WOL
Winterthur est plein de cordialité et de politesse. On donne en hiver des concerts d'amateurs.
Witlisbach , petite ville du canton de Berne , située au pied du mont Jura, sur le grand chemin de Soleure à Ballstal. A peu de distance de là , on aperçoit, à une hauteur con< sidérahle sur la montagne , le château de Bipp, ainsi appelé du nom de Pépin , maire du palais , et dans la suite roi de France. Ce prince , qui l'avait fait bâtir , y séjournait souvent pour jouir du plaisir de la chasse.
Chemins. — De Witlisbach à Soleure, !x lieues; on passe par le Flumenthal, district qui portait autrefois le nom de seigneurie de Bal ni ; ci-devant on y voyait les débris du château d'où sortit le baron Rodolphe de Balm pour aller assassiner l'empereur Albert, de concert avec le duc Jean de Souabe. (V. Kœnigsfclden. ) La ville de Soleure acheta la seigneurie de BalmenlZill.
Wqlfsbeeg. En quittant Schaffouse, les voyageurs qui se rendent à Constance, feront bien, dans leur intérêt, de prendre la route Suisse; si agréable et si variée par la vue du petit lac qui commence à la ville de Slein, et par un coteau richement orné de beaux vergers , qu'on rencontre sur sa route depuis Stecborn , et qui se prolonge jusqu'à Constance» A la hauteur du bourg de Berlingen, la vue du spectateur se portera sur le château appartenant à madame la duchesse de Dino : il est dans une situation on ne peut plus pittoresque. Aon loin de là, à la hauteur du village de Manneback, on aperçoit le château d'Arrenneberg, qui est le séjour habituel de la reine Hortense et du prince Napoléon son fils. Enfin, arrivé au bourg d'Ermatingen , les amateurs d'une riante nature et d'une vue prodigieusement belle, quitteront la route de Constance pour dix minutes, et se rendront par une belle route au château du Wolfsberg, appartenant au colonel Parquin. On y décomre un horizon immense de beautés naturelles : la vue domine les deux lacs , l'île de Reicheneau , les villes de Constance , de Mursbourg, Freidrichs-Hauffen , de Lindeau et de Brégentz et se termine par les montagnes du Tyrol et des Appenzell. C'est un spectacle qui surprend et qui charme toutes les personnes qui viennent admirer la position du Wolfsberg et la beauté de son établissement.
C'est ici le cas de recommander d'une manière particulière le bel établissement du Wolfsberg, tenu par M. Bénézil quj est le seul et unique établissement dans son genre en Suisse, et qui date de 1825. Depuis cette époque, il jouit d'une répu-
WOR 657
tation bien méritée. On y reçoit en pension, à des prix modérés, les étrangers qui visitent la Suisse, et spécialement les familles qui désirent passer la belle saison dans un lieu où rien n'a été omis pour procurer la vue d'un château des plus agréables. On peut se faire servir de l'établissement dans son appartement ; ou y vivre à la table de la pension. On y est admis pour un jour, pour une semaine, pour un mois, et pour toute la saison , qui commence le 1er avril et finit le 1er novembre.
Il existe au Woîfsberg une source d'eaux minérales et ferrugineuses qui possèdent les mêmes vertus que les eaux de Pyrmont et de Spa. Un docteur en médecine est attaché à l'établissement. BOA. les pensionnaires du VYolfsberg peuvent y faire l'usage de bains, de petit lait, comme on en prend à Gais et à Baden en Suisse.
Un prospectus détaillé des établissemens du Woîfsberg , se délivre gratis chez M. Engelman , Cité-Bergère, n° 6, chez lequel ou vend un album contenant les vues de Woîfsberg et de ses environs.
VVorms (en italien Bormio ; VVorms est le nom allemand) , chef-lieu du pays de Bormio , lequel est entouré de toutes parts des deux chaînes de montagnes de la Valteline , avec laquelle il ne communique qu'au moyen de l'étroit défilé de la Serra. Toute cette contrée est composée de A ou 5 vallées alpines , dans lesquelles l'hiver dure 9 mois de l'année ; elle peut avoir 10 lieues de longueur et autant en largeur ; les montagnes sont couvertes de glaciers. oVonloin de là s'élève dans le Tyrol, le mont Orteler, l'une des plus hautes sommités de toute la chaîne des Alpes.
