ZIL
sée. On en retire des pierres calcaires dont on se sert pour les pavés et pour des ouvrages de maç onnerie et de sculpture. Des statues de ces pierres se trouvent dans l'église du chapitre de Petershausen. Les plus belles collections qu'on ait des pétrifications de cette carrière, sont celles du feu chanoine Ges^ner (qui aujourd'hui fait partie du cabinet de la société de physique à Zurich).
1° La carrière supérieure , ou carrière de Bûhl , a SI pieds de profondeur; elle est couverte d'une couche de terreau noir de 7 pieds ; vient ensuite une couche de terre argileuse et de marne de 2 pieds: puis un banc composé de pierre puante schisteuse et d'empreintes de feuilles , de 8 pieds. Les bancs horizontaux, qui abondent en pétrifications, reposent sur le grès d'un gris bleuâtre , dont les couches régnent dans toutes les contrées voisines.
2° La carrière de VVaugen. située à 1. 4 5e lieue au sud de la première, sur la pente d'une colline fort élevée qui s'élève au-dessus du village de Wangen, par où l'on passe pour s'y rendre.
Pétrifications de La carrière d'Oeningen. — On y a trouvé des quadrupèdes . entre autres un putois, un cerf, des souris , etc. , des parties d'oiseaux , des amphibies. La plupart des pétrifications qu'on trouve dans cette carrière ont à la vérité leurs types dans les contrées voisines: on y voit entre autres une dizaine de carpes différentes, et 10 autres espèces de poissons qui habitent le lac de Constance et les rivières qui s'y jettent. Cependant on en remarque aussi d'autres qui n'ont point encore été déterminées, telles que des poissons munis d'une corne, et d'autres espèces dont la tète est grande et le corps très-effilé. On y a aussi reconnu des fraginens de poissons et de cancres marins , comme aussi des dents du mammouth de l'Ohio. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que les 18 ou 20 couches de cette carrière offrent une répétit'on des mêmes corps organisés : on y voit les couches de pétrifications alterner par six fois avec la pierre schisteuse, dans laquelle on ne trouve presque aucune trace de corps pétrifiés.
Zilis, village de la vallée de Schams . au canton des Grisons , situé sur le grand chemin du Splûgen. — Auberges : FAig]e , le Lion ( bym Leuen ): on en trouve de meilleures à Ander. L'église de Zilis . que le roi Otton donna à l'évèque de Coire , est la plus ancienne de toute la vallée de Schams. (V. Ander et Schams ( vallée de ).
Zofisgex [Zofingue] , petite ville du canton d'Argovie >
compte 378 bâtimens , du nombre desquels sont 315 maisons, etenviron 1,700 habitans. Auberge: le Petit-Cheval.
La situation de cette ville est fort belle ; elle s'étend au pied de plusieurs petites montagnes couronnées de belles forêts , et dans une plaine extrêmement fertile , très-bien cultivée et arrosée par la VYigger. On y voit plusieurs jolies maisons et quelques bâtimens remarquables , tels que l'église de St. -Maurice , bâtie avant la révolution, mais dont le clocher est plus moderne: l'hôtel-de-ville achevé en 1795, et la maison des tireurs , absolument neuve , et dont la façade en pierre de taille est fort élégante ; cette maison sert aussi de casino.
La bibliothèque de la ville occupe deux salles vastes et bien éclairées ; elle contient une riche collection d'anciens ouvrages. Du nombre des manuscrits sont plusieurs lettres des réformateurs suisses. Elle possède aussi un cabinet de médailles . et l'on y voit le livre des peintres, ^contenant les souvenirs des artistes suisses qui se rassemblent toutes les années à Zofingue. — On y a récemment découvert des antiquités.
Le passage des marchandises qui vont à Lu cerne est considérable ; mais c'est la moindre ressource des industrieux habitans de cette petite ville. On ne fabrique nulle pari des tissus de coton aussi élégans et plus forts que ceux qui sortent de leurs manufactures. Celles de velours , de toiles , de rubans en soie , et de cuirs sont aussi fort considérables. Parmi les artisans les chaudronniers et les couteliers se font remarquer par leur habileté. L'organisation des établisse* mens relatifs à l'instruction publique est excellente.
Les environs sont ornés de beaux jardins et de promenades agréables. Au Schùrzenplatz on remarque deux vieux tilleuls dont les rameaux , singulièrement entrelacés , forment deux salles de verdure. Les hauteurs voisines offrent des vues charmantes , parmi lesquelles on distingue celle dont on jouit dans une place découverte qui s'étend au-dessus d'une maison où il y a des bains très-fréquentés.
Chemins. — Un sentier agréable mène à travers les bois à St. -Urbain et à Langenthal.
Zug ( le canton de ) , le plus petit et le septième en rang dans la confédération. Il est situé dans la Suisse centrale , et borné au N.-O. par les territoires de Zurich et de Sehwytz, au S. par celui de ce dernier canton , et à l'O. par ceux de Lucerne et d'Argovie. Il forme une espèce d'ovale dont le plus grand diamètre est de 6 à 7 lieues ; il en a û ou 5 dans sa
plus grande largeur . et sa surface se compose d'un peu plus de 5 milles géographiques carrés. D'après la nature du sol , on peut diviser ce pays en deux parties : la première , située au S.-E. s'étend depuis les hauteurs du Rossberg , du Sattel et du Hceh-Rohne jusqu'à la ville de Zng et aux pl mes de Baar ; c'est un pays de montagnes ; cependant les plus hautes sommités ne s'élèvent pas à 5,000 pieds au-dessus de la mer, et elles s'abaissent généralement en pente douce. La partie du X.-O. est composée de plaines fertiles. Tout le pays est fort bien arrosé. Indépendamment des lacs de Zug et d'Egcri qui en occupent une grande partie , on y remarque la Reuss qui sert de limite au X. du côté de l'Argovie . la Sihl à TE. qui sépare aussi le territoire de Zug d'avec celui de Zurich, et la Lorelz qui parcourt le canton en ditïérens sens.
