>it de la- contre-marche de la première des cinq dernières manches. Oa Toit sur la coupe, qu'à chaque marche on doit.fi3nuerau.dev1at.ua dnni» rond , avec carré en dessous et congé.

Pour orner encore davantage ce petit édifice, il sera bon sur le premier repos, de rapporter des mosaïques, imitant celles qu'on lait en marbre; ainsi qu'au bas de la première marche, ce qui figurera le pavé d'un Temple.

Il est une infinité de manières de &ire cette mosaïque : soit en y rapportant des carreaux blancs à huit pans, et dAis l'intervalle carré, que laissent quatre des huit pans , des carreaux d'ébène. Abis cet ouvrage doit être fait avec le plus grand soin et la plus grande précision. On fera, avec de l'acier plat , un calibre parfaitement exact à huit pans; on limera tous les carreaux sur ce calibre, et par ce moyen on s'assurera de leur parfaite égalité. On les collera en place, de manière qu'on ne voie presque pas les joints; et quand ils seront secs, on remplira les parties vides de carreaux d'ébène , qu'on limera avec assez de soin, pour qu'ils entrent très-juste dans leur place

On peut aussi tracer drculairement sur le milieu de la largeur du pallier ou repos, une ligne un peu fine. On la divisera en autant de parties qu'on voudra; puis avec un compas, et de chaque division comme centre, on tirera des portions de cercle, qui ne passent que sur le pallier, et qui passent par le centre du plan. On tracera, avec la méjpe ouverture de compas, des portions de cercle dans un sens opposé aux premières et qui

4^4 MANUEL D.0 T.OURNEUIt . ..t. . -

■j,i' .— ..-j les eou^ntt ce qui donnera desWçaatrequx tosanges^.àvtôtéi-iDégaux;£eU ^*" ^ prodnit un eifet très-agréàble. •.■; u 1» ., . ' .

Pour. exécuter ce dessin v'it'fetlt rép^r les mêmes traits sue lesdiCférens bois de couleur, aprèsl^y avoir oollé^u^pier, on les. découpera à la scie et les 'iffl-miBéca àvecdesilimes 'plaCes>,'i Iràillestde'sa.UKeyidemi-rondes, et autres' conveuàbles-,! pour qad. les .jointe' soiebt' très-fins. A cet ^gard on ne peut guère presoriDé de règles : le goût suffit; et pour peu qu'on ait l'usage de i'ébentsterie' et'du placage , on ûe peut, manquer d'en venir à

boÙL ■ r, ■ ■ ■ ■ ...

Reste à faire, le piédestal du. jientre. A.. cet égard, «c'est e^iedre 1« goût seul qui doit diriger.: Le profil que .nans avons donné âcly^ 5, ne sert que pour donner des idées. Ota peut i]àettre$ur ce piédéstal,:Quun bu^te, ou un vase élégant £iit au Tour, une étoile à.^Ktiot-es, ou'uûe boule contenant :une étoile à pointes ,' que nous enscâgnârons à faire dans notre second Volume. On peut aussi , si l'on n'est paa'géaé, par la plape, mettre an dessus de k'Calotte.quelt^ue. morceau d« Touri curifWC: etdiffKiiei eomoie latorse à jour, TexciEin trique, ou autre, pièce tfui.annonce le tateit et l'habileté.

Flir DD PBEMIEH VOLUVA

TABLE

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