CHAPITRE III
Teintures et Femis pour lea Bois et les Métaux*
SECTION PREMIÈRE
procédés pour Teindre le» Bois.
BmpéeTier /s Bois vert de te fendre.
JJébitez vos bois à peu près à la forme qu'ils doivent avoir : Ëiites avec des cendres deboisDeufune lessive légère. Faites-y bouillir les bois environ une heure : retirez le vaisseau du feu , et laissez refroidir le tout ; puis ^ites sécher les pièces à l'ombre.
Durcir le Boie.
Os lui donnera la forme qu'il doit avoir; puis on lui fera jeter un bouillon ou deux dans l'huile de nois.Un peu plus long^terops , sa qualité est altérée, et il devient très-cassant j c'est ainsi que les horlogers en bois durcissent les roues.
Pour teindre le Bois en telle Couleur qi^on veuU
Mettez dans un vaisseau de terre vernissé quantité suffisante d'excellent vinaigre ; faites-y infuser, pendant sept à huit jours , de la limaille de cuivre , du vitriol romain , de l'alun de roche et du vert-de-gris. Faites bouillir votre bois dans cette eau pour le teindre en vert Si l'on veut le teindre en rouge , au lieu de vert-de-gris , on y mettra du bois de Brésil ; pour le jaune , on mettra du rocou ou de la graine d'Avignon. Pour le bleu , on y mettra une dissolution d'indigo par l'acide vitriolique , et ainsi
yGoogle
CHAP. III. Sect, I. Procédés pour Teindre les Sois. 4^7
pour les autres couleurs ; mais dans tous les cas , on y mettra de l'alun de roche.
jitutre manière.
Ramassez du crottin de cheval tout frais; exprimez-en la liqueur qu'il contient , et conservez-la dans une bouteille. On y ajoutera un gros d'alun de roche, et autant de gomme arabique par chaque demi-setier de liqueur. On prendra un peu de cette liqueur, et l'on y incorporera telle couleur qu'on jugera à propos. Au bout de trois jours on se servira de ce mélange pour teindre le bois, et on mettra autant de couches qu'il sera nécessaire, jusqu'à ce que les pièces prennent une belle teinture.
Teindre en couleur d'Ébène.
Faites bouillir , dans de l'eau , du bois dinde , jusqu'à ce que l'eau soit bien violette. Jetea-y alors gros comme une noix d'alun de roche. ( Cet alun sert, dans toutes les teintures, à donner plus de mordant et d'éclat) Frottez-en le bois avec une brosse, tandis qu'elle est toute chaude. Faites infuser , sur des cendres chaudes , de la limaille de fer dans du vinaigre , et mettezry une pincée de sel. Mettez de cette couleur sur le bois déjà teint en violet, et sur-le-charap elle derieadra d'un beau noir. Pour que la couleur noire soit plus belle et plus solide, il faut ensuite donner une seconde couche de violet , et une autre de noir. Quand la pièce sera sèche , il suffira de la frotter fortement avec une toile un peu enduite de cîre, elle deviendra brillante, comme si elle étoit vernie; et pour cela, il faut qu'avant de la teindre elle soit terminée. Plus le bois est dur , plus la teinture est belle. Cette recette s'emploie avec succès popr teindre en noir l'ivoire et les os.
. Autre teinture d'Ébène.
Concassez quatre onces de noix de galle; mettez-les dans un pot de terre neuf. Ajoutez-y une once de bois dinde en petits copeaux, un quart d'once de vitriol , et une demi-once de vert-de-gris. Faites bouillir tous ces ingrédiens dans suffisante quantité d'eau ; passez le tout , encore chaud , à travers un linge , et firottez-cn la pièce , qui prendra surle-champ un beau noir. Laissez sécher, et tous emploierez pour seconde couche la liqueur suivante. Mettez une demi-ooce de limaille de fer à dissoudre dans une chopine de bon vinaigre ; faites un peu ■ chauffer
cette liqueur ; mettez-en une couche sur le bois déjà noirci , qui deviea' dra du plus beau noir. Mettez-en trois ou quatre couches, en frottant à chaque fois , quand elles sont sèches. Enfin , tous frotterez fortement avec un linge un peu ciré.
AutTe teinture en Ébèite.
Pbenez du bois dinde coupé en petits morceaux, "ajoutez-y un peu d'alun, et faites bien bouiUir le tout; ce qui donnera une forte teinture violette. Mettez plusieurs couches de cette teinture, jusqu'à ce qu'elle soit d'un violet noir.
Faites bouillir du vert-de-gris assez long-temps dans du vinaigre, et mettez-en sur votre bois autant de couches qu'il en faut pour produira un beau noir.
Autre.
Mettez dans un demi-setier d'eau un quarteron de couperose , et cinq noix de galle; faites chauffer le tout jusqu'à ce qu'il soit prêt à bouillir.
Faites dissoudre dans de bon vinaigre une demi-livre de limaille de fer ; frottez-en le bois , puis mettez de la première teinture, et enfin une couche de vinaigre pur : quand le tout sera sec, polissez avec de la serge.
Teinture du boia en notr.
Faîtes tremper votre bois, dans du vinaigre, pendant vingt-quatre heures, et pendant ce temps , faites bouillir , dans d'autre vinaigre , du vitriol, de l'orpiment, des écorces de grenade, et de la noix de galle, le tout réduit en poudre fine. Faites bouillir le bois dans cette teinture , jusqu'à ce qu'il soit suffisamment noir. Ajoutez-y ensuite du soufre, de 1a chaux vive et du salpêtre, parties égales.
Autre manière pour les Boia dura.
Après avoir donné aux pièces la forme et le fini qu'elles doivent avoir, appliquez^y avec un pinceau une couche d'eau seconde. On nomme ainsi de l'eau forte mêlée avec autant d'eau ; et pour juger du degré de force qu'il convient qu'elle ait, on en prendra une goutte au bout du doigt ; on la mettra sur la langue ; si elle pique trop fort ;, on j mettra de l'eau ; si au
CHAP. m. Sbct. I. Procédés pour Teindre les Bois. 469
contraire on ne la sent pas assez, on y mettra un peu d'eau forte). Il s'élèvera d'abord en séchant , beaucoup de filamens qu'on emportera en frottant la pièce au Tour ou autrement, avec de la ponce en poudre. On mettra une seconde couche, et on poncera de la même manière. Ensuite on emploiera la composition suivante.
On mettra dans un pot de terre vernissé une pinte de fort vinaigre, deux onces de limaille fine de fer, demi-livre de noix de galle concassées,on fera digérer le tout pendant trois ou quatre heures , sur des cendres chaudes. On augmentera le feu $ur la fin ; on y jettera quatre onces de vitriol , autrement dit couperose, et une chopine d'eau dan& laquelle on aura feit dissoudre une demi-once de bora;E, et un peu de dissolution d'indigo par l'huile de vitriol. On fera faire un bouillon À toutes ces d«>gtie«; on en mettra plusieurs couches sur Je bois , et quand il sera sec , on n'aura plus qu'à le polir avec du tripoli et un peu d'huile. Ce tripoli s'insinueroit dans les pores , si c'étoit du bois tendre ; mais si c'est du bois dur , il ne £iit absolument rien.
Teindre le bois en rougè.
Mettez infuser les pièces que vous voulez teindre, dans du vinaigre, pendant vingt-quatre heures. Jetez dans le vinaigre assez de bots de Brésil pour avoir un beau rouge , et joignez-y un peu d'alun de roche. Faites bouillir le tout jusqu'à ce que la couleur paroisse belle.