Le nombre des habitans s'élève à environ 15,000 âmes. Ils sont tous catholiques et de race allemande ; leur caractère est vif, franc et gai; ils vivent dans l'aisance , ne manquent pas d'activté , et sont bien moins superstitieux que leurs voisins de Schwitz ; Us ont d'ailleurs moins d'analogie dans leurs mœurs avec ces derniers qu'avec les habitans des autres cantons septentrionaux. Le pays de Zug fournit des prêtres à une grande partie de la Suisse catholique. Le climat est doux ; la vigne et le châtaignier réussissent fort bien ; cependant les principales productions du pays consistent dans le fourrage et dans les fruits. Les habitans élèvent des bestiaux d'une belle et grande race. En avril 1817 , on en compta 8,639 pièces. Ils préparent moins de fromages gras que de beurre ; ce dernier article, ainsi que les jeunes bestiaux , les fruits secs et l'eau de cerises distillée forment une branche d'exportation considérable. La pèche et les abeilles sont aussi d'un bon rapport. Quant aux fabriques , on remarque des filatures de filoselle , des tanneries et des papeteries considérables à Chamet à Baar.
Ce canton . dont Zug est le chef-lieu , se divise en bailliage intérieur et bailliage extérieur.
ZL'G (la ville de), chef-lieu du canton de môme nom, est située sur la rive orientale du lac de Zug, et au pied du Zouzerberg. On y compte 2,500 habitans. — Hôtel : le Cerf 9 bel établissement avec belvéder, d'où l'on a une vue magnifique. On y trouve les guides dont les noms suivent : Sidler, Lutiger, Bûcher, Schweizmann, qui parlent plusieurs langues.
La situation de Zug est du nombre des plus agréables de la Suisse. On y voit les montagnes du canton se confondre
doucement avec les coteaux des bords du lac. De toutes parts on découvre des pre's fleuris, des vergers, de petites vignes et de belles maisons de campagne. Le charmant bassin du lac est encadré , du côté du sud, par les vertes rampes du Rigi, au-dessus duquel dominent les sombres rochers du Pilate. Dans le lointain s'élèvent les sommités neigées des Alpes de l'Oberland bernois, et l'on aperçoit à l'ouest la chaîne bleuâtre du Jura. On ne sait pas précisément si ce lieu était habité dès le temps des Romains : mais la ville de Zug entra de bonne heure dans la ligue des Suisses et enrichit leurs annales des noms de plusieurs hommes distingués qu'elle s'honore d'avoir produits. Elle a été exposée à divers malheurs : en 1A55, deux de ses rues s'abîmèrent dans le lac à la suite d'une détonation effrayante ; en 1594, quelques maisons éprouvèrent le même sort , et en 1795, un grand incendie détruisit une partie considérable de la ville. — Il paraît à Zug un écrit périodique intitulé Feuille des IV Waldstettes.
Avec des ressources fort bornées , les habitans de Zug se distinguent honorablement entre tous ceux des villes catholiques de la Suisse; ils ne manquent ni de génie, ni d'activité : cependant ils ne s'attachent particulièrement à la culture d'aucune branche d'industrie. Le passage des marchandises par la route du St-Gothard occupe quelques négocians. En général, la ville est bien bâtie et ses rues sont larges. La landsgemeinde s'y rassemble le premier dimanche de mai.
Édifices publics. — L'église paroissiale, dédiée à Saint- Michel, située hors de ville; on y voit des tableaux de J. Brandenberg , artiste de Zug. Le cimetière est remarquable par ses tombes, sur lesquelles on cultive des fleurs qui sont entretenues avec le plus grand soin. Un ossuaire renferme des crânes qui portent le nom des individus auxquels ils appartenaient jadis. L'église de St-Oswald et des Capucins renferme des tableaux du Carache. L'hôtel-de-ville, où Ton voit une excellente carte du canton, et des vitraux peints par Michel Blûller de Zug; l'arsenal; la maison des tireurs et l'hôpital.
Instruction publique. — Le gymnase , où cinq professeurs enseignent la rhétorique, l'histoire, la géographie et les langues savantes ; l'école des jeunes bourgeois; celle des jeunes filles , dirigée par des religieuses : l'organisation en est admirable.
Collections. — La bibliothèque de la ville , fondée dès le XV* sièel e ; celle des R. P. capucins.
Commerce , industrie — Indépendamment du commerce d'expédition et de celui des productions du sol , on remarque à Zug des filatures de soie, des tanneries considérables et une fonderie de cloches. On fabrique des tissus de paille.
Promenades , points de vue. — Belle vue du clocher de l'église de St.-Oswald et des Capucins. Les bords du lac offrent des promenades charmantes, où l'art ne gêne en rien la nature ; on distingue surtout celles qu'on trouve du côté d'Oberwyl et près de la maison de campagne qui appartenait au général Zurlauben. Les amateurs des vues étendues ne sauiraient mieux faire que de gravir le Zougerberg. Rien de plus délicieux qu'une promenade sur le lac, soit à Cham , soit au château de Buonas qui est extrêmement ancien.
Divertissemens. Les habitans se font remarquer par leur amabilité. Les deux sexes se rassemblent fréquemment en société. En hiver , les amateurs donnent des concerts et jouent la comédie. La plupart des bals ont lieu pendant le carnaval: en été le tir au blanc donne lieu à divers amusemens.
Chemins. A Lucerne, h lieues pour ceux qui vont à pied; ils se rendent d'abord par eau à Buonas et après avoir gagné la Gislikerbrûke, ils suivent la grande route. A Art, 3 1. soit en bateau, soit par terre : c'est un très-joli petit voyage. A Egeri par Allewinde, 3 1.
Rectification. Notre carte manque d'un tracé de route de Lucerne par Kùssnacht , Art à Zug, l\ 1. 5/6*.
Wûrzburgthal 25 m. Merlischachen 25
Seeburg, ruine. 10 Kùssnacht 35
Hauteur 20 Chapelle de Tell 15
Meggen Immensée 15
Capelle 10 Parle lac jusqu'à Zug 2 h.
