‹ Manuel du voyageur en SuisseChapitre 129 sur 185 · TOUR DE QUATORZE JOURS · texte numérisé non relu

TOUR DE QUATORZE JOURS

Premier jour. — Berne; déjeuner à Thun; visiter le Baechihœlzlein, Schadau; traverser le lac ; visiter la grotte deSt.- Béat ; coucher à Unterséen ou Interlacken.

Second jour. — Visiter les environs d'Unterséen et d'Interlacken ; promenade à Beenigen ; par eau à Ringgenberg , retour à pied par le Hohbùhl : au soir, promenade sur le petit Rugen.

Troisième jour. — A Zweylùtschinen , Unspunnen, Wilderschwyl. Ascension de l'Eisenfluh , Mûrren , à Mùrren. Quatrième jour, *~ De Murren par Grindelwald à Stechel-

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berg , et à la cascade du Sehmadribach ; visiter les anciennes mines deTrachsellauenen; à Lauterbrunnen.

Cinquième jour. — De Grindelwald par la petite Scheideck, la Jungfrau, les deux Eigers, à Grindelwald.

Sixième jour. — Ascension du Faulhorn ; ou visite aux deux glaciers; à Schwarzwald.

Septième jour. — Au Grimsel, à l'Hospice.

Huitième jour. —Le glacier du Rhône ; retour à l'Hospice, le glacier de l'Aar, ou Ascension au Sidelhorn ; retour à l'Hospice.

Neuvième jour. — A Meyringen ; visiter le défilé du Finstere Schauche sur le Kirchhet.

Dixième jour. — Environs de Meyringen ; chutes duReichenbach; Falcheren, à Meyringen.

Onzième jour. — Par le Hasliberg et ses villages à Brûnig ; redescendre dans la vallée de Hasli, par le pont de Wyler; à Tracht ouBrienz.

Douzième jour. — Visiter la cascade du Giessbach; à Iseltwald, Interlacken, à Unterséen.

Treizième jour. — En bateau par le lac de Thun à Spietz; à pied 31. Gwatt (Ballerive, F.), Amsoldingen, et aux bains de Blumenstein.

Quatorzième jour. —A Berne, par Thurnen, ou par le Gurnigel.

§. 1, De Berne à Thun, 5 h. 10 m.

Liebeck,

Mùnsingen,

Jolimont ,

Neuhaus,

Eckhoelzi,

Nieder-Wictrach ,

Ober-Wictrach ,

Mûri,

Murachern ,

Krailigen,

Kiesen ,

Allmendigen,

Heimberg,

ao

Klein-Hœchstetten ,

Sulgbruck ,

Rubigen,

Thun,

Schwand,

Deux routes différentes conduisent de Berne à Thun : l'une sur la rive droite de l'Aar, qui est la plus courte ; l'autre, sur la rive gauche, est d'une lieue plus longue.

Une fontaine est placée sur le point où les deux routes se séparent* et où l'on prend, par le Muri-Stalden, celle de Thun.

Lorsqu'on a atteint la hauteur de Muri-Stalden, on voit ,

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dans le fond du vallon FAar, dont les ondes azure'es annoncent qu'elle doit sa naissance aux glaces les plus pures des Hautes- Alpes.

Bientôt Berne disparaît; on voit tout au plus encore quelques tours et quelques remparts. On s'aperçoit du voisinage de FAar par le bruit de ses flots que l'on entend toujours ; mais elle se soustrait à nos regards.

A 3/4 de lieue du haut de la montée de Muri-Stalden, la route se sépare en deux, dont l'une, à gauche, conduit dans l'Emmenthal, tandis que l'autre tend directement vers l'Oberland.

A l'issue de la vallée d'arbres alignés qui ombragent la plus grande route, la vue devient plus champêtre; les maisons de campagne de citadins , plus éloignées les unes des autres , laissent place dans leurs intervalles à de petites forêts, à des fermes et à des toits de chaume, tels que l'on en voit à Mari.

