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les détails aux articles Grindelwald , Lauterbrunn et Interlacken ). — Dans la vallée de Habkeren, V. cet article
Imefwald ( le canton d'Unterwalden ,) l'un des trois premiers cantons lesquels , avant le quatorzième siècle , portaient le nom de Waldstaette ; c'est le sixième en rang dans la confédération suisse. Le canton se divise en deux républiques indépendantes et démocratiques. La première , le Haut-Unterwald , dont la capitale est Sarnen : la deuxième, le Bas-Unterwald, dont la capitale est Stanz. Ces deux états n'ont qu'une voix dans la diète fédérale. Pendant le onzième siècle , l'Unterwalden était généralement connu sous celui de Sylva ou Forts. La surface de ce canton est d'environ 12 milles géographiques en carré ; on y compte 25,000 habitans et 5 monastères; mais on n'y trouve aucune ville. Ce pays, situé dans les Alpes , comprend quatre vallées couvertes de prairies et de pâturages , dans lesquelles on rencontre quatre lacs et deux ruisseaux considérables ; savoir : les deux Aa efc le Melchbach. Les montagnes qu'on y voit s'élèvent de 2,600 jusqu'à 10,000 pieds au-dessus de la mer; les Alpes Surènes et le Titlis portent des glaciers considérables , et leurs sommités sont couvertes de neiges éternelles. La partie orientale du canton jouil: d'un climat très-doux ; les arbres fruitiers et les noyers y réussissent à merveille; il croît même des châtaigniers à Kirsiten , et en divers endroits l'on fauche les prés trois ou quatre fois par an. — Les habitans de l'Unterwald sont du nombre des peuples démocratiques des Alpes de la Suisse allemande ; ils professent la religion catholique , et se sont distingués de tout temps par leur caractère sérieux et porté à la dévotion , ainsi que par la confiance sans bornes qu'ils accordent à leurs prêtres. L'économie alpestre fait leur unique occupation , excepté dans la vallée d'Engelberg, où l'on file de la filoselle. Les bêtes à cornes sont de petite race , et ne pèsent guère plus de quatre quintaux et demi. On dit qu'en été le canton en nourrit 10,000 pièces. Les fromages de lTnterwald sont aussi estimés que ceux de l'Emmenthal et du Gessenai. Ils dev iennent excellens en vieillissant , et comme ils ne sont point fort gras , et qu'ils sont trèsdurs, on les recherche beaucoup pour des voyages de long cours sur la mer , où ils se conservent parfaitement. La plus grande partie de ces fromages passent en Italie.
Urbain ( Saint- ) , abbaye du canton de Lucerne. ( V. Langenthal. )
Ursern (la vallée d' , en rhétien Ursara ) est située au canton d'Uri ; elle a 3 lieues de long sur un quart de largeur , et
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s'étend depuis l'Urneiioch, ou roche percée du Teufelberg, dans la direction du nord-est au sud-ouest, jusqu'au mont Furca. Elle est arrosée par la Reuss et entourée de toutes parts de montagnes granitiques très-élevées. La seule entrée qui y mène, sans passer par-dessus l'arête de quelque montagne, est celle de l'Urnerloch , galerie percée dans les rochers qui ferme le pays du côté du nord , et au-delà desquels s'étend l'affreuse gorge des Schœllenen , située à la vérité sur le territoire d'Ursern jusqu'au