Meggen 15
Dans l'Itinéraire des Routes nous n'avons pas parlé de la route de Zug à Baar , et de Cham , directement dans la route de Lucerne, sans passer par St.-VVoifgang.
Zug (le lac de) est situé en plus grande partie dans le canton de même nom; le reste dépend du territoire deSchvVitz. L'élévation de son niveau au-dessus de celui de la mer est de 1,301 p. Sa plus grande longueur du N. au S. est de lx 1. sur une L de largeur. Sa profondeur près de Zug est de 180 p. ; l'on
prétend qu'elle est de 200 toises aux environs de la chapelle de St. -Adrien au pied du Rouffi. Les nombreux ruisseaux qui y tombent n'ont d'autre écoulement que par la Lortze qui en sort à peu de distance du lieu où elle s'y jette. Les bords du lac sont délicieux , et offrent une grande variété de sites ; ils sont assez escarpés du côté du S. , où leRigi s'élève presqu'à pic au-dessus de ses eaux. La partie septentrionale est d'un aspect plus riant et offre un tableau composé de champs ,de prairies , d'arbres fruitiers qui forment de véritables forêts , de vignes et de bosquets de châtaigniers. Du côté deLucerne les rives du lac sont couvertes de bois. L'on va beaucoup en bateau sur le lac de Zug ; mais les bateliers ne sont pas des plus habiles. Le Fœhn ou vent du sud et celui du nord-ouest qu'on appelle ici l'Arbiss , sont les plus dangereux. La partie qui dépend du canton de Schwitz est moins sujette à se geler que l'autre. Le lac de Zug nourrit quantité d'espèces de poissons dont les meilleurs sont la truite , la carpe , le brochet et ïa rœtèle ou salmo salvclinus , dont on fait grand cas. En général , ce lac est du nombre des plus poissonneux de la Suisse. Autrefois la ville de Zug donnait aux comtes de Habsbourg 1,600 balchen ( autre espèce de poisson) et 6,000 rœtèles , à titre de dîme annuelle de sa pèche ; Art leur fournissait 340 balchen. Les couvens d'Engelberg et de Mûri et les seigneurs de Cham, Hùnenber, Buonas, etc. recevaient aussi de semblables tributs.
Zugen , passage remarquable , pratiqué dans les rochers . au canton des Grisons. ( V. Alvcneu. )
ZURA, Zuor ou Campo (la vallée de), est située sur le revers méridional du Lucmanier. ( V. Olivone. )
Zurich [la ville de). — Auberges: l'Epée, le Corbeau, la Cigogne; ces trois hôtels sont les mieux situés qu'il y ait en Suisse , surtout le premier. Les vues des appartenions qui donnent vers le lac ou la Limath, sont magnifiques.
L'observatoire de Zurich , qui occupe une des tours de la cathédrale, est situé par les IxT 22' 43" de latitude, et par les 26° 12' 24" de longitude. Sa hauteur est de 1,279 p. audessus du niveau de la mer. Zurich s'étend sur les deux rives de la limpide Limath, qui sort du lac dans l'intérieur de la ville, et y reçoit le ruisseau du Wolfbach, et un bras de la Sihl , auquel on donne le nom de Zham - Sihl. Les remparts qui entourent la ville vont être aplanis en faveur de l'industrie. La vallée (bassin delà Linth ou Limath), dans laquelle Zurich est situé, court du sud-sud-est au nord-
ZUR 669 nord-ouest ; sa largeur, depuis le Zurichberg jusqu'au pied de rutliberg, est d'une lieue; mais le terre-plain n'a pas plus d'un quart de lieue de large. Cette vallée est bordée par des chaînes de montagnes qui ont de 12 à 1500 pieds d'élé. vation au-dessus du lac. La partie de la ville qui occupe la rive droite se nomme la Grande-Ville; elle s'étend au pied du Zurichberg, et renferme un grand nombre de rues qui vont en montant: il en est de même de la petite ville bâtie autour des collines du Lindenhof et de St-Pierre.
Il n'y a guère que les beaux faubourgs de Thalacker et de Stadelhofen dont les rues soient parfaitement horizontales. Trois ponts établissent la communication entre les deux parties de la ville : celui du milieu est le seul que les voitures puissent traverser.
Un beau canal, achevé en 1827, nommé Frœschengraben , traverse la petite; il sort du lac et se réunit à la Zahin- Sihl ; un autre canal plus large ( Schazengraben ) entoure les fortifications de cette partie de la ville.
Histoire de nos temps. — Pendant la guerre de 1799, la ville de Zurich a été toujours exposée aux dangers les plus éminens. Il n'est aucune autre partie de la Suisse qui ait constamment été, comme elle, le centre des armées ennemies et le théâtre des batailles les plus sanglantes. — Les Français, entrés en Suisse au commencement de mars 1798, occupèrent Zurich le 27 avril. Lorsque la guerre eut éclaté pour la seconde fois, les Autrichiens passèrent le Rhin à Stein et à Paradies le 22 mars 1799, et obligèrent les Français de se replier sur tous les points. Le 2 juin, on se bat avec acharnement sur les hauteurs de Wytikon, près de Zurich; le S Juin à Zollickon et Riesbach; le 4, engagement générai : les Français sont forcés de quitter la rive droite de la Limath, et d'évacuer la ville, où les Autrichiens entrent le 6. Com. bat de peu d'importance au Sihlfeld le 8 et le 15. Le 18 août, l'armée russe arriva à Zurich pour remplacer l'autrichienne, sous le commandement du général Korsakow. Le 25 septembre, Masséna , général en chef français, passa la Limath à Dietickon, coupa la ligne des Piusses, et pénétra le 2 5 dans la ville , autour de laquelle il remporta une des plus fameuses victoires de nos temps. En 1802, la ville fut bombardée parle général helvétique Andermatt , parce qu'elle avait refusé de laisser entrer les troupes du gouvernement central ; mais le feu ne prit nulle part : contre cette troupe^ les remparts se sont trouvés assez forts : mais ils ne valent
rien contre une bonne artillerie, la ville étant dominée pai
plusieurs collines.