Toutes ces teintures sont assez belles , ainsi que celles que nous aurons occasion de donner ci-après ; mais l'unique point qu'on cherche en pareille matière , c'est de leur donner assez de solidité pour qu'elles ne s'en aillent pas en peu de temps au grand airj et , malheureusement , il n'est aucune de ces couleurs qui puisse y résister plus d'un an ou deux..
Couleur pourpre.
â DETREMPEZ du tournesol d'Allemagne dans de l'eau , ajoutez-y de la teinture de Brésil faite avec de l'eau de chaux et bouillie.
Couleur bleue.
QuàTKB onces de tournesol dissous dans trois chopines d'eau, dans laquelle on aura ^t éteindre de la chaux vive. Faites bouillir pendant une heure. Donnez-en plusieurs couches au bois.
,GoogI'e
Fert.
Brotez très-fin du vert-de-gris avec du fort vinaigre ; ajootez-y deux ' onces de vitriol vert; faites bouillir le tout un quart-d'heure dans deux pintes d'eau. Jetez-y le bois, qui prendra une belle teinture verlé.
Autre.
FAfrEs bouillir dans suffisante quantité d'eau deux onces d'alun de rocbe , et une once d'alun de plume. Ajt)utez-y ce que vous jugerez à propos de'vert-de-gris , selon le degré que vous voudrez donner ii ta couleur. Faites-y tremper votre bois, et quand il sera sec polissezJe.
Couleur ^acajou.
Oit fera d'abord une bonne teinture rouge avec du bois de Brésil , qu'où fera bouillir dans de l'eau avec un peu d'alun. On y ajoutera un peu de potasse , pour la foncer. On mettra de cette couleur sur les pièces qu'on veut teindre, avec un pinceau, en imitant, te mieux qu'on pourra, les veines ou les mouchetures du bois d'acajou, et laissant le fond de la couleur naturelle au bois. On pourra , avec un peu plus de potasse , foncer à part une certaine quantité de la 'même teinture, et donner des coups de brun à certaines veines , pour imiter la nature : enfin , on pourra même donner quelques coups de teinture noire ; maïs avec précaution , sans quoi tout seroît bientôt gâté. Quand tout cela aura été fait à chaud , et que le tout sera sec; on mettra sur la pièce, une couleur faite avec la terra-merita , dans laquelle on mettra un peu de couleur rouge jusqu'à ce qu'on ait atteint le fond de l'acajou; et on en couchera également partout, bien chaudement , avec un pinceau un peu fort ; mais on aura soin de renverser la pièce pour quelle égoutte et que la couleur ne séjourne pas dans les angles, oe qui donneront dans des endroits plus, de brun qu'il n'en faut, d'après la direction des veipes.
Quand le tout sera sec, on verra les veines au travers du fond : on pourra les relever encore avec les mêmes covleurs à chaud, avec un pinceau de poil ; on mettra beaucoup d'attention et de soin à cette dernière opération, si on veut atteindre la perfection. On polira ensuite'avec de la cire, en l'étendant bien, frottant, avec force, et n'en laissant que le moitis possible.
CHÀF. III. Sect. l. Prooiâéa pour Teindre Us Boië. 471
Filez quatre onces de graine d'Avignon. Faîtes-la bouillir dans une pinte d'eau : ajoutez-y gros comme une noisette d'alun de roche : Irempezy le bois , après avoir passé la liqueur au travers d'un linge.
Au lieu de graine d'Avignon, on peut se servire de t'erra-menta , qui donne un jaune beaucoup plus brun.
Autre espèce de faune.
On prendra un vaisseau ' de terre beaucoup plus grand qu'il ne faut. On y versera de l'eau forfe k volbnté, comme un poisson ou plus. On y jettera de la limaille de fer, petit àpétit. Sur-Ie^champ il s'élètera des Tapeurs noirâtres , et semlïlables à de Ht fumée épaisse. On 'évitera d'en respirer, car elles sont suffocantes, et très-nuisibles à la poitrine. 11 sera même à propos de feire éette opération dans un lieu ouvert de tous côtés. On ne mettra que peu de limaille k la fois, attendu qu'il se fait sur-lechamp une forte ébulUtion , et que la liqueur, «iui .ronntf> pmmptement, s'échappèroit par dessus les bords. Lorsque toute la limaille sera dissoute, l'ébuUition cessera : la liqueur et même le vase seront trèschauds ; et il faut les l^ser refroidir avant d'en feire usage. On étendra de cette liqueur sur le bois , qu'on pourra , en en mettant plusieurs couches, porter jusqu'au brun très-foncé , et même jasper par places avec un pinceau. On ponrroit aussi dessiner sur te bois, avec de la cire jaune et un pinceau, telle figure qu'on voudroit : puis mettre la liqueur sur le fond, et la porter, soit au jaune, soit au brun, par le nombre de couches qu'on y mettroit ; puis , quand le tout seroit bien sec , 6ta- la cire avec précaution , et toutes les figures se trouveroient représentées de la couleur naturelle au bois , sur un fond jaune ou brun. C'est ainsi qu'on teint les flûtes en jaune brun , et les bassons en brun très-obscur.
Teinture Jaune pour le» Chaises.
Il y a peu d'années , on ne savoit teindre les chaises , faites au Tour , qu'en jaune , ou bien la mode le commandoit ainsi. Depuis , on les a teintes en rouge, en bleu et en vert Voici donc la teinture jaune. Pilez dans un mortier quatre onces d'épine-vinette : faites-les bouillir, dans trois chopines d'eau , dans un pot de terre vernissé neuf. Passez la décoc-
47» MASUEI* DU TOURNEUR. .
tion 4 travers un linge blanc. Si elle n'éloit pas assez jaune, ajoutez-y un
peu de gomme gutte, et vous en sérvèz-'ainsi à plusieurs reprises.
Les Tourneurs se servent aussi de la graine d'Avignon pour teindre les chaises. Elle donne un beau jaune j qui tient assez bien , pourvu qu'on y mette un peu d'alun de rocbe.
Teinture pour les loupes de buis.
C'est à SaintClaude en Franche-Comté qu'on brique la plus grande quantité de tabatières eu loupes de buis.
Nous avons déjà dit ailleurs que les fxtuLeurs qui se trouvent dans une loupe n'avoient pas assez d'opposition entre elles, et qu'il étoit nécessaire d'introduire une teinture quelconque dans les fonds , pour feire ressortir les accidens que ces loqpe^ présentent Pour qye ces tabatières soient recherchées des Âmftçurs, il iaut qu'à la perfection elles joignent encore des coul«nrs bien prononcées et bien solides. Nous croyons donc faire plaisir à nos lecteurs de leur donner la teinture dont on se sert pour cet effet, et la. manière de l'enfployer.
Mettez les loupes tremper dansTeau pendant hpit ou dix jours, en changeant l'eau chaque jour, et lavant! bien les Iqupes à chaque fois; mais pour leur faire subir cette espèce de lessive, il faut leur avoir donné au Tour la forme d'une tabatière, k quelques lignes près de ce qu'elles doivent être , afin qu'on puisse les remettre au rond , lorsqu'après les préparations qu'on va leur donner , elles se seront tourmentées.
Qu^nd elles auront ainsi trempé pendant le temps indiqué, on les enfermera dans une caisse , et on les enveloppera dans un linge ou de la sciure de bois , afin qu'elles ne sèchent pas trop vite , et qu'elles ne se fendent pas. On les accoutume insensiblement à l'air; on les remet au Tour, et on les approche enc<>r« dp la forme et.de la mespre qu'elles doivent avoir.
