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couvert par un énorme quartier de rocher qui est tombé autrefois), Léguino, où le lac est extrêmement profond, et liavéno, au débouché de la vallée de Cuvio; de là on traverse le lac pour gagner l'Isola-Bella. (V. Lavéno. ) Enfin on peut suivre le grand chemin le long de la rive occidentale , en passant par Arona (V. cet article), Meina, Solcio 9 Massino, Lésa , Belgirate et Strésa, d'où l'on n'a qu'un trajet de quelques minutes à faire sur le lac pour arriver à l'Isola-Bella. (V. Borromées îles et Lago-Magglore.) De Sesto à Milan , 9-10 lieues , ou 6 postes trois quarts ; le chemin passe par Somma-Gallarate [Gailorum arca), Castellanza , où l'on traverse l'Olona, Saint-Victor, Ro, et par les tristes contrées de Cassino-del-Péro. A Busto-Arsizio , lieu situé à droite de Gallarate , il y a une rotonde construite sur les dessins du Bramante, dans laquelle on voit des tableaux de Crcspi et de Gaudenzio. L'église du collège des Missionnaires de Ro est un très-beau bâtiment dont Tibaldi a donné le plan. C'est aux environs de Cassinodel-Pédro que l'on rencontre pour la première fois des champs de riz. ( V. Lac Majeur. )
Sewen , joli endroit à 1/4 de lieue de Schwitz, au canton de ce nom , entre les lacs de Lucerne et de Lowerz. Auberge : la Croix-Blanche, où l'on trouve de beaux appartenions , et des guides pour le Rigi , qui est à 3 lieues.
Siders , en français Si erre , l'un des plus beaux bourgs du Valais. Il est bâti au bord du ruisseau de même nom, lequel descend du Steinbockhorn , sommité connue du côté du nord sous le nom de Raezlihorn, et située sur les confins du Simmenthal. Il n'y a qu'une seule auberge à Sierre.
Curiosités. — La vaste forteresse d'Alt-Sieders et le château de Beauregard , situé sur le haut d'un rocher au-dessus de Chippis , à l'entrée de la ville d'Anniviers , lesquels appartenaient à Guichard de Raron, furent détruits en 1À1& , par les Valaisans, pendant la proscription de ce seigneur. — Vis-à-vis de Sierre débouche la longue et fertile vallée d'Anniviers (V. Einfiscli) , qui produit du cobalt que Ton réduit en smalte à Sierre. Il croît dans les environs de ce bourg d'excellent vin muscat et du vin de Malvoisie. Ebel , Lutz parlent des mauvaises eaux de Sierre et des nombreux crétins qu'on y rencontre; l'eau y est aussi bonne que dans la plaine : quant aux crétins , ils ont beaucoup diminué depuis l'occupation du Valais par les
SIH 579 Français , depuis que des habitudes d'ordre et de propreté ont été introduites.
Ckemins. — A Sion (V. cet article). Aux bains de Leuck. (V. cet article. ) On va par un chemin pratiqué sur la rive droite du Rhône au bourg de Leuk, dans la vallée de Lœtsch, et à Rarogne. Le grand chemin qui suit la vallée principale mène en 6 heures et demie de Sierre à Visp. Ce trajet est riche en beaux points de vue , surtout lorsque les paysages sont avantageusement éclairés. Au sortir de Sierre on passe le Rhône , dont on suit dès-lors la rive gauche : on traverse la forêt et le village de Finges; de même que le ruisseau de Grusille ; de là on voit en face le bourg de Leuck j derrière lequel s'ouvre la gorge de la Dala , et à une grande hauteur une partie du mont Gemmi. En continuant d'aller du côté de Tourtemagne , lieu situé à 3 lieues de Sierre , on a en vue toute la chaîne des Alpes, depuis le Simplon jusqu'au Saint- GotharJ. Tourtemagne occupe le débouché de la vallée de même nom , contrée peu fréquentée et inconnue. On voit uue belle cascade près de ce village. Ensuite la vallée se rétrécit et forme un sol presque toujours inoudé et couvert de roseaux. A 1 lieue de la, on \oit , sur la rive droite du neuve , l'entrée de la vallée de Leuck, et à peu de distance le village de Canjpel. (V. Leuck.) Au bout d'une demi-heure on aperçoit le village de Rarogne , pittoresquement assis sur des rochers. Ensuite on va par Brunk et Tourtemagne à Visp» ( V. cet article. )
Sigval, beau village de l'Emmenthal, au canton de Berne.
