‹ Manuel du voyageur en SuisseChapitre 135 sur 185 · PAL · texte numérisé non relu

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bord du lac d'Orta par Gravellona ; et, après avoir passé à côté du débouché de la Val-Strona, ou arrive à Omégna , à l'extrémité inférieure du lac d'Orta : la rivière qui en sort se nomme la Négoglia , et va se jeter dans la Strona. Le Val-Strona est habité par une belle race d'hommes. — A une demi - lieue d'Omégna , du côté du sud , débouche la Val-Bagnola^ sur les hauteurs occidentales de aquelîe il y a une longue caverne d'où sort quelquefois un torrent dont les eaux sont rouges. — D'Omégna on traverse le lac pour se rendre à Orta, lieu agréable au-dessus duquel s'élève un calvaire [monte saevo) orné de 25 chapelles. D'Orta, on va voir l'île de San-Giulio. L'église est un bâtiment du VIe siècle; on y remarque deux colonnes de porphyres, de beaux restes de mosaïque et quelques vieux tableaux.

Chemins. — La grande route d'Orta mène par la Val- Agogna à Arona , sur le lac Majeur (Voyez Arôna) , à Xovara (Voyez Arona). et à Milan: celle qui va à droite aboutit à Borgo-Sésia, dans la Val-Sésia. (Voyez cet article.) De l'île San-Giulio on se rend à Pelîa, où Von trouve un chemin pour gagner à pied ou à cheval les hauteurs de la Colma; ensuite on descend par laVal-Dugia, en suivant le ruisseau du Fiscone à Varallo, dans la Val-Sésia. La Val-Bagiiola communique par des sentiers avec les vallées de la Sésia et de la Strona. De cette dernière on passe par Forno etCampello, en prenant le sentier de la gauche, à Rimella et à Fobel, dans la Val-Sésia. Celui qui dirige à droite aboutit à Banïo, dans la Val-Anzasca.

Orteler. Orteeer-Spitz. V. Worms.

Ortmatsivgev, grand et beau village du canton d'Argovie, sur la route de Zurich à Arau et Berne. On remarque près de là la carrière Meggenwyl.

Oithy , village du canton de Vaud , à une demi - lieue de Lausanne , dont il est le port. Les environs sont remplis de délicieuses maisons de campagne. On y voit une vieille tour.

PALAWZA, petite ville d'Italie, située sur la rive occidentale du lac Majeur. L'église est belle. On y trouve une bonne auberge bâtie au bord du lac, et d'où Ton jouit d'une vue superbe. Il y a sur la colline de Castagnuola des stations très

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avantageuses, d'où Ton découvre le lac ; les îles Borromées^ etc. On a trouvé dans ce lieu des antiquités romaines. On voit entre autres une inscription et un bas-relief sur le mur extérieur de l'église de Saint-Etienne. — L'église délia Madonna di Campagna , située à peu de distance de Palanza, est ornée de beaux tableaux à fresque et à l'huile. La situation de cette ville est superbe , et son climat très-doux. On peut aller de Palanza à Mergozzo par Suna , en suivant les bords du lac et la base du mont Rosso. (V. Domo-d'Ossola , Lago- Maggiore , îles Borr ornées. ) Paleszer-Thal [V.Blégno Val-).

Parpan, village du canton des Grisons, sur le grand chemin du Septimer et de l'Albula, à 3 lieues de Coire, sur le haut d'une montagne. De là au travers de la Lenzerheide à Lenz (V. cet article), 2 lieues. La rigueur du froid et les vents impétueux qui y régnent en hiver en rendent quelquefois le passage dangereux. On y trouve de belles maisons de pierre, ornées de balcons dorés.

Payerne ( en allemand Peterlingen ) , jolie ville du canton de Vaud , située sur le grand chemin de Berne à Lausanne. — Auberge : l'Hôtel-de-Ville , maison estimée , bien servie et achalandée ; relais de poste pour l'arrivée et le départ ; 2 fois par jour diligence du nord et du midi.