On £era bouillir huit pintes d'eau , dans laquelle on mettra demi-livre d'alun de Rome, et on laissera refroidir. On mettra tremper les boites dans cette eau à ftoid pendant quelques jours.
On fera bouillir à part, dans huit pintes d'eau, trois quarterons ou Hne livre de copeaux ou de r&pures de bois de Fernambouc , qu'on aura' mis tremper la veille. On laissera réduire à moitié, on y jettera une demionce d'alun de roche; on retirera le vase du feu; et quand la couleur" sera refroidie, on y mettra les boites après avoir décanté la liqueur.
CHAP. ni Skct. I. Procédéê pour Teindre les SoU. 473
Quand le bois aura trempé pendant quatre jours, on les fera sécher dans une caisse comnie la première fois, çt petit à petit on les exposera k l'air, et enfin on les terminera sur le Tour.
Ceci n'est que pour.la couleur rouge ; si l'on veut les teindre en vert ou en bleu, on les préparera de même, et on les jettera ensuite dans une dissolution d'indigo , par l'acide vitriolique pour le bleu , et dans une dissolution de vert'Kla gris pour le vert.
Manière de Jasper $t de polir les Bottes de loupes.
Oh peut jasper des boîtes de loupes en rouge, en vert, en bleu ou en noir. On peut aussi, pour jfaire ressortir plus agréablement les veines, employer le rouge et le vert, ou combiner les trois couleurs ; mais oa ne doit jamais joindre le noir i aucune des trois couleurs précédentes , il gâterpit tout Voici comment il iaut s'y prendre.
On polira d'abord la boite, avant d*y mettre aucune couleur, avec de la ponce en poudre sur un feutre, sur du drap , du buffle ou autre matière. On doit envelopper la ponce dans un nouet de toile que l'on secoue ensuite au dessus de la tabatière; par ce moyen on est sûr qu'il ne peut s'y glisser de corps étranger, ni de partie mal pulvérisée. Puis on y mettra avec un pinceau les couleurs, en commençant par les teintes qui doivent le moins ressortir , et finissant par celle qui doit dominer. Et pour, ces petits objets, il n'est pas nécessaire de plonger la boîte dans la teinture, car on seroit obligé de Pôter et la remettre sans cesse sur le Tour, ce qui pourroit embairasser l'artiste. Quand la première couleur aura été appli< quée à plusieurs couches , et qu'elle sera parfaitement sèche, on repolira la boite avec de la ponce très-fine. On en fera autant pour les couleurs suivantes ; puis on prendra du tripoli enveloppé dans un nouet, comme la ponce, et on polira avec un peu d'huile; ce qui donnera un beau poli, quoiqu'un peu gras. Enfin 00 dégraissera en frottant fortement avec du tripoU sec de la plus grande finesse , et la boîte doit être parfaitement terminée.
Pour la couleur noire, il suffit de faire une teinture de bois d'Inde un. peu forte, ou de noix de galle, comme nous l'avons enseigné plus haut; d'en couvrir ta boite avec un pinceau , et de polir avec la ponce, comme nous l'avons dit , puis avec le tripoli à l'huile et ensuite à sec. Cette couleur ne produit point sur la boîte un noir uniforme ; mais elle donne aux veines un coup-d'œil brunâtre qui fait le plus bel effet
Nous n'avons rapporté au*ant de recettes pour teindre les boiis, que parce que n'ayant pas eu occasion de les éprouver toutes, nous ne sommes pas en état d'assurer quelles sont les meilleures , et que chaque Amateur qui en communique quelqu'une , donne toujours la sienne comme étant supérieure à toutes les autres , et comme l'ayant éprouvée.
Exicuter différena dessins sur le Bois.
Si l'on désire orner une canne, une boîte, un étui, ou toute autre pièce, d'une guirlande ou couronne de feuilles d'une plante quelconque , comme de cerfeuil, de persil, etc. on prendra de ces feuilles, auxquelles on laissera une certaine longueur de queue , et on les collera avec goût sur le bois , de manière qu'elles Semblent naître d'une tige couraote et bien disposée; Quand le tout sera sec , on fera brûler du soufre sur des charbons ardens , et on exposera la pièce k la ftimée jusqu'à ce qu'elle ait acquis la couleur plus ou moins foncée qu'on désire. Otez ensuite les feuilles, et le ramage se trouvera en blanc, oti couleur du bois, sur un fond de couleur brune.
On peut opérer tout le contraire en plongeant la pièce dans de la cire fondue après avoir posé les feuillfes, puis on lèvera ces feuilles avec le plus grand soin, et on y donnera une ou deux couches d'eau-fOrte avec une dissolution de limaille. Quand la couleur sera égale partout, on plongera la pièce dans de l'eau chaude , pour enlever la cire, si l'on' ne craint pasqu'elle se déjette; ou mieux encore, on l'ôtera avec un bâton de boi» blanc, et l'on polira comme nous l'avons enseigné.'
SECTION II
Vernis pour les Bois et les Métaux-
Ames l'art de polir les bois, vient nécessairement celui de leur donner, au moyen du vernis, un éclat plus durable que le simple poh. C'est pour ne rien laisser à désirer aux Amateurs que nous allons donner la composition de quelques vernis, la manière de les employer, et celle de les polir.
Les beaux vernis ont été apportés, en Europe, des Indes orientales. C'est là que les arbres produisent des gommes, qui, rendues fluides par différens moyens , ont la propriété, lorsqu'elles sont étendues sur des surfaces unies , de leur donner le brillant le plus éclatant et le plus solide.
CHAP. in. Sect. 11. Ferma pour les Bms et lea Métaux. ^-jS
Ces gommes sont la laque, la saodaraque, la gomme arabique, etc.
Le succiD ou ambre jaune, appelé aussi karabé,. qui se recueille sur les
côtes de la mer Baltique, s'emploie aussi, avec succès dans la composition
des vernis.
Ferniê nouveau f gui s'applique au Tour^ sur les ouvrages en bois.
Le vernis dont nous allons donner la composition et l'emploi a été inventé depuis quelques années seulement 11 donne aux ouvrages en bois faits au Tour un brillant durable , sans faire épaisseur ni altérer les couleurs. Il est très'siccatif, et le frottement ne le raie ni ne le ternit Voici la manière de le composer.
Prenez un litre d'esprit~^de vin ou alcohôl rectifié à quarante degrés, quatre onces de gomme laque , trois onces de benjoin , un gros de camphre, un demi-gros de sandaraque, un derai<gro5 de sang-dragon, un gros de térébenthine sèche. Mettez le tout dans un matras de grandeur à contenir deux litres , et fermez l'ouverture avec un parchemin mouillé que vous percerez, quand il sera sec, d'une vingtaine de trous avec une grosse épingle. Mettez chauffer le matras au bain-marie jusqu'à parfaite dissolution de ce qui y est contenu, en l'agitant de temps en temps. Laissez refroidir le mélange et passez-le au travers d^une serge, et mettez-le en bouteille pour vous en servir au besoin, de la manière suivante.-
Lorsque la pièce est terminée, on la polit à la ponce et au tripoli à l'huile. Ensuite on la nettoie avec le tripoli à sec, et on l'essuie avec le plus grand soin avec un linge fin et bien propre, en s'attacfaant surtout à ne rien laisser dans les filets et autres moulures. Cette opération préliminaire doit se faire sur tous les ouvrages qu'on veut vernisser, quel que soit le vernis qu'on emploie.