Curiosisés , sources de l'Adda , bains, — On remarque dans l'église de Bormio de beaux tableaux d'Antoine Canélino , peintre natif du lieu , où il vivait vers le milieu du dix-septième siècle. — Le bourg est situé au pied de l'Umbrail (autrement nommé Braulio , VVormser-Joch ou Monte-Juga) , et sur le ruisseau de Frédolfo , qui sort de la vallée de Furba. — L'Adda prend sa source à l'ouest du mont Umbrail ; ses ondes limpides comme du cristal s'élancent d'un trou circulaire , percé au milieu d'une paroi de rochers , et forment une chute de 50 pieds de hauteur. Il est probable que cette rivière forme l'écoulemeut d'un lac situé sur le mont Umbrail, à peu de distance de sa source , près de laquelle on se rend en 3 heures depuis Bormio , en remontant l'étroite et âpre vallée d'Umbrail. — Aune demi-lieue au-dessus de Molina , lieu situé près de VVorms , on trouve les bains de St. -Martin.
658 WOR
La température des eaux thermales est de plus de 30* Piéaumur. Elles n'ont ni goût ni odeur , et contiennent des sels neutres. La source sort d'un banc de pierre puante et d'un gris foncé. Les bains sont divisés en trois grands compartimens, dans lesquels les malades se baignent ensemble. Tous les étés il s'y rend un grand nombre de personnes du pays des Grisons , du Tyrol, delaSouabe et de l'Italie.
Glacier de nouvelle formation. — Depuis l'an Hlh il existe un glacier sur la montagne de Valazetta.
Les vallées de Bormio. — La vallée de Furba , qui se divise en deuv branches, s'étend à Test de Bormio, dans l'intérieur des montagnes. On y observe une source d'eaux minérales dans un sol composé d'ardoises . près de l'église de Sainte- Catherine , à 3 lieues de YVorms. Ces eaux minérales perdent leur vertu par le transport. La vallée de Furba est environnée par le Gavia. le Formo. et autres montagnes trèsélevées . qui sont couvertes de glaciers , et dans le voisinage desquelles on trouve le colossal Orteler. — On trouve , au nord de Bormio , la vallée de Pédenoss ou de Fuori, d'où sort le Valbiola . qui \a se jeter dans l'Adda. On \oit près de Terripiano , à l'entrée de cette vallée, un sentier taillé dans le roc, et connu sous le nom de Scalelta di Fréel , qui mène dans celle de Fréel ( Vailis ferrea). San Giacomo est situé à l'extrémité de cette dernière vallée, qui se subdivise en deux bras , dont l'un court à l'ouest, et l'autre, nommé Yal-d'Entrelaghi , à cause des deux lacs poissonneux qu'^l renferme , s'étend au sud-est. — Le val de Pédenoss forme une contrée agréable et peuplée , couverte de pâturages alpins ; elle est fermée par la belle colline de Trépall. On y remarque près de San Carlo, village situé dans la partie la plus élevée du pays , l'étroit vallon latéral de Valbiola. qui s'étend au sud-ouest. Au-delà du coteau de Trépall est située la riante vallée de Linino (V. cet article ).
Le mont Orteler. — Cette énorme montagne , située sur les confins du Tyrol et du pays du Bormio. s?él< ve entre les vallées de Dorfni et de Sulden. L'espace qui sépare l'Orteler du Gavia forme une ligne de 10 lieues , le long de laquelle partent plusieurs chaînes latérales qui parcourent le Tyrol méridional, et forment les vallées de Péjo. del Ténaci. de Rabbi, de Sole et de Non.
Chemins. — De Bormio à Tirano dans la Valteline, 7 lieues (Y. Tirano], — A Livino . 6 lieues : on passe d'abord par Pegmalio et à côté de l'église de la Madonna di Pietà; de là on peut aller, 1° par la Scaletta di Fréel et par Pédenoss à l'Isol-
YVE 65g
lacia , ou bien , 2e en droiture à l'Isollacia , d'où l'on se rend à Samavo et à San Carlo 6 lieues et demie de Bormio: c'est le dernier village que l'on rencontre. Ensuite on gravit au nord-est le mont de Foscagno , du haut duquel on découvre toute la vallée de Pédenoss: puis par l'Alpe de Trépall , au village de même nom (2 lieues de San Carlo), et d'où l'on descend par le col de la petite montagne d'Eira en une demiheure de marche à Livino. On voit au-dessus des Dassi, sur la montagne de Foscagna , deux petits lacs qui s'écoulent au sud dans le Valbiola. Vis-à-vis de Trépall débouche le vallon d'Apetin, dont le torrent s'échappe au travers des plus affreuses gorges pour aller se jeter dans celui de Livino. — On chemin qui part de San Carlo , et passe à gauche dans l'étroite vallée de Valbiola, mène en 3 heures par Pisciadell à Poschiavo ; l'énorme glacier qu'on laisse de côté porte le nom de Valaccia. En allant à Poschiavo on rencontre, à 1 lieue de San Carlo, un sentier qui part de Livino et traverse la haute vallée delta Mine, ainsi que la Valbiola , et aboutit à la vallée de Grossino. On peut aussi se rendre à Livino par le val de Fréel , en sun ant le vallon latéral qui s'étend à l'ouest, d'où, après avoir passé l'Alpiscell , on arrive à Trépell. — On va à Sainte-Marie : dans le Mùnsterthal \ ou pa^ levai de Fréel, ou en droiture par l'étroite et sauvage vallée d'Umbrail ; dans ce trajet, on passe à côté de la source de l Adda, et l'on franchit le col de l'Umbrail ; de Sainte-Marie on va à Taufers et à Glurns (12 lieues de Bormio). Dans le vallon latéral de la vallée de Furba, lequel s'étend au sud-ouest, on trouve un chemin qui mène par les monts Gavia et Tonal dans la vallée de Camonica, le ï allon oriental, nommé Val de Ténaci, mène à Trente par un chemin fatigant qui traverse le glacier de Gavia, la Cluse de Sforzelle et les vallées de Péjo, de Rabbi et de Sole.