Curiosités. — On montre à Payerne la selle de la reine Berthe : la partie antérieure de cette selle est pourvue d'un trou destiné à recevoir la quenouille dont la reine se servait quand elle montait achevai. On observe sur le pont de Peirm non loin de la ville, une inscription romaine. — Les environs sont remplis de champs d'une fertilité remarquable ; on y cultive beaucoup de pois fort estimés , et quantité de tabac , que l'on prépare dans la ville à l'usage des gens des dernières classes. — On voit à Praberg , près de Payerne, une source d'eau ferrugineuse.

Chemins. — De Payerne à Moudon , 2 lieues. A Avenches , 2 lieues. On se rend en un petit nombre d'heures à Fribourg, au sud-est , et à Estavayer , petite ville avantageusement située sur le lac de Neuchâtel , à l'ouest.

Peterlingen. ( V. Payerne. )

Pétersthal, ou vallée de Saint-Pierre, dans les Grisons : tel est le nom de la ramification orientale de la vallée de Lugnez. (V. cet article.)

Péterzell, village du Tockenburg, sur le grand chemin de Saint-Gall et de Hérisau à Glaris et à Zurich. On y trouve une bonne auberge. — De Péterzell on peut se rendre en 2

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heures à Wattwyl , en passant par un sentier qui traverse le Heinberg , montagne d'où l'on découvre en divers endroits de belles vues. Le chemin de voitures est beaucoup plus long.

Pfeffers (l'abbaye de) dépend du pays de Sargans, au canton de Saint-Gall. Elle est située dans une haute vallée , d'un aspect romantique et en face d'une cascade. Les religieux suivent la règle de Saint-Benoît. Le couvent, fondé au VHP siècle, possédait en propre un petit district, et l'abbé portait le titre de prince. La révolution a privé cette abbaye de la souveraineté qu'elle exerçait sur ses vassaux ; cependant elle jouit encore du droit de patronage de plusieurs communes. Le couvent, très-vaste, et dont une bonne partie des bâtimens sont revêtus en marbre , a été construit à neuf en 1665, à la suite d'un incendie.

Pfeffers >ies bains de) font aussi partie du pays de Sargans au canton de Saint-Gall. Ils sont situés à 2118 pieds audessus de la mer, et sur l'impétueuse Tamina dans une gorge très-sauvage où, même au cœur de l'été, l'on ne voit le soleil que pendant à heures du jour. Les eaux thermales sont amenées à la maison des bains par un canal de 600 pieds de longueur; elies ne coulent qu'en été, et font élever le mercure à 30 degrés de l'échelle de Réaumur. Elles sont limpides , très-légères et dépourvues de goût, d'odeur et de couleur. On les emploie aussi intérieurement. L'expérience de plusieurs siècles en a prouvé les vertus contre diverses maladies chroniques ; on en a fait surtout grand cas dans celles qui proviennent de l'altération des humeurs, de l'engorgement des vaisseaux les plus subtiles, et de l'affaiblissement de l'estomac. Les bains de Pfeffers sont très-fréquentés depuis le mois de juin jusqu'au mois de septembre. Trois cents hôtes trouvent à s'y loger ; les bâtimens appartiennent aux religieux de Pfeffers, qui les font administrer à leur manière, en sorte que les étrangers n'ont guère à se louer du service de la maison. Au surplus, les prix sont fort modiques (1).

Àmuscmens. Stations agréables. — L'unique amusement que la maison des bains offre aux hôtes consiste à jouer au billard et à se promener dans les longues allées, lorsqu'il fait mauvais temps. Devant le grand bâtiment, il y a une terrasse sur laqueile on peut faire 50 à 60 pas de plein- pied ; partout ail-

(i) M. KasthofFer, dans son Voyage clans les petits Cantons, se plaint au contraire des exigences pécuniaires des moines auxquels appartient rétablissement.

