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Antiquités romaines.— Le bâtiment nommé die Burg , construit sous l'empereur Constantius Chlorus, et un mur dont l'épaisseur semble défier les siècles [die Heidenmauer) , attestent encore aujourd'hui dans ce lieu la hardiesse et la grandeur des Romains.
Situation magnifique de la ville. Points de vue superbes. — Au X.-O. de l'île, dans les délicieux jardins dont les murs de Lindau sont environnés, ainsi que sur le pont, on voit le lac de Constance dans toute son étendue, et jusqu'à la forteresse de Hohentwiel, qui en est à 20 lieues de distance : vu de ces stations, le soleil couchant offre un spectacle delà plus grande magnificence.
Promenades délie ie uses sur le lae.— De Lindau on va par le lac ■en 2 heures à Rhineck , sur la rive opposée; on trouve des sites magnifiques dans la proximité de cette ville (V. Rhineck). De là les regards s'étendent à l'ouest sur toute la surface du lac, qui peut avoir 60 milles en carré , ou environ 111 lieues carrées. Lorsquel'air n'est pas très-serein, les ondes lointaines du lac se confondent avec l'horizon : l'on comprend à cet aspect , comment , pendant le moyen âge , on a pu donner à cette superbe nappe d'eau le nom de mer de Souabe. La magnificence la plus pompeuse, la majesté sublime , jointes à tous les charmes d'une nature champêtre, tels sont les élémens dont se composent les beautés particulières aux environs de Lindau. que tous les voyageurs devraient visiter. (V. Bregenz , ainsi que l'article du lac de Constance , où l'on trouvera quelques détails sur les beautés de ce lac.)
Lixth (la), rivière des cantons de Glaris , de St.-Gallet de Schwytz. Elle prend sa source dans le Linththal au S. du 1 premier de ces cantons , et se forme au pied du Tœdi et du Kistenberg de la réunion des trois ruisseaux. Elle se dirige au ÎV.-E. et parcourt le canton de Glaris dont elle emmène toutes les eaux (la Sernft est la plus considérable des rivières qui y tombent dans ce trajet) ; elle se jette dans le lac de Wallenstadt dont elle sort à Wesen et va tomber dans le lac de Zurich aux environs d'UtzLiach. Cette rivière qui n'est pas bien grande ne laisse pas de devenir quelquefois très-impétueuse : elle fait beaucoup de mal à la suite du dégel et des pluies d'orage. Du reste elle est poissonneuse et navigable au moins entre les deux lacs. ,
Le nom de la Linth rappelle une des plus belles et des plus utiles entreprises des Confédérés. Cette rivière charie continuellement une quantité de débris dont l'accumulation rend son lit plus élevé , sa pente moins forte et son cours
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plus lent. Ci-devant, elle ne tombait pas dans le lac de Wal-
lenstadt , mais dans ia Mag à 1/2 L au dessus de Wesen ; les pierres et le sable dont elle encombrait la Mag faisaient refluer cette dernière ainsi que le lac dont elle sortait : toute la contrée voisine était remplie de marais, plusieurs milliers d'arpehs de terre avaient été envabis par les eaux, et les rues de Wesen et de Wallenstadt sujettes à de fréquentes inondations. Le mal déjà très-considérable allait toujours en croissant , et la santé même des habitans en souffrait. En 1807. la diète assemblée à Zuricb, adopta les plans de IL Conrad Escber pour l'établissement destiné à conduire la Linth dans le lac de Wallenstadt, afin qu'elle y déposât ses débris, ainsi que pour la rectification du lit de la rivière jusqu'au lac de Zurich et pour la construction des digues nécessaires à la solidité de ces ouvrages. — Ces honorables travaux qui ont coûté plus de 700,000 francs de Suisse . ont été terminés en 181ô. Maintenant la Linth passe par le canal de Mollis qui a une lieue de longueur et qui la conduit dans le lac de Wallenstadt : son ancien lit converti en un canal régulier sert à l'écoulement des ruisseaux de Xefels . d'Oberurnen et de ÎViederurnen.
Lisththal ou vallée de la Linth au canton de Glaris. Elle débouche à Schwanden , au confluent delà Linth et de la Sernft. et remonte avec la première jusque près de sa source au milieu des plus hautes montagnes d'où descendent une infinité de ruisseaux. Elle court du X.-E. au S.-O. Xon loin du village de Linththal se réunissent quatre vallées dont la plus considérable après la principale est le Dournachthal. Le chemin des Alpes Cl arides qui mène à Altorf suit le ruisseau du Fetschbaeli en longeant la vallée d'Lrnerboden. Le Linththal se fait remarquer par la beauté de ses forêts, par la fertilité de ses prairies , par ses innombrables pâturages parsemés de chalets et par ses nombreuses cascades (celle du Fetschbaeli est la plus belle). Il existe une source d'eaux minérales au pied du Scachelberg. On en fait usage avec succès et le professeur Kielmeyer . de Tubingue, en a publié l'analyse (Stouttgard 1815 in-8. ) Le Pantenbrucke est un pont des plus curieux ; il est bâti en pierre et d'une seule arche sur la Linth , qui toute écumante bouillonne au fond d'un gouffre de 196 p. de profondeur.
Le village de Linththal compte 140 maisons et près de 1,600 habitans. Celui d'Ennetlinth qu'on voit à l'oppositesurlarive gauche de la rivière eut beaucoup à souffrir d'une inondation survenue eu 176^.
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Chemins. — Lorsque le vent de Test est bien fort , on peut aller en un petit nombre d'heures de Lindau à Constance , qui en est à 11 ou 12 1. Plusieurs grands chemins qui passent de Lindau par Bregenz mènent à Rhineck, à Roschach, à St.- Gall; et par le Rhinthal dans le pays des Grisons. De Lindau à3Iœrsburg, 5 milles d'Allemagne, ou 8 1. 1/5. Le chemin suit les bords du lac au milieu d'un pays magnifique où la nature étale avec une variété inépuisable, les sites les plus rians , et présente à l'œil ravi une succession continuelle de vues délicieuses sur la rive opposée. Entre Lindau et Mœrsburg , on observe sur le lac de Constance : 1° Wasserburg ; 2°Nonnenhorn et Kressbrunn; 3° Argen , château situé dans File d'Argenhoru, et bâti en 1332 par un comte de Alontfort. Non loin de là est Laugen -Argen , où l'on recueille uce espèce de marne que l'on apporte sous le nom. de marne de Langen- Argen ; c'est là que le torrent sauxage de l' Argen va se jeter dans le lac; h' Eiïskirch, à l'embouchure de la Schussen; 5° la petite ville de Buchhorn , qui , depuis le XIII siècle jusqu'en 1802 , a été ville impériale ; 6° Hofen , couvent situé sur une langue de terre ; 1° Mannzell , Fischbach, Immenstadt ; 8° Kirchberg , château sur une hauteur : 9° Hegnau.
Lrvixo (Val-, ou Val Luxino ) , belle vallée couverte de prairies, au pays de Bormio , près des corifms de l'Engadine, clans laquelle toutes les eaux de cette contrée vont s'écouler. Jusqu'eu 1797 elle a appartenu à la république des Grisons : elle fait aujourd'hui partie de l'Italie.
Description géographique. — Elle a 2 1. de longueur sur une largeur de 1,200 pas. On y remarque plusieurs vallons latéraux ; savoir : 1° celui qui court au sud de Rosa , du côté du Bernina : c'est par ce vallon que passe le plus court chemin pour aller de Luvinoà Poschiavo ; 2 la valle di Feno , qui en est séparée par une hauteur; 3° la valle délie Mine , par où l'on passe pour se rendre dans la Val-Biola et à Grossino : Û° la Val Fédéria , qui s'ouvre au nord et s'étend au S.-O. ; elle a une lieue de longueur. — Du côté d'Eira et de Trépal où passe le chemin de Bormio, la vallée offre une pente douce , couverte de prairies et de forêts. Au-del h de tféglise paroissiale de N.-D. , les montagnes deviennent plus raides , et la vallée se change en une gorge qui porte le nom de Val-Praspcelg, et d'où sort l'Aqua-grande , laquelle va se jeter dans la Val-di-Forno , où grossie des torrens de la Vaî Pétin et de la Val-Plator, elle prend le nom deSpole; elle tombe dans l'Inn à Cernetz.