Sihl (le pont de la, en allemand Sifilbrucke). C'est là que sont les limites des cantons de Zurich et de Zug ; on y trouve deux auberges, situées l'une dans le premier de ces cantons , et l'autre dans le second. La grande route marchande qui de Zurich va par Horgen à Zug , passe par le Sihlbrïicke.
Chemins. — Du Sihlbrûcke à Zug , 2 lieues. Pendant l'espace d'une demi-lieue le chemin est excessivement mauvais pour les voitures, surtout quand il pleut. A Menzingen, 2 lieues , dont 1 lieue et demie de montée par un chemin trè^-agréable. A Zurich, le iongdu grand chemin, le voyageur trouve d'agréables points de vue. Les gens à pied quittent la grande route à un quart de lieue du Sihlbrùcke , pour prendre à gauche un sentier qui mène à travers de belles prairies, à la ferme de Wydenbach. Pans
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>ce trajet on découvre , en regardant en arrière du côté du sud , de magnifiques vues sur les monts Rigi et Pilate , sur le lac deZug, et sur la plaine de Baar [Baarerboden) . Il y a un endroit d'où l'on aperçoit une petite partie du lac de Lucerne : on trouve en général diverses stations admirablement bien placées pour contempler ces lacs et ces montagnee. 11 faut se faire conduire à la Bocke, auberge située dans le canton de Zurich , et célèbre par la beauté de sa position; on y trouve aussi des bains. De là, en suivant Ja grande route, ou bien le sentier qui règne le loag du rivage, à Zurich, 3 lieues 1/2. Un troisième chemin, qui va par le Forst au Nydclbad, mène de ce dernier endroit en 2 lieues 1/2 à Zurich.
Sils, village du canton des Grisons, situé au haut de la vallée de Domleschg. — La famille de Donaz y possède une maison de campagne qui passe pour la plus belle qu'il y ait dans toute la Rhétie en-deçà des Alpes. Du jardin de cette maison, on découvre une jolie vue sur les ruines du château d'Ehrenfels , qu'on trouve à un quart de lieue au-dessus du village, et à côté duquel on passe en suivant un chemin xaide et difficile pour gagner le château de Réalta ( Rkœtia ■alta), situé à 590 pieds au-dessus de Sils, et au pied du JVIuttnerhorn. C'est le plus ancien château de toute la Suisse; £>n prétenu qu'il fut bâti par PJiœtus, 587 ans avant Jésus- Christ, et 164 ans après la fondation de Rome. La vue que l'on découvre du haut de cette tour, située du côté du nord, est d'une beauté extraordinaire; on y voit toute la vallée de Domleschg, et l'on y compte 22 villages et 20 châteaux, tant habités que déserts»
Chemins. — Près de Sils on passe le Rhin sur un pont pour se rendre à Tusis. (V. cet art. ) On descend le long de la vallée de Domleschg, et on va passer l'Albula. (Voyez Scliarans.)