On verse sur un tampon de coton cardé trois ou quatre gouttes de vernis, suivant la force de la pièce, on y ajoute une goutte d'huile d'olive qui l'empêche de sécher trop vite, puis on promène légèrement le tampon sur toute la pièce qu'on veut vernir, en tournant le plus vite possible. Lorsque les pores du bois sont très-ouverts , on recommence un quart d'heure après , et on obtiendra le même brillant que si les pores étoient seirés.
yemis Français.
PruEZ deux onces de gomme laque, et autant de sandaraque. Mêliez le tout dans un matras, avec une livre d'esprit-de-vin bien rectifié, et faites
digérer le tout au bain-marie, et passez par un linge. On emploie te vernis avec toutes sortes de couleurs; mais avant de s'en servir, il &ut l donner au bois la préparation suivante.
Mettez sur le feu , dans un vase de ten-e vernissé, huit onces d'esseoce f de térébenthine, atec cinq onces de sandaraque. Enduisez-en à chaud la
I pièce que vous voulez vernir : quand cette couche est sèche, mettez-y le
vernis ci-dessus, avec la couleur que vous y aurez détrempée.
Vernis à la Gomme laque.
' Il y a quatre sortes de gomme laque : celle en bâtons , celle en grains ,
I ' celle Al tablettes, et la plate. Les deux premières sont les seules qu'on
doive employer à des vernis; les deux autres sont trop tendres, et ne
^ peuvent entrer que dans la composition de la cire d'Espagne.
1 Prenez de la laque en bâtons , lavez-la bien dans de l'eau claire , tant
pour la détacher des bâtons auxquels elle tient , que pour la dégager des
ï matières colorantes qui la ternissent toujours un peu. Faites-la bien sécher;
I car la moindre humidité gâteroit tout. Quand elle sera sèche, pilez-la dan*
" un mortier.
' Si l'on se sert de laque en grains , il Êiut choisir la plus nette et la plus
claire, et la piler comme la précédente.
Prenez une demi-livre de l'une ou de l'autre, pilée comme on l'a dit. Mettez-la dans une bouteille de gros verre , ou mieux encore , dans un matras à long col de même verre. Jetez dessus deux livres et demie de bon esprit-de-vin rectifié , et gros comme une muscade de camphre. ' 'Laissez le tout pendant vingt-quatre heures, ayant seulement soin de le
remuer de temps en temps. Au bout des vingt-quatre heures , mettez le matras au soleil , si c'est en été, ou près d'un feu doux, si c'est en hiver- Mais pour que la partie la plus spiritueuse de l' esprit-de-vin ne s'évapore pas beaucoup , mettez au haut du matras un morceau de parchemin mouillé, et l'y retenez avec quelques tours de fil. Faites avec une grosse épingle deux ou trois trous au parchemin pour laisser échapper les vapeurs, et empêcher que l'expansion de la liqueur ne casse le matras. Vous verrez le vernis monter à la surface , très-clair. Vous verserez cène partie claire dans une bouteille , en inclinant le matras ; et vous mettrez ainsi à part la partie claire , ^ mesure que la dissolution de la gomme en ' fera monter à la sur&ce; et vous continuerez jusqu'à ce qu'il ne monte plus rien.
yGoogle
CHAP. m. Sect. tl- yerniapour tes Bois et le» Métaux. 477 Mettez dans ce que -tous aurez de daîr gros comftie nne nôixde térébenthine préparée comme il 'suit. Prenez de la plus belle et de la plus blanche tértbenthine de Venise, faites-la fondre dans une écuelle neuve de terre , sur un feu modéré , sans y rien mettre autre chose. Quand elle sera devenue cassante, die sera propre pour l'usage auquel on la destine. -
On versera le vernis clair à part; puis celui qui l'est moins encore à pàrtj et Ton passera celui qui ne l'est pas du tout à travers un-linge en le pressant , pour s'en servir au besoin. Ce dernier ne peut être employé que sur des fonds rembrunis, attendu qu'il n'est pas blanc, et qu'il sali- Toit les couleurs claires sur lesquelles on le coucheroit On enseignera plus bas la manière de s'en servir et de le polir.
Autre Vernis de Gomme laque.
Choisissez cinq onces de gomme laque, en grains ou en tablettes, lâ plus belle et sans 'Ordures. Concassez-la si elle est en tablettes. Mettez-la dans un fort matras ou dans une oucurbite de verre ', avec une pinte de bon esprit-de-vin. Bouchez le matras ; ou , si tous vous servez d'une cucupbite , couvrez-la d'un chapiteau d'alembic à bec avec son récipient; et dans ce cas, il laudra cuire la laque dans un fourneau à bain de sable, de ma- . nière que le sable couvre toute la partie qui contient la madère. On fera bouillir le tout pendant trois heures et même davantage. -
Si le feu étoit trop fort, il n'y auroit aucun inconvénient, dans le cas où l'on se s^viroit d^ l'aleipbic , parce que le récipient - refroidissant promptement les esprits trop exaltés-, ils se condensent et sont réduits en ' une liqueur, qu'on peut mettre ensuite dans le vernis , quand il est cuit et refroidi. Deux ou trois heures ajH%s, on passera la liqueur qui est dans la cucurbite ou dans le matras, et on l'enfermera dans une bouteille bien bouchée avec un boudion ciré, pour s'en servir au besoin. ' ■
Emploi» de ce fernia.
Om emploie ce vernis , en le mêlant avec des couleurs bien fines , pulvérisées à sec, telles que le vCTmillon, l'ocre, et autres; mais il n'en fout détremper à la foîsqne la quandté qu'on peut employer dans l'espace de cinq minutes; autremenr il se dufcrt daos le v^isiieau , où il est exposé à l'air. 1
Pour imiter le corail, on broyera du vermiUoo bieo pur, avec de l'u-
rine dairô : oa en fera une p&te , qu'on mettra sécher sur de U craie
blanche, pour absoiber toute l'humidité. -.On le remet eu poudre sur le
marbre, pour le :gardffl' et s'en servir au besoin, en le mêlant avec du
vernis.
Pour la couleur noire, on emplit avec force un canon de pistolet de noir jde fumée : on le lute b^n pa^ le bout , et on le fait rougir au feu ; alors toute la partie grasse et fuligineuse est détruite, et le noir est réduit en une espèce de charbon., Ou peut deméme y mettre du bois .de noyaux de pèches concassés.; on broyera ibieti ces noirs à sec, pour Les employer au besoin.
Pour que le vernis de gomme laque soit plus beau , il fout choiûr la gomme la plus blanche et la plus transparente. Voici comment on peut la rendre presqu'entièrement blanche. Pilez-la un peu fine, mettez-la infuser dans de l'esprit-de-vin pendant plusieurs jours , en la remuant plusieurs lois par jour :■ elle s'y amollira .et se dissoudra en partie. Jeteit^ dans un f\at de terre où il y ait de<l'eauti^e, elle achèvera «le s'y décharger de «a couleur Kou^tre , et pn la pétôssant un pou , elle deviendra presque l^oche.
.Gonme ce vernis est iort épais, il faut l'éteodre dans l'esprit-de-vin, en -le mettant sur des cendre» chaudesou.au soleil, elle kûsser ^reposer dans .une boutftlle de verre bien bouchée. Il y deviendra fort clair au dessus. On tirera cette partie àdair-MOnnemettradé l'espritrde-vin sur ce qui reste, ,on l'exposera sur des cendces chaudes ou au soleil , on versera jle même ce qui.est clair, «t on continuera, ainsi jusqu'à la fin. On,pourraemployer ;le plus grossier porur les ipremièves couches, et mettre les dernières avec le plus clair.