Clœmhu — De Livino à Bormio , 6 1. A Scamfs , par le Ca-
sanna, 4-51. (V. Scamfs. ) A Cernetz, 341. Dans le Fréelthal; on monte d'abord en traversant la Val-Pisella , 4 1. ; de là au S.-E. , dans le val d'Entri-laghi , IL; puis au pas de la Scala , 2 1. d'où Ton descend à Pédénos ; au sortir du Fréelthal on se rend à S te. -Marie , dans le Mùnsterthal.
LOCARNO ( en allemand Luggarus ) , ville du canton du Tessin , située à 3 ou !x cents pas du lac Majeur , qui autrefois baignait ses murs ; les dépôts de la rivière de la Maggia ont formé le terrain qu'on voit aujourd'hui entre le lac et la ville.
Particularités. — Depuis l'an 1798 , Locarno est chef-lieu d'un des districts du canton du Tessin ; en 1808 on comptait 17,384 habitans dans ce district, lequel est composé du territoire qui formait le bailliage de Locarno. La ville est abritée du côté du nord et exposée au vent du S.-E. , ce qui fait qu'elle jouit d'un climat plus doux que bien des endroits situés plus au midi. Tous les 15 jours un grand nombre des habitans des vallées de Verzasca, de Maggia , d'Onsernone et de Centovalli, se rassemblent aux marchés de Locarno, ce qui procure à l'étranger l'occasion de voir des individus de ces vallées alpestres , très-peu fréquentées et presque inconnues. Pop. 1,300 h.
Beautés de la nature. Points de vues. Promenades. — La Maggia , la Verzasca et le Tessin se jettent dans le lac Majeur entre Locarno et Magadino. Le territoire de Suisse s'étend encore ù 3 1. au-delà de Locarno, le long du lac, qui jusqu'aux frontières forme une sorte de bassin connu sous le nom de lac de Locarno. (V. lago Maggiore.) On voit quantité de villages sur l'une et l'autre rive. Les couvens de la Ma donna del Sesto et de la Madonna délia Trinita offrent des points de vue d'une beauté inexprimable. — Promenades : à la maison de campagne de Ténia , dans laquelle on voit un figuier de 12 pieds de circuit ; à Tenero , où la Verzasca tombe dans le lac. — L'agreste vallée de Verzasca débouche au nord audessus de l'église de la Madonna délia Fraggia. Le pont de Ténero a 120 pieds au-dessus du niveau ordinaire de la Verzasca , et cependant cette rivière blanchit quelquefois de son écume le cintre de cette haute arcade (V. Verzasca, vallée de ). De Ténero l'on découvre tout le bassin du lac de Locarno jusqu'au mont Pino ( à Test) , que couvrent de sombres forêts , et qui, conjointement avec celui de Canobio ( à l'ouest), semble terminer le lac. Le sentier qu'on aperçoit vis-à-vis de Locarno, et qui de Magadino mène le long du lac à Molinetto, ^>Ure des beautés singulièrement pittoresques lorsqu'il est
éclairé par les rayons du soleil dans la matinée. Rien de plus ravissant que les promenades en bateau que l'on fait sur le bassin du lac. Promenades au pont Brolla, 1 1. 12 , à l'oiu verture de la vallée de Maggia , d'où la rivière de même nom sort avec impétuosité par des gorges resserrées entre des rochers. Les vues de Pédamonte et d'Intragni , de l'ouverture des vallées de Centovalli et d'Onsernone , d'où le ruisseau de même nom va se jeter avec la rapidité d'un trait dans la Maggia, et de la haute montagne de Finaro dans la vallée de Vichezza , déploient toutes les horreurs d'une nature menaçante , et tous les charmes de paysages les plus délicieusement variés. Promenade à Intrani , 2 1. 1/2. On y découvre une superbe vue à la terrasse de Y auberge du Belveder.
Chemins. Promenade délicieuse aux îles Borr ornées. — De Locarno à Sesto , à l'extrémité du lac , 15-16 lieues. Par eau, aux îles Borromées, 7-8 lieues. On paie 12 livres de France pour un bateau avec deux rameurs , pour aller à ces îles en partant de Magadino ou de Locarno ; mais il faut donner quelque chose pour boire aux bateliers. Dans ce trajet, on voit sur la rive occidentale les villages d'Ascona , Losone , Brisago ( le dernier village du territoire Suisse , à 3 lieues de Locarno) , Léro, Rondonico, Spiragno et Canobio au débouché de la Val-Canobina. (V. Canobina. ) L'église de Canobioa été bâtie sur les dessins du Bramante ; on y voit de beaux tableaux, entre autres de Gaudenzio Ferrari. Lorsque Milan jouissait de la liberté, Canobio était aussi le chef-lieu d'une république. Sur la rive orientale , Magadino , Vira , San-IVazzaro . Abbondio, Sériano , Pino (la frontière suisse passe entre ces 2 derniers endroits). Bassano, Musignano, Campagnano , Macagno dessus et dessous, lieu situé au débouché de la Val-Védessa , d'où sort la rivière de Giona, et au-dessus de ces lieux, les sombres rochers de Cambarogno, affreux repaires des ours, et les forêts qui couvrent le Pino. On aperçoit à l'embouchure de la Trésa la petite ville de Luino. ( V. cet article. ) A environ 3 lieues de Locarno , le lac se rétrécit d'une manière trèsmarquée par le rapprochement subit de deux rives , et 2 ou 3 petites îles d'un aspect très-romantique , sur l'une desquelles on voit un château gothique fort délabré ( Castello di Canéo) , semblent placés là pour fermer la communication entre le bassin de Locarno et le reste du lac. Ces îles appartiennent à la maison Borromée de Milan. — De Locarno on peut aller à pied le long de la côte occidentale du lac jusqu'à Brisago, et s'y embarquer; ou bien, en passant
du cet é de Magadino . sur la rive orientale, aller prendre le bateau à Ma cagnovou enfin passer à pied par un chemin - de montagne qui mène à Indémini et à Luino. — Le plus court chemin deLocarno à Lugano va par le lac à Magadino, où l'on débarque pour passer le Céneré. — A Bellinzone, 2-3 lieacs par Ténero , Gardoba , Cugnasco , Indo et Sémentino ; après quoi on passe le Tessin. La gorge d'où sort la Sémentina est d'un aspect affreux; du reste tout ce trajet offre la plus riche végétation. On traverse la Yal-Maggia pour se rendre à Obergesteln en Valais, 20-21 1.. comme aussi à Airolo ; ce chemin est de quelques lieues plus court que celui qui passe par Bellinzone et la Yal-Lévantiiie. (Y. Maggia, T'ai-.] Dans les vallées d'Onsernone et de Yerzasca. (V. ces art.) Le pins court et le plus droit chemin pour aller de Locarno à Domo d'Ossoîa , et de là gagner le Simplon, passe par la vallée peu connue de Centovalli , que diverses particularités rendent intéressante. Jusqu'à Domo d'Ossoîa, 13-14 lieues. (V. Centovalli. )
Plantes. — Le climat est extrêmement doux, le soi trèsfertile, et la végétation d'un luxe extraordinaire , qui donne à la nature champêtre des charmes inconnus dans la Suisse septentrionale. Le printemps commence en mars; la première récolte au mois de juin , et la seconde en septembre, ainsi que la vendange , ont lieu sur un seul et même sol. Les figuiers sont si grands qu'ils couvrent de leurs ombres des maisons entières. Entre Locarno et Brisago, on voit croître le laurier, l'olivier, le laurier-cerise, le cyprès et le grenadier. A Brisago , les orangers , les citronniers et les plus beaux melons viennent en pleine terre ; le jasmin, le myrte et le romarin peuplent les haies ; les flancs escarpés des montagnes sont couverts de châtaigniers et des plus belles forêts. La fougère élancée , le genêt fleuri tapissent les rochers , et les chemins passent sous des berceaux de pampres.
A'oyez Lac-Majeur, pour les bateaux.