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leurs les chemins vont toujours en pente et sont des plus mauvais , et excessivement mal entretenus. C ependant il serait aise' de pratiquer de bonnes routes , et de former d'agréables promenades , la montagne étant composée d'ardoises fragiles. — Les lieux de repos les plus agréables que l'on trouve près des bâtimens, sont : 1° le Kaenzlin (la petite trihune) ; 2° un peu plus haut, le magasin de l'Italien , qui vend des marchandises de mode aux bains ; 3° à 8 minutes de là , du côté droit, connu sous le nom de Solitude ; h° au-delà du pont de la Tamina , dans une voûte formée par les rochers : c'est là que l'on remplit les bouteilles d'eaux thermales que l'on veut expédier en divers endroits. Cette place , vue au soleil l'après-midi, est singulièrement pittoresque. On est assis sous des parois de rochers nus et décorés seulement de quelques festons du beau rosage des Alpes ( 'Rhododendron ferrugineum ), qui est en pleine floraison au mois d'août. On voit à côté de soi la fougueuse Tamina et le pont sur lequel on la passe ; vis-à-vis , des rochers noirâtres égayés par le vert clair des érables et des hêtres voisins ; à gauche , l'affreuse et sombre gorge dont la rivière , à sa marche précipitée , semble se hâter de fuir les horreurs ; à droite , une échappée de vue qu'éclaire le soleil au travers des rochers qui s'entr'ouvrent un peu dans cette partie.

Gorge de la Tamina. Scène unique dans la nature. Superbe grotte de marbre. — A quelques pas de cette station , on trouve à l'entrée la gorge qui forme un tableau unique dans son genre, au moins en Suisse , et peut-être dans toute l'Europe. L'imagination la plus vive ne saurait peindre la porte du Tartare sous des formes aussi hideuses que celles que la nature a déployées dans ce lieu. Ou entre dans cette gorge sur un pont de planches qui reposent sur des coins enfoncés dans les rochers. Ce pont a 6,700 pas de longueur ; ce qui fait à peu près pour un quart d'heure de marche , attendu qu'il faut aller avec beaucoup de précaution. Il est suspendu au-dessus de la Tamina , que l'on entend rouler avec fureur à 30 ou 40 pieds de profondeur , et il règne jusqu'à la source même. Auprès du pont la gorge a 30 pieds de largeur ; mais plus bas elle se rétrécit davantage en descendant le long du torrent. Les parois latérales , contournées , fendues et déchirées en diverses manières, s'élèvent à 200 pieds de hauteur : elles s'inclinent l'une contre l'autre , semblables à un dôme , et ont jusqu'à 290 pieds dans l'endroit où elles se rejoignent tout-à-fait. Ces rochers sont composés d'une pierre calcaire noire , traversée par des veines de spath. La

