‹ Manuel du voyageur en SuisseChapitre 170 sur 185 · VER · texte numérisé non relu

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de même de la route qui de Baie va en France par les vallées de Saint-Imer , de la Chaux-de-Fond, du Locle et de la Bré- Tine. — On trouve dans les rochers calcaires du voisinage un grand nombre de pétrifications, telles que des coraux, des ostracites, des turbulites, des nautilites, des bue car dites, des pectinites, etc.

Chemins. — A ^îotiers. (V. cet article.) On peut aller à la Brévine en passant par les Bavards. (V. Brévine.)

Verzasca ( la vallée de), située au canton du Tessin, débouche non loin de Locarno, et au-dessus de Ténéro ; elle s'étend dans la direction du nord-nord-ouest, sur uue ligne de 8 lieues de longueur, entre la Val-Maggia et la Val-Lévantine. Elle est fermée par le mont Lavertezzo, au pied duquel elle se subdivise en deux petits vallons. Cette contrée, à proprement parler, n'est poiut une vallée ; c'est plutôt une lacune profonde causée par le relirement des rochers dont les parois sont tellement escarpées, que le voyageur ne peut suivre les sentiers qui régnent au bord des précipices delà Verzasca et des autres ruisseaux de cette centrée, sans s'exposer à un danger manifeste, et que les habitans ne peuvent bâtir leurs maisons autrement que les unes au-dessus des autres. La Verzasca coule à une profondeur considérable au pied des deui parois, le long desquelles les pêcheurs sont obligés de grimper comme des chamois. Cette vallée, excessivement singulière, n'est point connue des voyageurs : elle est couverte des pâturages alpestres, de châtaigniers et de noyers ; les habitans cultivent aussi la vigne , le maïs et le chanvre.

Chemins pour entrer dans la vallée. — En venant de Locarno , après avoir passé par Gordola, le chemin qui conduit d; ns cette vallée aboutit tout à coup à un escalier pratiqué dans le roc , et connu sous le nom des Scaletté. Les premières maisons que l'en voit suspendues à l'entrée du vallon s'appellent Mergoscia; celles que l'on ren centre sur le chemin même font partie de la commune de Vogogno , dont l'église paroissiale est située à San-Bartholomeo. Bientôt après . on aperçoit le mont LaTertezzo , qui forme deux pics. Ensuite on passe le Ponte-Roër , et l'on voit de l'autre côté de la rivière le village de Corripio, où les deux rives communiquent au moyen d'un pont. A Val - délia -Porta , le chemin passe sur un second pont situé au milieu d'une contrée affreuse. Le nom de ce lieu vient, dit-on, d'une porte que l'on tenait fermée , sous les dues de Visconti , lorsque la peste exerçait ses ravages , et qui servait à emp.ê-

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cher l'entrée de la partie supérieure de la vallée. A une 1/2 lieue de là, le chemin arrive au bord de la Verzasca^ dans un lieu où la vallée est large, plane, fertile et d'un aspect agréable. Au pied du mont Lavertezzo est situé le village de même nom. C'est là que la vallée se divise en deux branches : celle qui s'étend au nord est couverte de pâturages, et n'est point habitée : la seconde court au nordouest, et renferme les villages de Brioné et de Sanogno. On trouve des sentiers à Lavertezzo pour aller à Giornico. dans la Val-Lévantine , et à Prato , dans la vallée de Lavizzara.

Hahitans du val Vcrzasca. — Ils s'occupent des soins de l'économie alpestre : leurs bestiaux sont très-petits. Ils filent aussi du chanvre, et fabriquent aussi des toiles légères : du resîe . ils ne connaissent aucune autre branche d'industrie. Les hommes font dans l'étranger le métier de ramoneurs. Il règne chez ce peuple une pauvreté extraordinaire , et les habitations sont excessivement chétives et misérables. Les hommes sont très-jaloux, et vindicatifs à l'excès. Ils sont tous armés, d'un couteau très-acéré et d'un pied de longueur , recourbé à la pointe en forme de serpe ; ils laissent pendre à la partie postérieure de leur ceinture cet instrument meurtrier , auquel ils donnent le nom de falce , et dont ils se servc,nt pour assouvir leurs passions féroces. Il n'y a aucune partie dans le canton du Tessin où les assassinats soient aussi communs que dans cette vallée. Ce sont les femmes qui sont chargées de tons les travaux de la maison et de la campagne.

Vevey. — Hôtels : les Trois-Couronnes , la ville de Lon~dres , la Croix.