Industrie, commerce. — A l'époque de la réformation, les citoyens de Zurich déployèrent une nouvelle activité. Les métiers et ^agriculture se perfectionuèrent; l'industrie et le goût des sciences firent les progrès les plus rapides. Dès le XIII' siècle, il existait, à la vérité, dans cette ville, des fabriques d'étoffes de laine et de soie, de toile et de cuir; mais ce ne fut que depuis le commencement de la information, que ces manufactures s'étendirent au point de pouvoir envoyer leurs produits jusque dans les pays les plus éloignés. Les fabriques d'étoffes de soie de Tours et do Lyon commencèrent à fleurir vers le milieu du XVI* siècle , au grand préjudice des Zurickois; mais l'activité de ces derniers leur offrit bientôt un ample dédommagement dans les manufactures de coton, qui finirent par occuper une grande partie des habitans de leur territoire. Cette branche d'industrie atteignit , en 1790, le plus haut degré de splendeur, et fit de Zurich une des places les plus commerçantes de la Suisse; mais depuis la révolution politique, qui était trèsnécessaire à ce canton, à cause des grands privilèges de la capitale, tout s'est changé d'une manière incroyable. Les habitans de la campagne, surtout des bords du lac, rivalisent avec ceux de la capitale dans plusieurs branches d'industrie. Au bord de chaque ruisseau, il y a des machines, des filatures et d'autres établissemens importans.
Curiosités. — 1° La bibliothèque de la ville fondée en 1628. Elle contient actuellement environ 60,000 volumes. Divers savans tels que MM. Leu. Simler et Stcinbrûkel. lui ont légué leurs nombreuses collections; elle est placée à la Wasserkirche bâtiment situé sur la Limath, à l'extrémité du pont supérieur: on y remarque le manuscrit original de Quintilien; une partie du Codex va tic anus, écrite sur du parchemin violet; des lettres latines de la célèbre Jeanne Gray à Bullinger; une collection des lettres originales de plusieurs savans Zurickois : plusieurs manuscrits de Zwingli : 700 manuscrits relaiifs à l'histoire de la Suisse ; le meilleur portrait qui existe de Zwingli et de son épouse : un grand nombre de dessins représentant les .chefs de la république, de l'an 1336 jusqu'à nos jours ; plusieurs antiquités romaines trouvées dans le canton et aux environs , et un cabinet composé de 4.000 médailles. Cette bibliothèque est ouverte , en tout temps, aux étrangers. On remarque à côté du bâtiment où elle est renfermée, une source froide d'eau souffrée, dont les moines savaient
ZUR 671 autrefois , dil-on, tirer parti pour maintenir le peuple dans la superstition. Cette source , dont on avait ferme' l'accès en 1556, pour prévenir le retour des anciens abus , a été retrouvée vers la fin du dix-huitième siècle. 2° La bibliothèque et le magnifique cabinet d'histoire naturelle de la société économique et physique , qui possède l'herbier du naturaliste Jean Gessner. Cet herbier, composé de 36 volumes, renferme 7,000 espèces déplantes de la Suisse, de la Russie, du cap de Bonne-Espérance , de Ceylan , etc. En 1806 M. le chanoiue Rahn ayant pris la résolution de vendre son beau cabinet d'histoire naturelle, auquel iî avait joint les précieuses et riches collections de Jean Gessner son prédécesseur, Pesprit public des citoyens de Zurich eut bientôt recueilli la somme de 15,000 florins pour en faire l'acquisition , et le joindre à celui de la société de physique. 3° La collection d'histoire naturelle est au Hinteramt : elle est fort curieuse.
Û° L'Hôtel-de-Ville bâti de 1697 à 1699. Dans la première antichambre on voit des tableaux représentant toutes les espèces de poissons du lac et de la Limath , selon leur grandeur naturelle; 5° l'Observatoire; 6° l'hôtel des orphelins, bâti en 1765 ; 1° l'église cathédrale fondée à une époque trèsreculée, de manière que l'on croit que Charlemagne ne fit qu'ajouter aux richesses qu'elle possédait déjà. 8 La Tour du VVellenberg bâtie au milieu de la Limath: c'est dans cette prison que fut renfermé pendant deux ans le comte Hans de Habsbourg-Rapperschw yl . au milieu du quatorzième siècle, ainsi que le bourgmestre J. Waldmann, eu 1488, et le fameux ministre YVaser, pendant la seconde moitié du siècle passé : ces deux derniers n'en sortirent que pour monter sur l'échafaud;9°les arsenaux; 10° la maison des aliénés, bâtie en 1816 ; 11° le Casino; 12° la vaste maison de correction.
Ecoles et institutions pour l'avancement des sciences. 1° L'Université où. un grand nombre de fameux professeurs enseignent la théologie, la philosophie , la médecine et toutes les autres branches de sciences ; l'école cantonale, qui se divise en deux sections, le gymnase inférieur et supérieur, et l'école inférieure et supérieure d'industrie, dans laquelle îl\ professeurs donnent des leçons de langues anciennes et modernes > d'histoire, de mathématiques , de géographie, etc.
Il y a des écoles publiques à Zurich pour l'un et l'autre sexe, plusieurs instituts particuliers et sociétés, entre autres l'institut des aveugles , des sourds et muets , des pauvres enfans ; 2° la société militaire existe depuis 1777 ; 3° la
société du salon des arts, fondé en 1775 par S. Gessner; li° la société destinée à perfectionner l'exercice des fonctions pastorales, instituée en 1768; 5° la société de physique, d'économie et d'histoire naturelle, formée en 17A5 sous les auspices du bourgmestre Heidegger et du; célèbre naturaliste Gessner; 6° la société des médecins et chirurgiens de toute la Suisse, fondée en 1788 par M. le docteur et chanoine Rahn; 7° la société charitable instituée le 31 octobre 1799, par douze citoyensrespectables delà ville, avec un fonds qui s'élevait à h louis. On comptait alors dans le canton 6,549 pauvres hors d'état de travailler et 21,678 individus sans occupation. Pendant l'espace de huit ans, c'est-à-dire jusqu'en 1807 , cette société avait recueilli 5,146 louis pour ses œuvres de bienfaisance. En 1800 on commença à distribuer des soupes à la Rumfort, puis on établit une fabrique pour occuper les pauvres, et en 1805, une caisse d'épargnes, dans laquelle tous les habitans du canton peuvent placer à intérêt , les fruits de leur économies ; 8° la société suisse d'utilité publique ; 9° celle de l'histoire de la patrie: 10° les deux sociétés pour modérer les frais et le luxe des enterremens; 11° la société générale de musique»; 12° les deux sociétés de chant.— Librairies et imprimeries de grande importance, MM.Orell Fûssli et compagnie, Schullhess, Ziegler, Messof.