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faible lueur qui éclaire l'entrée de ce gouffre disparaît à mesure qu'on s'y enfonce, et le froid et l'humidité qui y régnent augmentent encore l'horreur dont on est saisi. Tantôt le rapprochement des rochers qui surplombent sur le pont ne permet pas qu'on puisse s'y tenir debout, et tantôt ils s'en éloignent tellement, qu'ils ne peuvent plus servir d'appui pour les mains. Le pont est étroit, souvent glissant, et quelquefois on n'est séparé que par une seule planche du noir abîmé de la Tamina. Celui qui se sent assez de courage et la tête assez libre pour s'aventurer à faire cette épouvantable excursion , doit choisir pour cela un temps bien sec , de peur de trouver les planches glissantes , partir au milieu du jour , d'un pas lent et mesuré, et sans prendre de bâton. Le meilleur moyen de faire ce trajet sans crainte , c'est de marcher entre deux hommes qui tiennent les deux bouts d'une perche du côté du précipice, pour servir de barrière et d'appui au voyageur curieux. La source est située au-delà du pont par où l'on va au couvent. C'est précisément audessous de ce pont que la gorge est tout-à-fait fermée par en haut: de là vient le nom de Beschluss ( la clôture ) qu'on a donné à et endroit : plus loin les rochers s'ouvrent de nouveau , et l'on reconnaît bientôt le lieu d'où sortent les sources, à la vapeur qui s'en élève. La plus grande et la plus basse de ces sources est la seule dont on recueille les eaux ; ce qui a lieu dans une caverne de 24 pieds de long sur 8 à 10 de hauteur et h de largeur. On y observe encore dans les rochers les trous dans lesquels entraient les poutres qui allaient d'une paroi à l'autre, et soutenaient les premières cabanes qu'on y avait pratiquées autrefois pour les bains. — Partout on retrouve les traces les plus évidentes de l'action de l'eau, occupée depuis des milliers d'années à ronger ces énormes parois; l'on aperçoit plusieurs excavations produites dans les rochers parles tourbillons ou remous des eaux. La plus remarquable de ces excavations se trouve précisément au-dessous de la Clôture, sur la rive gauche de la Tamina, et à 3 ou lx pieds au-dessus de son niveau actuel. Elle forme la plus belle grotte que l'on puisse voir , étant creusée dans le marbre à 28 pieds de profondeur ; elle en a 35 en largeur et 24 en hauteur. — J'invite toutes les personnes qui ne peuvent ou ne veulent pas s'exposer au danger qu'on court en allant jusqu'à la source, à faire au moins une cinquantaine de pas sur le pont au-delà de l'entrée , et de s'asseoir sur les canaux pour contempler à loisir la perspective infernale de cette affreuse gorge. C'est surtout entre midi et une heure 1/2 ,

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quand le temps est serein , que l'effet en est le plus extraordinaire , parce que les rayons qui y pénètrent en divers points rendent plus sensibles les horreurs de ces lieux. Le moment du retour d'une compagnie qui est allée jusqu'aux sources offre un tableau vraiment infernal, surtout à l'heure que je viens d'indiquer; du lieu où l'on est assis, à une cinquantaine de pas de l'entrée , on aperçoit dans un lointain ténébreux des figures , semblables à des ombres , se mouvoir dans l'obscurité , paraître tout à coup au grand jour, et retomber aussi subitement dans les ténèbres.

Promenades. Chute remarquable de La Tamina , à 2 lieues de Valenz. Le Kalfeusertkal , anciennement habité par les géans. — Le chemin le plus court pour parv enir dans un lieu où Ton jouisse de l'air pur des montagnes et d'un horizon moins resserré , est un sentier qui. par une pente fort raide , s'élève depuis la station de la Solitude jusqu'au haut de la colline qui porte à juste titre le nom de Belvédère du Galanda ( Galanda-Schau) , parce qu'avant même d'en avoir atteint le sommet l'on y découvre cette montagne pyramidale et sauvage. On y trouve quelques objets d'amusement ; le long de l'arête verte mais étroite de cette colline, un sentier conduit à l'extrémité orientale où l'on voit deux antiques sapins suspendus au-dessus de l'épouvantable abîme que forme la gorge de la Tamina : de l'autre côté s'étend un ravin couvert de forets. Quand on suit le chemin délicieux qui va du côté de PO., en traversant un bois de mélèzes , on trouve qu'il se partage en trois sentiers : le premier descend à droite , et , après avoir franchi un petit ruisseau , passe d'abord entre des broussailles assez épaisses > et se prolonge ensuite un quart d'heure dans une contrée romantique et solitaire , ombragée de grands arbres. Si , après avoir passé le ruisseau , dont j'ai parlé, on quitte îe chemin, et qu'on descende dans la ravine , on arrive dans un bosquet qui forme un berceau magnifique et d'une grande fraîcheur; la nature y présente des phénomènes géologiques intéressans. Le second sentier , qui a aussi ses agrérnens, s'étend au milieu des broussailles sur un sol assez uni. Le troisième va en montant sous de hauts mélèzes . franchit une haie , et mène ensuite, à travers de belles prairies de montagnes , à des granges à foin sur la gauche , après quoi il remonte à droite sur les hauteurs d'un coteau où sont situés les champs et les jardins de Valenz. C'est là une admirable station pour bien jouir du grand spectacle que la nature déploie dans ces montagnes.