Yyerdo , ( en allemand Iferten), jolie petite ville du canton de Vaud, très-agréablement située au bord du lac de Neuchâtel : elle est environnée par les rivières de l'Orbe et de la Thièle. Hôtels: de Londres, la Maison Rouge, deux maisons bien tenues et estimées.
Curiosités. Le château bâti au douzième siècle. Ce bâtiment qui appartient à la ville, estoccupé par une branche de Tins-
66o YVE
titut du célèbre Pestalozzi, dirigé par MM. Rauck et Kreis. L'on y a établi en 1832 un oratoire catholique.
On y trouve plusieurs maisons d'éducation qui, dans leur ensemble offrent toutes les ressources désirables pour les deux sexes. Le gouvernement Tient d'élever l'institut des sourds et muets au rang d'une institution cantonale. L'institut Niederer est connu par la réputation bien méritée de sa direction. M. Niederer s'est dévoué au développement du système pédagogique de Pestalozzi. La bibliothèque de la ville contient une collection d'antiquités. L'on voit aussi à l'entrée de la promenade des monumens , plusieurs pierres trouvées sous les fondemens de l'ancienne église d'Yverdun , et sur lesquelles existent des inscriptions romaines assez bien conservées. Les habitans se distinguent par leur goût pour les sciences , par leur urbanité et leurs mœurs sociales qui attirent beaucoup d'étrangers dans leurs murs. La ville est assez commerçante , l'industrie de ses habitans a été une source de prospérité pour eux, son beau port offre souvent une grande activité par l'expédition des vins du pays pour la Suisse allemande, ainsi que parle transit des marchandises de Baie à Genève , le Piémont et le midi de la France. A dix minutes de la ville on trouve des bains d'eaux sulfureuses estimées.
Bateau à vapeur , faisant journellement letrajet d'Yverdun à Neuchâtel et Xidau.
Route nouvelle. — Jusqu'à la frontière de France, passant par Ste. -Croix.
Points de vue ; promenades, — On trouve entre la ville et le lac une superbe promenade, située sur un sol qu'on a gagné sur les eaux : elle est plantée d'arbres, et l'on y découvre le lac de Neuchâtel dans toute sa longueur. (V. Neuchâtet , lae de). Un jardin public, plusieurs maisons de campagne magnifiquement situées, et une grande variété de promenades et de superbes points de vue , d'où l'on découvre les Hautes-Alpes. Les plus belles positions se trouvent au-dessus d'Yverdun , et du côté de Grandson , au pied du mont Jura. Au-dessus de Valeires , on découvre une fort belle vue sur une partie du canton de Vraud. La contrée, qui s'étend au pied du Jura , dans le voisinage de Valeires, Jouit d'un climat si doux , qu°on y trouve des fleurs jusqu'au mois de décembre. Valeires , Lesclées , Ligneroles , Montcharand , Rance, Saint-Christophe , Champvent, les environs d'Orbe, et le délicieux vallon de Valorbe, offrent partout des paysages extraordinairement romantiques , et
ZEL
rappellent sans cesse les chants d'Ossian et de Gessner. Les formes hardies et bizarres des montagnes , les teintes variées de leurs rochers , couverts de bouquets d'arbres et de tapis de lierre, les plus riches forêts, les effets divers de la lumière et des ombres, y déploient de toutes parts les beautés les plus touchantes d'une nature pittoresque. La partie du Jura qui s'élève au-dessus du commencement du lac porte le nom de Chasseron ; elle a, selon les mesures de M. Tralles, 3,625 pieds et demi au-dessus du niveau du lac. — La vue la plus renommée des environs d'Yverdun est celle de l'aiguille de Baume, d'où l'on découvre les lacs de Bienne* deMorat, de Xeuchâtel et de Genève; les cantons de Vaud, de Fribourg et de Berne ; la Savoie et la chaîne des Alpes , depuis le Saint- Gotha rd jusqu'au Mont-Blanc. Il y a aussi de belles maisons de campagne fort bien situées, sur la partie méridionale du lac jusqu'à Estavayer. (V. sur les curiosités de Grandson, d'Orbe et de Vallorbe, les articles relatifs à ces divers endroits situés à peu de distance d'Yverdun. )