Ijorsqu'on veut. T^irnir sur du bois, -du carton ou aulxe .matière tondre, lil faut.mettre d'abord^deuï bonnes couches de colhe animale 6tite avec. des rognures de paccheminou de gant , sans quoi le vernis slemboiroit , gâteroit le fond , et ne deviendroit pas brillant.
Une observation de la plus haute impoiilance , relativement à la composition de tous ces vernis , c'est qu'il n'est pas prudent de les faire dans.un .laboratoire, ni même dans une diambre oii il >y.ait quelques matières ou meubles combustibles, ^uvient un matras casse, et comme le fond de tous ces vejrnis.est de l'e^M-ijl-de-viu , le feu y ps^nd, et sp.qojtQisttnique à toutcequi l'eniFironne. C'est pourquoi, il est bon d'opâmrdaii& un endroit ouvert.
CHAP. III. Sbct. n. Wemis pour Ua ffoU et les Métaux. 479
yemii-hltÊiK à hx Sandarague.
PitsiTdz une denù-livre de fiandaraiqne bien Uanohe et bien laisante,- et la lavez dans de bOn espnt-de-vm. MetteZ'la ensuite dans un matras, avec une once de mastic en larmes, et gros comme une' noisette de gomme élémi, dans deux li'vres de bon eeprit-de-vin bien rectifié. On fera dissoudre le tout, soit au soleil si c'est l'été,' soit arai' feu doaxsio'ast rhiver; puis on y ajoutera gros- comme une nain dr dunpbre, et une once de ter rébentbine. Ce vernis estclair, «ans limon^ni jaaro;. il s'cnif^e oommo le précédent.
Dh'96Uaion du Karitké peur le iwmis.
Le karabé, autrement VHf'succib au' awibrè, se nomme en latin Electrum. Cette substanc^j a' lÂ'proprtété , quand elle est ébhanfïée par le frottement, d'attirCTles brins dé paillé ePaulMs'CorpslégCT^; et pour cette raison, die a donné son riom à ^électrieiWé; Gettie gomme esr trés-diffîcile 6 dissoudre, sartotit quand elle est seule et séparée d'autres iiigrédiens qui facilitent cette dissolution. Voici de quelle manière on'doit s'y- prendre:
On «1 prendra telle quantité qu'on voudw, le plus bltind est sans oon^ tredit le plus beau; mais il est rare et précieux^ On lé réduite en poudl-e dan» un mortier de cuivrev eb comme celle mature est ibrt diire , et qu'elle s'échappe sous le ptlott, on pi'endràub gant long-, dont oncoupera ^a main. On enveloppera le bord du mortiep avec là partie large du' gant ; on l'y axera par i ou 3 tours dé gros fil, et l'on passera le pilon par l'endroit coupé, et en le saisissant entouré du gant, oh aura la &cultë de piler sans qu'aucun' éclat puisse stét:faapper.
Vous mettrez cette poudre dans tfn' matras bien boucbé , sur un bain de sable, et vous pousserez un' peii le feu , en l'&ugmentant par degrés. Itemuez la matière de temps en temps, soit avec un bâton, soit en agitant le matras, et le recouvrant aussitôt avec le sable chaudt Quand le karabé sera fondu , versez-te dans un petit plat de terre vernissé, où vous aurez mis chaufier de l'huile de lin , ou de celle qu'on nomme improprement Huile i^aspic, et qui n'est que de l'essence de térébenthine, sans cependant la faire bouillir; et de peur que la gomme fondue ne s'^taississe et ne se durcisse, remuez-la promptement avec un petit bâton, poiir qu'elle s'étende et demeure liquide : l'essence vaut mieux pour cette opé-
48o MAMUEL DU TOURNEPB.
ration , parce qu*eUe a noms de corps et qu'elle est plus siccative. Quand le tout sera refroidi, on pourra le vener dans une fiole de grandeur suffisante pour le mêler à des dissolutions d'autres gommes.
On ne doit pas 'être s(Erpri»<qué le'karabértxissisie un tant soit peu ea fbadant; cela n'exipéclie' pas qu'ilne serre. On. peut lœttre dans le-matras nn peu d'huile de lin du d'essence' de -térébenthine^ pour^Ëiciliter la fu> sien , et empêcher qo'il neroussisseantaDt. Mais il faut eumettre fort peu: autrement le tout monterait et sortiroit du matras ,;OU'le feroit cter^s^'il étûtt tr<^ bouciié. On peut rràaettre de l'huile, avec. cette. ,gômiQe.t lors* qu'elle est fendue, pour. qu'elle nesoit pas aiusl épaisse.. Cette disâolatiop de karabé est elle-même un vernis fort beau.
ApplicafioT* dM cotihv^ foncée» ft.4!jMreê.
. Les couteuffs brunes s',appliquept avec le vernis, j . et pour elles on se sert du premier des 4?ux vernis que nous avons :dcnijaés. Pour les couleur» claires, on se sert du vernis le premier décanté. Ainsi, pour les couleurs foncées, telles que du noir, on mettra dan& un godet, de gros vernis de gomme Iftquoj etjoi* ydélayiera du nojr yde fumée, pu en donnera troia f»»chesà l'oiUvRage, l'un^après l'autre, et toujours laissant sécher chacune 4'eU(» ; «t poMr hâter cett< dessication , onpeut approcher l'ouvrage d'un feux doux ou reposer au soleil.
Api^s avoir ainsi donné trois couches , on les laissera sécher pendant dix ou douze heures. On en donnera troi^ opuv^l^ de Ja.inÉme manière: on les; laissera encore sécher ; et ei^fiu on eu donnera encore trois autres, ^u'on laissera sécher (le laévfi., Qa donnera ensuite un premier poli , avec delaponoe.Qn poudre et de l'eau , en ^servant de feutre ou de hufiQe. On laissera reposer l'ouvrage pendant six à sept jours,, et même davantage. On bit^eza sur 1^ marbre', du noir 4'iyoire,, arrosé d'essence de térébenthine, et on le mettra dans un godet,- pour l'employer avec le second vernis, dégomme laque ,.c'est-àrdire le second tiné à clair. On en donnera six ou nçuf couches , trois par trqis , de la même manière que précédepiment , et avec les mêmes interyidles; et quand le tout sera bien sec , oB le polira comme on l'a dit ...
iOï juélera ensuite du mêipe noir avec du plujf gros vernis de kque , et l'on en dcHinera cinq ou six couch^ , avec les mêmes soins que nous avons recommandés : puis quand l'ouvrage sera sec , on l'achèTera avec du blanc d'Espagne mis en poudre bien fine , et un morceau de drap. Cela ne ser-
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CIIAP. Itl. Skctj. H: yemis ^njf^^ Bals ■et lea Métaux. /jSï ,vira qu'A;àt«t l€^plM¥,gr9||îseS:Qîid^^flWi'*-]«*'aflJt iP ifplJKlif Jçiouv.eaUjvOff laissera reposer l'oy^pag* pcncJantulKe quinzaine dp,jo«'rs.