Sïls, dans la Haute-Engadine. V. Séglio. Silvio (autrement le mont Cervin ou Matterhorn) , haute montagne de la vallée de Yisp. (V. Visp»)
Sibimenthal (ou Siebentlial) , grande vallée du canton de Berne. Elle débouche non loin du lac de Thun , au château de Wimmis ; l'ouverture en est fort étroite et pittoresque ; elle s'étend, entre les chaînes du Niesen et du Stockhorn, sur une ligne de 13 lieues de longueur, jusqu'aux hautes montagnes qui séparent le Valais du canton de Berne. La îiauteur absolue des cimes des chaînes du Mesen et du Stockborn, est de ô à 8,000 pieds; quant aux montagnes du fond
de la vallée, elles s'élèvent à 9 ou 10,000 pieds au-dessus de la mer. Dans la plupart des endroits le Simmenthal n'a pas au-delà d'un quart de lieue de largeur. La Simmen ou Sieben (V. des détails sur la source de celte rivière et sur les superbes cascades qu'elle forme , à l'art. Leuck), qui va se jeter dans la Kander, parcourt cette vallée dans toute sa longueur. Cette belle contrée est très-fertile, populeuse, et remplie d'excellens pâturages alpins. On trouve de bonnes auberges dans la plupart des villages du Simmenthal. On y élève une quantité de bêtes à cornes, de chevaux, de moutons et de chèvres; on y cultive beaucoup de lin, de chanvre et de cerisiers ; des fruits desquels on distille de l'eau de cerises , et l'on y fabrique des étoffes de laine connues sous le nom de draps d'Oberland. — Les habitans sont du nombre des peuples les plus riches des Alpes de la Suisse» La race des bêtes à cornes de cette vallée, ainsi que celle du Gessenai et de la Gruyères passe pour la plus grande et la plus belle de toute la Suisse. — Un chemin praticable pour des chariots à ridelle, attelés d'un seul cheval, traverse toule la vallée, mène à Zvveysimmen , et de là dans le pays de Sanen et dans le canton de JMbourg. Cependant cette vallée intéressante est peu fréquentée par les voyageurs. (Voyez Erlcnbach, Leuk, Weissenburg , Wimmis et Zvveysimmen. )
Simplox ou C impion (en italien Sempionc, en latin Mans Cœpionis, Scipionis mons) , montagne située dans la chaîne des Hautes-Alpes, entre le Valais et le Piémont; on y trouve un grand passage pour entrer en Italie. Au pied du revers septentrional est situé le bourg de Brieg, et du côté du sud la ville de Domo d'Ossola. Le passage de cette montagne est du nombre des plus intéressans qu'il y ait dans toute la chaîne des Alpes. Le revers méridional surtout offre une multitude de sites sauvages , et porte partout les traces des plus affreuses dévastations. (V. Tableaux déroute? page 32.
Description du chemin. — On compte IZi lieues de Brieg à Domo d Ossola en passant par le Simplon. L'ancienne route, ainsi que tous les autres passages des Alpes de la Suisse, ne pouvait être fréquentée que par les voyageurs à pied ou à cheval. Elle subsiste encore depuis Brieg jusqu'au col de la montagne, que l'on passe un peu avant d'arriver à l'hospice, et elle est de 2 lieues plus courte que la nouvelle.