Les magasins d'estampes de Keller et Fûssli près l'Epée, de Fûssli et compagnie. Dans le premier on trouve une infinité de vues , costumes, cartes, itinéraires, plans, etc., 4 panoramas suisses de Berne , de Zurich, de Lucerne , de Constance et du Righi , dessinés par F. Schmid, éditeur des panoramas de Paris , Vienne et Constantinople. Comme ces panoramas sont uniques clans toute la Suisse, aucun voyageur lie devrait négliger d'aller les voir, surtout puisqu'on est admis gratuitement comme amateur.
Journaux. — 3 gazettes Zuricoises occupent la curiosité des habitans ; celle de Burkli tous les vendredis; le Républicain et la Xeue-Zurcherzeitung, chacune deux fois par semaine.
Bateaux. — Pour Sta?fïa,tous les jours , de même pour Meilen, Richterschweil, Waedenschweil, Horgen et Thalweil. Sociétés d'amusemens; presque tous les jours les hommes et les dames se rassemblent en sociétés séparées ; les deux sexes se trouvent rarement réunis. Les étrangers sont aisément admis dans les compagnies d'hommes. En hiver on donne toutes les semaines de grands concerts ; il n'y a pas de
ZUR 673 Tille eu Suisse où le goût de la musique soit aussi général , et où l'on trouve autant d'amateurs qu'à Zurich. Une société d'hommes se réunit tous les jours en hiver à la tribune de la Waag: en été au Baugarten . d'autres sociétés plus mêlées, ■aux cafés Safran, Rothenthurm et Schneidern. Depuis quelque temps, les zélés démocrates se trouvent ea été ordinairement à la Blatte , hors de la ville , dans la même maison où avant la révolution le fameux Pestalozzi a écrit une partie de ses ouvrages; où après la restauration madame Krudener a fait un séjour pour prêcher à la populace des environs. Quel contraste!
Bains. — On trouve des bains chauds à Drahtschmidli , et dans la \eustadt . et près du pont de la Silh : il y a plusieurs endroits où l'on peut se baigner commodément: entre autres, au bord du lac . près de la colonne de Saint-Xicolas [San-Niclas Stude) et dans la Sihl , non loin de l'Engi. Quelques-uns des meilleurs guides que les étrangers puissent choisir pour parcourir la Suisse avec fruit , demeurent à Zurich.
Plans et Panoramas. Plan de la ville de Zurich par Breitinquer, Zurich , 1817. Un autre sur une plus petite échelle . par Keller. Les Panoramas de Zurich, celui de F. Schmid , pris à la tour de la cathédrale, grand format ; un autre plus petit, publié par Keller et Fûssli.
Beaux points de vue , promenades dans l'intérieur de la ville. V à la haute promenade : 2J sur les remparts près de la porte de la Couronne et de celle du Xiederdorf ; 3° sur le Lindenhof ; terrasse plantée de tilleuls, et élevée de 115 pieds audessus de la Limath. C'est là qu'était , du temps des Piomains , une citadelle. Pendant le neuvième et le dixième siècle, les tribunaux y tenaient leurs séances publiques : 4° sur le rempart qu'on nomme dieKatze: 5" sur la terrasse et dans les appartenions de derrière l'hôtel des orphelins ; 6° aux tours de la cathédrale et au Bauschanze.
Hors de la ville. La place d'armes (promenade de Gessner), l'une des plus belles promenades de la Suisse : elle se termine au confluent de la Sihl et de la Limath : on y a élevé un monumeut à la mémoire de Gessner. Dès les 5 heures du soir, cette promenade est très-fréquentée les dimanches et les jeudis. T Sihlhaezli, ou bosquet de la Sihl. On trouve en général de tous les côtés de la ville , des chemins et des sentiers qui présentent les promenades les plus agréables et les plus variées sur le lac , sur les montagnes et sur les Alpes , ainsi tme sur la belle plaine qui s'étend du côté de Bade. ;-3JUne des vues les plus riantes, les plus riches et les plus
magnifiques, est celle dont on jouit au Bùrgli, maison vieille , située à un quart de lieue de la ville ; principalement dans la chambre du troisième étage, le matin et le soir. On y découvre toute la rive droite ou orientale jusqu'à la campagne de la Schipf , et sur la rive opposée jusqu'à la presque île de l'Au. Le sauvage Uetliberg offre un contraste délicieux avec les tableaux rians qui forment le reste du paysage ; 4° non loin de là , on jouit à peu près de la même vue des collines où sont situés le Lavaterguelli , le pavillon du Steiuer- Fisch et la campagne de Frundenberg. 5° Hœckler. Tel est le nom d'une maison située sur une hauteur , au pied du mont Uetliberg, et à une lieue de la ville : on y découvre une très-belle vue , et on y trouve des rafraîchissemens. 6° Un peu plus haut on voit encore les ruines du château deManneck, rendez-vous favori des troubadours allemands , à l'époque où le brave et spirituel Roger Manesse en était possesseur , un simple monument entretient la mémoire de ce chevalier héroïque. La vue est ravissante. 7° Au sortir de la porte delà Couronne on rencontre plusieurs auberges joliment situées, savoir : la Blatten, le Halmenguelli, et en suivant le chemin de Winterthur plusieurs points de vue magnifiques. Après avoir marché pendant une demi-lieue le long de la grande route, on peut descendre à gauche par des sentiers qui traversent des prairies et des vergers, et offrent le chemin le plus agréable pour retourner en ville. 8° Celui qui mène de YYip- Kingen à Hœng et à YVeiningen, présente aussi quantité de beaux points de vue; à 3/Zi de lieue on arrive à la YVeid , le plus beau point de vue aux environs c!ë Zurich , avec une bonne auberge. La vallée de la Limath, la ville, le lac de Zurich , une infinité de villages , les Alpes des cantons de Glaris , de Schwytz, des Grisons, d'Uri et autres, s'offrent au spectateur. 9° Du côté de la porte de Stadelhofen on trouve entre autres l'auberge de Sonnenberg . sur une colline avec une très-belle vue : au Seefeld, celle de M. Engelhard , au bord du lac. avec des bains. 10° Le Burghceltzli offre aussi une promenade charmante : c'est bien dommage qu'une partie de ce bosquet délicieux ait été détruite pendant la guerre de 1799 ; le chemin le plus agréable de ceux qui y mènent prend à droite au sortir de la porte de Stadelhofen. A côté du moulin , au bout de dix minutes , on rentre dans le grand chemin à gauche : on passe ensuite un pont couvert, puis on se dirige de nouveau du côté gauche , et après avoir rencontré des maisons isolées .on monte le long d'an chemin ombragé , qui va aboutir au bosquet du Bur-
ZUR 675 ghœltzli, d'où l'on découvre une vue magnifique. En 1832 i on y a découvert plusieurs tombeaux très-antiques , vraisemblablement d'individus d'une des nations barbares , qui au moyen âge, se sont répandues sur l'Europe occidentale.