Op. mettra dans un gftdçJ; ^v. verxiis ;de,Ia première espèce, c'esl-à-dire duplu&'dair. On ep miçttra quinze à, 6^^e.çoi)chqs.,i'aae^près que Vautre est tûcui, sèche. Ooi laissera r^poseril'ovviftje.^s&e^ lQng-!tewps,.atîii'que le ^\i pï\ spitplus beau. ■ , , • . ■
On applique , de la même mapière ,, le rouge , le brua , le violet. Pour le rouge, par exemple, après la préparation du bois, on prendra du vernis le plus clair; on le mêlera avec de beau vermillon, et l'on en donnera neuf à dix couches , avec les précautions que nous avons indiquées pour le noir. On polira «nsuite bien .llouvrage. On mettra dans un liuge vu -.peu de beau carmin , avec un peu de laque 0ne bien broyée, pour lui donner plus d'éclat. Ou en formera un nouet ; puis ayant mis dans un godet un peu de vernis le plus clair, on y trempera le nouet, qu'on pressera entre les doigts, jusqu'à ce que le vernis soit devenu d'un rouge;. parfaitement beau, et l'on en donnera neuf couches de suite, en les laissant sécher chacune. , ^ .
Ou donnera ensuite une douzaine de couches du vernis le plus clair, avec les mêmes précautions, et l'ouvrage sera en état de recevoir le dernier poli.
Pendant qu'on cpuche le vernis, il iaut avoir près de soi une aiguille fichée dans un petit morceau de bois, pour pouvoir ôter les ordures qui voltigent dans l'air, et peuvent tomber sur l'ouvragej ainsi que les poils du pinceau qui se cassent en travaillant. Il ne faut pas attendre que le ver< nb soit sec, sans quoi on gàteroît (put l'ouvrage.
Pour les couleurs claires, le vernis blanc s'applique seul, et sur le fond déjà couché à la colle , des couleurs qu'on désire. Ou le polit comme le précédent.
Polissage au Vernis.
PODR le vernis clair on ne donne qu'un seul poli. On a dû polir d'abord les couches decouleur, comme nous l'avons dit : et quand on a mis dix à douze couches de vernis , on se contente de polir quand le tout est bien sea ' .
Pour ce poli , on prendra du blanc d'Espagne très-fin ; on le délayera avec de l'eau ; puis avec un morceau de drap bien doux , on polira en tout fiens , et le plus également qu'on pourra , sans trop appuyer ni éckauûer T. I. 6i
iSi MANUEL DU TOURNEUR,
le vernis, dé peur qu'il ne se ride, ce qui gàteroit tout On n'achèrara pas le poli en un même jour , mais à plusicursi reprises, (^i prendra ensuite une éponge imbibée d'eau claire , on emportera tout le blanc , et on laissera sécher. On imbibera un Hnge fin et sec , d'un peu d'huile d'olive bien fine , et on en frottera toute la sur&ce de l'ouTrage ; et enfin avec un autre linge très-fin et très-usé , pour qu'il soit plus doux , on, iflctz le ploc -d'huile qu'on pourra , et la pièce sera achevée.
yernia imitant ^Êcaitle.
Passez d'abord sur l'ouTrage que vous Toudrez trarailler un TCmis de laque , recouvrezrle avec du minium mêlé avec moitié d'arsenic rouge , et délayé dans du vernis de laque; lorsque le tout sera sec, r^>assez-y deux ou trois nouvelles couches de vernis de laque , en observant de laisser sécher à chaque fois; frottez ensuite la pièce à sec avec du foin et de la paille.
Prenez du sang-dragon pulvérisé , et délayez-le dans le vernis dont vous venez de vous servir ; pressez-le au travers d'un linge , et conservez le mélange dans une bouteille bien bouchée; car plus il vieillira , plus la couleur en deviendra belle.
Vous pourrez vous en servir pour faire des nuances ou taches sur le food préparé comme nous l'avous dit ci-dessus; en délayant dans cette préparation , du noir d'os, de l'encre d'imprimerie, ou de l'encre de la chine , on obtiendra des teintes plus ou moins foncées ; observez toujours de laisser sécher chaque couche avant d'en poser une autre.
MnnièrB de vernir les Cannes , pour imiter la couleur des Jets d'Inde-
pREifEz de la &rine de citrouille ; mettez-la dans un vaisseau de verre ; versez de l'esprit-de-vin par dessus ; laissez ce mélange pendant a4 heures dans une chaleur modérée ; passez-le ensuite par un linge ; &ites un fond sur vos cannes , de la manière qui a été décrite ci-dessus pour les ouvfages eu feçon d'écaillé; donnez-y une nuance plus foncée avec de la terre d'ombre , et avec du noir d'ivoire , jusqu'à ce que vous soyez parvenu à la couleur des jets véritables. Passez un vemb par dessus, et prooédet comme il a été dit plus haut.
CHAP. III. Sbct, n. F'errUs pour k9 JBoiis et les Métaux. 483
Préparation des BoU pour Ua Ouvrages , ffiççn de la China.
■ Votm. les ouvrages fins, on prendra toujours le bois le plus dur; " maie pour les autres on pnodra du noy«r bien sec. Si là pièce est faite de plusieurs morceaux , il faut qu'ils soient assemblés avec soin , et collés avec de la meilleure colle. On poarroit même, si l'intérienr ne doit pas être visible, l'enduire d'une couche de nerfde-bœuf , battu et écbarpi, et collé avec d'excellente coite. Rien ne peut désassembler des pièces ainsi unies: On polira la surface, avecle plus grand soin, avec des limes bâtardes, qu'on promènera en tous sens , après l'avoir bien dressée au rabot debout à très-petit fer; et enfin on terminera le poli avec du papier fin à polir. Faites dissoudre , dans une terrine neuve de terre vernissée, de la colle de poisson* Irès-blancbe, .dans suffisante quantité d'eau. On la laissera .refroidir pour s'en servir au besotu.
On en metlxa un peu dans une autre teirine vernissée neuve, avec du blaoc d'Espagne en poudre, passé au tamis, ou encwe mieux lavé à l'eau, comme nous TaTOos dit ailleurs, et comme on lave l'émeri. On en mettra sur le bois six.c(mofa<is, avec un pinceau un peu fort, pour éviter les reprises et côtes; mais il iaut que chacune soit plutôt claire qu'épaisse, et attendre que chaque coudhe soit sèche pour en mettr« une seconde II faut mouiller tant soit peu la surface opposée du bois, si l'on ne l'a pas ooUée, 'Comme nous l'avons dit ; autrement le bois se déjett«^it
On pcrfira cette sur&oe avec de la pterre-pooce bien douce, et de la prèle, juaqu'À ce qu'eUe soit cpmme uneglaoe: en cet état, on pourra y appliquer telles ^couleurs qu'on voudra, de la manière qu'on va voir.
F'emis de ta Chine très-beau.
PiURiEZ une once de karabé bien Manc ou de gomme copale bien nette . quatne gros de bdle sandaraque, et deux gros de mastic en larmes. Réduises te tout eo .poudre très-fine ; mettez-le dans un raatras de gros verre , et ajoutez-y une once d'essence de térébenthine de Venise. Vous bouchères le matras avec un bouchon de ti^ ciré, et le coifferez d'une vessie de porc, amollie dans l'eau et liée autour du col du matras. Faites digérer le tout k un feu doux sur le sable ou sur des cendres chaudes, pendant douae heures, après quoi laissez refroidir. Débouchez le matras, et y versez douoeoient six onces de bon esfH-it-de-vin , après quoi retwu-
^84 MANUEL DU ÏOURWEUR.- ■
chez bien comme auparavant. Mettez le matras sur des cendres médiocK- ' ment chaudes ou au ■bain marie; et pour qiïe respansion des esprits ne fesse pas crever le vaisseau , prenez-le deux fois plus grand qu'il ne feut. Au bout de doiizd heures de la même chaleur continuée, toutes les gommés seront dissoutes- Pendant que le tout est encore chaud, passœ-le par un linge blanc , et conservez ce vernis dans une bouteille bien bon-chée. On en met plusieurs couches «ir l'ouvrage : on le polit à la prêle, et au tripoli lavéj en place' de blanc d'Espagne, ce qui iraut rtieùx, et Ton procède, comme on l'a enseigné pour laulre ydtnis. . .