L'ancienne route. — On commence à monter immédiate-
ment en sortant de Brieg , d'où l'on gagne le mont de la Kanterenl heure 1/2. De là aux Tavernettes , ( en allemand im Gruncl) , 1 lieue 3/û. Au pont de la Kanter on trouve un sentier pour aller dans la vallée de même nom, laquelle est fort peu connue des étrangers. Entre le pont et les Tavernettes , le chemin est borné à gauche par des parois de rochers , et à droite par d'affreux précipices au fond desquels coule la Saltine. A peu de distance au-dessus du pont on arrive à une place qui fut autrefois le théâtre d'une épouvantable chute de montagne. Là, le chemin n'avait qu'un pied de largeur, et il était composé de sable et d'ardoises en décomposition , dont les parties les plus voisines des bords se détachaient sans cesse sens les pas du voyageur, pour aller rouler au fond de l'abîme. An reste, ce mauvais pas était bientôt franchi. De là jusqu'à v;x Tavernettes , on trouve plusieurs endroits d'où l'œil plonge au travers du défilé de laSaltine sur le clocher de Brieg el sur une partie de la vallée, dans laquelle on découvre le Rhône. Avant d'arriver aux Tavernettes , on passe un pont construit sur la Saltine , laquelle descend du glacier de même nom que l'on laisse sur la gauche. Les Tavernettes sont à la hauteur de 3,890 pieds au-dessus de la mer ; de là jusqu'au col il y a 3/û de lieue ou 1 lieue de distance ; on passe d'abord au travers d'une forêt où la montée est trèsraide , et ensuite sur des surfaces sphéroïdes d'un granit nu et poli. La hauteur absolue du col est de 6,174 pieds au-dessus de la mer : on y jouit d'un coup d'œil magnifique sur les montagnes et sur les glaciers dont on est environné de toutes parts , et notamment sur la chaîne des Alpes qui séparent le Valais du canton de Berne : quand le temps est clair , on y distingue les glaciers de la vallée de Lcetsch. Depuis le col jusqu'à l'ancien hospice fondé par le baron Stockalper, de Brieg , et desservi par des ecclésiastiques, un quart de lieue. Ensuite on traverse une contrée couverte de marais et de bois, dont la pente est presque insensible , et après avoir passé le Kronct Senkelbach, on arrive au village deSimpeln, 2 lieues.
Partie: ûarctês du village de Simpeln et de ses environs. — Ce village est situé à 4.548 pieds au-dessus de la mer: l'hiver y dure 8 m'ois , et jamais le chemin n'est plus fréquenté que pendant ceite saison , durant laquelle il y passe environ deux cents chevaux par semaine. La poste à cheval fait la route deux fois tous les huit jours. Les cimes du Simpîon sont chargées de 6 glaciers : le premier, nommé glacier de Rosboden, n'est qu'à 1 lieue du village , et à 1/2 lieue du chemin du côté de Brieg. On va d'abord jusqu'à une maison isolée qu'on ap-
SIM 583 pelle am Senk , et Ton passe le ruisseau de Senkelbach, au bout d'une 1/2 heure de marche. Alors on se détourne à gauche , et l'on arrive aussi en une demi-heure au bord du glacier qui descend du Fletschberg, au sud-ouest duquel s'étend la vallée de Sass, du côté du Monté-Moro. Il faut prendre un guide à Simpeln , de peur de tomber dans quelque fente; car le glacier est tellement couvert de débris, que l'on n'aperçoit pas les dangers qu'on y court. Les moraines ( Gouffrelines ) parallèles qu'on trouve à l'ouest . sur le sommet du glacier , méritent l'attention de l'observateur : il en est de même de la belle glace d'un vert bleuâtre qu'on voit sous le tas de décombres , et qui ressemble à une énorme masse de cristal (V. Glaciers),
La nouvelle route. — Dès l'an 1801 , l'empereur Napoléon a fait travailler à la construction d'une chaussée magnifique qui va de Glis à Domo d'Ossola , en passant le Simplon, et qui fat terminée au mois d'octobre 1805. Cette route , qui rappelle les plus beaux ouvrages des Piomains , a été construite aux dépens des gouvernemens de France et du royaume d'Italie. Sa largeur est de 25 pieds , et elle n'offre nulle part plus de 2 pouces 1/2 de pente par toise : toutefois en descendant le Simplon de l'un et de l'autre côté de la montagne , il est utile d'enrayer les voitures. Les travaux ont été exécutés du côté du Valais par des ingénieurs français , et ceux du revers méridional par des ingénieurs italiens -, ces derniers ont eu plus de difficultés à vaincre, obligés comme ils l'étaient