Leurs flancs couverts de forêts et de prairies, au milieu des

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quelles on voit des cabanes suspendues au bord des rochers , le ravin sauvage qu'on a sous ses pieds , les déchiremens affreux du superbe Galanda, les pâturages alpestres du Monte'luna et ses groupes de chalets , les montagnes de Valenz , et entre deux les cimes grises ( die grauen Hœrner ) , sommités chenues , hérissées de glaciers et d'un aspect affreux ; à l'opposite , du côté de l'est , les chemins qui mènent à Ragatz et au couvent de Pfeffers sur l'autre rive du Rhin , l'extrémité de la magnifique chaîne du Rhétikon , qui s'élève au-dessus de la Mayenfeld , de Jénins et de Malans : tous ces grands objets fournissent une variété inépuisable de points de vue* L'illumination de ces diverses montagnes , et surtout celles de Flesch , éclairées par les rayons du soleil couchant , est d'une beauté inexprimable. Le jeu des nuages autour de ces sommités forme un spectacle toujours nouveau et fort amusant. Tous les soirs, vers les 6 heures, on voit sortir, des épaisses forêts situées du côté du nord , un nombreux troupeau de chèvres blanches et de vaches qui descendent la rampe et rentrent en agitant leurs clochettes dans le village de Valenz : en même temps les deux côtés des montagnes retentissent de toutes parts du son des cornets des bergers. Du haut de cette colline , dont la hauteur absolue doit être au moins de 3,000 pieds , on se rend par un sentier qui mène en 7 minutes à Valenz au travers des champs. Le chemin ordinaire que l'on suit pour aller des bains à ce village, est en plus grande partie fort âpre et raide; il exige une petite heure , à moins qu'on ne soit très-accoutumé à gravir les montagnes. Dans ce trajet, on rencontre un banc connu sous le nom de Monrepos , et placé sous les arbres du plus bel ombrage , dans l'endroit où le chemin qui conduit au couvent vers la gauche , se sépare de celui des bains. — Aux environs de Valenz, on trouve diverses promenades intéressantes. 1° En descendant droit au sud , à côté de l'église , on entre dans un fort beau vallon parsemé d'un grand nombre de cabanes ; de la , en suivant le sentier , on arrive à un endroit d'où l'on peut descendre par une pente très-raide dans le ravin au fond duquel coule le Mùhlibach. Ce ruisseau roule ses eaux écumantes sur des blocs d'un marbre noir superbe , et va se jeter dans la Tamina. A 5 minutes au-delà du pont du Mùhlibach , on trouve un moulin délabré , derrière lequel la Tamina fait une superbe chute qui est restée entièrement inconnue jusqu'en 18€1 .Pour jouir de toute la magnificence de ce spectacle extraordinaire , il faut monter péniblement par le moulin sur un c espèce d'avance qu de

