‹ Manuel du visiteur du pauvre [microforme]Chapitre 16 sur 28 · TT AE BB · texte numérisé non relu

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viert ainsi un élément de moralisation : la satisfaction qu'on éprouve à faire du bien modifie les mamvais instincts, calme la fiè- Évre des passions ; elle est comme la splendeur de l’aurore qui embellit les objets les plus communs ; que de foïs un homme furieux que mi les prières mi les larmes ne pouvaient apaiser, se’st calmé au seul souvenir d’un bienfaiït ! Celui qui a bien fait une fois semble contracter avec soi-même ka sainte obligation de faïre bien encore; de plus, celui, qui fait du bien, donne à sa personnalité une certaine importance, se sent élevé à la catégorie de bienfaiteur, et son amour-propre flattté le prédispose à s faire de Soi-même une meilleure idée :

ceci impor pour relever l’âme avilie. Faites donc votre pouvre idispensateur de quelque bienfaït et, élevé à ses propres yeux, il s’écriera peut-être dans son coeur : Jde suis encore un homme.

Mais, dirons-nous, comment faire du bien quand on n’a rien; d’où prendra-t-il de quoi donner ? Dans l’immense échelle des douleurs humaines, à peine se trouve-t il un malheureux qui n’en trou. «un plus malheureux que lui et à qui il puisse donner aide et consolation. Il n’aura pas de luimême l'idée de le faire, car il n'en croit pas

Lavoir les moyens, et, d’ailleurs, dans l’extrémité de la misère, comme de la grandeur, on est d'ordinaire égoïste: mais nous

inrons Gel mue 0e Le von | vre de son erreur comme de ea malheureuse apaithée; nous pouvons lui montrer prati- !

quement combien de bonnes oeuvres peut réaliser celui qui se croyaît inutile, lui don. | mer moyen de le faire en le chargeant de nous aider quelque peu; une fois en le À priant de prêter matériellement son secours ! à un autre malheureux, une autre en l’en- “voyant porter une aumône, quoique nous !

lindemnisions du temps qu’il y emploie ; car Le temps est le patrimoine du pauvre :

il n’en a pas d'autre, et nous qui devons le ! lui rappeler, ne devons pas l'oublier nousmêmes.

Si notre pauvre n’est pas complètement pervers, avant peu, au lieu d’être un simple ! instrument de nos bienfaits, il y prendra une part active, sera flatté de motre confie: ce, du rôle honorable qu’il joue, et en conisolant il sera consolé. Faïre le bien a tant d'attraits ! et en s’entendant bénir, le blasphème ne s’arrêtera-t-il pas sur les lèvres du plus méchant homme ?

Nous pouvons adopter nour le pauvre vi- -cieux la plupart des règles que nous avons vues pour l’incrédule, par rapport aux lectures ; seulement au premier nous pouvons offrir des livres moraux @t même religieux sans autre préparation que la gymnastique de l'esprit nécessaire pour les comprendre.

Comme il n’y a pas de livre aussi éloquent

que le m—"e, pour qüi saîit l’observer, nous fero” 1, catant que possible, de lui mon... 48 morale er. action présentant des exemples de la vertu dont il a le plus de besoin, et les fatales conséquences des vices qu'il doit corriger. Une visite dans un hôpital peut être pour un pauvre corrompu, ume leçon plus éloquente que celles de tous les moralistes.

Nous avons indiqué l'importance qu’il y a, pour le pauvre, de quitter les lieux où il” a mené une vie licencieuse; parlons maintenant de l'influence qu'aura pour lui la maison qu’il va habiter.

C'est une chose déplorable que la moralité soit si fort oubliée dans les constructions; il est malheureux qu’elles ne soient pas faites de façon à loger à la foïs des pauvres et des riches, «et que la misère se jette comme ume lèpre dans des lieux, où agclomérée d’une manière épouvantable, elle se multiplie par elle-même et porte jusqu'à l'excès le vice et le désespoir.

L'homme ds bonne volonté et d’intelligence, s’il a quelque influence sur la destinée de:

sa patrie et l'opinion de ses concitoyens, doit élever sa voix contre l’agglomération de la misère; mais le visiteur du pauvre; comme tel, ne doit accuser personne : sa mission est de parcourir le chemin de Ia charité, relevant celui qui rest tombé, consolant celui qui est triste, sans rechercher

Rs : mis À : ET des é ‘si la société peut éviter la chute de Fun où - les larmes de l'autre : à voit les maux, il les Fe il les console, il voit leur origine : dans limperfection humaine et leur remède + Réduits à combattre les douloureux ef :: Lets de canses qu'il faut oublier en notre qualité de visiteur du pauvre, tâchons que -* @otre protégé ne se trouve pas dans ces maisons où s’agglomèrent la misère, les vi- … ces stle crime et qui sont, hélas ! des foyers - de corruption. Entrez par cette porte immonde jusqu’à cette cour qui me l’est pas Moins et sur laquelle donnent quatre, six, ht portes, ou plus ; levez les yeux et vous : Anercevrez plusieurs corridors, conduisant ‘2 & un grand nombre ‘d'habitations. Les égaux + sales, les débris de verdure, les os, les têts + de mots cassés sont répandus sur le sol, 4 blessant la vue st la santé. Rarement une se passe sans que la paix y soit trou- «blée. Deux voisines disputent à qui ne balayera pas l'escalier; deux hommes en ” viennent aux mains parce que l’un repro- Che à l’autre d’être échappé des galères ; = Vautre lui dit que tous ceux qui y étaient valent mieux que celui qui lui fait ce reproche; un enfant pousse des cris déchi- «ramis, vicbime du châtiment féroce d’un = père ivre; un vagabond passe son temps à + <hanter des paroles obscènes pendant que = la nuit il a exercé quelque industrie qui ne

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paye point de contfibution; un ménage en mauvaise intelligence en vient .ax voies de .: fait jusqu’à rendre nécessaire l'intervention : :: de l’eutorité ; de mauvaises femmes s’insultent avec des paroles qui, partout ailleurs, scandaliseraient, mais qui, là, sont à peine remarquées : tout ce monde crie, s’injurie, blasphème, car une chemise, étendue il y à un mstant, a disparu, ou bien À y a une amende à payer parce que la porte est res- ; tée ouverte la nuit et sans lumière ou... “= que sais-je ? =,

Ces scènes et autres pires encore, la famille pauvre, maïs vertueuse, se voit forcée de les subir, car la misère l’a forcée d’habiter dans ce taudis. Si vous allez la visiter, les chiens vous poursuivront sans que lerr maître les appelle, les fe nmes me bougerunt pas de l'escalier sur lequel elles sont assises pour vous laisser passer, les hommes siffleront dédaïgneusement au lieu de vous saluer, les enfants s’amuseront à vous jeter de l’eau, de la terre, des pierres par les trous du vieil escalier. Par un de ces contrastes qui se voient dans ces mai- E sons, Vous trouverez peut-être un homme = qui se découvrira respectueusement sur vo- 8 tre passage; un autre qui gagne sa vie à — vendre des fleurs vous en offrira une que vous recevez avec émotion de ce pauvre qui ne vous doit rien, mais qui vous aime, parce qu'il vous a vu secourir son voisin. Celui-

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