Haederlisbrùcke , qu'on trouve à un quart de lieue en avant de Gestinen. A la vallée principale aboutissant 6 vallons latéraux, savoir : ceux de l'Ober-Alpe , de Unter-Alpe , de Ruduut , de Kaes , d'Enn et de Grossthal. La vallée principale seule est habitée , et contient quatre villages ; c'est un des pays peuplés les plus hauts qu'il y ait en Suisse ; car la partie la plus basse de la vallée a /i,35G pieds au-dessus de la mer, et l'on ne fait pas une demi-lieue de chemin en montant sans se trouver de quelques centaines de pieds plus haut qu'auparavant. L'hiver y dure 7 mois , et pendant la moitié des 5 autres ou est ordinairement obligé de chauffer les poêles. Tout le pays est couvert d'excellens pâturages alpins dans lesquels on prépare les fromages d'Ursern qui sont du nombre des plus gras et des meilleurs que l'on fasse en Suisse. Le bois y est trèsrare ; cependant il croît beaucoup d'aunes sur les bords de la Reuss , et le pays produit une quantité de tourbe. Les montagnes qui entourent la vallée principale offrent quatre ou cinq glaciers; savoir ; ceux de Ste.-Anne , deMatt, de Biel et du Weisswasser. Le grand chemin de Suisse en Italie par le St.-Gothard , celui qui mène en Valais par le mont Furca , et par le Cimout dans les Grisons , traversent cette vallée et sont d'une grande ressource pour les habitansqui entretiennent 300 chevaux pour le transport des marchandises. Les horreurs que déploie la nature dans la partie située au-delà de la Roche-percée ( L'Uuerloch , les Schœllenen, le Pontdu-Diable , et la galerie même , le contraste de toutes ces scènes effrayantes avec les tableaux gracieux et doux qu'offrent les pâturages dont la vallée même est couverte , en font une des contrées les plus curieuses et les plus intéressantes des Alpes helvétiques. ( V. quant au chemins et autres particularités de la vallée, les articles Amsteg, Andermalt et Kospital. )
Uri , un des 3 premiers cantons de la confération, a pour chef-lieu Al torf; il compte 1^,000 h.
Uzvach, bourg et chef-lieu d'un district au canton de St.- Gall, situé dans une plaine couverte de prairies fertiles , à
une demi-lieue de l'endroit où commence le lac supérieur de Zurich. L'église qu'où voit en avant du bourg fut construite en 1505 sur les raines du château d'Uznaberg, détruit l'an 1267 par les Zuricois sous la conduite de leur capitaine Rodolphe de Habsburg. Celte petite province , où l'on trouve de belles forets , produit beaucoup de foin et de fruits. On exploite non loin dTznach une mine de charbon de terre (Braunkohlen) dont les couches sont interposées entre des bancs d'argile d'un gris bleuâtre : on y trouve des troncs d'arbres tout-à-fait intacts.
Vkemins. — A Schmérikon sur le lac de Zurich , 1 lieue. A Rapperschwyl, 3 lieues. Un très-bon chemin pour les voitures mène dans le Tockenburg en traversant des coteaux couverts de forêts et de prairies ; on monte d'abord par Ermenschwyl , Ganen et Bildhaus au Huminelwald , d'où l'on descend à Wattwyl, 2-3 lieues. Pendant ce petit trajet , on découvre quantité de belles vues(V. Bildhaus). A VVésen,. 3 lieues ; le chemin passe par Kaltbrunn et par Schennis. en traversant d'agréables prairies plantées d'arbres fruitiers (V. Schànnis et VVésen).