11°. On va de Zuricb à Kùssnacht en une heure. Cette promenade , le long des bords du lac, offre infiniment de variété. Des appartemens d'en haut de l'auberge du Soleil , a Kùssnacht, on découvre une superbe vue sur le lac, au bord duquel elle est bâtie. — Les diverses stations dont je viens de faire rénumération sont les plus avantageuses pour contempler les superbes scènes que déploie la nature du côté de la partie supérieure du lac et la chaîne des Alpes , surtout quand l'éclat enest rehaussé par l'illumination du soir.
Promenades plus éloignées. — Sur la rive orientale ou droite du lac : 1° à la Forche , 2 lieues. On y trouve une auberge sur le point le plus élevé du chemin qui traverse cette montagne. De là on voit s'ouvrir à Test une vaste perspective sur une des plus riches vallées du canton de Zurich ; on y découvre une quantité de villages et de châteaux, ainsi qu'une partie du lac supérieur de Zurich et celui de Greifensée en entier ; la chaîne de l'Allmann , dans laquelle est situé le Hœrnli, élevé de 8,536 pieds au-dessus de la mer , et les plus hautes montagnes du canton : celles du Tockenburg , et la chaîne des Alpes depuis le Sentis jusqu'aux sommités de l'Unteiwald. Le revers du nord-est du mont Rigi , vu de cette station , se présente admirablement : on y voit aussi le mont Pilate. De l'auberge on descend en une 1/2 heure au bord du lac de Greifensée. La contrée où le ruisseau d'Uster va se jeter dans ce petit lac est peut-être une des plus romantiques qu'il y ait dans toute la Suisse. En se rendant à la Forche on rencontre plusieurs sites d'un aspect enchanteur ; dans ce petit trajet , il faut traverser d'épaisses forêts de sapins , au milieu desquelles on aperçoit de temps en temps des échappées de vue d'un effet fort pittoresque.
A l'ouest de la ville : T le mont Uetliberg . Uto , Hûtli ; c'est la plus haute montagne des environs de Zurich : elle * 1,523 pieds au-dessus du lac . et 2,802 pieds au-dessus de la mer. Plusieurs chemins y conduisent : l'un par AîMsrieden , en 3 heures à pied ou à cheval ; le second par Hceekler ( Y. plus haut) , en 2 heures 1/2 : le troisième . qui est le plus court , mène en une heure 1/2 de marche jusqu'au sommet de la montagne. Ce dernier traverse la Sihl à l'Engin passe à côté des fermes de Gishùbelet deRolbenhof , s'élève sur le penchant d'un coteau fertile , situé au pied de l'Uetliberg .
et suit le chemin des chariots jusqu'à l'endroit où l'on rencontre un sentier sur la droite. On prend ce sentier , dont la pente , véritablement assez rapide , est adoucie au moyen d'une espèce d'escalier. Arrivé sur la croupe de la montagne, on retrouve le chemin des chariots que l'on suit pendant \fk de lieue ; après quoi on entre dans un sentier sur la droite . et Ton gagne le sommet de l'Uetliberg. On y jouit d'une vue analogue à celle du Signal de l'Albis , quoiqu'un peu modifiée par le changement de station : mais , à tout prendre , celle de l'Uetliberg est encore plus étendue et peutêtre plus magnifique. Le voisinage de la ville et de ses délicieux environs , ainsi que l'aspect des vallées de la Limath èt de la Reuss . embellissent singulièrement la vue de l'Uetliberg , et sont des parties qui manquent à l'Albis. La différence en est pourtant que l'on ne peut pas voir au Hûtliherg le lac deZug.qui a l'Albis au pied du spectateur. Usera question à l'article Zurich ( canton de ) des plantes et des particularités géologiques qu'offre cette montagne. De cette .sommité , on peut se rendre en 2 heures sur celle de l'Albis, et cela en suivant toujours l'arête de la montagne.
3 . Aux bains de Nydelbàd , 1/2 lieue. On y va en voiture : les personnes qui sont à pied ont l'avantage de suivre les bords du lac , ou de s'y rendre par des sentiers pratiqués au tra\ers des vallons et des collines. Pendant la belle saison , les bains réunissent dans ce lieu plusieurs personnes de la ville et des campagnes. A peu de distance des bains , il va un grand pavillon, d'où l'on voit le lac dans toute son étendue , et dont les vues sont de la plus grande beauté. Les environs de Aydelbad sont remplis de promenades solitaires, infiniment agréables. On trouve près de ces bains des couches de tourbe qui renferment de grands troncs de sapins avec leurs branches : au-dessus de ces troncs s'étend un banc de moules et de coquillages d"un demi-pied d'épaisseur.
