DES MOYENS EMPLOYES POUR LE CONSERVER ET LE TRANSPORTER
Le virus-vaccin est un fluide incolore , transparent , visqueux , qui se dessèche promptement et conserve une apparence brillante eu tout semblable à du vernis ou à de la gomme.
Il est indispensable qu'il possède ces qualités physiques pour être dans les bonnes conditions de reproduction , aussi est - il pre'fe'rable de le prendre et le recueillir dans les premiers jours de
son apparition que d'attendre trop tard; l'époque la plus favorable est du sixième au huitième jour.
Du neuvième au douzième, il s'obscurcit, devient épais , louche, purulent, et l'on risque fort de produire des vaccines fausses ou bâtardes, si l'on s'en sert à ce moment.
L'expérience a prouvé que plus le vaccin est jeune ,' plus il est actif ; aussi faut- il rejeter celte sotte superstition de croire à sa maturité. Le vaccin est bon à inoculer dès qu'il paraît , j'ose dire même qu'il est plus actif et qu'il offre plus de chances de réussite.
On conserve et on transporte le vaccin de différentes manières.
Autrefois j'ai vu de petits flacons dont le bouchon avait un prolongement en verre; ce prolongement avait la forme d'une spatule et se trouvait isolé des parois du flacon. On recueillait le vaccin sur l'extrémité de ce prolongement, et en fermant ce flacon , le vaccin n'était pas exposé au contact de l'air, et se conservait trèslongtemps , surtout si l'on avait la précaution de le mettre à l'abri du jour et de la lumière.
Tout le monde connaît les plaques de verre , c'est le moyen le plus répandu et peut-être le meilleur pour conserver et transporter le vaccin.
Ce sont deux, carre's de verre, sur le centre desquels on recueille une gouttelette de vaccin , que l'on a soin de laisser sécher avant de les rapprocher ; car, si on les réunissait immédiatement, le vaccin, qui se trouve à l'état liquide sur ces plaques de verre, serait rejeté sur toute la surface de la plaque et produirait une telle adhérence qu'il serait impossible de les désunir quand on voudrait l'employer.
MANUEL DU VACCINATKUB
On s'est servi et on se sert encore de fils , de petits tampons de coton , de laine , de barbes de plume , de petites pointes en or, argent, ivoire, écaille, de becs de plumes, enfin de toutes les matières inoxydables.
L'emploi du tube Fiard , pour conserver le
(i) Les lancettes représentées ici sont en général celles que l'on emploie le plus souvent pour pratiquer la vaccination ; mais, bien que je n'attache pas une importance absolue à l'emploi de tel ou tel de ces instruments, j'ai cru devoir faire fabriquera M. Capron la lancette à double cannelure, qui offre , suivant moi , plus de chances de réussite.
vaccin , ne nous a pas semblé heureux , en ce que l'on ne peut l'emplir et que le mécanisme de la chaleur employée pour faire sortir le vaccin n'est pas toujours très-facile à opérer. Ce tube est ainsi fait.
Il n'est d'ailleurs pas nouveau et a été abandonné. On s'en sert en le présentant au devant d'une gouttelette de vaccin qui s'introduit le long du tube ; en cet état , on le lute , et lorsqu'on veut s'en servir, on fait sortir le vaccin en échauffant le petit ballon qui forme une des extrémités du tube. Ce mode n'a rien d'attrayant et demande trop de soin pour en user avec facilité.
Le tube capillaire est encore celui qu'il faut préférer ; en voici la figure :
Il s'emplit facilement , surtout lorsque le virus
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est abondant; on lute les extrémités à la base d'unelumière,etenleconservanttoujours,comnie il a été dit , à l'abri du jour et de la chaleur, le vaccin s'y conserve bien et longtemps.
Pour bien emplir un tube capillaire, il faut préalablement ouvrir le bouton en le traversant en tous sens avec la lancette, et surtout éviter de faire saigner.