Chemins. — D'Yverdun à Neuchâtel. (Voy. cet art.) A Morges par Orbe, Lassara et Cossonez. (Voy. ces art. ) Par Moudon à Payerne et à Berne. Le grand chemin de France mène à Pontarlier et à Besançon par Lesclées, Balaigue (bellae aquae } , Joigne, à 5 lieues d'Yverdun, et où se trouve la frontière du canton de Vaud. A Motiers , dans le Val-Travers, lx lieues ; on peut faire la route en char-à-bancs. A Valorbe , par Treycovagnes, Sussève , Mathoud, Valeires, Ligaerolles et Balaigue , 3 !. 1/2. On peut aller en voiture jusqu'à ce dernier village, qui n'est guère qu'à une 1/2 lieue de Valorbe; mais il faut faire le reste du chemin à pied. ( Voy. les détails des objets dignes de l'attention des voyageurs qui parcourent cette vallée, à l'article Orbe Val. )
ZellersÉe (ou Untersée, lac inférieur). C'est ainsi qu'on nomme la partie du lac de Constance qui est située sur la frontière septentrionale de la Suisse, entre le canton de Thurgovie et la Souabe. Le Zellersée commence à 1/2 lieue de Constance , et s'étend jusqu'à Stein , du côté du nordouest , et jusqu'à Zell , vers le nord. C'est de cette dernière
ZEL
ville que vient le nom qu'on lui donne. La rive suisse est très-belle et fort vivante ; mais celle d'Allemagne est déserte. Du côté de laSouabe, on trouve, entre Constance et Zell , VYollmatingen, Hegnen et Allerspach, et au bord du lac Moos, VVeiler, Gundelzen et Horn , les châteaux de Geienhofen et de Marbach les villages de Kattenhorn et VVanzen , le couvent d'Oeningen , fondé en 975 par Cuno d'Oeningen, et Stiegen, lieu situé à l'extrémité inférieure du Zellersée. Sur la rive suisse , en partant de Stein : Eschenz. le village et le château de Mammern , le couvent de Feldbach, la petite ville de Stecborn , Berlingen, l'antique château de Saudeck, Mannebach, Salenstein, Arénenberg, deux châteaux , Eruiattingen , Triboltingen , et Gottlieben, bourg situé à l'endroit où le Rhin tombe dans le Zellersée.
L'île de Reichenau , qui fait l'ornement de ce lac , était connue sous le nom de Sintlesau du temps des rois francs. L'empereur Charles-le-Gros est enseveli dans cette abbaye, où il se retira après avoir perdu tous les vastes Etats de Charlemagne : il y mourut en 888 , au bout d'un séjour de quelques semaines qu'il passa daus la solitude et dans l'indigence. L'île a 3/4 de lieue de long , sur 1/2 de largeur; on y compte 2,000 habitans, et trois villages, savoir : Saint- Jean, Oberzell et Niederzell. Les ruines du château de Schopflen s'élèvent à l'extrémité orientale de l'île. Pendant Tautomne , les eaux sont si hasses, qu'on peut pa-ser à pied sec de Schopflen à VVoUmaltingen. Presque tout le sol de l'île est couvert de vignes , c'est le meilleur vin qui croisse sur les bords du lac de Constance; du côté de l'Allemagne , est celui de Schleitbeim. vignoble qui fait partie de cette ile. On voit une croix sur le sommet delà colline la plus élevée de l'île , et l'on y jouit d'une vue magnifique. L'abbaye, depuis 1802 , appartient au grand duc de Bade -, ainsi que l'île et la partie de la Souabe qui avoisine le Zellersée.
Pétrifications remarquables. Les carrières d'Oeningen. — Les carrières de Zell et de Berlingen contiennent de belles pétrifications de coquillages de rivière, de limaçons terrestres et aquatiques, de troncs et de branches d'arbres , de feuilles et de fruits des contrées voisines. Mais la plus curieuse de ces carrières est celle d'Oeningen, située entre VVangen et Oeningen , à 3/4 de lieue de ce dernier village, à 1 lieue du lac , sur le revers méridional du Sehienerberg, et à la hauteur de 5 ou 6 pieds au-dessus du Zeller-