‹ Manuel du visiteur du pauvre [microforme]Chapitre 19 sur 28 · D NT · texte numérisé non relu

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vous irritez pas de son ingratibude et que vous recévez, comme ne des méritant pas, les preuves de sa reconnaissance.

Nous savons que la première condition pour faire du bien au pauvre, c'est qu’il nous considère comme son ami, et cela nous pourrons l'obtenir en beaucoup moins de temps s’il est malade.

Alons il a un plus gramd besoin de nous ; les services que nous lui rendons l’impressionnent davantage et arrivent mieux à son coeur; proeurons-lui aloms tous les secours matériels dont nous pouvons disposer; dédions-lui tout le temps qu’il nous est possible de lui donner, sûrs que, s’il nous aime, il nous écoutera.

Arrivés là, nous pouvons lui appliquer les règles générales, modifiées suivant celles de la prudence. À un pauv- ai aura des douleurs aiguës, n’allons pa. ver de l'ennui par des lectures ou de 1 .swes exhartations; me prétendons pas nous faire comprendre de celui ‘ont les facultés sont paralysées par la souffrance : jetons seulement la semence des bonnes oeuvres pendant la maladie, nous la recweillerons dans la convalescenice, pendant laquelle on é rouve un bien-être qui dispose « être meilleur. Dans la convalescence la douleur ne trouble plus le malade et les sens ne parlent pas encore; la raison est maîtresse, même chez l’homme matérialisé ; le

temps fui semblant long, il écoute avec plaisi: la lecture morale ou pieuse qui, dans un autre temps, l'eût certainement ennuyé.

Le visiteur du pauvre pervérti qui a fait pour jui, pendant sa maladie, tout ce qu'il . pouvait faire et ne le corrige pas dans sa convalescence, jamais ne le corrigera.

Si nous avons su inspirer à cet homme vicieux le ferme propos de se corriger, s’il revient à Dieu, surveillons-le avec soin,

Souenons-le dans son chemin, car la con-

valescence de l’âme est bien Plus longue que celle du corps et est surtout plus 6X)0sée aux rechutes. Comme il est plus facile de rectifier les erreurs que de corriger lés moeurs, la rechute est plus à craindre pour le pauvre vicieux que pour le pauvre . inerédule; à peine le premier paraît-il dans la rue, qu Je toutes parts sa faible vertu trouve de terribles écueils, et les forces du <ornps semblent n’augmentter que pour combattre les forces de l’âme. C’est la lutte incessante du vieil homme contre le nouveau, et nous ne prendrons jamais trop de précautions pour empêcher qu'il ne le surmonte.

Nous avons parlé de ju convalescence parce que c’est le cas le plus fréquent; le plus rare est la mort. Mais il arrive aussi et nous laïsse parfois bien peu de jours, bien peu d'heures pour ramener à Dieu !à brebis égarée, Alors redoublons notre zèle

plaidans nu yé, fait qu'il 1S Sa mme , S' soin, Conngue X)0y fariver ndre uvre dans ertu s du > 0Mhtte noup de sur-

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pour suppléer au temps qui manque. Comment faut-il parler de l’autre vie à celui qui va laisser en péché celle-ci ? On peut donaer sur ce point bien peu de règles généles, car les moyens doïvent varier suivant les antécédents, le caractère, le genre de la maladie. Maïs, en toute circonstance, il faut une douceur parfaite; tâchant d’émouvoir le malade plus par l’espérance que par la crainte, ne présentons pas la mort comme certaine, car la science même me peut presque jamais affirmer sa proximité, et puis le découragement est un mauvais é'at pour former une résolution qui doit être ferme, et qui, sans cela, me seraït pas bien reçue de Dieu. En ce cas, surtout, l'idée que le pauvre a de mous prend de l'importance, et si l'amour que nous lui témoiguons émeut son coeur, nous avons beaucoup obtenu pour que la lumière de la vérité brille en son intelligence. Notre sollicitude; notre affection, notre peine, les sacrifices que nous nous imposons pour le soulager sont les plus puissants arguments que nous puissions employer, car le pauvre plus qu’un autre, voit la raison du côté de celui qu’il aime, et ne soupçonne pas de vouloir le tromper ceux qui le consolent.

Nous citerons à ce sujet un fait notable.