A deux minutes de l'église de Mûri, à côté d'un puits, un chemin , à droite de la grande route, conduit au point d'où Aberti a pris un de ses plus beaux paysages. On passe entre quelques maisons, et l'on se rend tout droit sur une colline que l'on atteint en moins de cinq minutes. Lorsque le terrain n'est point ensemencé, on peut monter jusqu'à deux tilleuls plantés sur son sommet , pour jouir d'une vue superbe et fort étendue.

En poursuivant la route , on aperçoit à droite , dans le fond, FAar, et au-delà, au pied du Belpberg ( montagne de Belp ) , le grand village de Belp, derrière lequel on découvre maintenant le Lœngeuberg, dont le talus, doucement incliné, avait été caché jusqu'alors presqu'en entier par le Gurten.

DepuisMuri, la route continue en plaine entre des prairies, des vergers et des champs, vers Allmendingen. Seulement près de ce village, elle monte insensiblement au travers d'un petit bois qui ôte pour un moment toute vue dans le lointain. On a alors à gauche un coteau boisé, nommé le Hïmhlein, dont le sommet porte des indices d'ouvrages humains des temps les plus reculés.

Depuis Allmendingen jusqu'à Thun, la vue à gauche de la route est assez insignifiante et bornée, à l'exception de quelques échappées, dans l'une desquelles l'on voit Gûmligen, et. au travers de la clairière d'un bois, le château de Wyl; plus loin, dans la même direction, l'œil pénètre dans le joli vallon de Diessbach et ses vertes prairies, et enfin , plus près de Thun, jusqu'au champêtre village de Steffisburg.

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De Rubigen , hameau où se trouve une seule maison de campagne assez triste, on arrive à Mûnsigen ou Munsingen , grand village paroissial, qui s'est relevé après plusieurs incendies, plus beau et mieux bâti qu'il n'était auparavant.

Munsingen est situé vis-à-vis du Belpberg et au pied de la Haube, colline sur le penchant de laquelle est le petit village de Heutlîgen ou Hûtlingen.

De Munsingen à Wichtracb, et plus loin, jusqu'au Heimberg, le terrain est très-bien cultivé.

La jolie campagne de Neuhaus fut établie dans le premier tiers du XVIII0 siècle, par M. Steiguer de Munsingen ; elle a été singulièrement embellie. Des sentiers romantiques serpentent au travers d'une belle prairie ou sous l'ombrage d'un bosquet , vm suivant le cours d'un abondant ruisseau jusqu'au bord de l'Aar.

Neuhaus est à moitié chemin de Berne à Thun. A Ober- Wichtrach est située la demeure champêtre du pasteur. A gauche, on aperçoit la dernière terrasse de la colline de la Haube, sur la pente de laquelle on peut aller pour jouir d'un charmant point de vue sur le château et le village de Gergensée, situé vis-à-vis, sur l'autre côté de l'Aar et sur la » chaîne des montagnes deStockhorn. De Wichtracb à Kiesen, la route est presque toujours bordée de petits bois et de prairies.

Le château de Kiesen, bâti sur le haut d'une colline peu élevée, sous l'ombrage de peupliers et d'acacias, se présente sous l'aspect le plus gracieux. Quelques maisons neuves et bien bâties entourent le pied du tertre. Le clair ruisseau de Kiesen , sortant de la riante vallée de Diessbach qui s'offre tout à coup aux regards, roule ses ondes au bord du chemin.

Au-dessus du village de Diessbach, situé dans un vallon fertile et bien arrosé, entre les montagnes du Kurzenberg et du Buchholterberg, est le rocher escarpé du Falkenfluh.

Au midi du Falkenfluh, mais plus près de la route s'élève aussi le rocher dit Heimberfluh. Ce sont deux puissans boulevarts avancés de l'Emmenthal qui limite cette conferée et forme un labyrinthe de fertiles vallons.

On entre dans un sombre pays de forêts qui forme l'entrée de la contrée du Heimberg , laquelle se prolonge en montant jusqu'à la Sulg.

Bientôt on a franchi l'espace des forêts, et le pays s'ouvre à droite , vers le Bûnberg , sur lequel se voient les maisons

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du Thunergeschneit. Plus loin on aperçoit Eichberg, Uetendorf , Burgistein.

