‹ Manuel du voyageur en SuisseChapitre 171 sur 185 · VIA · texte numérisé non relu

VIA

la petite ville de Tour-de-Peil ; puis on rencontre le torrent de la Baie de Clarens , qui descend de la montagne de Thomay , dont les glaciers occupent une grande étendue de terrain , et qui cause quelquefois de terribles inondations : on laisse de côté les villages de Clarens et de Montreux , et l'on passe sous les murs du château de Chillon, une demiheure avant d'arriver à Villeneuve. De Vevey à Bulle , au canton de Fribourg , 5-6 lieues. Le grand chemin qui y mène va d'abord en montant pendant l'espace de 2 L le long de la Veveyse , et , en suivant de profonds précipices , on passe par Bossonens et Chàtel , Saint-Denis, où la plaine commence. Ce trajet offre une grande variété de sites sauvages et romantiques et de points de vue superbes. De Vevey à Moudon (par où passe la grande route de Vevey à Berne) , par une hauteur à 1 lieue de Vevey d'où l'on découvre une vue superbe : à côté du lac de Bré, bassin très-poissonneux d'environ 1 lieue de tour: on y pêche des écrevisses d'une grosseur extraordinaire près du ruisseau de Grenet. Sur les rives de ce lac était situé le Bromagus des Romains, dont il n'existe plus de traces. Par Essertes et Mézières , où l'on aperçoit à l'est , ou sur la droite , les châteaux d'Oron et de Rue. De Vevey par le col de Jaman à Monlbovon , au canton de Fribourg, et de là au château d'Oex et à Sanen : on ne peut faire cette route autrement qu'à pied ou à cheval. On passe d'abord par Clarens , à côté du Châtelard , puis à Charney , où l'on prend à gauche pour aller passer la Baie de Montreux. On arrive sur le col de Jaman au bout de 6 heures de marche : de là on descend en 2 heures à Montbovon.

ViA.-MA.tA , tel est le nom du chemin qui de Tusis mène à la vallée de Schams à travers une des gorges les plus remarquables et les plus affreuses qu'il y ait en Suisse. La longueur de ce défilé , aux extrémités duquel sont situés Tusis et.Zilis, est de 2 lieues. Cette longue gorge , qui s'étend entre les rochers des monts Béverin et Mùtterhorn , n'a souvent pas plus de quelques toises de largeur. A une profondeur effrayante , on voit couler , avec la vitesse d'un trait, le Rhin postérieur, que l'on distingue à la blancheur de son écume, sans pouvoir entendre le fracas de ses ondes. Les parois de rochers surplombent , et sont couvertes de sapins qui ajoutent à l'horreur et à l'obscurité de la gorge. Le grand chemin taillé en corniche dans le roc , a 3 ou lx pieds de largeur , suit tantôt la droite et tantôt la gauche de la rivière , qu'on voit le plus souvent à 200 et même AOO pieds au-dessous de soi, et que

Page 1