‹ Manuel du visiteur du pauvre [microforme]Chapitre 18 sur 28 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Des malades.

Nous avons tous entendu dire : Les pau.

vres ne devraient ‘amais être malade: I est bien douloureux, en effet, de voir come ment dans la maison du pauvre, la maladie fait entrer après elle le découragement el même le désespoir. Considérant le pauvre matériellement, la maladie «est um mal physique beaucoup plus grave pour lui que pour le riche; maïs si nous le considérons com:

me être moral, la souffrance peut deveni pour lui extrêmement utile. Saint-Vincent!

disait à ses Filles : Faites-leur comprendre que Dieu a permis la maladie de leur corps!

pour la santé de leur âme. 4

L'auteur des Lectures et Conseils à fait remarquer que ce pauvre, qu’il était impossible de rencontrer chez lui quand nous visitions sa famille, vient occuper (Sa place au-milieu d’elle quand arrive la maladie, et dès lors disparaît l’obstacle matériel qui nous empêchait de le corriger : ceci a plus d'importance qu’il me paraît au premier.

abord, car ïl y a souvent bien de le diffienl. 1 té à se mettre en relation avec un individu!

qui nous fuit et dont la position sociak!

est si éloignée de la nôtre.

TS

Mais le voilà malade ! nous sommes sûrs de le trouver chez lui, peut-être le trouverons-nous aussi mieux disposé à nous 20tendre. Il est seul, ses compagnon: de désordre l’abandonnent dans ses do ileurs :

les lens de la famille sont faibles, *7.nu:

peut-être par de mauvais procédés : l’isole- ment moral ou matériel le fatigue, comme la solitude fatigue celui qui n’a ni souvenir, ni aspiration saïnte; pour si perverti, pour si hostile qu’il soit, soyons sûrs qu’il désirera motre visite.

La maladie n’arrête pas seulement l’homme sur la pente du vice, mais de plus elle le modifie d’une manière très favorable à sa régénération : elle le spiritualise parce que les sens se taüsent et que las appétiits orossiens n’offusquent plus la lumière de la raison : cette raison, il est vrai, s’éclipse en certains cas dans la maladie, maïs plus souvent encore elle acquiert plus d'activité, surtout dans cette classe d’hommes, qui, la tenant en léthargie, ont besoin que la fièvre vienne lui communiquer son impulsion.

L’ami pervers n'étant vlus là comme personmification de la tentation, au lieu du bruit du monde qui étourdit le remords, il y a le silence des longues nuits d’insomnie, si propre à mous faire rentrer en nousmêmes pour écouter la conscience. A l’arroganee, fille de la force physique, succède l'abattement de la faiblesse et de la dou-

leur, puis la disposition à reconnaître notre misère, et à chercher quelque idée qui détache l'esprit de ce corps si souffrant. La mauvaise habitude que cet homme ne pouvait rompre par soi-même est rompue par la maladie; il nie peut aller au lieu où il péchaït : peut-être même va-t-il jusqu’à la regarder avec horreur comme cause de «es souffrances. En appréciant toutes ces circonstances, nous comprenons que l'infirmité est pour nous un auxiliaire puissant . pour corriger le pauvre perverti.

Asseyons-nous à son chevet avec un esprit de charité; si ses cris de douleurs sont accompagnés de blasphèmes, plaignons-le doublemienitt de sa double maladie. En cherchant du soulagement à ses maux, oublions qu’il en est peut-être la canse par son intempérance. ‘Un. malade n’est pour nous ni bon, ni mauvais, ni savant, ni ignorant; il est malade, mien de plus. Pour le corriger souvenons-nous de ses antéc(denits, pour le soulager ne pensons qu'à ses douleurs.

Ce saint aveuglement de la compassion qui est un devoir auprès du malade, devient un moyen de changer le coeur de cet homme qui ne pourra être insensible à vos bontés, car il se voit encouragé, consolé, <ecouru; il voit que vous lui épargmez les douleurs de la misère, que vous lui procurez un médecin, des remèdes. que vous ne

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