CONCLUSIONS
Après avoir passé en revue variole , inoculation , vaccination et revaccination , j'ai le droit de conclure, et j'apporte dans mes conclusions toute l'attention dont je suis capable.
Il n'est pas utile de dire que la variole est une maladie meurtrière et qu'il faut tout entreprendre pour s'en préserver ;
Que l'inoculation , considérée comme préservatif de la variole , doit être rejetée comme plus dangereuse que le mal lui-même , puisque par-
tout où elle a été importée elle a donné naissance à des épidémies de variole qui ont détruit des populations entières ;
Que l'inoculation est dangereuse , mais que la Providence a mis entre nos mains un préservatif doux , humain , qui ne peut , même dans les plus mauvaises circonstances, avoir la plus petite influence défavorable sur l'économie. Oui , la vaccine est venue , comme un bon génie, interposer sa toute-puissance entre l'homme et la variole , pour le sauver des attaques du mauvais et impitoyable génie du mal , c'est-à-dire de la variole.
Que l'on doit pratiquer la vaccination de préférence à toute autre méthode ;
Que la vaccine jouit d'une propriété préservative absolue chez presque tous les sujets qui l'ont eu régulièrement ;
Que les rares exceptions où elle ne préserve qu'à demi tiennent à des causes inconnues, à des dispositions particulières , enfin à l'organisation exceptionnelle de sujets qui sont atteints de variole après vaccine ;
Que le vaccin est aussi actif et aussi préservatif dans ses transmissions éloignées que le cow-pox lui-même, c'est-à-dire qu'il ne dégénère pas ;
Que l'apparence physique du cow-pox ne peut donner la mesure de son activité et de son effet sur nous, puisqu'il conserve à peine six mois l'aspect qu'il porte à sa première transmission ;
Que toutefois il ne faut pas négliger de le reprendre à sa source , chaque fois qu'il sera possible de le rencontrer ;
Que la revaccination doit être regardée comme nécessaire, jusqu'à ce que la science ait désigné le cas où la vaccine ne réunit pas toutes les conditions voulues pour une préservation absolue ;
Qu'il est indispensable de revoir les sujets vaccinés jusqu'au quinzième jour, puisque, dans certains cas , le succès ne peut être constaté sûrement le huitième jour ;
Qu'il ne faut pas s'attacher à suivre des méthodes ou des procédés particuliers pour pratiquer l'opération de la vaccine ;
Que l'on peut vacciner à tout âge et en toute saison , quand il y a danger d'épidémie ; mais
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qu'il est plus sage d'attendre du troisième au quatrième mois de la naissance, et de choisir le printemps pour pratiquer la vaccination ;
Qu'enfin il serait peut-être utile de nommer par département, et suivant les besoins, un, deux, trois, quatre médecins, plus s'il le faut, pour faire une vérification des opérations pratiquées dans les arrondissements qui leur seraient désignés , dans le but de revacciner immédiatement les sujets qui auraient une vaccine irrégulière ou douteuse.