de travailler sans cesse sur les espèces de roches les plus dures et les plus réfractaires , au lieu que le revers septentrional est assez généralement composé de schistes et d'ardoises , qui en plusieurs endroits sont dans un état de décomposition. Cette magnifique chaussée , ses ponts , ses nombreuses galeries percées dans le roc vif , sont du nombre des constructions les plus remarquables de ce genre, et doivent, indépendamment des beautés crue la nature déploie dans ces contrées , y attirer de toutes parts les voyageurs. De tous les chemins frayés dans les Alpes, entre la Suisse et l'Italie , c'est le seul crue puissent franchir l'artillerie et les chariots ]es plus grands et les plus lourds. La nouvelle route commence à Glis, et laisse Brieg à la distance de 1/4 de lieue. Les voyageurs qui ont passé la nuit à Brieg n'ont pas besoin de retourner à Glis pour prendre la route du Simplon ; car on a établi un chemin de traverse qui va la rejoindre à une hauteur, et qui est également praticable pour les voitures. On passe d'abord la
Saltine sur un pont couvert, d'une hauteur et d'une beauté peu communes; puis on se rend au hameau de Ried, 1 lieue 1/2 ; on traverse une forêt de mélèzes dont la longueur est d'une demi-lieue, et après avoir côtoyé' d'épouvantables précipices , on atteint la première galerie , dont la lougueur est de 1,000 pas, 1 lieue ; ensuite on passe la Kanter sur un pont de 80 pieds de hauteur, et au bout d'une demi-heure de marche , on arrive auprès de quelques maisons isolées que Ton appelle Persal ; dans celle de l'inspecteur de la route , on trouve quelques particuliers du canton de Vaud qui reçoivent amicalement les voyageurs et leur fournissent des rafraîchissemens.
Au-delà de Persal, le chemin, toujours suspendu sur le bord de l'abîme, serpente en longues sinuosités jusqu'au pont de rOesbach , 1/2 lieue, et de là à celui de la Saltine r qui tous deux sont situés dans la contrée la plus exposée aux iavanges , après quoi l'on entre dans la seconde galerie , dont la longueur est de 30 pas. On laisse à gauche le glacier de Kaltwasser, duquel on voit descendre quatre cascades dont les eaux traversent la route dans des aqueducs d'une fort belle construction, et vont se précipiter dans l'abîme. Vient ensuite la troisième galerie, longue de 50 pas , au sortir de laquelle on ne tarde pas d'atteindre le point le plus élevé du passage , lequel est indiqué par une espèce de pierre miliaire. On compte 1 lieue 3/Zi depuis Persal jusqu*à ce col r d'où l'on voit au-dessous de soi, sur la droite , l'ancien hospice , et à gauche les fondemens du nouveau couvent. Après avoir passé le pont du Senkelbach au lieu nommé am Senk , on arrive au village de Simpeln , distant de 1 lieue et 1/2 du col, et de 8 lieues de Glis et de Brieg. De Simpeln on en compte 6 jusqu'à Donio d'Ossola. Dans cette partie delà route l'ancien chemin, dans lequel on observait aussi des galeries, n'existe plus; ainsi, nous nous contenterons de donner la description de la nouvelle route , qui est généralement beaucoup plus remarquable sur le revers méridional que du côté du Valais. Au sortir de Simpeln , on passe successivement les ponts du Lowibach et duKronbach, et l'on arrive à Gstei£ (ou Im Gutz), 1/2 lieue, où la réunion du Kronbach et de la Quirna, qui descend du glacier de Lavin, le long d'une gorge creusée dans les rochers de la droite , forme la Vériola (autrement nommée Védrio ou Divério)> dont on suit les bords jusqu'à 1 lieue en avant de Domo. Du Gsteig à Gunt Ou Gondo ou Ruden , auberge isolée , construite par la fa-
mille Stokalper , de Brieg , 1 lieue 1/2. On y voit une tour gui a sept étages. De là on entre dans une gorge très-étroite où. le chemin serpente de l'une à l'autre rive de la Vériola , au moyen de plusieurs ponts. On y passe la quatrième galerie a dont la longueur est de 80 pas ; ensuite on rencontre la magnifique cascade du Frissinone , ou Alpirnbach , à côté de laquelle on entre dans la cinquième galerie, qui est la plus longue de toutes : elle a 202 pas de long. Cette superbe voûte offre trois grandes ouvertures sur la rivière, de sorte qu'elle est fort bien éclairée. Toutes ces galeries, taillées dans le roc vif, ont plus de 30 pieds d'élévation, et une largeur au moins égale à celle de la chaussée.