Locle ( le } , gros bourg situé dans une haute vallée des montagnes du canton de Aeuchàtel. — Auberge : la Fieur-de-L>s. Pop. totale 4.500 h. — La vallée a 2 lieues de long : il n'y croit presque point d'arbres ; on y trouve partout une quantité de maisons bâties dans le goût de celles des •villes. Elle est parcourue par le Bied , dont les eaux n'ont d'autre écoulement que celui qu'elles trouvent au travers -des fentes des rochers. L'hiver y dure sept mois entiers , ^pendant lesquels la neige s'accumule quelquefois à la hauteur de 30 pieds ; la terre n'y produit que de l'herbe, et l'on
^st obligé d'y transporter péniblement tontes les choses nécessaires à la vie : cependant le Locle est habité , de môme que la Chaux-de-Fond, par un peuple qu'ont singulièrement enrichi de nombreuses fabriques d'horlogerie dont ces lieux semblent être le principal siège.
Industrie remarquable des habitons. — Les instrumens les plus précieux d'horlogerie se fabriquent dans ces Yaîlées. Tous les babitans , hommes et femmes , s'occupent de quelque branche des arts , ne fût-ce que dans leurs heures de loisir. Le nombre des artistes de tout genre qui travaillent en or et autres métaux , en bois , en ivsire , en écaille et en verre , ainsi que celui des peintes , des graveurs et des ouvriers qui préparent tous les instrumens dont les horlogers ont besoin, est très-corsidérable. Malgré la cherté excessive des denrées et des loyers , on ne trouve nulle part les ouvrages d'horlogerie à si bas prix. La fabrique de dentelles occupe en outre, au Locle et dans les vallées voisines, plusieurs milliers de femmes qui gagnent chacune de 6 sols jusqu'à 3 fr. par jour. On trouve au Locle plusieurs magasins de librairie bien assortis.
Moulins à 100 pieds de profondeur au-dessous du sol. — Les moulins souterrains des Roches, près du Locle, sont extrêmement curieux. L'écoulement du Bied, dont les eaux se perdent dans cet endroit, entre les fentes des rochers, y avait creusé de spacieuses cavernes souterraines. Les deux frères Robert eurent la hardiesse et l'habileté de pratiquer trois moulins situés verticalement les uns au-dessous des autres, dans ces cavernes profondes. On descend dans cet abîme pour contempler à la clarté des lampes ces ouvrages de l'industrie humaine. 3Von loin de ces moulins on Ta voir le Rocher fendu. En 1799 , les habitans du Locle avaient formé le projet de profiter de cette ouverture pour établir un chemin qui communiquât en droiture avec la partie de la ci-devant Franche-Comté, qui forme aujourd'hui le département dû Doubs. L'échappée de vue que l'on aperçoit en France au travers de ce trou est d'un effet singulier. — Près du Locle on observe le moulin de la Jalusa , perfectionné par un artiste nommé Courvoisier-Clément ; on y sépare des cendres les rognures d'or des horlogers et des orfèvres. — Du Locle à la superbe cascade du Doubs (le Saut du Doubs) 9 dans la vallée des Brenets , 1 lieue. ( V. Brenets. )
Chemins. — A la Chaux-de-Fond , 2 lieues ; le chemin est presque partout bordé de maisons. On monte d'abord Crêt-
du-Locle , où il y a uu signal ; de là on traverse les parties de la vallée connues sous les noms de Verger et d'Epi ature. — Du Locle à la Brévine, du côté de l'ouest, 2 lieues. (V. Brévine. ) — Du Locle, par la Sagne , Geneveis et Cofraner à Neuchâtel. 3 lieues. (V. Sagne. )
Loltsch (vallée de ) , en Valais ; elle s'ouvre entre Gampel et Raron , en forme de gorge droite , et s'étend sur une lignp de 6 lieues de longueur dans la chaîne septentrionale des Alpes : elle est arrosée par la Lonza , et entourée de hautes montagnes, dont les principales sont le Breithorn, le Tschingelhorn, le Zachkorn , le Lœtschberg , le Xesthorn et le Bietschhorn. De grands glaciers descendent du Tschingelhorn et du Breithorn, clans l'intérieur de la vallée. On y voit quatre ou cinq villages tout à fait séparés du monde , et où les étrangers ne vont jamais. Un passage de montagne mène de cette v allée dans celle de Ga!?terii , à Kandersteg et à Frutingen.
Lowerz (le lac de) [Lovverzersee, Lauerzersee) , au canton de Schwytz , est situé au pied duRighi; il a 1 lieue de long, 1/2 lieue de large , et 54 pieds de profondeur. Deux petites îles contribuent à l'embellir. Le ruisseau de l'Aa s'y jette, et la Sévern en sort pour aller tomber dans le la^c des Waldstetten. Il est très-poissonneux. Sur ses bords on voit les villages de Lowerz et de Séven , et à peu de distance de la rive celui de Steineu. (V. cet article. ) Ce petit lac , embelli par deux îles d'un aspect très-pittoresque, a quelque chose de singulièrement romantique. Le bourg de Schwytz n'est qu'à 1 lieue de distance de ce lac. C'est à Low erz que l'on trouve le meilleur chemin pour aller sur le Rigi. ( V. Schwytz. } De Lowerz . au travers des débris qui couvrent la vallée de Goldau à Art , 1 lieue 1/2.
LUCENS ( en allemand Lobsingen ) , bourg de 400 habitans , au canton de Vaud , sur les bords de la Broie. L'église est fort ancienne.
Lucerîïe. — Hôtels: L'Aigle-d'Or , restauré à neuf, beaux appartemens , grandes écuries; guides attachés à la maison : Aloys Emliger, Luschtenberger , Audel. — Les Balances, au bord de la Reuss, avec belle vue sur le Rigi, le Pilate , le lac, les Alpes. — Hôtel du Cygne, nouvelle et bonne maison , remontée à neuf. Ces trois hôtels sont dignes de la confiance des voyageurs. Pop. 7,000 h.
Bains. — Du Kriesenther , du Rothen , à un quart de lieue de la ville ; de KnutwiU , à 1 lieue de Surséee ; à Ibenmoosr non loin de la frontière nord-est, à Augstholz.
Diligences, — De Lucerne à Berne, et pour toute îa Suisse.
Bateaux. — A toute heure.
Libraires. — Xavier-Meyer , près de la porte de Bàle ; on voit chez lui le grand panorama duRigi, peint par Henri Relier; M. Martin Anich a un bel établissement : M. Charles Pfiffer d'Altishoffen tient cabinet de journaux au Frienhof en hiver, au jardin anglais en été.
Artistes. — Schmitt 3 maître de dessin; Schwegler , peintre ; Neger. rue du Weggis, extérieur 84, a une collection de cristaux et de fossiles du St-Gothard.
Vue générale. La ville de Lucerne est située à l'extrémité ouest du lac des Quatre-Cantons , au pied de la colline appelée Musegg j à la jonction de la Reuss et du lac. La ville est divisée en deux parties . la grande et la petite ville. Cette dernière est coupée par un canal. Les maisons en général ont une apparence antique; quelques-unes sont d'un style plus moderne.
Portes. — En général elles n'ont rien de remarquable , elles sont nombreuses. Ce sont les portes de Bàle, de la Senti, de la rue de devant les tanneurs, de l'hôpital, etc.
Places, rues. — La place du Cerf, la rue du Fossé-aux- Lions, la place des Étoiles, sont remarquables.
Fontaines. Dans la petite ville : 1' près de l'arsenal, elle est surmontée d'un sauvage; 2° à la tour du Bourgeois, avec deux génies; 3° près de l'église des Franciscains, décorée de l'image de Saint-Antoine ; 4° près du Gymnase : dans la grande ville, on distingue celle du Marché- aux-Vins , ornée de devises.
Tours. Il y en a plusieurs ; la plus remarquable est celle qui commande la maison du gouvernement , et sur laquelle est peinte une énorme figure de géant, on y lit une longue inscription en langue allemande.