11 se forme alors une gouttelette semblable à une larme prête à tomber ; on présente une des extrémités du tube, et il s'emplit presque d'un jet. Cependant il arrive quelquefois qu'en lacérant le boulon , on ait détaché avec la lancette quelques minces lambeaux de la peau qui recouvre le bouton , et ces lambeaux imperceptibles viennent se fixer à l'extrémité du tube et interceptent l'entrée du vaccin.
Retourner le tube pour chercher à le remplir serait une simplicité ; car, un des bouts du tube étant obstrué, la capillarité n'existe plus, et c'est en vain que l'on essayerait d'y introduire tel liquide que ce soit. Il faut tout simplement casser le bout du tube , et en retirant ce petit débris,
on voit une espèce de fil qui vient avec; ce fil est soit un lambeau, soit une coagulation du virus, qui ferme l'entre'e au liquide. On représente le tube après ce petit manège , et il continue à s'emplir, s'il y a du virus en quantité suffisante.
Le tube ainsi rempli se conserve, comme je l'ai dit , très-longtemps ; mais on a imaginé le moyen de prolonger encore sa conservation.
Lorsqu'il s'agit de le transporter dans des régions éloignées , on le plonge dans de l'huile d'olives ou de l'eau de chaux éteinte.
Le procédé de conservation par l'huile d'olives n'est pas nouveau , car le comité de vaccine employait ce moyen lorsqu'il expédiait du vaccin au delà des mers ; et cependant, faute de le connaître , un médecin de province , M. le docteur Lhuillier, a proposé ce moyen il y a déjà quelques années. Quant à l'emploi de l'eau de chaux éteinte , il ne nous était pas connu , lorsque, vers l'année 1833 ou 1834, M. Ledeschault, de Paris , en fit part à l'Académie de médecine. Enfin, lorsqu'il s'agit de transporter le virusvaccin à de grandes distances , on ne saurait trop
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l'entourer de précautions ; aussi est-il bon d'envoyer des plaques et des tubes préparés comme je viens de le dire, puis encore d'ajouter des croûtes.
L'envoi des croûtes est le moyen dont se servaient les premiers vaccinateurs , et ce moyen leur faisait rarement défaut.
On a imaginé encore beaucoup d'autres moyens de conserver et de transporter le vaccin ; mais ces moyens , abandonnés depuis longtemps , reconnus mauvais ou peu praticables, ne méritent pas de trouver place ici.
Néanmoins il en est encore un que je ne dois pas laisser ignorer, en ce qu'il a une certaine utilité. 11 s'agit des précautions à prendre lorsque le vaccin doit être envoyé en hiver; ainsi il est bien de renfermer le vaccin dans des boîtes remplies de charbon pilé et entourées de bandes de laine , afin que le froid ne puisse agir sur lui.
Toutes ces précautions sont bonnes, et j'engage RI M. les vaccinateurs à ne pas les négliger.
Dès les premiers moments de l'introduction de la vaccine , ou imagina pour sa reproduction divers moyens, entre autres celui de reproduire la vaccine par l'inoculatiou des croûtes. M. Labouisse a inoculé un enfant de six à sept mois avec une croûte desse'che'e. Il avait eu soin de l'écraser et d'en délayer une portion dans une goutte d'eau ; ce mélange, porté par' trois piqûres à chaque bras, reproduisit cinq boutons d'une bonne vaccine. Bon nombre de médecins tentèrent cette expérience et réussirent toujours.
Le docteur de Carro annonçait qu'un chirurgien d'Edimbourg avait toujours réussi à donner par ce moyen une vaccine légitime.
C'était , à cette époque , le moyen le plus généralement adopté de transporter le vaccin.
M. Labouisse a inoculé le vaccin au moyen de croûtes de vaccin conservées depuis huit ans.
On vaccine par incision et avec la lancette ; celle à langue de serpent ou à grain d'avoine est la meilleure, parce qu'elle est plus effilée.
Il ne faut pas du reste attacher d'importance ,