VALAIS ( le , en allemand Wallis ou YValliserland ; en latin» Vallcsia) : tel est le nom de la plus longue et de la plus considérable de toutes les vallées de la Suisse ; ce pays devrait s'appeler Vallée-du-Rhôno; car cefieuve leparcourt dans toute sa longueur. C'est une vallée longit dinale qui s'étend du nord est au sud-ouest depuis le mont Furca jusqu'à Martigny; ensuite elle se détourne du côté de l'ouest jusqu'au lac de Genève. Depuis lenied du mont Furca el du Galenstock jusqu'à Martigny on compte 28 lieues 1/2 : il yen a 6-7 de Martigny à St.-Gingoulph ; de sorte que la longueur totale de la vallée est de 35 à 36 lieues sur une largeur le plus souvent moindre d'une lieue. Cependant la largeur entière du pays est de 10 jusqu'à 16 lieues. Car 011 compte treize vallées latérales habitées ( dont quatre ont 10 lieues de long) , qui s'étendent dans l'intérieur des Alpes de la chaîne méridionale ; il y en a aussi trois dans celle du nord , sans parler de plusieurs autres vallons latéraux inhabités. L'élévation de la partie la plus haute de la v allée située au pied du Furca , dans le lieu où le Rhône prend sa source, est de 4, 366 pieds au-dessus du niveau du lac de Genève. Voyez aux articles Furca et Rhône quelques détails sur les sources et sur le cours du fleuve. De
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tous côtés le Valais est environné de montagnes très-élevées; on n'y peut entrer nulle part de plein-pied , si ce n'est à St.- Maurice ; encore l'entrée en est-elle si étroite que le Rhône trouve à peine l'espace nécessaire pour se frayer un passage entre les parois escarpées de la Dent-de-Morcles et de celle de Midi, et que la porte du pont de St. -Maurice sert tous les soirs à fermer l'entrée du Valais. Les deux chaînes de montagnes qui bordent de part et d'autre la vallée sont les plus élevées qu'il y ait dans les Alpes. Leurs innombrables cimes s'élèvent de 8,000 à 14,500 pieds au-dessus de la mer. Les parties les plus basses de ces montagnes , connues sous le nom de Cols, ont de 6,000 à 10,284 pieds de hauteur. C'est aussi sur ces deux chaines qui bordent le Valais au nord et au sud, que reposent les plus énormes glaciers et les champs de glace les plus vastes qu'il y ait dans toute la Suisse. Le Valais est un des pays les plus remarquables non-seulement de toute la Suisse, mais même de toute l'Europe ; car on ne voit nulle part ailleurs un district aussi resserré réunir les productions et les climats de toutes les latitudes, depuis celles d'Islande jusqu'à celles de la Sicile et de l'Afrique, et offrir une variété aussi inépuisable des objets les plus contraires, un passage aussi rapide des scènes les plus effroyables d'une nature qui aimonce partout la mort et la destruction , aux tableaux les plus gracieux d'une végétation brillante et vigoureuse. La Valteline est peut-être de tous les autres pays celui qui a le plus d'analogie avec le Valais ; mais en général ce dernier est beaucoup plus remarquable, soit par la grande diversité des peuples qui l'habitent , soit parla richesse, la singularité et la sublimité de la nature. Il est en Valais des endroits où l'on, moissonne au mois de mai ; il en est d'autres où la récolte des blés n'a lieu qu'en octobre. Si dans certains sites }es fruits ne sauraient parvenir à la maturité , on voit ailleurs croître- l'asperge sauvage et mûrir l'amande, la figue, la grenade , la figue d'inde , etc. , presque sans travail et sans soins. Le sol y rapporte de très-bons vins. Les montagnes nourrissent des chamois , . des marmottes , des lynx , des loups , quelquefois des ours , des lièvres , des chevreuils et beaucoup d'oiseaux sauvages parmi lesquels il en est un grand nombre d'excellens à manger. On trouve dans les vallées des insectes très-rares.
Botanique. — Il n'y a pas de pays en Suisse où l'on trouve une aussi grande quantité déplantes rares que dans le Valais, où l'on peut cueillir en un jour les végétaux que produisent les régions glacées du pôle, et ceux des contrées les plus mé-
VAL 621 ridionales de PEurope. La flore du Valais se compose de près de 2,000 espèces de plantes, indépendamment d'environ 1,000 espèces cryptogamiques.
Entomologie. — Le Valais est aussi très-riche en insectes. Entre autres papillons on y remarque le grand et le petit apollon , le valaisan , papillon d'un vert d'olive , l'iris bleu , l'iris gorge de pigeon , etc.
Observation. —L'ami de la nature , le philosophe qui fait de l'homme l'objet principal de ses études, les amateurs de l'histoire naturelle et politique , de la minéralogie , de la géologie et de la botanique , trouveront un vaste champ ouvert à leurs recherches dans ce pays , dont une bonne partie , et notamment les vallées latérales , n'ont jusqu'ici point été visitées par les savans.