Ponts. — Pont des Moulins , de 300 pieds de long, construit en 1403 ; l'intérieur couvert est décoré d'une succession de 36 tableaux à double face, représentant la Danse des Morts, copie faite par Méglenger. Il y a d'autres sujets avec les noms des donataires; 25 pont de la Pieuss, il n'est pas couvert , il a 150 pieds de long et 26 de large ; 3° pont de la Chapelle , construit en 1303 : il a mille pieds de long ; il est décoré de 154 peintures dont 90 commencent au Freyenhof, et représentent les époques des temps héroïques de la'Suisse ; les autres commencent à la chapelle et sont tirés de la vie des deux patrons de la ville, St-Léger et St-Maurice. La Tour
de l'eau est attenant à ce pont ; lx° le pont du Hof, ou pont de la Cour : il a 1,380 pieds ; il est couvert et décoré de peintures sur bois au nombre de 238, tirées de l'ancien et du nouveau Testament.
Édifices publics. — Ie L'église de St-Léger au Hof, ou la cathédrale, fondée en 695. L'architecture est ancienne , mais pleine d'intérêt. Dans le chœur , on remarque le Christ au, mont des Olives , peint par Lanfranc. La grille du chœur est admirable; 2° l'église de St-Pierre, de 1273; 3° l'église et le souvent des Franciscains, ou cordeliers. Le chœur contient quelques tableaux; le plus remarquable est celui qui représente St-Antoine. La nef est ornée de peintures représentant les bannières prises par les Lucernois des temps anciens;
le couvent des sœurs de Ste-Aime : 1° l'église de la Senti ; 63 le couvert des Ursulines: 7° l'église des Jésuites, trèsbeau temple commencé en 1667; l'intérieur est à arcades. Un beau tableau de François Torriani de Mendrisio orne le maître-autel; 8° La Maison, ou Collège des Jésuites, bel édifice; 9° Le Gymnase, ou Lycée, l'instruction esc gratuite; 10° L'Hôtel-de- ville, érigé en 1606; joli édifice, mais peu spacieux ; deux salles larges sont ornées de beaux lambris. Les archives de la République sont déposées dans l'Hôtelde- Ville. Dans l'une des pièces est un beau crucifix et deux tableaux de Carlo Monati ; 11° L'Arsenal. On y remarque la cotte de maille de Léopold d'iVutriche , tué à la bataille de 'Scmpach, son portrait, l'armure du bailli de Landenberg, le collier de fer que les Autrichiens destinaient à Gundoldingen, l'armure du Zwingle, quand il tomba mort à Cappel; les beaux vitraux de l'un des appartemens de l'arsenal; d2a La Maison des Orphelins ; 13° 'Le Grand-Hôpital ; IZt0 L'Hôpital des Incurables ; 15' Le Théâtre.
."Les Bibliothèques publiques sont : 1° celle de la Société de lecture; 2° 3a bibliothèque de la a ille , riche en histoires de la Suisse; 3° les bibliothèques des Jésuites , des Cordeliers, ^des Capucins.
Café de M. Fludei\ d'où l'on jouit d'une belle vue , journaux; café Fédéral.
Le Lion de T/wrvvaldsen. — C'est la merveille de Lu cerne ; c^t le premier monument qu'on doit visiter: il est situé à peu de distance de la ville dans un joli site , au jardin de ^.M. :êe Pfyffer.
* Rien de plus simple à la fois et de plus poétique que «'ette pensée qui a été saisie et rendue par Thorwaldsen avec 4$ut le -succès qu'on devait attendre d'un artiste aussi eé-
LUC 37i
lèbre î un lion percé d'une lance expire en couvrant de son corps un bouclier fleurdelisé qu'il ne peut plus défendre. L'expression du lion mourant est sublime ; il est caché dans une grotte peu profonde, et creusée dans un pan de rocher absolument vertical, le tronçon de la lance qui l'a percé est resté enfoncé dans son flanc; il étend sa griffe redoutable comme pour repousser une nouvelle attaque; sa face majestueuse offre l'image d'une noble douleur et d'un courage tranquille et résigné. Au-dessus de la grotte, on lit l'inscription suivante : Eelvetiorum fidei ac virtuti. Au bas sont les noms des officiers et soldats qui périrent le 10 août et de ceux qui, soustraits à la mort , ont contribué à l'érection du monument. A 10 pas de là s'élève une petite chapelle , sur l'entrée de laquelle on a gravé ces deux mots : Invîctis pax. Du côté opposé, on voit la maison de l'invalide, gardien du monument. Une pièce d'eau vive, alimentée par plusieurs sources, baigne le pied du rocher. Tout autour sont disposés, avec beaucoup de goût, quelques groupes d'arbres qui ombragent les bancs placés dans les points -de vue les plus favorables.
» Le lion a 28 pieds depuis l'extrémité du museau jusqu'à l'origine de la queue, et sa hauteur est de 18 pieds. Il est en haut-relief , et taillé d'un seul morceau dans la masse même du rocher. La grotte dans laquelle il est couché à A4 pieds de long sur 28 d'élévation. A côté est une chapelle élevée à la mémoire des Suisses du 10 août : l'autel est couvert d'une nappe de soie brodée de la main de S. A. R. madame la duchesse d'Angoulème. Les yeux s'arrêtent sur cette inscription : « Ouvrage de S. A. S. madame la dauphine Marie. 'Thérèse de France , an 1825. Donné à la chapnéie du monument du V) août 1792, à Lucerne.
t» C'est un jeune sculpteur de Constance , nommé Ahorn, qui a exécuté ce travail sur le modèle en plâtre envoyé de Rome par Thorwaldsen, et sous la direction du colonel Pfyffer d'Altisàof.
Le Relief de la Suisse du général Pfyffer est digne de la curiosité du voyageur : c'est un travail de patience admirable.
Tarif des bateaux sur le lac de Lucerne:
De Lucerne à Flùelen à ... 9 rames, 20 fr. 25 scheî.
Petits bateaux 5 11 20
Yacht. . . . 4 10 3 8
37a LUC
De Flùeleii à Lucerne environ 5 p. c. de moins.
à Brunnen, à ... 9 15
Petits bateaux 5 3
Yacht. ... i 7 20
Bateaux de poste. Départ : dimanche , jeudi, h heures du matin; mardi, à midi, pour Gersau, Brunnen Flùeîen ; mardi, samedi . 11 heures et demie, pour Rûssnacht . Stanzraclt . Alpnach: de là à Gersau. Trub , Brunnen , 10 barzen: pour Flûelen , 20 bat.
Observation. Oii doit toujours préférer le bateau de poste 3 qui est beaucoup moins cher. A chaque hôtel est affichée la taxe des bateaux ; on la trouve de même affichée dans les petits ports où Ton débarque. Règle générale : une 1/2 heure ou 1 heure au plus après qu'on l'a commandé,, le bateau particulier part.
Points de vue. Beaux sites. La Renk , lieu connu dans l'histoire. Les caves froides des rochers d'Hergisvvyl. — Dupont de la Cour on découvre sur le lac .et sur L'amphithéâtre des Alpes une vue dont la beauté est au-dessus de toute description , surtout lorsque l'illumination du soir est favorable. M. le général Pfyiïer y a fait fixer une table de forme demicirculaire . sur laquelle sont inscrits tous les noms et les hauteurs de toutes les montagnes que l'on voit à l'horizon ; au moyen de rayons tracés sur cette tablette , et de l'alidade mobile dont elle est pourvue . chacun peut déterminer soimême les no^s de toutes les sommités qu'il aperçoit. A Test s'élève le RigTii verdoyant et d'un aspect agréable ; au sud, le sombre et sauvage Pilate , et entre ces deux montagnes, les rochers escarpes du Bïirgenstock, en avant duquel on voit le lac et ses rives gracieuses.
Points de vue. — Près du couvent des Ursulines . aux environs de la ville, sur diverses petites montagnes, qui ont jusqu'à 1.000 pieds de hauteur , telles que le Museck . le Wesmeli, l'Ober-Wartenfliie . le Dietschenberg , le Homberg , l'Uttenberg, le Hitzliberg . U\Halden, le Spizthalmatte. le Gùtsch, le Sonnenberg. le jardin que l'on a établi près de la tille , etc.
Promenade d'une demi-lieue au Rengloch, d'où sort le Krienzbach ; le chemin passe entre le Sonnenberg et le Plattenberg. Le Rengloch est un canal artificiel , pratiqué
dans les rochers depuis le 13* siècle pour protéger la ville contre les fureurs des torrens. — Au château de Schauensée, sur le Schattenberg , à la hauteur de 432 pieds au-dessus du lac , 3/4 de lieue. La vue y est superbe.