Une dame visitait une pauvre femme dont le mari avait une maladie grave. C'était me de ces aaladies dans lesquelles le pa- -

tient se lève, parle, mange et est surpris par da mort au moment où il s’y aittend je moins. Cet homme traitait sa femme avec une dureté que ne pouvait émouvoir la douceur de cette malheureuse, qui cependant se Hvrait aux travaux les plus pénibles et souffrait toutes les privations pour énargner à son mari celles qu'’entraînait leur pauvreté. Celui-ci, soit qu’il se erût moins malade, soit pour tout autre motif, avait été sourd à toutes les insinuations qui le portaient à se préparer à mourir chrétiennement. Ce fut dans ces circonstances que je connus la dame dont nous parlons, mais elle n'avait que deux jours pour le visiter, car elle devait forcément entrepren- - dre un voyage. Dans ces deux jours elle trouva moyen de lui faire cinq visites : dans les trois premières il ne fut question que de sa maladie, des moyens de le soigner, des aliments qui lui plaîraienit le plus, car il mangeaït avec dégoût et elle-même lui ponta ces aliments. On parla de certaiües poires d'hiver qui, peut-être, lui plai- “raïent en compote et elle lui en promit pour Son souper. Mais, la nuit approchant, il <e = Îleva un vent violent et froid accompasré d’une pluie battante ét le malade, pensant bien que sa protectrice ne pourraët venir, demanda qu’on li fit une soupe : il duttait en vaim contre la répugnance Au’elle lui … causait, lorsque entra M”° de N..., un peu

mouillée et les poirés dans la maïn; son arrivée impressionna vivement le malade qui, oubliant sa souffrance et son souper, we s’ocoupa plus que du mauvais temps et de l'humidité qui pouvait nuire à M"° de N... Maïs elle lui répondit joyeusement que de vent n’était qu’un peu de bruit, que la pluie n’était pas grand’chose et que le tout ensemble produisait un bien petit inconvénient comparé au bonheur de le voir un moment et de le faire souper avec plaisir. Que se passa-t-il dans cette pauvre âme ? Dieu seul le sait : mais sa femme assura qu'il s'était opéré un miracle, qu’il lui parlaît avec tendresse, qu’il était un antre homme; et quand, dans sa dennière visite, M" de N... lui parla du bon Dieu, il l'écouta pieusement, promit de se méconci- Fer avec lui et tint parole, se confessant veu de jours après et mourant en bon chrétien.

Ceci nous prouve combien il importe d'impressionner le pauvre. M"° de N...

aurait pu attendre un instant que la pluie fût passée, ou s’arranger de manière à ne point se mouiller; mais sa visite eût-elle alors produit le mê’1e effet ? Et dans le fond elle eût eu le même mérite, car l’eau n'avait pas dépassé son manteau : s’il en étrit autrement nous me citerions pas ce fait ici, car les exemples de grands sacrifices s'offrent plutôt à l'admiration qu’à l’i-

mébos.

On ne demande pas au visiteur dr pauvre de sacrifice de sa santé, mais seulement auequefois celui de sa commodité, le fai- Sant sans que le monde le remarque, sans que lui-même semble le voir, maïs de mamière à ce que le coëur du pauvre de comprenne et «en soit pénétré comme d’une rosée qui produise la gratitude et le repentir. . I pourra arriver que notre malade soit conduit à l’hôpital, criconstance rarement favorable et qu’il faut tâcher d'éviter. Mais enfin s’il le faut, nous devons lui contimuer notre protection et exercer motre vigilance comme lorsqu'il ébait dans sa maison, sans autre différence que celle existe par le règlement de l'établissement; qu'il soit bon ou mauvais, nous devons le respecter, car le visiteur du pauvre n’est pas législateur. Si nous pouvons obtenir une permission pôur voir notre malade, quand il nous semble bon, tant mieux : sinon, résignons-nous à y aller aux jours et heures de la règle. Tâchons d’intéresser à notre pauvre les personnes qui l'entourent, afin qu’elles nous aident à lui faire du bien :

nous en trouverons là peut-être à qui nous pourrons confier le secret de ses fautes, qui pourront nous aider à le convertir ou le feront même bien mieux que mous. Soyons donc bien circonspects en cherchant ainsi

| … des auxiliaires ; donnons-leur des rensci-

“ à & conseils évitant même avec

Notre sollicitude n’est pas moin: : cesire au pauvre lorsque, encore con vulescent, il sort de l’hôpital sans force pour le travail, sams messources pour vivre, ayant son misérable mobil : vendu ou engagé; il me trouve alors &. sa famille que les privations avec le peu d’harmonié qui en résulte; la nécessité de réparer ses forces exige plus d'aliments et les récentes souffrances produisent par réaction un véhément désir de jouissances : ces circonstances mettent le pauvre convalescent en dancer de se procurer, par des moyens illicites, ce qu'il désire avec ardeur, sans pouvoir se le procurer par le travail, ou du moins de chercher dans l’ivresse l’oubli de sa pénible situation.

Le pauvre convalescent exige donc des soins particuliers pour ne point retombe:

dans des excès funestes, et aussi pour que la convalescence, prolongée par la misère, ne dégénère pas en ane rautre maladie. S'il a été vicieux et que nous ayons eu la joie de le corriger, il est facile de comprendre que nous devons des soins à sa naissante vertu, menacée tout à fois par les ancien-

ion déso-

“lante.

Au résumé, notre zèle doit redoubler auprès du pauvre quand il a perdu la santé, :.« Puisque la maladie peut être un écueil mor. tel pour sa vertu ou une ancre de evlut.

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