Situation. Histoire. — Vevey, situé sur les 40° 25' 32" de latitude, et les 24° 31' de longitude, est le chef-lieu du district et la seconde ville du canton par son étendue et sa population. Elle était connue des Romains sous le nom de Vibiscum, ayant été fondée déjà par les Celtes ou Gaulois ; ce qui est prouvé par le grand nombre d'antiquités qu'on y a trouvées. En 1476, elle fut saccagée et en partie brûlée par les montagnards de l'Oberianu, lors de la guerre de Bourgogne. En 1536 , elle passa sous la domination bernoise , et resta enfin attachée au canton de Vaud, lorsqu'il acquit son indépendance.

Fontaine Perdonnet. — Les principaux édifices publics qui décorent cette ville sont; le temple de Ste-Claire , l'Hôpital, l'Hôtel-de-Ville , la Grenette ou Halle au Blé , ornée de dix-

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huit colonnes en marbre ; le pont construit en 1808 sur la Veveyse . plusieurs fontaines publiques dont l'une est ornée d'un obélisque portant une inscription latine qui apprend que cette fontaine a été consacrée par un citoyen à L'utilité de ses concitoyens. Elle est due à M. Perdonnet, riche banquier de Paris , à qui appartient Monrepos près de Lausanne. La place du marché auprès de laquelle est cette fontaine , a 600 pieds de loug sur 400 de large. Trois de ses côtés présentent de beaux bâti mens . tandis que le quatrième, ombragé de plusieurs rangées d'arbres , est baigné par le lac, ainsi que l'agréable promenade dite derrière l'Aile, d'où l'on jouit d'une vue délicieuse.

St. -Martin. Tombeaux. — A quelques cents pas au-dessus de la ville . on trouve l'église de Saint-Martin, environnée d'une terrasse plantée d'arbres . d'où l'on a une des vues les plus imposantes et les plus riches qu'on puisse imaginer. A gauche, on voit dans le lointain les montagnes du Valais et les glaciers du St-Bernard : plus près, les montagnes d'Aigle, la Dent de Jaman et de belles Alpes rapprochées et semées de chalets : à droite se présentent des monts et de fertiles coteaux : enfin , on a devant soi ce magnifique Léman . ces rochers de vieillerie, toutes ces Alpes majestueuses du Chablais et le lor#j rideau du Jura. L'église de St -Martin est un vaste édifice peu élégant , avec une tour carrée terminée par une galerie et par quatre petites tourelles rondes à ses angles : on lit sur son portail la date de 1490. Parmi plusieurs inscriptions, on y remarque celle du général Edmond Ludlow j l'un des juges de Charles Ier, roi d'Angleterre , et celle d'André Broughthon qui lut la sentence de mort à ce prince infortuné.

L'église de St. -Martin renferme de plus la tombe du voyageur Matte qui se retira à Vevey. après avoir parcouru l'Asie , l'Afrique et l'Amérique. On aime aussi à y trouver celle de J. Martin Couvreu , mort en 1738 à l'âge de 93 ans. Il avait comblé la ville de ses bienfaits, et ses concitoyens reconnaissais éle\èrent ce monument à sa mémoire. C'est en été seulement que l'on célèbre le culte dans l'église de St.- Martin, en hiver, il a lieu dans l'église Ste - Claire située dans la ville même.

Hôtel-cle-Ville. — On remarque à l'Hôlel-de- Ville , rebâti en 1755. la rampe en fer du grand escalier, et dans l'un des angles de la salle des Pas-Perdus , un fragment d'autel en marbre blanc , qu'on a trouvé en 1777 , en creusant dans la cour du Collège. Ce monument , dont l'inscription apprend qu'il était consacré au Dieu Sylvain , a été déposé à

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l'Hôtel-de-Vilie par M. le docteur Levade . savant naturaliste et antiquaire qui possède à Vevey un très-beau cabinet, riche surtout en minéraux de la Suisse et en médailles antiques et modernes . trouvées à Vevey même , ainsi que beaucoup d'autres antiquités découvertes dans le resle du canton.

Hôpital. — L'hôpital construit en 1734, renferme la bibliothèque publique fondée en 1806 , au moyen de souscriptions particulières.

Hommes célèbres. — Vevey s'honore d'avoir produit plusieurs hommes remarquables tels que Charles Labelye, célèbre architecte qui a construit le pont de Westminster à Londres, et Braudouin , peintre célèbre en aquarelle, qui séjourna en Hollande et en Angleterre. La plupart des fontaines de Vevey ont eié exécutées d'après les dessins de ce dernier.