Promenades sur le lac jusqu'à l'île d'Alstadt , d'où l'on voit ce magnifique bassin depuis Kùssnach jusqu'au fond du golfe d'Alpnach; du côté de la rive du S.-O. jusqu'au lieu pittoresque et romantique connu sous le nom d'Im Clausen, et au golfe mélancolique d'Alpnach , qui , surtout le soir et le matin , offre une grande richesse de sites sublimes et d'un style sévère. On peut aussi y aller à pied de Lucerne en suivant la base du mont Pilate ; on arrivera à Horb et de là à Winkel , 1 lieue , où l'on prend un bateau pour se rendre à Alpnach , trajet d'une lieue 1/2. A Winkel on trouve un sentier qui mène aussi, à Alpnach par la Renk , et l'on découvre une belle vue du point le plus élevé de ce passage. Quand on s'embarque à Winkel on voit , au sortir du golfe . à l'est , le petit village de Kirsiten , situé sur la rive opposée, au pied du Burgenstock (sur le Bùrgen on observe une source périodique dont les intermittences ont lieu tous les jours ) ; au S.-E. , Stanzstadt et la Blum-Alpe aux teintes d'un vert sombre; au nord, la vaste surface du lac , au bout duquel on distingue Kùssnacht et le Righi ; à l'ouest , l'âpre mont Pilate et le village de Hergiswyl , au pied de la Renk. A dix minutes de ce lieu on trouve des grottes ou caves pratiquées dans des rochers calcaires ; il y règne une telle fraîcheur , qu'on peut y conserver du lait pendant un mois , et que les cerises y restent fraîches toute l'année ; le thermomètre , au mois de juillet , y était fixé à 3° 3' R. , tandis qu'en plein air, il indiquait 18°. — En traversant le golfe d'Alpnach , il faut prendre terre près du Rotzloch pour voir cette gorge samage , située entre des rochers déchirés et la cascade du Mehlbach. ( Y. Alpnach. ) — Entre le Rotzberg et Aipnach 011 trouve au bord du lac une fontaine d'eau soufrée. — Promenade au confluent de l'Emme , de la Reuss , près des ruines du château de Stollberg , et sur les bords d'un petit lac fort poissonneux , connu sous le nom de Roth-Sée , qui n'est qu'à 1/2 lieue de la ville, et dont la longueur est aussi d'une demi-lieue. Petite excursion à Sempach , 3 lieues ; c'est là qu'en 1386 les confédérés remportèrent une victoire sur les Autrichiens. ( V. Sempach. )
Chemins. Neu-Hasburg. — Sur le mont Pilate, 5 ou 6 lieues. (V. toutes les particularités de cette montagne à l'article Pilate. ) Il a déjà été question des chemins d'Alpnach et de
Stanzstad. AAltorf , au canton d'Uri, sur le lac, en 0 heures, quand le vent n'est pas contraire. A Kûssnacht, aussi par eau, 3 lieues. [V. pour ces divers trajets l'article Lucerne [lac de), ou des Waldstetten. ) De Lucerne on peut aussi aller à pied en 3 heures de marches à Kûssnacht, en passant parles villages de Meggen et de Mcerlischach. Ce chemin pre'sente une variété extraordinaire de points de vue. On passe près des ruines du château de Neu-Habsburg, sur la Rameflue, colline située au-dessus du village de Meggen, et d'où l'on embrasse d'un coup d'œil toutes les rives du lac. On va en .10 heures à Zurich par une grande route. (Y. Albis et Knonau ). A Zug, U lieues. Arrivé au pont de la Reuss, à 2 lieues de Lucerne, le voyageur à pied se dirige à droite, par un chemin qui mène à Buonas, 1 lieue. A une demi-lieue audelà du pont, on entre dans le canton de Zug, et l'on s'embarque à Buonas pour Zug. — Le grand chemin de Berne passe par Zofiugen ; celui qui y mène par Willisau et Langenthal , plus court (18 lieues), traverse la vallée d'Entlibuch, mais il est très-fatigant pour les personnes qui voyagent en carrosse. — De Lucerne les gens à pied vont en 6 heures à Entlibuch, le long de la petite Emme. par Enningen, Malters (que l'on nomme le Kropfthal, c'est-à-dire vallée des Goitres , à cause des goitres auxquels les habitans sont très-sujets , et le Brameck ( Y. Entlibuch).
De Lucerne au Rzci , 4 h. 55 m.
Wûrzburgthal
Forêt
Seeburg, ruine
Unter-Seeboden
Hauteur
Ober-Seeboden
Meggenk appelle, h.
Croix
Meggen, vill,
Rigi Stàffel
Kûssnacht, bourg
Rigi Kulni
Gesslerburg
De Lucerne à Saxeln, 5 h. 40 ni.
Chât. de Sonnenberg
Pont de Schlieren
Horw, vill.
Schlieren, vill.
Winkel, vill.
Kagiswyl, vill.
Sur le lac jusqu'au
Bizighofen, vill.
Bergspitze
Pont sur l'Aar
— ^u.R©taloch
Sarnen, bourg.
— à Gesta4 , vill.
Chapelle
AIpnaGh, toâurg.
-Saxeln , bourg.
De Lucerne à Altorf, 8 h. i5m.
Par le lac — Brunnen
jusqu'à Kreuz- — Riedli
trichter Ih. 10 — Tellen plate
— Xase 1 50 — Flùelen, vill.
— Gersau , bourg. 1 05 — Altorf
De Lucerne à Sempach ? 3 h.
Grand, vill.
Chapelle Bains de Rothen Pont d'Enimen
Aarau
Altorf
•Appenzell
Arth
Bade
Berne
Chiavenna
Coire
Como
Fribourg
Genève
Glaris
Grindelwalu
15 Gerlischwyl. vill.
30 Rothenburg , bourg.
5 Bertischwyl, vill.
5 Sempach
De Lugerne à :
9 h. 1/4 Langnau
8 1/4 Lauterbrunnen
28 Lungern 4 Schwytz
11 Soleure
17 1?2 par Berne.
47 1/4 Thun j — leBrùnig.
29 1/2 I — l'Entlibuch 42 Untersée
22 1/2 Zofingue
45 1/2 Zurich
14 1/2 Zug 17 1/4
lh.05
uo
Llcerae [le canton de), l'un des plus fertiles, le troisième en rang dans la Confédération, et l'un des trois états présidiaux. Il est situé presqu'au centre de la Suisse, et borné au X. par Argovie, à l'E. par le même canton et par ceux de Zoug et de Schwytz, et au S. par l'Unterwald et Berne, dont le territoire lui sert aussi de limite à l'O. Sa longeur est de 11 à 12 lieues sur 9 à 10 de largeur, et sa forme est assez arrondie , excepté du côté de l'Entlibouch. Sa surface est d'environ 36 milles carrés , et offre partout des collines fertiles et des vallons bien arrosés, si ce n'est dans la partie duS.-O., dont dépend l'Entlibouch, contrée alpine renfermée entre l'Emmenthal et l'Unterwald, et remplie de montagnes, dont les plus hautes , qui sont le Pilate elle Xapf, n'atteignent cependant pas la limite des neiges. Indépendamment du lac des Waldstettes, on y remarque encore celui de Sempach, La plus considérable de ses ri-
vières est la Reuss , qui reçoit la petite Emme un peu audessous de la capitale.
Les habitans , dont le nombre est d'environ 97,000, professent exclusivement la religion catholique; ils sont d'un caractère probe, gai et actif, mais assez enclins à la superstition. On trouve quelques vignes dans les parties les plus tempérées du canton, et il croît des châtaigniers au pied du Righi ; mais les prés, les arbres fruitiers et les blés y réussissent mieux. Le canton a l'avantage de produire plus de grains qu'il n'en consomme, ce qui l'a préservé des graves inconvéniens qui résultent de l'industrie manufacturière. Le transit des marchandises qui passent le Saint - Gothard forme une ressource considérable pour les habitans, et de belles routes facilitent ce genre de commerce. Les bains de Knoutwyl et d'x\ugstholz sont très-fréquentés.