La route au travers du Heiniberg est très-agréable. Une foule de demeures champêtres éparses de tous côtés présentent le tableau d'une contrée productive et attrayante.

Vers l'extrémité du Heimberg s'ouvre à l'orient un gracieux vallon qui s'élève par une douce pente jusqu'au pla- ^au de Schwarzeneck. Ce mont s'élance perpendiculairement dans la voûte des cieux. La Sulg ou Sud. torrent fougueux, se précipite delà montagne au fond d'un ravin rocailleux. Il prend sa source derrière les hauteurs du Sigiïsv\ il et du mont Blume.

Ce sont surtout les masses du Stockhorn et du Niesen qui attirent les regards par leurs formes imposantes. Le premier s'élève à 6,760 pieds; le seconda 7,34Q pieds au-dessus du niveau de la mer. La vaste plaine que ces colosses terminent au sud en rehausse singulièrement la grandeur.

La porte de la ville de Thun parait être aussi le portail de l'Oberland.

De Berne à Thun, par Belp, 6 h.

Sulgenbach, ham.

Mûhledorf , vill.

Gross- Wabern , vill.

Kirchdorf, »

Klein Wabern, »

Klein-Kirchdof , ham.

Kehrsatz , »

Klein-Roethe , vill.

JSteinbach, ham.

Utigen »

Belp, vill.

Bam de Limpach

Heiteren , vill.

( à droite )

Kr amb urgtrûmmer

Vetendorf, vill.

(à gauche)

Pont de Glûtschbach

Gelterfingen , vill.

Péage

Burengut, ham.

Thun

§ i. Thun.

The town itselt claims no attention 7 Lut its environs présent a most beautiful and sublime scenery j the time , spent in visiting theni, -will not Le regretted.

Hôtel: le Freyenhof , bonne maison. On aperçoit depuis la galerie du Freyenhof, entre le pavillon St-Jacques et le Niesen les glaciers suivans : la Jungfrau, Gletscherhorn f

Ebene-Fluh, Grosshorn, Breithorn, Blûnilisalp, Frau, Freudhorn, Doldenhorn.

Pension pour les étrangers au Baumgarten. — La position de cette campagne , dans un joli enclos ombragé d'arbres fruitiers, tout près de la Tille, ayant vue sur le lac et les glaciers , est des plus agréables. Les appartemens , mis à neuf , sont commodes et proprement meublés. Les prix et les arrangemens sont à peu près comme dans les pensions d'Interlacken. S'adresser à madame Rufeaacht , au Baugmarten ; à M. Rufexacht , au Freyenhof , à Thun.

Thln est une petite Tille assez insignifiante ; mais tous les enTirons sont délicieux. La Tille s'étend sur une longueur d'environ un quart de lieue et sur une ligne fort étroite au pied de ce tertre. A l'occident, dans l'île formée par les deux bras de la riTière, est situé le quartier du Belliz, traversé par une seule rue transversale nommée Rosengarten. Sur chacune des 2 parties de la rivière sont construits 2 ponts ; l'un couvert et l'autre découvert. Deux portes sont placées sur ceux de ces ponts qui sont aux extrémités de la ville. Une troisième porte conduit au nord sur la route de Berne ; une quatrième , nommée la porte de Laui, mène aux jolies promenades qu'on trouve sur la montagne du Grûsisberg. Cette masse de rochers borne, à une petite distance, la vue du côté de l'est , et présente , sur son angle au nordouest, les traces d'un ravin formé par un énorme éboulement de montagnes, dont les débris se remarquent , quoique maintenant couverts de terre et cultivés,

La ville contient environ 1,500 habitans.

La plate-forme près de l'église offre une vue des plus étendues et des plus riantes; la variété de l'avant-scène, terminée par le lac et les glaciers, forme un tableau charmant.

Du pavillon Saint-Jacques, dont l'abord est à la vérité un peu escarpé, on jouit à peu près de la vue ; mais elle est plus étendue.