à\ Sur le mont Albis. 3 lieues 1/2, par une grande route. Ceux qui ne vont pas sur cette montagne uniquement dans le dessein de se rendre à Zug ou à Lucerne, doivent s'arranger à y passer une nuit par un temps bien serein, afin de s'y trouver au coucher et au lever du soleil. V. à l'article Albis quelques détails sur la magnifique vue qu'on y dé rouvre. M. Relier , dessinateur, dont on a déjà parlé, a publie une gravure représentant une partie de la chaîne des Alpes, telle qu'on la découvre du Signal de l'Albis, dans le genre de l'excellente estampe de M. Studer. On a aussi de lui un cyclorama de l'Uetliberg.
5*. A la Bocke , 3 lieues 1/2 , par un grand chemin. C'était une maison de campagne dont on a fait une auberge avec des bains. La vue du lac et des rives est d'une beauté inexprimable ; elle est même plus étendue que celle du Xydelbad. La contrée voisine offre aussi de très-agréables promenades. — Au sud-est de la Bocke s'élève le Rossberg ou Hohe-Rohne, sur les connus des cantons de Zurich , de Zug et de Schwyiz c'est le point le plus élevé de la chaîne des collines de grès du canton de Zurich ; on y voit des pâturages alpins et de belles laiteries. La vue y est très-étendue et étonnante par sa variété. Plus bas d'une lieuo et demie , à Hiitten et surtout aux environs élevés de ce village , on en a seulement une partie ainsi qu'à Scîiindellegi.
6 . A Regensberg et sur le Lccgerberg , 3 lieues. Le grand chemin passe par Aft'oltern, à côté du Katzensée et des ruines du château d'Alt-Regensberg , et par Adliken ; à 1/2 liene au-delà de ce village . on prend à gauche , après avoir passé une colline. ( V. l'article Regensberg sur les particularités du Lcegerbcrg.) Il sera question dans l'article suivant des promenades agréables que l'on peut faire sur le lac de Zurich , le long de ses rives.
Chemins. — Grandes routes: à Zug . 5 lieues. A Lu cerne, 10 lieues. Ces deux chemins passent par le mont Albis. ( V. cet article.) On peut aussi aller en voiture à Zug sans traverser cette montagne : dans ce dessein , on se rend à la Bocke, d'où, après avoir passé le pont de la Sihl , on arrive à Baar , et de là à Zug même , 6 lieues. Les voyageurs à pied trouvent à Bocke un sentier charmant et plus court que la grande route, pour se rendre au pont de la Sihl. (Y. Sildbrilck : on passe à côté de la ferme de Wydenbach. ) A Bade, f\ lieues. Par Bade , Mellingenet Lenzburg à Berne , 24 lieues. Par Bade, Windisch, Bruck et le Bœtzberg, à Bàle 17 lieues ; ou bien par Mellingen , Lenzburg, Arau, Olten etleHauenstein, 18 1. Un autrechemin, praticable pour les voitures depuis quelques années , et très-fréquenté, passe par Albisricden , Hedingen, Melmenstelten, Knonau, en tout 6 lieues Par Eglisau à Schaffhouse , 8 lieues, ou bien 9 à 10 lieues en passant par Andelfingen et Laufen. ( V. Sc/iaffhouse.) A Zurzach, par Bade , 7 à 3 lieues. A Winterthur , !x lieues. A Frauenfeld , 7 lieues. Par Winterthur , Frauenfeld et Pfyn à Constance , 12 lieues. Par Winterthur , Egeri et Wyl à SL- Gall 15 lieues. Par St.-Gall à Hérisau , au canion d'Appenzell, 17 lieues, ou bien 15 à 16 lieues , en passant par Rapperschwyl, Uznach, Bildhaus et par le Tockenburg, ou par le
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chemin plus court et plus bas qui mène de Rapperschwyl à Joonen , Waagen , Eschenbach et Ricken par le Tockenburg ; mais le chemiu le plus court, praticable seulement pour ceux qui sont à pied, passe par Dfibendorf, Pfefïikon, Bauma, à côte' du mont Hœrnli , par Fischingen , Kilchberg, Batzenhaicl . MûMau , Flowyl , Oberglatt et Gossau. A We'sen, au bord du lac de YVallenstadt , 32 lieues. On peut , pour s'y rendre , passer le long de la rive droite du lac par Staefa , Rapperschwyl , Uznach et Schennis , ou bien sur la rive gauche, par Richterschwyl "9 Lachen , Bilten et le Ziegelbrïick. On se rend aussi à Glaris , en passant par la rive occi- -dentale en lli heures, et par l'orientale , en 15 heures. Ce dernier chemin est le meilleur pour les voitures. Les voyageurs qui vont à YVésen et à Glaris peuvent se rendre en bateau depuis Zurich jusqu'à Lachen , 8 à 9 lieues. On y trouve toujours des voitures couvertes pour aller plus loin. Par Richterschwyl à Einsiedeln , 8 lieues. Par Richlerschwyl et Sattel à Schwytz, 12 lieues. Le plus court chemin, exclusi- Tement à l'usage des voyageurs à pied , passe par la Bocke, par le Silbrùck , Egeri , Sattel et Steinen , 10 lieues , ou bien par Ritchterschwyl , Hùtten , Egeri , etc. Ceux qui veulent faire un de ces voyages consulteront tous les articles indiqués. Il part presque tous les jours pour Horgen , Waedenschwyl , Richterschwyl et Lachen, des bateaux qui visitent les marchés de Zurich , et dans lesquels chaque passager ne paie que fort peu de chose pour le trajet. Toutes les semaines, il part aussi plusieurs fois des bateaux de poste pour Lachen et Richterschwyl. Chaque jour une diligence va à Baie , à Schaffhouse , à St.-Gall, à Wintherthur , à Berne , à Richterschwyl , etc. En été , un grand nombre de voilures commodes vont à Baden , et reviennent le même jour. Les prix sont très-modérés. Plusieurs bateaux descendent aussi toutes les semaines , en été , de Zurich à Bade , sur la Limmat. II n'en coûte qu'une bagatelle à chaque passager pour ce petit trajet, qu'on fait très -agréablement , et en 2 heures de temps. Al 1. de Bade, on trouve un endroit, nommé le Kessel, où le cours delà rivière est fort impétueux , et dont les alentours offrent un coup d'œil pittoresque.