PFE 495 saillie de marbre qui n'a pas plus d'un pied de largeur , et dont l'extrémité domine la cascade : ce chemin n'estpas sans danger, et , soit à la montée , soit à la descente , ii faut user de beaucoup de précaution. Le meunier demeure près du Mûhlibach ; c'est un bon homme , très-serviable , et chez qui l'on trouve du lait pour se rafraîchir. De là , le chemin mène à Ya?son , et ensuite à Vettis , de l'autre côté de Tamina. 2° En sortant du village de Valenz . du coté de l'ouest , on trouve un sentier commode qui monte à côté d'un chemin pierreux pratiqué par les bestiaux , et va aboutir à une porte à claire-voie , au-delà de lamielle on suit les rives du Mûhlibach : ou bien en prenant à droite , on longe une forêt composée d'antiques sapins d'une grandeur énorme , sur le bord d'une prairie en pente. 3° A l'Alpe de Valenz, 2-3 lieues* Après avoir passé les chalets , on atteint , au bout d'une ou deux heures de marche , le sommet de l'une ou de l'autre des cimes grises , du haut desquelles on découvre des vues magnifiques sur les montagnes des Grisons, de Glaris , de Sargans , de l'Appenzell , et du côté du lac de Constance. — On trouve aussi de belles promenades au sud de la gorge de la Tamina ; mais il est impossible de s y rendre des bains autrement qu'en gravissant les hautes marches d'un escalier très-raide et taillé dans le roc. Du lieu agréable où est placé le banc de Monrepos , part à gauche un sentier horizontal qui se sépare du chemin de Valenz , et mène , sous des hêtres et des érables d'une grande beauté , en sept minutes au petit pont jeté sur la gorge de la Tamina. dans l'endroit même où les deux parois de rochers se rejoignent entièrement. A droite , elles se séparent de nouveau ; mais ce n'est pas sans peine que l'œil découvre au fond de cet abîme de 290 pieds de profondeur , les ondes écumantes de la rivière , dont il est impossible d'entendre le fracas. On a déjà vu plus haut que c'est dans ce gouffre que les eaux thermales prennent leur source. Le pied du long escalier connu dans le pays sous le nom de la Stiege , est à quelques pas du pont; cet escalier s'élève le long de la paroi de rochers à la hauteur verticale de 250 pieds , et c'est le plus haut qu'il y ait dans toute la Suisse. Les personnes qui n'y sont pas accoutumées doivent choisir un temps bien sec pour gravir ce singulier escalier, lorsque les marches ne sont point glissantes. La nature y présente des touches originales et tout-à-fait romantiques. Lorsqu'on est parvenu au haut de la gorge on trouve plusieurs sentiers qui mènent à travers de superbes prairies , dans des habitations nombreuses où l'on nourrit des escargots; a**-

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delà des dernières maisons on entre dans un chemin pratiqué par les chariots , par où Ton va du village de Pfeffers à Vettis , puis dans la vallée de Kalfeus , et dans le pays des Grisons, en traversant le Knnkelsberg.

— Ce trajet offre une promenade agréable, et extrêmement riche en beaux points de vue. A 1/2 lieue des maisons qu'on trouve au haut du grand escalier , on rencontre un petit hameau que traverse ce chemin , et à une demi-lieue plus loin un moulin à scie , bâti dans une contrée tort pittoresque au bord de la Tamina, qui y forme une jolie cascade. De là à Vettis, 1 lieue en suivant la base verticale du formidable Galanda. On remarque près de ce village une source périodique , nommée le Gœrbsbrurmen , qui ne coule que depuis le mois de mai jusqu'en octobre. C'est à Vettis que débouche la vallée de Kalfeus. contrée étroite et couverte de pâturages alpins , mais inhabitée ; la Tamina y prend sa source au pied du grand escalier de Sardona , où l'on se rend de Vettis en 5 heures de marche. On peut y aller à cheval et passer la nuit dans le grand chalet du couvent de Pfeffers. Ce qu'il y a de singulier, c'est que cette vallée aujourd'hui si sauvage était jadis peuplée, et qu'on a souvent trouvé dans un lieu qu'occupaient sans doute alors le village et son église , des ossemens humains dont les proportions excédaient de beaucoup celles que l'on observe chez les habitans actuels de toutes les vallées de ce pays. Aussi la tradition porte que la vallée de Kalfeus était autrefois habitée par Une race de géans.