Le Bœchen-Hœlzli offre atout instant d'agréables surprises et des échappées de vue tantôt rapprochées, tantôt s'étendant jusqu'aux glaciers. Une belle soirée d'été au coucher du soleil est un spectacle sublime ; nulle part on ne jouit aussi délicieusement de ce tableau , que sur un banc placé à la lisière du petit bois, et qui porte l'inscription :

Repose et jouis ;

QBE

et les vers suivans :

Avec leurs grands sommets, leurs glaces éternelles , Par le soleil couchant, que les Alpes sont belles! La verdure , les eaux , les bois , les fleurs nouvelles , Tout dans leurs frais vallons sert à nous enchanter : Heureux qui sur ces bords peut long-temps s'arrêter! Heureux qui les revoit , s'il a pu les quitter !

En traversant le petit bois, et continuant la promenade sur les bords du Hunnibach, on parvient en un quart d'heure, par un sentier romantique, à la cascade que forme ce ruisseau, qui , après s'être frayé un passage à travers un massif de rochers, s'en précipite avec bruit dans un site fort sauvage.

Pour revenir en ville, on peut, en traversant l'Aar, aller admirer le délicieux bocage de la Schadau, où le lac présente sa plus belle surface.

En passant devant l'antique chapelle de Scherzlingen, et les deux îles ornées de maisons de campagne, une belle promenade ramène aux portes de Thun.

Du côté opposé de la ville, et sur la rive droite de l'Aar, se trouve la jolie promenade, bien ombragée, du Schwabis; plusieurs points de repos, ornés de bancs au bord de la rive, offrent des vues agréables sur les montagnes voisines.

Les promenades en voiture ont des buts très-variés , dont chacun suffirait pour faire l'ornement d'une contrée ; les plus jolis sont :

Tkierachern , qui , placé sur une colline en face de Thun, offre une vue des plus étendues : par un temps serein, on aperçoit, non-seulement tous les glaciers, mais encore les clochers de dix villages.

Amsoldingen , placé sur la même colline, mais plus en arrière, est un endroit délicieux au bord du petit lac du même nom ; son vieux château et ses promenades sont tout-à-fait pittoresques.

En allant visiter Wimmis à l'entrée du Simmenthaî, le pont de la Kander et Bellerive, on sera satisfait des beaux sites et points de vue qu'offre cette course.

Sur la rive droite du lac, on peut aller à Hilterfingen et Oberhofen, villages agréablement situés au bord du lac? dont on peut profiter pour retourner en ville.

Les bains de Blumenstein sont très-fréquentés, en raison de leurs eaux ferrugineuses. On y voit une jolie cascade formée sur la pente du Stockhorn par le Fallbach.

OBE 453 Il y a dans les environs de la ville plusieurs campagnes qu'on loue meublées aux familles étrangères qui veulent passer la belle saison à Thun.

bateaux.

Pour traverser le lac de Thun jusqu'à Neuhaus , en allant à Unterséen et Interlacken, on peut se servir : 1° des bateaux dits ordinaires, dont un part tous les matins à 9 heures, un à 3 heures après-midi, un les lundi, mercredi et vendredi à 6 heures du matin. On paye 10 batz par place ; la traversée est de 3 heures. 2° Du bateau de poste , partant tous les matins à 9 heures 1/2 : on paye 10 batz par place , et il fait sa course en 3 heures. Ce bateau revient le soir, et communique avec les diligences de Berne. 3° Des bateaux extra , partant 20 minutes après les avoir demandés: ils font le trajet en 3 heures 1/2 avec deux rames , en 3 heures avec trois , et en proportion avec quatre.

Ils marchent à tour de rôle, et le prix qu'on doit leur payer est fixé par le gouvernement à 3 francs de France (20 batz par rame) et 2 fr. 5 sous de France (15 batz) pour le bateau, de sorte qu'un bateau coûte :

à 3 — — 75 batz. — 11 fr. 5 sous.

Si on veut revenir le même jour à Thun , les bateliers sont obligés d'attendre les voyageurs, et de les ramener pour la moitié de la taxe.

On trouve souvent aussi des bateaux de retour , auxquels on paye seulement la moitié du prix fixé.

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