^utre Ferais de la Chine.
VtuEt. dans un morlièr une once de sandcfraque, et -autant de mastic en larmes , deux onces de gomme laque bien pure , et jetez le tout dans une livre et demie d"esprit-de-vin , dans urt matras qui contienne plus du double de vide. On mettra le matras dans une capsule de fer, au bain de sable,demanicrequ'ils'en faille de trois DU^Matredoigtsqtie le fond du matras ne touche lefonddela capsule. EnteireEbienlematrasj-bbuchez-lfJavee une vessie seuleAent, en y faisanfunondeaxtroàs d'une grosse-épingle; poussez d'abord le feu, soit sur |in réchaud ordinaux, ^it dans un fourneau à âlembic , où l'on a plus de fecîlité de graduer le feu ; quand l'espritde-vin commencera à bouillir, ôtez presque tous les charbons, et n'en laissez que ce qu'il en faut pour en^relenir une certaine chaleur. Qnand le vernis aura bouilli pendant quatre ou cinq heui^vous le passerez dans une étamine ou une étoffe de soie, et vous le mettrez tout «haud dans une bouteille que vous aurez fait chauffer auparavant, de peur qu'elle ne casse.
Lorsqu'on voudra s'en servir, on détrempera, dans un vaisseau de faïence ou de verre, la couleur qu'on veut, réduite en poudre très-fine, avec ce qu'on voudra deverriis, de manière que lacouleur ne soit ni trop claire ni trop épaisse.' On fera chauffer un peu la couleur, et on la retirera dès qu'elle commencera à fumer. Faites chauffer modérément votre bois, et mettez-y une couche que vous laisserez sécher pendant quelques jours à l'ombre. Mettez une seconde couche sai« cliauffer le bois ; mettez*n autant que' vous jugerez à propoi On poHra la dernière lorsqu'elle sera bien sèche, de la manière qu'on a détaillée Ci-dessus. Mettez par dessus «ne couche de vernis sans couleur , avec un pinceau de poil de gris ou de Mai-
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CHA.P. in. Sbct. II. ■ p^ernis pùur Jes Bois 'ël les Métaux. 485 «au; en faisant un peu chauffer la pièce. Polissez le tout à l'ordinaire, et- Ijessuyez avec du linge bien fin et bien hlanc.
Vernis de la Chine de toutes couleurs
Mettez dans an matras une livre d'esprit-de-vin; joigncz-y une once de gomme laque, deux onces de mastic et deux onces de sandaraque, que vous aurez bien broyée* dans un mortier. Bouchez le matras; exposea-le au soleil le plus ardentpendantvûigt-quatre heures, ou auprès du féupep-r une heure,, jusqu'à^ ce que les gommes soient ^ entièrement dissoutes , et que l'esprit-de-vin en ait pris lacouleur; passez promptement par un linge, et conservez ce vernis bien bouché.
On mêlera dans ce vernis les couleurs qu'on veut employer : savoir , du vermillon pour le rouge; du noir de fumée calciné pour le noir; du vertde-gris pour le vert; du bleu de Prusse pour le. bleu, etc. Mais il faut que. le bois soit bien poncé avant de l'employer.
Autre Vernis de la Chine pour toutes sortes de couleurs. ^
Pilez ensemble une once de karabé bien blanc , deux gros, de gomme, copaleet autant de sandaraque; mettez une once de cette poudre- dans un moyen matras, avec trois onces d'esprit-de-rin, bouchez bien le matras avec une vessie. Mettez le tout sur le feu, et le faites bouillir jusqu'à ce.que la poudre soitealièrement fondue; ce vernis est parfaitement beau. .
Polissez bien votre bois ; couchez-y les couleurs que vous désirez , détrempées avec de la colle 'de poisson dissoute à l'esprit-de-vin ou de bonne eau-de-vie. Quand la couleur sera bien sèche, mettez-y une couche de vernis , puis une seconde , une troisième et une quatrième , les laissant sécher chacune avant d'en mettre une autre. Polissez bien votre ouvragede la manière indiquée.
Composition du Vernis pour le cuivre , et manière de l'employer.
Le cuivre, quelque poli qu'on lui donne , est très-susceptible de se ternir, et deisecouvrird'uné infinité de taches brunes, violettes, etquelquefois noires, que l'air, le contact des mains, l'haleine, l'humidité, lui impriment. D'ailleurs il communique aux doigts une odeur que beaucoup de personnes trouvent désagréable. C'est pour prévenir l'un et l'autre in-
486 MANUEL DU TOURHEUfi.
coDT^iient que l'on applique sur les instrumens d'optiqoe , de physique et d'astronomie , un vernis très-solide , qui conserve la beauté du poli , et empêche l'émanation de cette odeur cuivreuse.
Voici la composition de ce vernis.
Oa preod deux onœs de gomme' laque, deux onces de kanbé miocid ou amlwe jaune , quarante grains de sang'draçon en larmes « demi-groa de safran , et quatœ onces de bon esprit-dcrvin; on &Lt infuser «t digérer le tont à l'ordinaire ; et on le passe dans un linge.
Si on vouloit donner au cuivre une couleur pèus fcBcée^ on ra^placeroit le safcan par trois grains de terra-merita, pu deax onces d« rocou.
Voici la manière d'employer ce vernis.
On donnera à la pièce le plus beau poli, on La fera diau^er sur une plaque de tàle, mise air un réchaud, aûn d'obtenir une chaleur plus égale, et pour éviter que l'action du feu n'altève les snr&oes. La chaleur de la pièce doit être telle , qu'on ait peine -à y supporter le dessus de la main.
On versera un peu de vernis dans un petit godet. On y trempera un mnceau de poil de giis un peu large «t plat , et après avoir essuyé le trop de veriûs sur le bord du godet , on le passera sur la pièce sans l'y appuyer beauooHp. Cette opération doit être &ite avec attention , pour que les reprises ne paroissent point , qu'il n^ ait m ondes ni taohes , et que le vernis soit couché bien paiement. Si la pièce a été Ëiite au Tour, il svn k propos de la vernir mit le Tour; elle réussira mieux.
Si malgré les précautions on apeicevoit quel<^es ondes , cm y remédieroit en approchant la pièce de la plaque de tàle.
Si l'on veutque la pièce soit j^us haute en covkur , on y mettra deux ou trois coudies de vernis ; mais il £aot qu'elle soit un peu ^us chaude , surtout si elle est un peu massive.
Si l'on craignoit de déranger la justesse d'une pièce, dans ses divisions ou dans ses assemblages, ea la faisant chauffer, on appliquera le vernis à froid, mais on l'approchera ensuite d'un feu doux, afin que le vernis s'étende égalonmt.
Si la pièee se salit par la suite, on pourra la laver avec de l'eau tiède et un linge fin; mais on oe se servira januis d'aucune poudre pn>pre à polir, quelque fine qu'elle soit , saos quoi on emportcroit le vernis.
CHÀP. m. Sbct. IL Mtmiéred'Argenler et de Dorer le Cuivre. 487
Recette pour bronzer Je Cuivre.