De nos jours encore les habitans de la vallée de Tavetsch (tel est le nom de la partie la plus élevée de la vallée du Rhin antérieur au pays des Grisons ) sont d'une grandeur peu commune , et l'on voit parmi eux beaucoup d'hommes de 6 pieds. On a lieu de regretter qu'il ne se soit pas trouvé un seul des religieux du couvent de Pfeffers qui aimât assez l'étude des phénomènes de la nature , pour s'aviser de recueillir les ossemens qui ont été trouvés dans la vallée de Kalfeus. — Au haut de l'escalier taillé dans le roc, on trouve un chemin qui mène d'abord à gauche au travers d'un beau bois de sapins, et ensuite par des prés au village et au couvent de Pfeffers , 1 lieue. Vis-à-vis du couvent on voit une jolie cascade. Les appartemens supérieurs du couvent, ainsi que la dernière colline du voisinage , située à 1/Ix de lieue du monastère, du côté du N.-E., présentent de belles vues sur la large vallée qui s'étend le long des deux rives du Rhin, au-delà du Tardisbruck. On y voit le château de Marschlins,

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l'entrée du Prettigau, ]a sauvage Landquart, à l'endroit où elle sort du défilé de la Clus, les beaux villages de Mal ans et de Jénins, ainsi que la ville de Mayenfeld, située au pied du Silvan ou Augstenberg ; du Falkniss, du Girenspitz et de la Guscher-Alpe ; la montagne de Flesch , au pied de laquelle le Rhin se détourne du côté du nord : les deux pics fourchus du Schollberg . qui domine la ville et le château de Sargans , et plus loin les sept Ruhfirsten (sommités des vaches), lesquels s'élèvent au-dessus du lac de Wallenstadt , qui se dérobent aux regards du spectateur. Il aperçoit à ses pieds le village de Piagatz. le confluent de la Tamina et du Rhin, les ruines des châteaux deXydberg et de Freudenberg (V. l'article suivant Pfeffers). — Depuis le grand escalier jusqu'aux chalets de la montagne de Sainte-Marguerite , 1 lieue et demie. — Sur le mont Galanda , 8 lieues. Il faut se pourvoir d'un bon guide et passer la nuit dans un chalet grisou. (V. à l'article Galanda des détails sur la vue extraordinaire qu'on découvre du haut de cette montagne. )

Cliemtns.— Des bains à Ragatz (V. cet art.), 2 lieues ; Valenz, 25 m. ; Tamina , 1 h. 15 m.; Ragatz, 10 m. A Coire dans les Grisons , 5 lieues. On passe par le village de Pfeffers et à droite du couvent, par un chemin assez romantique, le long duquel on descend à travers des rochers qu'ombragent des sapins élancés , dans la grande route de la vallée. Un autre chemin, praticable pour les chevaux, mène dans les Grisons par Vettis et par le défilé de la Foppa . d'où l'on gagne le col de Kunkelsberg. 7 lieues , pour se rendre par Tamins à Reicheneau , 3 lieues. Un sentier de chasseur va dans la vallée de AVeistannen , h lieues, et dans le Serfnthal au canton de Glaris, en passant par l'Alpe de Valenz et à côté des Cimes grises [die grauen Hœmer) et d'un petit lac , 9-10 lieues.

Pfeffirov. bourg du canton de Zurich, situé à l'extrémité septentrionale du lac de Pfefïïkon, à 4 lieues de Zurich, à 1 lieue de Grifensée, et sur le chemin des montagnes de FAUmann, de la vallée de Bauma, et de celle de Fisehenthal. Le lac a 1 lieue 1/2 de long sur 1/2 lieue de largeur; le ruisseau de l'Aa s'y jette au-dessous de Uétikon, et en ressort pour aller tomber dans celui de Grifensée.

PFEFFifcO\ , village du canton de Schwitz, situé entre le lac de Zurich et le mont Etzel, sur le grand chemin de Zurich à Glaris et à Wésen.

Chemins. — De Pfetîikon , on prend le chemin à gauche pour suivre la langue de terre de Hurden et passer le pont de Rapperschwyl. Quand le temps est calme, les personnes

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