Val l en Go, chef-lieu du district de même nom qui forme la partie la plus vaste et la plus populeuse du canton de Neu, châtel. Elle est située sur le Seyon , au bas du Val-de-Ruz et à 1 lieue de Neuchâtel. ( V. cet article et Ruz. ) C'est de sa situation au fond d'une vallée fort étroite , que lui vient son nom ( Valtis-Angina. ) — Les vallées de Ruz , du Locle , de Sagne , de la Chaux-de-Fond et des Brenets font partie du district de Vallengin. ( V. cet article. }
Vallorbe. V. Orbe ( Val- )
Valorseve (la;) , vallée de Savoie située entre celle deChamouni et le Bas- Valais. Cette contrée, très-étroite, peut avoir 5 lieues de longueur. Elle s'étend de l'ouest à l'est: elle est arrosée par le Bérard ou Eau-Noire, torrent sorti des glaciers du revers occidental du Buet. (Cette montagne s'élève à 10,468 pieds au-dessus de la mer. V. Buet. ) La Valorsine offre une grande variété de scènes romantiques et sauvages , au milieu desquelles une nature plus douce se plaît à former quelques tableaux gracieux ; on y voit de toutes parts des sites pittoresques , des cascades et des rochers d'un aspect affreux. Au milieu de la vallée , à l'entrée d'un vallon latéral , est situé un moulin qui représente une station extraordinairement remarquable ; pour s'y rendre , il faut s'éloigner de 8 ou 10 minutes de la route fréquentée : on y jouit de la vue d'une cascade magnifique , formée par les eaux d'un torrent qui se précipite avec fracas un peu au-delà du moulin. A 3/Zt de lieue du village de Valorsine , du côté du nord-ouest , le Bérard forme aussi de superbes chutes que l'on aperçoit du chemin , mais à une grande distance, dans la direction de la Tète-Noire. A l'ouest du village de Valorsine s'élèvent les monts Bérard , Loggia et Buet. Tout
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ce vallon , et surtout le village de Tinio , est habité par une belle race d'hommes. L'hiver dure très-long-temps dans cette vallée, et ce n'est qu'au mois de juin que les neiges disparaissent. On n'y compte pas au-delà de 600 habitans , dont la plupart vont pendant l'été travailler dans le Valais ou dans la Tarantaise. On y trouve une auberge près de l'église. Les lavanges y causent d'affreux ravages: elles tombent jusque près de l'église , à côté de laquelle on a élevé un rempart d'une hauteur considérable pour la préserver de ce fléau dévastateur. Un poste de frontière est établi dans ce lieu , où. les employés des douanes françaises visitent les étrangers.
Chemins, — De Valorsine à Chaniouny, h lieues. (V. cet article). A Martigny, dans le Bas-Valais , 5 lieues. Au sortir du village , on descend par une pente fort raide, situé au pied du Gros-Perron, jusqu'au bord du fougueux Bérard; on traverse une gorge romantique , resserrée entre les montagnes, dans le voisinage de Bel-Oiseau, on passe ensuite un pont qui mène sur la rive droite du Bérard: de là, après avoir franchi un escalier pratiqué dans le roc, et un défilé d'un aspect affreux, on arrive à une espèce de porte qui fait les limites de la Valorsine et de la Savoie, du côté du Valais , où l'on entre toute suite. On passe, à un quart de lieue de cette porte, près du moulin dont on a parlé plus haut, après quoi l'on gagne la Tète-Noire, où le chemin est exactement âpre et fatiguant, mais exempt de tout danger, quoique bordé quelquefois de profonds précipices. De l'autre côté de l'abîme, on aperçoit les montagnes du Gros-Perron et du Bel- Oiseau, entre lesquelles descend le torrent de la Valpeline, et le hameau de Finio, entourés de belles prairies. Au bout de 2 heures de marche, on arrive au sommet de la Tète-Noire, où le chemin passe le long d'une espèce d'escalier, connu sous le nom Mâpas (mauvais pas), et dont les marches sont entièrement taillées dans le roc; après quoi l'on descend par une pente très-raide jusqu'au bord du Trient, qui, réuni avec les eaux du Bérard , coule à gauche au milieu des rochers, d'où on le voit ressortir à une demi-lieue de Martigny dans la vallée du PJiône. Arrivé au bord du torrent, on monte le long de ses rives jusqu'au village du Trient. (V. cet article). Un autre qui, de la Valorsine, va dans le Bas-Valais , suit constamment la vallée du Trient, et passe par les villages de Finio et de Salvent. Ce chemin est plus court que celui de Trient et de la Fcrclaz , surtout pour les voyageurs qui vont à Saint-Maurice et à Bex. Depuis l'endroit où l'Eau- Noire se jette dans le Trient, on monte par une pente raide