Faites bouillir quatre pintes d'eau, et jetez-y quatre gros de terramerita; remuez le mélange avec un bâton , et prenez garde qu'il ne s'élève au dessus du vase. Lorsque l'effervescence sera calmée, jetez-y vos pièces de cuivre que vous aurez fait recuire et dérocher d'avance, et retirez le vase du feu. Plongez la pièce dans de l'eau forte où tou.s aurez fait dissoudre un peu de suie et de sel; remuez un instant, et lavez ensuite la pièce dans l'eau claire et à deux eaux. Faites-la sécher dans de la sciure de bois, ou du poussier de motte de tanneur, après quoi vous brunirez les parties unies avec de la pierre sanguine et du vinaigre , ou de l'eau de savon noir.
Manière iFArgenter et de Durer le Cuivre.
Prenez un creuset , dans lequel vous mettrez un lit de sel marin et un lit de feuilles d'argent battu , alternativement, jusqu'à une certaine hauteur. Placez le creuset dans un réchaud un peu grand : entourez-le de charbon noir, et n'y mettez le feu qu'après, afin que le creuset s'échauffe par degrés. Quand le sel ne pétillera plus , retirez-le et mettez-le à part.
Pour argenter , mettez de l'eau de pluie ou de rivière dans un pot de terre neuf vernissé ; mettez-y du tartre blanc de Montpellier. Yerscï-iy la composition ci-dessus. Lorsque le tout sera bouillant , trempez-y vos pièces de cuivre bien nettoyées pendant un quart d'heure. Retirez-les et frottexles avec un bouchon et du sable très-fin. Kemettez la pièce dans l'eau sept à huit fois , et la polissez à chaque fois.
Il faut deux pintes d'eaû commune pour deux livrets d'argent , dont se servent les argenteurs sur métaux.
Si la pièce qu'on veut argenter doit avoir des divisons ou quelques inscriptions , il feut commencer par remplir ces traits de cire à cacheter noire; et pour cela on fera chauffer modérément la pièce, puis on promènera dessus un bout de cire à cacheter. On poncera ensuite la pièce quand elle sera refroidie , afin qu'il n'y ait que les traits txi noir , puis on argentera comme nous l'avons dit.
488 MANUEL IWJ. TOURKEUH, ■..!..
Autre manière d'argeiUer le Cuivre.
Il faat d'abord nettoyer parfaitement la pièce que vous voujlez argeirter,
afin qu'elle ne soit point grasse. , ■ >. ■
Faites dissoutire un gros d'argent de coupelle,, ou d'argeat,baUfi,,jdon]t
se ser^'ent les argenteurs sur métaux, dans un.pea'd'eatu fo:çte, jtfsqu'à
ce .que la dissolution soit complète.
.,; Broyez à part deux gros de sel marin Manc, et autaift dq lar^t^.de
Montpellier, ou de crème de tartre, jusqu'à cç qu'ils soient réduits -en poudre impalpable.
Lorsque l'argent est dissous^ faites évaporer l'eau forte sur un feu doux jusqu'à consistance de bouillie claire , et pendant ce travail , prenez garde d'y toucher avec les doigts , ou d'en respirer la vapeur. Vpus aurez une pâte assez épaisse , dans laquelle vous-niettrezVos poudres. Mettez de cette pâte sur la pièce que vous voulez argenter, et ètendez-ta avec un bouchon de liège fin, et bien dressé : la pièce sera en un instant argentée. Mettez une seconde fois de cette pâte, pour que l'argenture soit plus à fond : feites chauffer un peu d'eau claire , dans laquelle vous mettrez une pincée de cendre grav.elèe ou de'potasse : trempez-y la pièce; puis. jetez-la dans l'eau (iède, et ensuite dans l'eau froide, de pluie ou de rivière. Faites cha.uffer modérément la pièce, et l'essuyez avec un linge fin bieo blanc.
Manière de dorer le Cuivre.
' MÊLEZ, dans un vase de faïence ou de porcelaine, des feuilles d'or battu avec un peu de mercure: broyez bien le tout, pour en faire une pâle d'un jaune blanebàlre ; mettez-en sur vos pièces , avec un pinceau , le plus également que' Vous pourrez; mettez ensuite là pièce sur un feu doux. Le feu de motte à brider est bon pour cela. Prenez garde de respirer la. vapeur , qui est le mercure qui s'évapore. Il faut même ôter de ses poches les bijoux d'or qu'on peut y avoir, ainsi que de la chambre dans laquelle oa travaille. Lorsque vos pièces auront pris la couleur d'or , trempez-les dans une terrine remplie d'urine , et sans les retirer, frottez-les avec une gratter bosse de cuivre. Vous verrez la pièce devenir égale de couleur ; enfin lavez- )à à l'eau froide , et l'essuyez. La chaleur nécessaire pour cette opératioa n'est pas assez forte pour donner du recuit aux pièces.
CHAP. III. Sect.il Manière d^Argerderpt Dorer la Cuivre. 489 yemia , ou Encaustique pour les Fibres dé plâtre.
Comme nous avons enseigné , daos'le cours de ce Volume , à tourner des cippes el des colonnes en pierre ou en plâtre, comme à mouler des £gure^ en plâtre, nous croyons iaire plaisir aux Amateurs, en leur .donnant la composition d'un vernis propre à €»naerver ces figures.
On fait fondre , dans une pinte d'eau , quatre gros du plus beau savon ratissé en petits morceaux, et on,y ajoute quatre gros de la plus belle cire, blanche; on applique plusieurs couches de ,ce vernis, et lorsqu'il est bien sec, on frotte toutes les parties avec le doigt enveloppé de mousseline.
HaeeHe pour fmre du Mastic de Tour.
pRzitEz deux livres de poix de Boulogne, ou'^is Manche; une livre de poix-résine, une livre de colophane, deux onces de cire jaune ^ et un pain de blanc d'Espagne.
Faites fondre'Ies résines et la cire ensemble dans un vase de terre placé sur un feu très-doux. Lorsque l'efFervescencecommencMï à se manifester, ' remuez le mélange avec un bâton, de peur qu'il ne s'échappe par dessus les bords du va»e, et retirez le poêlon du feu , quand tout sera I^en fondu et mélangé. Jetez-y le blanc d'Espagne pulvérisé, petit à petit, en remuant continuellement pour bien le mêler. Remettez le vase sur le feu sans cesser ,de remuer, et quand le mélange sera par&it, jetez-le dans une grande terrine d'eau fraîche, où vous ne le laisserez qu'un instant : retirez-le promptement, %l pétrissez4e pendant long-temps en ramenant continuellement l'extérieur vers l'intérieur. C'est en grande |Murtie de cette opération que dépend la bonté du mastic. Divisez-le ensuite en bâtons , roulea-le sur une pierre unie, et rejetez-les dans un autre vaisseau plein d'eau fraîche.
,11 &ut que cette opération se &sse avec beaucoup de célérité. Si le mastic devenoit trop dur avant qu'elle ne fut terminée, on pourroit l'approcher du feu pour l'amollir et le mettre plus aisément en bâtons.
'Autre Recette pour faire du Mastic plus facile à fondre que le précédent.
Phshez deux livres de poix de Bourgogne ou poix blanche , deux onces de cire jaune et deux livres de blanc d'Espagne pulvérisé. Faites chauffer le mélange , et pétrissez-le comme le précédent. Ce mastic est préférable pour l'hiver à l'autre , qui se fond diificilement quand ou l'emploie dans cette saison.
ilQO MANDEL DU TOURNEUR.