On observe près de Gondo une belle cascade formée par le torrent qui sort de la gorge de Zwischbergen, dans laquelle on trouve une mine d'or appartenant à M. le baron Stockalper, de Brieg, et que suit un sentier qui aboutit à la vallée de Saas, l'une des deux principales ramifications de la grande vallée de Viso , laquelle débouche près du bourg de même nom , à 3 lieues au-dessus de Brieg. Le torrent de Zwischbergen charrie des paillettes d'or.
A 1/& de lieue au-dessous de Gondo, on trouve une petite chapelle bâtie sur les confins du Valais et de l'Italie. Le premier village italien se nomme San-Marco : vient ensuite Isella , ou le Dazio , où l'on visite les voyageurs. Le hameau de Trasquéras est situé sur la hauteur. — On entre bientôt dans l'effroyable gorge des Yéselles, qui va aboutir àDivédro, lieu situé à 2 lieues de Gondo, à 1,782 pieds au-dessus delà mer: on y trouve une auberge passable, et, malgré les tristes rochers dont il est environné de toutes parts, ce village occupe un petit district agréable et fertile. Ensuite on longe une vallée étroite et sauvage ( Val-Divédro ), où l'on rencontre deux ponts , ainsi que la sixième et dernière galerie , qui a 80 pas de longueur, et l'on arrive à Crévola au bout de deux heures de marche. On laisse de côté les hameaux de Varzo et de Murcantino. A Crévola, on passe la Vériola sur un pont qui est un chef-d'œuvre d'architecture, et dont la longueur est de 60 pas. De là à Domo d'Ossola , 1 lieue.— Rien de plus nu et de plus affreux, rien qui porte l'empreinte de la destruction d'une manière plus effrayante que les gorges qui mènent de Crévola jusqu'à Divédro,etde Divédro jusqu'au Gsteig ; il est impossible d'en tracer la plus faible esquisse. Quand il survient quelque orage à la suite de plusieurs jours de pluie, il faut rester à Domo d'Ossola , si l'on
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ne veut s'exposer au danger d'être assommé par les pierres qui se précipitent du haut des montagnes. La vallée est étroite, les rochers sont pour la plupart brisés , et les blocs des hauteurs , rendus gJissans par les pluies, et détachés par les coups de vent, tombent le long de la paroi comme une grêle de pierres. Il y a aussi, au printemps et en hiver, des semaines entières pendant lesquelles ce chemin est excessivement dangereux , à cause des lavanges qui y tombent fréquemment dans cette saison.
Histoire militaire des derniers temps. — Pondant que l'armée de réserve française passait le Grand-St.-Bernard , sous les ordres du premier consul , le 27 mai 1800 , on envoya le général Béthencourt à la tête d'une colonne de 1,000 hommes, tant Français qu'Helvétiens , avec ordre de passer le Simplon et d'occuper les pas de Yéselïes et de Domo d'Ossola. Des chutes de neiges et des rochers avaient emporté un pont, de sorte que le chemin se trouvait interrompu par un abîme épouvantable de 60 pieds de largeur. Un volontaire plein d'intrépidité s'offrit de tenter l'entreprise la plus hasardeuse: iï entra dans les trous de la paroi latérale , lesquels servaient auparavant à recevoir les poutres du pont, et , en passant ainsi ses pieds d un trou dans l'autre , il arriva heureusemeat sur l'autre bord du précipice. Une corde dont il avait apporté le bout fut fixée à hauteur d'appui des deux côtés du rocher. Le général Béthencourt passa le second après lui : suspendu à la corde, au-dessus de l'abîme , et cherchant à appuyer ses pieds dans les trous de la paroi ; après quoi les 1,000 soldats qu'il commandait le suivirent tous , chargés comme ils l'étaient de leurs armes et de leurs havresacs. En mémoire de cette action hardie, on a gravé dans le roc les noms des officiers français et helvétiens. Il se trouvait cinq chiens à la suite des bataillons : lorsque le dernier homme eut franchi le pas, ces pauvres animaux se précipitèrent tous à la fois dans l'abîme. Trois d'entre eux furent entraînés à l'instant parles eaux impétueuses du torrent du glacier ; les autres eurent assez de force pour lutter avec succès contre le courant , et , parvenus sur la rive opposée , ils grimpèrent jusqu'au haut delà paroi , où ils arrivèrent tout écorchés aux pieds de leurs maîtres.