du côté gauche de la vallée , et le long d'un chemin pratiqué au milieu des rochers; à la descente, on continue aussi tonjours de suivre le même côté de la vallée. Entre Finio et Salvent, la contrée est sauvage et solitaire ; mais dans ce dernier endroit, elle s'adoucit tout à coup et devient fertile et riante. De là, on descend rapidement entre le torrent de la Pissevache et celui du Trient jusque dans la vallée du Rhône. En divers endroits de ce chemin remarquable on découvre de fort belles vues du côté de Sionet du Haut- Valais. Un chemin qui passe par le col de Bérardmène de la Valorsine à Six et à Thonon sur le lac de Genève. Il y a 9 à 10 lieues de marche depuis le village jusqu'au sommet; on peut faire les deux premières lieues à cheval. Le chemin passe par le hameau de Couteraie, par une gorge étroite et obscure, par-dessus le col du Bérard , et par un bois de mélèzes ; ensuite on trouve une rampe escarpée et couverte de neige, du haut de laquelle on découvre le sommet de Buet ; on passe à côté d'un rocher plat , nommé Pierre à Bérard, au-dessous duquel on a établi un chalet et des écuries pour les vaches. C'est là qu'on est obligé de quitter les mulets. Au bout de 2 heures, on arrive au pied d'un rocher que l'on appelle la Table au Chantre depuis que M. Bourrit y a dmé dans un de ses voyages. Parvenu à ce rocher, il y a encore 5 lieues et 1/2 à faire, en marchant presque toujours sur la neige pour atteindre le sommet de la montagne. Pour le sentier qui mène de la Valorsine sur le col de Balme. (V. cet article).
Valsaixte (la, autrefois Val de tous les Saints), chartreuse du canton de Fribourg. Ce monastère est situé dans un vallon qui s'étend entre la vallée de Charmey et le lac d'Omeine (Schwarszée) au sud du mont Berra. Elle est habitée aujourd'hui par des Liguoriens.
Valtelwe (la, en allemand Veltlin , en italien Valle-Tellina) , Tune des plus longues vallées longitudinales des Alpes , est située sur le revers méridional de la chaîne centrale du canton des Grisons. Elle a 20 lieues de long et s'étend du nord-est au sud-ouest depuis la gorge de Serra,, jusqu'au lac de Côme. Sa plus grande largeur , savoir : entre le Muretlo et le Corno d'Ambria, est de 8 lieues. Le terreplein de la vallée n'a pas plus d'une 1/2 lieue. Elle est arrosée par l'Adda. La chaîne du Beruina , couverte d'énormes glaciers, forme un rempart vers le nord autour de cette vallée , laquelle est bordée au sud par la chaîne du Legnoné, où l'on n'observe qu'un seul glacier, savoir dans la vallée d'Arigo. Quatre grandes vallées et quelques autres pluspe-
tites s'enfoncent dans la chaîne du Bernina ; on en compte huit dans celle du Legnoné. Deux passages traversent la première de ces chaînes et vont aboutir dans FEngadine. Les deux côtés de la vallée , et principalement celui du sud sont couverts de grands bois de châtaigniers qui rapportent des fruits de diverses grosseurs. Il y croit des amandiers , des figuiers , des grenadiers , des oliviers , des lauriers et des mûriers blancs. Les chaleurs y sont si fortes que l'on y plante des érables, des peupliers et des arbres fruitiers pour préserver la vigne de l'ardeur du soleil. La partie septentrionale de la vallée est couverte de vignes jusqu'à une hauteur considérable, et le vin est la principale production du pays. Les raisins de la Valteline sont d'un goût si exquis , que l'empereur Auguste en faisait venir pour