Le canton, dont la capitale est Lucerne, se divise en cinq bailliages qui forment 18 districts. Quoiqu'il n'existe pas de privilèges , la bourgeoisie de la ville fournit 50 membre? , c'est-à-dire la moitié du grand conseil ou conseil souverain de la « ville et république de Lucerne. » Ces places sont à vie. et le chef de l'Etat porte le titre d'avoyer. Trente-six membres du grand conseil forment le conseil entre les mains duquel réside le pouvoir exécutif, administratif et judiciaire.
Le clergé dépendait autrefois de l'évèque de Constance :1e canton compte plusieurs consens et deux chapitres de chanoines. La ville possède un séminaire de prêtres et plusieurs bons établissemens pour l'enseignement des sciences. On voue aussi beaucoup d'attention aux écoles des campagnes.
Lucerne (le lac de) est plus généralement connu sous le nom de Lac des Waklstetten ou des IV Cantons; on l'appelle ainsi , parce qu'il est situé entre les pays de Lucerne , Uri, Schwytz et Unterwald, qui. pendant le moyen âge. se nommaient les Waldstetten. Sa surface est à 1,320 pieds audessus de la mer, selon M. le général Pfyffer. Il y a, de Lucerne à Fluelen, 9 lieues de long, et à h ou 5 lieues de large depuis Kïïssnacht jusqu'à Alpnach. En divers endroits de ce lac, par exemple près de l'Achsenberg, on a trouvé 600 pieds de profondeur. L'enceinte des montagnes dont il est entouré , et dont les sources viennent grossir ses ondes, commence au mont Righi , s'étend par Ruffiberg , le Mythen , le Miessern et les Alpes-Clarides , jusqu'au mont Pilate . où elle se termine. De tous les torrens qui se jettent dans
ce lac; les plus considérables sont la Muotta , le Severn , les deux Aa et le Melchbach. La Reuss, qui y tombe près de Flûelen et en sort à Lucerne , est une grande rivière. (V. sur les sources de la Reuss l'article Gothard.) Ce lac est singulièrement poissonneux , surtout du côté du canton d'Uri.
Beautés particulières à ce lac, — Des nombreux lacs de la Suisse , il n'en est aucun qui puisse entrer en comparaison avec celui de Lucerne. Ses rives ne sont point ornées d'une multitudes de villes, de villages, de maisons de plaisance, de jardins, de vergers et de vignobles; des coteaux couverts d'une végétation riche et vigoureuse ne s'élèvent pas sur ses bords ; et cependant l'aspect qu'il offre est d'un attrait irrésistible ; il laisse à l'âme des souvenirs ineffaçables. La nature y déploie tout l'empire de sa majesté ; l'inépuisable variété de ses images, les contrastes singuliers de tout ce qu'il y a de plus imposant, de plus affreux dans le monde, et des scènes les plus douces et les plus romantiques étonnent et ravissent le spectateur. A mesure qu'on pénètre dans les golfes de Kûssnacht , de Lucerne, de Winkel, d'Alpnach , de Buochs et de Flûelen, dont l'aspect est tantôt gracieux, tantôt sublime , tantôt mélancolique et tantôt effrayant, on voit, pour ainsi dire, à chaque coup de rame changer les formes des montagnes qui s'élèvent du sein de ses ondes jusqu'à la région des nues ; les vues, les sites pittoresques qu'on aperçoit et depuis ces golfes et depuis le milieu du lac, à l'endroit nommé Trichter, offrent une diversité infinie , selon les difïérens effets de la lumière et des ombres, surtout quand ces grands objets sont éclairés par les rayons du soleil le matin et le soir. De quelque point que l'on contemple ce lac, on voit régner dans toutes ses parties un caractère majestueux, sublime et extraordinaire, qui excite la surprise de l'admiration. Aucun autre lac ne présente d'aussi fortes ombres, des teintes aussi sombres , et des effets de lumière aussi singuliers.
Navigation, Orages. — Divers voyageurs ont parlé d'une manière si effrayante des dangers auxquels les bateaux sont exposés sur ce lac , qu'il y a beaucoup de personnes qui ne s'embarquent point sans frémir pour le traverser. Il est certain que l'on n'est pas exempt de tout péril, lorsqu'on se voit surpris par une tempête violente dans le golfe de Brunnen et de Flûelen , et aux environs de l'Obernase et de l'Unternase , où les rochers descendent verticalement dans le lac , de sorte qu'on ne trouve qu'un petit nombre d'endroits
où il soit possible d'aborder; dans ces cas-là, l'aspect de la nature irritée est vraiment terrible. Mais partout ailleurs il y a bien moins de dangers à craindre ; et , pourvu qu'on ait la précaution de prendre un bateau qui ne soit point trop petit, et des bateliers expérimentés et sobres, on échappe, même dans ces golfes si décriés, aux abîmes qui s'ejitrouvrent mille fois avec fureur aux yeux du voyageur épouvanté. On a donc certainement exagéré les dangers de cette navigation. Du reste, il est à propos de s'arranger de manière à pouvoir arriver à Flûelen avant ]e coucher du soleil, de quelque partie du lac que l'on se propose de se rendre dans ce lieu. Car lors même qu'il n'y a pas d'orage à craindre, les vents qui descendent alors des Alpes ont coutume de contrarier la marche des bateaux, et, lorsqu'ils sont violens, ils la prolongent quelquefois jusqu'à nuit close. Il faut de plus engager son aubergiste à faire venir des bateliers habiles et sobres , se pourvoir d'un bateau d'une grandeur raisonnable , ne point s'obstiner à partir à une certaine heure, mais consulter les bateliers sur le temps, et se conformer à. leurs avis. En s'y prenant ainsi, on pourra, sans crainte et sans inquiétude, se livrer au plaisir de contempler le spectacle de cette nature extraordinaire. Quand il a plu pendant des jours entiers, il tombe du grand et du petit Ach~ senberg des pierres qui se précipitent le long des parois verticales delà montagne, et rendent la navigation dangereuse. — Lorsque les orages ne permettent pas de s'embarquer sur le lac pendant plusieurs j ours , ceux qui sont dans la nécessité de continuer leur voyage peuvent se rendre de Brunnen ou de Morschach, par le mont Achsenberg, à Flûelen. C'est une marche d'une bonne journée. Pendant les campagnes de 1799 et de 1800, le général Lecourbe et ses grenadiers firent cette route à la lueur des flambeaux.
Trajet de Kiissnacfit à Lucerne. L'île cl'Altstadt. — L'aspect que le lac dans toute sa largeur , dominé par la sombre Pilate , présente au voyageur qui s'embarque à Rûssnacht est d'une grandeur pompeuse et solennelle. La tour blanche et brillante de Stanzstad (bâtie , à ce qu'il paraît , dans l'intervalle de 1260 à 1308 ) , qui semble sortir du sein des ondes noirâtres du lac , ajoute un nouvel attrait aux teintes obscures des Loper-Alpes , sur les bords du golfe d'Alpnach. A droite, on voit s'élever doucement les collines duMeckenberg; - on y distingue le village de Mœrlischachen , la frontière du canton de Schwytz , et plus loin le village de Mecken , et les ruines du château de i\Teu-Habsburg , sur la colline do-Rame-
flue , d'où l'on découvre une fort belle vue au-dessus de Mecken. (V. Lucerne [la ville de) , sur ce château.) A gauche» au pied du Righi , qui s'abaisse par une pente douce , une langue de terre couverte de forêts , et nommée la Zinne , le village de Greppen et le promontoire du Tansenberg. Aa bout de 1 heure 1/2 , on aborde à la pointe du Meckenhorn , près de laquelle est située l'île d'Alstadt. On voit en face le Kreuzlrichter au S.-E.., entre les Nases; les regards pénètrent au IV. -E. dans le golfe de Kùssnacht , et au S. dans celui d'Alpnach. A TE. , domine le Righi, dans toute la beauté de ses formes et de ses côntours gracieux , 4,256 pieds ; au S.-O. lePiiate sauvage et déchiré , 5,760 pieds.