Commerce. — On fait ici des affaires en vins estimés , en vins mousseux et en planches qui viennent du canton de Fribourg, pour être dirigées sur Genève et la France, eu commission , en banque et en fromage de Gruyère, dont il y a des dépôts considérables. Les foires de Vevey et sou marché du mardi sont très-fréquentes.

Société de Bienfaisance. — Vevey a un collège et uue société de bienfaisance qui fournit des secours aux pauvres et préserve leurs enfans des maux de la mendicité eu leur faisant apprendre à travailler.

Coutume. — Il existe à Vevey une société connue sous le nom d'Abbaye des Vignerons qui surveille , depuis les temps les plus anciens . les travaux de ia vigne , et qui a pour devise qra ET LABORA , prie et travaille. Elle a donné eu 1833 une fête qui a attire un grand concours d'étrangers : cette fèie , connue sous le nom de fête de l'Abbaye des Vignerons , est fort ancienne. (Voir la description chez M. Michod libraire. }

Libraires. — Lœrtscher , Mi chod et cabinet de lecture, près de la Croix ; cafésmsur ei près la place ; bains au bout de la promenade , sur les bords du lac.

Points de vue. Promenades. — Les environs de Vevey offrent une variété inépuisable des plus belles et des plus ravissantes vues, de paysages romantiques et pittoresques et de scènes naturelles , tantôt sauvages et tantôt gracieuses» Les souvenirs de la Xouvelle Héloïse donnent encore uu charme particulier à toute cette contrée aux yeux des personnes sensibles. 1e. La promenade derrière l'Aile, située

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au bord du lac, dont le vaste bassin, bordé par l'amphithéâtre des Alpes, présente un spectacle magnifique, soit lorsque le temps est calme et serein, soit au milieu de la plus violente tempête. Sur la rive opposée on voit vis-à-vig de soi les sombres rochers de JMeillerie descendre jusque dans les ondes, et les hautes montagnes de la SaToie , du Valais et du district d'Aigle et de Bex , s'accumuler en demicercle autour du lac jusqu'au nord-est , où la Dent de Jaman, qui s'élève au-dessus de Moutreux, se fait remarquer par sa forme particulière. On aperçoit à gauche la petite ville de la Tour-de-Peil , . située à quelques pas de Vevey au bord du lac; le hameau de Clarens , le château du Chàtelard, le village de Moutreux, l'antique Chilien et Villeneuve. Sur la rive opposée , on reconnaît Saint-Gingculph et Meillerie. A Touest, les regards errent sur la surface du lac jusqu'à la distance de 11 à 12 lieues, et se reposent sur les terrasses délicieuses qui forment les rives du pays de Vaud jusqu'à Xyon. 2°. La terrasse du ci-devant château baillival, où l'on découvre une superbe vue. 3°. Sur la terrasse et sur le clocher de l'église de Sainte-Martin. lx° A la maison de campagne de Chemini. 5° Au papillon de Fàchevue , dans les vignes. 6° Sur la terrasse du château de la Tour-de-Peil. 7° A Clarens et près du Châtelard, édifice construit en lûûl , par Jean de Gingins , qui avait eu cette terrasse de sen épouse, née de Lassara. 8° La terrasse du château de Blonay , d'où Ton découvre une des plus belles vues de tout le pays de Vaud. 9° A la Tour de Gourze. 30° Au Pèlerin , à 2-3 lieues de Vevey : en y découvre le lac tout entier, et du côté du nord, les conlrécs sauvages que parcourt la Veveyse depuis le Molesson : le chemin le plus commode pour s'y rendre, passe par les villages de Chardonne et de Corsier. Avant d'arriver sur la hauteur, on traverse un petit vallon dans lequel il y a un chalet. 11° Au village de Moutreux. 12° Dans tout le trajet de Vevey à Villeneuve. 13° Au château de Chillon (V. cet article. ). C'est une promenade des plus intéressantes que le petit trajet de Vevey à Moutreux : en passe au-dessus de la ville et au-dessous du château de Blonay ; par le Basset, à côté du Châtelard. Audessus du village de Bren on voit sur la montagne de Thomay une caverne remarquable, connue sous ie nom de Séquepliau, et remplie de stalactites. L'eau qui découle sans cesse de ces voûtes forme sur la terre ces espèces de concrétions qu'on appelle des confitures de Tivoli. Chemins, — A Villeneuve, 2 lieues. On traverse d'abord

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