sa table. Le vin de cette contrée serait des meilleurs qu'il y ait en Europe, si les habitans entendaient mieux l'art de le préparer; mais ils s'attachent tellement à lui donner un rouge très-foncé , que pour y parvenir ils en sacrifient toutes les autres qualités : l'espèce de raisin dont on fait le plus de cas est celle que l'on nomme chiavanasca, c'est-àdire raisin de Chiavenna. Le sol fournit quatre récoltes , savoir : celles des grains d'hiver, du maïs, du maïs du printemps, nommé quarantino , parce qu'il mûrit en quarante jours, et des navets que l'on plante entre les rangées des ceps de la vigne. Les bêles à cornes qui paissent sur les Alpes sont de belle race, et l'arrangement des laiteries est exceltent. Les fromages d'Alla Gostes , dans la vallée de Livrrio , et surtout ceux du Val-Bitto , sont presque aussi estimés que le parmesan. L'Adda est très-poissonneuse. La Valteline est une des vallées les plus riches et les plus fertiles de l'Europe ; elle offre des productions de la Sicile et des pays du nord, et réunit les beautés des Alpes à celle du climat d'Italie. Mais elle est habitée par une peuplade italienne pauvre, incivilisée et ignorante. La mortalité est grande, principalement parmi les enfans , et les fièvres putrides et malignes enlèvent un grand nombre d'adultes. La race d'hommes n'est pas belle . et les travaux pénibles auxquels les femmes sont condamnées les défigurent horriblement. On remarque beaucoup de goitreux et des crétins, surtout à Talamona. Les hommes ont l'habitude de parcourir les pays étrangers , où ils font communément le métier de pâtissiers. — L'ours fauve et l'ours noir sont indigènes dans la Valteline , et surtout dans les vallées deMasinoet deMalenca. (V. Morbêgno , Sondvio et Tirano.) — Pop. 70,000 h.
Varèse, petite ville de la Lombardic, située au pied des Alpes, entre les lacs Majeur, de Lugano et de Corne, et près de la frontière méridionale de la Suisse.
Curiosités. — Cette ville et ses environs sont pendant Tété le séjour favori des riches Milanais , de sorte qu'on y voit quantité de palais et de superbes maisons de campagne. On y distingue, entre autres, la Villa Bossi et la Villa Orrigiani à Biuma , où. l'on voit de superbes tableaux à fresque de Morazzoni , de Chisolfi , de Storer, etc. Les environs de cette ville offrent un grand intérêt historique. Casîelcéprio , lieu situé sur le chemin de "Gallarate , est r ancien Insubrium, nomme' dans la suite Subrium ou Seprium , où les Gaulois ou les ïnsubriens formèrent leur premier établissement en Italie. C'est là ou à Viséprio , qui n'en est qu'à peu de distance , qu'était le Vicus dont Polybe fait mention. On y a trouvé quantité d'anciens monumens. — Les plus hautes montagnes qui s'élèvent entre Varèse et Lavéna ont 3,187-3,206 pieds au-dessus du lac Majeur. — L'église octogone de Varèse passe pour être du temps des Lombards, c'est-à-dire du 8e siècle : c'est le plus ancien bâtiment de la ville , ainsi que le ci-devant couvent de Cavédra. On découvre de belles vues du haut de la tour de San-Vittore et sur le Sacro-Monte, ou Calvaire. Le chemin qui y mène passe par les villages d'Ambrogio , de Roborello et de Fogliano : en gravissant cette petite montagne, on passe à côté de 15 chapelles , où l'on observe une quantité de tableaux , de bas-reliefs et de statues, ouvrages des meilleurs maîtres: ceux du Marazzone ornent la septième de ces chapelks , et la douzième contient les chefs-d'œuvre de Bianchi , de Panfilo . de Pristiniani et de Légnani. Ensuite on arrive au couvent de la Madonna del Monte , où l'on fait beaucoup de pèlerinages. La hauteur du clocher est de 2,049 pieds audessus du lac Majeur. L'église possède de beaux tableaux. La vue de ce Calvaire est célèbre : on y découvre les lacs de Varése , de Comabbio , de Ternate et de Monate , une partie du lac Majeur et celui de Côme, les plaines de la Lombardie jusqu'au-delà de Milan , du côté des xVpennins.