Depuis l'île d'Alstadt, on se rend en une heure à la ville, en traversant le golfe de Lucerne; dans ce trajet , on voit à droite les belles collines d'an der Halden , et à gauche , les longs coteaux de Viereck et de Schattenberg.
Trajet par eau à Stanzstad et FUlelen. — On a déjà trouvé plus haut, à l'article Lucerne, les directions nécessaires pour ]e trajet de Lucerne à Stanzstadt, et à Winkel dans le golfe d'Alpnach. De Lucerne à Flûelen, 9 lieues. En passant par le milieu du lac , on se rend à la contrée du prom. de Tanzenberg ,2 1. Là, on aperçoit au pied des flancs escarpés du Bùrgen le modeste Kirsiten; à gauche la partie méridionale de la base fertile du mont Righi, le château de Hers tenstein , les villages de Weggis (V. cet art. ) et de Fitznau , . et directement à l' opposite les parois escarpées. du Muttenstein et du Wispleneck. Après avoir franchi les deux Nases , ou découvre tout le golfe de Buochs (V. cet art. ) , le bourg et la pointe de même nom , le fertile revers méridional du Bùrgen, et bientôt le village de Beckenried, le Rauschbach et le Sélisberg ; à gauche , Gersau qu'on voit au pied méridional du Righi (Y. Gersau); bientôt aussi du côté de TE. le village de Brunnen ; enfui au pied du Mythen , aux deux dents chenues (û,5Zi8 pieds au-dessus du lac) , on voit s'étendre les magnifiques coteaux sur lesquels est situé leb. de Schwytz. Sur les hauteurs du Sélisberg on trouve le village de même nom , les ruines des châteaux de Blumenstein et de Béroldingen, berceau d'une ancienne famille qui subsiste encore aujourd'hui , et en avant de la pointe de Sélisberg , le hameau de Treib , sur la frontière des cantons d'Uii. et Unterwald , où les trois premiers cantons ont souvent eu des conférences dans les commencemens de leur confédération. Quand on a doublé la pointe on se trouve en face de Brunnen, où les bateliers ont coutume de s'arrêter pour dîner. ( V. Brunnen, )
38o LUC
De là à Flûelen, 3 lieues. Après avoir passé le rocher de Wytenstein , qui s'élève du sein des ondes , on voit s'ouvrir tout le bassin du golfe méridional , lequel est resserré entre deux chaînes des plus âpres montagnes. Immédiatement au-delà de Brunnen s'élève la Frohn-Alpe , 4,080 pieds , au pied de laquelle on voit le Geifssteg et leScheiberaeck , dans la vallée de Sissigen ; le Bukisgrat , le Hackemesser , et au-dessus de ces dernières montagnes le grand et le petit Achsenberg : sur l'autre rive le Sélisberg , û,415 pieds ; le Niederbauer , le Werch, le Leufelsmunster et le Kolm. Au fond , on voit s'accumuler au S.-E. un monde de montagnes sauvages dont la hauteur va toujours en croissant , et au milieu desquelles le Bristen granitique , et chargé de glaciers ( 6,700 pieds au-dessus du lac ) frappe principalement la vue.
Le Grïitli ou Griitlis-Matte. Origine de la liberté des Suisses,— Les bords de ce golfe présentent deux sites classiques, deux monumens sacrés de l'histoire de l'humanité. Au-delà du promontoire du Wytenstein est située la prairie escarpée du Grùtli , au pied du Sélisberg ; on y voit une maison qu'ombragent des arbres fruitiers, arrosée par des eaux de trois sources. C'est dans ce lieu que Werner Stauffacher de Steinen , au pays de Schwytz , Erni ( Arnold ) an der Halden , de Melchthal dans l'Unterwald , et Walter Fûrst, d'Attinghausen au canton d'Uri , se rencontrèrent pendant la nuit ; c'est là que ces hommes magnanimes jurèrent de rompre les indignes fers de l'esclavage , d'expulser les tyrans , et de verser, s'il le fallait , jusqu'à la dernière goutte de leur sang, pour rendre à leur patrie , les antiques droits qu'on lui avait si injustement ravis.
Telle fut l'origine de la confédération helvétique et. de cette nation suisse qui a rempli l'univers de sa gloire. L'an 1313 , le 23 de juin , les trois peuples des Alpes d'Uri , Schwytz et Unterwald renouvelèrent leur alliance dans la prairie de Grùtli; enfin , ils l'ont fait confirmer pour la dernière fois en 1713 par 300 députés qu'ils envoyèrent à cet effet sur ce sol consacré à la justice et à la liberté.
Le rocher et la chapelle de Tell. — L'autre monument classique qu'on voit dans ce golfe est la chapelle de Tell , située au pied des rochers de la rive orientale , à 1 lieue 1/2 de la prairie de Grùtli. Avant d'y arriver on découvre sur la même rive l'étroite vallée de Sissigen et le hameau de même nom. Du sein de ce vallon s'élève le sauvage Achsenberg, à la hauteur de 5,3^0 pieds au-dessus du lac; ses parois escarpées forment le Bukisgrat et le Hakemesser, au-dessous desquels
le lac a 600 pieds de profondeur. De ce rivage effrayant et dangereux pendant la tempête s'avance un quartier de rocher bien en avant dans l'eau. C'est sur ce roc que Guillaume-Tell, dans le trajet d'Altorf au château de Kûssnacht, où l'infâme Gessler prétendait le jeter dansun cachot, s'élança hors du bateau dont on lui avait donné la conduite. Dès lors ce rocher a porté le nom de Tellenplatte ou Tellensprung. Trente et un ans après sa mort, ses compatriotes érigèrent une chapelle dans ce lieu, ainsi qu'kBûrglen, où il était né. Toutes les années on a coutume de dire une messe dans cette chapelle en mémoire de ce héros libérateur , un grand nombre de personnes assistent toujours à cette céré. monie. Les peintures dont les murs sont couverts représentent cfifférens traits de l'histoire de ce grand homme. Cette chapelle ouverte offre en divers points du lac un aspect pittoresque ; à l'opposite on aperçoit l'entrée de la vallée d'Isisthal, ses montagnes couvertes de bois de hêtres, le moulin à scier de la Risleten , et le hameau de Bauen. Plus haut s'élèvent le Rothstock , les Alpes Surènes , et la Blumlis-Alpe, et son glacier à la hauteur de 8,760 pieds audessus de Ta surface du lac (V. Isis-Thal ). De la chapelle de Tell on gagne le port de Flûelen en côtoyant les horribles rochers du petit Achsenberg, d'où descend le Milchbach , tor. rent sorti d'un petit lac d'une des x\lpes voisines. Au sud, où. la Reuss va se jeter dans le golfe , on aperçoit Séedorf au pied du Gusschenberg. (V. FLïieien.)
Licie\steig , nom d'un défilé situé près de la frontière septentrionale du canton des Grisons, du côté de la Souabe , entre la Guscher-Alpe ( 5,573 pieds au-dessus de la mer ) et la montagne de Flesch (3,114 pieds ) , et sur la rive droite du Rhiu. Xon loin du Luciensteig un petit sentier conduit à Gurcha , village écarté , bâti sur l'escarpement de la Guscher-Aîpe. Les mœurs des habitans de ce lieu offrent le tableau de la simplicité des patriarches. On assure dans le pays que les mères ont coutume d'attacher à une corde d'une certaine longueur leurs enfans en bas âge , lorque les ouvrages de la campagne les obligent de les laisser seuls à la maison , de peur qu'ils ne tombent du haut des rochers , tant les parois de ces montagnes sont escarpées.
Licmamer ( ou Lukmanier ; en latin 3fons lucumonius ; en langue rhétienne Lokma'jn , Quolm Santa - Maria) , montagne située dans les Alpes des Grisons, entre la vallée de Médels et le Val-Biégno. On passe par le Lucmanier pour aller de Di sentis à Bellinzone.