Siox ( en allemand Sitten ) , capitale du canton du Valais et résidence de Févêque. C'est une jolie ville, gaie , animée et peuplée de 3,000 habitans.
Auberges : le Lion-d'Or , avec la poste aux chevaux , située sur la place ; la Croix-Blanche. Deux établissemens recommandâmes.
SIC 587 Situation, — Sion s'élève au-dessus d'une plaine vaste et fertile, où les champs, les prairies , les vergers et les jardins offrent le tableau le plus agréablement varié. Cette plaine est bornée au X. et au S. par des montagnes dont les bases sont couvertes de magnifiques vignobles. Les maisons s'appuient à l'E contre unepetite montagne, dont les deux parties . nommées Tourbillon et Valéria. offrent d'âpres rochers couronnés de châteaux et d'autres habitations, dont les bases sont ornées de vignes.
Rues. La ville est entourée d'un fossé profond, avec des remparts de hautes murailles Les rues sont en pentes étroites, et les maisons inégales, enfermées et construites comme si l'on, s'était proposé d'intercepter les rayons du soleil, ce qui pendant les chaleurs de l'été donne lieu à des exhalaisons désagréables et malsaines. Cependant la partie de la ville qui a été reconstruite à neuf est bâtie sur un meilleur plan , les rues étant fort larges et à peu près tirées au cordeau.
Curiosités. — L'église cathédrale dédiée à la Sainte- Vierge , avec un riche chapitre de chanoines ; cette église , d'architecture gothique, est très-vieille telle contient quinze autels , plusieurs monumens funèbres et des tombeaux de familles : on voit un ossuaire sur les galeries , et en dehors plusieurs anciennes inscriptions romaines : l'église bâtie par le cardinal Mathieu Schinner, en l'honneur de Saini-Théodule , ancien évêque de Sion; le collège, dont la situation est belle et qui est aux Jésuites ; l'hôtel-de-ville , où l'on remarque aussi des inscriptions romaines , et celui de la chanchelleiie , entièrement neuf. Du haut des rochers des deux collines on découvre de fort belles vues : celle de Tourbillon , située au N. , est la plus haute et la plus escarpée. Valéria , qui est au S. , forme une masse plus considérable, et présente un plus grand nombre de bâtimens. On monte sur la première par un chemin taillé dans le roc. Le château de Tourbillon , bâti en 1492 , a été long-temps la résidence de révêqne; mais il tombe en ruines depuis l'incendie de 1788, Valéria est couronnée de tours et de hautes murailles; on y voit plusieurs maisons et une grande église fort ancienne où l'on a enseveli le corps d'un saint personnage nommé Wiîï ; qui y attire encore aujourd'hui des pèlerins, et qui opère des guérisons miraculeuses. Cette église possède aussi des inscriptions romaines. Le château de Majorie , bâti au pied des d: ux collines , a été la résidence de l'évêque jusqu'en 1788, qu'il devint la proie des flammes: on en voit encore les ruines. Hors delà ville on remarque un couvent de Capucins admirable