Chemins. — On va de Varèse à Lavéna, sur le lac Majeur , au travers d'un pays superbe et très-fertile (2 postes). On remarque dans ce trajet la maison et les jardins Andréani à Goîciago , et de magnifiques points de vue sur les bords du lac Majeur , tant à Coniéro qu'à Gavirate. (V. Lavera.) — A Lugano : 1° par Biumo ; après avoir fait une descente fort raide , on passe i'Olona ; puis par Arcisate etBisuschio. où
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l'on voit un palais dans lequel il existe d'anciens tableaux à fresque des disciples de Campi ; de là on gagne le port de Morco sur le Lugano (1 poste) , où l'on s'embarque pour la ville du même nom. — 2° De Varèse à Induno , comme cidessus. On monte à gauche sur la hauteur qu'occupe la Villa Frescarolo, qui appartenait au pape Pie IV, issue de la famille de Médicis de Mérégnano , lesquels en sont encore possesseurs. De là, ensuivant les hauteurs, à Gana , dans la vallée de même nom , et par le Val Marchirolo à Ponte-di- Trésa et à Lugano. Ce chemin , quoique mauvais , est praticable pour les voitures. — 3° De Varèse , par Mendrisio et Capo-di-Lago , à Lugano. — De Varèse à Luino , sur le lae Majeur, au-delà de l'embouchure de la Tre'sa. On passe par Brinzio , où l'on voit un petit lac très-profond ; après avoir franchi le mont Mériccio, on arrive à Rancio, d'où l'on descend àCassano; ensuite par la Val-Travaglia à Germinaga. De Varèse à Corne, 2 postes , par un chemin magnifique. On traverse la colline de Belforte , et l'on passe par l'Olona et FAnza, après quoi l'on monte à Mainate; de là par Binago , Solbiate . Olgyate , etc. A Milan, U postes. Le grand chemin va par Bizozéro et Marcolina, et après avoir passé l'Olona , par Tradate , où il croit d'excellens vins rouges ; par Mozzate , où l'on remarque les superbes plantations d'arbres d'Amérique de M. Castiglioni ; parSaronno, dont l'église 9 bâtie sur les dessins de Tibaldi , possède les plus beaux tableaux de Bernardine Luino , le meilleur des disciples de Léonard de Vinci. Xon loin de là } on remarque la superbe Villa Lit ta et ses jardins somptueux ornés de belles statues , dont plusieurs sont antiques ; on y voit entre autres un buste de Laocoon dont Winkelmann fait mention dans son Histoire des arts (T. II, p. 194) ; par Carbagnate > où se trouve la fameuse Villa connue :>ous le nom du Castellozo des Busca, où l'on distingue la statue antique de Pompée, à côté de laquelle César fut poignardé à Rome; par Garégnano, dont l'église possède de beaux tableaux à fresque de Daniel Crespi. Près de ce lieu est situé Inverna.
Vaud (le canton de, en allemand Kantoa Waat) : c'est l'un des plus grands de la Suisse , et le dix-neuvième dans la confédération. li est composé du pays de Vaud, du district d'Aigle et de Bex, du pays d'En -ha ut-roman (c'est la partie du pays de Sanen où la langue française est en oisage) et des ci-devant bailliages drOrbe et de Grandson. Sa