Particularités. — L'hospitalier est obligé de planter de grandes perches le long du chemin , depuis le point de Vicira jusqu'à la frontière , de tenir la route ouverte , de donner l'hospitalité aux voyageurs , de leur procurer tous les secours qui dépendent de lui. L'hôpital de Sainte-Marie , situé entre les ruisseaux ce Curlim et de Rondaedura ; occupe le point le pins élevé du passage. Cinq différentes vallées viennent aboutir au col de Lucmanier : 1° au nord, celle de Médels: 2° au sud-est, le Val-Blégno: 3° au sud, le Val-Termini , Terms , ou Uomo ; ù° à l'ouest, le Val-Curlima , ou Cadélina; 5° au nord-ouest, la vallée de Ronda?daraJ, ou de JValps. Parmi les ruisseaux qui serpentent dans les pâturages du Lucmanier , on distingue le Rurlimer-Bach , lequel est le principal des bras dont la réunion forme le Rhin-du- Milieu. Le Scopi . qui s'élève ci quelque distance du Lucmanier, et dont il sera question plus bas, est une montagne remarquable par sa hauteur. — Le Rhin-du-Milîeu . qu'on appelle aussi la Froda , forme une belle cascade au débouché de la Val-Cadélina.
Chemin d'Olivone , dans la Val-Blégno , sur le Lucmanier. — D'Olivone . le chemin passe par la vallée de Camper , ou Zura , qui s'étend dans la direction du nord-ouest , et va en h heures à l'hospice de Santa-Maria , sur le Lucmanier. En chemin on rencontre aussi les hôpitaux de Camper , 1 lieue, de Casaccia . 2 lieues : et de Sainte-Marie , 1 lieue ; cependant on fera bien de se munir à Olivone des provisions nécessaires. Au-delà de Casaccia, le voyageur trouve à gauche , en suivant le ruisseau, une source extraordinairement abondante qui sort de derrière un rocher calcaire ; c'est la seule qu'on rencontre dans toute cette contrée. On arrive au point le plus élevé du passage, à 1/2 lieue au-dessus de Casaccia. On y voit une croix de bois qui indique la frontière , entre la vallée de Médels et la Val-Blégno , et par conséquent entre le canton des Grisons et celui du Tessin. A 1/2 lieue de distance est situé, sur le rêver? du mont Uomo, l'Alpe de Prausack (c'est-à-dire prairie maigre , au milieu de laquelle on trouve l'hospice Sainte- Marie.
Chemins de Disentis , sur le Lucmanier. — Ce chemin, qui passe par la vallée du Médels, est remarquable par les beauté? romantiques et par les scènes sublimes que la nature y déploie. De Disentis jusqu'au bout du col 5 lieues. (V. Médels. )
Chemin çt'Airolo sur le Lucmanier. — Le troisième che-
LUC 383 min qui aboutit an Lucmanier part d'Àirolo ; il traversela Val-Piora et la Val - Termini , autrement nommée vallée de Terms , ou dTonio , et va aboutir à l'hospiee de Sainte-Marie , h lieues 1/2. Les vastes Alpes de Piora et les superbes saules de Val-Termini rendent ce chemin très-agréable.
Source du Rliin-du-Milieu. — A une petite demi-lieue à l'ouest de Sainte-Marie commence la Val-Kadélina ( ce nom dérive probablement des mots Ka d'ol Rhin, c'est-à-dire tête ou source du Rhin ; on l'appelle aussi Kadélina, Kuriima ou Kurlim ). Sa longueur est de 1 lieue 1/2 jusqu'au lac Dim ; d'où sort le Rhin-du-Milieu. Ce lac reste quelquefois gelé pendant tout l'été. Le petit ruisseau qui en sort , va se réunir à l'écoulement du lac Skur, avec lequel il forme le lac Insla ( en italien Isola). 11 en sort sous le nom de Froda, et, grossi des eaux du ruisseau de Terms et du Radicerbach qui s'y jette à Sainte-Marie, il forme le Rhin-du- Milieu, et continue de descendre le long de la vallée de Médels. (V. Tavetsch.) Quand de Sainte - Marie on passe dans la Val-Kadélina , on découvre, dans la chaîne de mon. iagnes que l'on voit à gauche , le Piz-Rurlim, le Kada'jn et le Pégora , que l'on appelle collectivement la Sceina de Kurlim , Kadlim (en italien Scanadu), Le lac Kada'jn, situé dans 'a Val-Piora , est formé par l'écoulement des eaux du lac Piigora , que l'dn trouve au fond d'une sombre vallée. Vient ensuite le Piz-Skur, autrement dit Piz-Tom. A quelques pas du lac Skur est situé le petit lac Pigu, dont l'écoulement va grossir les eaux du lac Tom, dans la Val- Piora. Au sud du lac Dim s'élève le Piz-Ténéda . qui ferme la Val-Cadélina et la sépare de la Val-Canaria , laquelle est un vallon latéral de la Val- Lévantine supérieure, au canton du Tessin. Au reste , le revers de la montagne qui regarde cette vallée, est couvert de neige vers le sommet. Les rochers du Pontenaera s'élèvent au nord-ouest entre les vallées de Canaria de Cadélina , de Cornsera et de l'Unter-Alpe ; cette montagne se trouve ainsi placée dans un foyer central des Alpes , de sorte que les ruisseaux qui sortent de ses amas de neige et de glace vont se jeter dans le Tessin , dans la Reuss et dans le Rhin. Les hauteurs qu1 séparent la Val-Canaria de la Val-Cadélina , le Pontenaera et le Piz-Skur, que Ton voit entre les lacs Skur et Pégora , sont trois montagnes d'où l'on jouit d'une vue où la nature sernble avoir réuni toutes les beautés dont elle se plaît à décorer les Hautes- Alpes. Le côté du Pontenasra qui regarde le nord-ouest est celui dont l'accès est le plus facile*.
au reste, il faut choisir un temps fort serein pour gravir cette montagne. ^ Vue du Scopi, l'une des plus remarquables de toute la chaîne <les Alpes. — Le Lucmanier est principalement digne de toute l'attention des voyageurs, en ce que duhaut d'un de ses pics , nommé le Scopi, on découvre une vue extraordinairement étendue sur une des parties les plus intéressantes de toute la chaîne des Alpes. Lorsque le temps est parfaitement serein , les regards pénètrent au sud-ouest , par-dessus une multitude innombrable de sommités jusqu'au Mont-Blanc , et au nord-est jusqu'au Dreyhernspitz en Tyrol , ce qui de chaque côté forme une ligne d'environ 50 lieues. Mais du S. au X. Ton ne découvre guère qu'une étendue de 15 à 16 lieues ; savoir : depuis le Moschelhorn et le Lentahorn jusqu'au Piz- Rusein , sommité voisine du Dœdi. Enfin, l'on voit à ses pieds quelques-unes des vallées et des lacs du St.-Gothard , ainsi que les sources du Rhin, du Tessin et de la Reuss. Quand on se propose de monter sur le Scopi , il faut passer la nuit à l'hospice de Santa-Maria. Cette auberge appartient au couvent de Disentis. Il faut A ou 5 heures pour atteindre le sommet du Scopi , en partant de l'hospice de Sainte- Marie , et 2 heures pour en redescendre ; de sorte que ce voyage exige une journée entière. Les mois de juillet et d'août sont les plus convenables pour visiter cette montagne , sur laquelle les chasseurs de chamois de la vallée de Médels servent de guides. Au sortir de l'aubçrge on passe la Froda sur un pont ; après quoi on prend à gauche et l'on se met à monter , du côté de l'est , par une pente fort raide couverte de pâturages. En chemin on rencontre des sources d'une eau très-froide et fort saine, dans laquelle on fera très-bien de se désaltérer avant d'atteindre la première pente de la montagne qu'on trouve à moitié chemin du sommet du Scopi; car on ne trouve pas de sources plus haut. En poursuivant sa route, il ne faut point s'écarter du revers occidental de la montagne , attendu qu'il n'y a de ce côté ni glaciers ni rochers à gravir ; on passe seulement sur quelques places neigées. A gauche on voit toujours une quantité de neiges , à l'est le glacier de la vallée de Casaca, au nord ceux de Valaca et de Garviel , et sur le Scopi même , à peu de distance au nord-est , le superbe glacier de Médels. Parmi les sommités voisines du Scopi on distingue le mont Valaca , qui s'élève entre la Val-Cristallin a et la vallée de Dugarei , par laquelle on entend celle du Lucmanier ou de Sainte -Marie. Du côté sud-est et du nord-ouest , les flancs du Valaca sont couverts