Zurich (le lac de), a 2 lieues de long depuis la ville jusqu'à Schmerikon , et 1 lieue et 1/2 de large entre Staefa et Richterschwyl. Sa profondeur est de 100 toises aux environs de la presqu'île nommée die An. Son niveau est de 1,270 pieds plus haut que celui de la mer. Il s'y jette un grand nombre de ruisseaux, mais la Linth est la principale rivière qui ali-
ZUR 679 mente incessamment ses réservoirs. Elle prend sa source sur les glaciers du mont Tœdi et du Kistenberg, que l'on distingue fort bien sur le bastion de la Katze, à Zurich : elle se dirige au nord-est, et parcourt le canton de Glaris, dont elle amène toutes les eaux : elle se jette dans le lac de Wallenstade, dont elle sort à YVésen , et à 4 lieues de là elle tomb* dans le lac de Zurich, près du château de Grynau. Le nom de la Linth rappelle la plus belle entreprise de la confédération Suisse. Y. Wéseru] A un quart de lieue en avant des palissades de Zurich, on voit s'élever, non loin du bord du lac, une colonne de pierre [die S. -Xicolaus-Stude ) dans l'endroit même où les eaux commencent à couler et à former le cours de la Limmath. Cette rivière se grossit des eaux de la Sihl à un petit quart de lieue au-dessous de la ville, dans l'endroit où se termine la superbe promenade de la Place. ( V. à l'article précédent, Beaux points de vue, etc.) Elle se jette dans l'Aar près de Brnck, au-dessous de Bade. Après avoir coulé pendant 2 lieues ensemble, les deux rivières réunies tombent dans le Rhin à Coblentz, — La Linth est navigable depuis le lac de Wallenstadt et de Zurich, il passe souvent des bateaux longs à Laufenbourg et plus loin, rarement à Bàle et à Strasbourg.
Promenades sur le lac. — Les rives du lac de Zurich forment une des contrées les plus belles et les plus intéressantes delà Suisse. Nulle part la nature ne se montre sous des formes aussi gracieuses et aussi douces, jointes à une culture et à une population aussi florissante que sur ces bords enchantés. On comptait autrefois sur ses rives 21 châteaux , dont seulement 3 ou à sont encore sur pied; il n'existe plus aucune trace des autres. Dix -huit villages paroissiaux entourés d'une multitude de maisons isolées , nourrissent plus de 40,000 habitans. Aussi les voyageurs qui naviguent sur ce lac , ou qui parcourent ses rives , jouissent d'une variété inépuisable de points de vue, de paysages charmai) s et de scènes pittoresques. Comme le lac de Zurich forme une espèce de croissant dans la direction de l'ouest à l"est. on ne découvre guère, de la ville et de ses environs, qu'un bassin de 2 ou 3 trois lieues de longueur. Mais , quand on a fait 1 ou 2 lieues de surface, ce bassin s'agrandit, et les regards se promènent sur une nappe d'eau de 5 ou 6 lieues d'étendue. Les stations les plus avantageuses pour jouir de l'aspect de la ville et des contrées supérieures du côté de Rapperschwyl, se trouvent entre les villages de Thabvyl et deHerliberg, et entre Oberrieden et AJeilen , au
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milieu du lac. C'est là qu'on admire dans toute sa beauté l'ensemble magnifique de ces rives délicieuses, ainsi que des collines, des montagnes et des Alpes qui en forment le cadre. Plus on s'éloigne de la ville, et plus le paysage devient riant. Le second bassin, qui s'étend entre Stœfa , Richterschwyl et Rapperschvvyl, et forme la partie la plus large du lac, est d'une magnificence inexprimable. Les sommités neigées du Glaernisch, qui s'élève au-dessus des montagnes boisées, y produisent un effet extraordinaire. Le lac se trouve tout à coup très-resserré enlre deux langues de terre opposées, sur l'une desquelles est située la ville de Rapperschwyï, tandis que l'autre, beaucoup plus longue et très-étroite, est occupée en son extrémité par le hameau de Hurden. La largeur du lac dans ce lieu n'est çuj de 1 ,800 pas, et les deux langues de terre sont jointes par un pont. (V. Rapperschvvyt. ) Plus loin, le lac forme un nouveau bassin assez large, et de 2 à 3 lieues de longueur ; les rives un peu solitaires de ce lac supérieur se distinguent par un caractère simple et champêtre qui ne manque pas de majesté. Au sud brille le village de Lachen ; à l'est , celui de Schmérikon. Dans l'intervalle, on voit s'étendre les forêts qui couvrent le mont Buchberg. Au sud-ouest s'élève le mont Etzel , au pied duquel on aperçoit plusieurs villages. Avant d'arriver au pont de Rapperschwyï, on rencontre les îles de Lutzelau et d'Ufenau. (V. les détails sur les particularités de cette dernière, et sur la superbe vue qu'on y découvre, à l'article Lîuttens- Grab. ) La rive du sud-ouest du Lac-Supérieur fait partie du canton de Schwytz, depuis Richterschwyl jusqu'au château de Grynau, non loin de Schmérikon, et la rive opposée appartient au canton de Saint-Gall, depuis Schmérikon jusqu'à Rapperschwyï.
Voyages sur les riv:s du lac. — Ce voyage est un des plus délicieux que l'étranger trouve à faire en Suisse. Mais pour eu bien goûter toutes les beautés, il ne faut se mettre en marche que par un temps parfaitement serein. On partira de la ville dans l'après-midi, ei on se rendra, par Wollishofen, Kilchberg et Rûschlikon, à Thalwyl, 2 lieues. On y trouve fort bon gîte à l'auberge de lWigle. On découvre une très-belle vue du cimetière de ce village ; mais c'est surtout près de l'église d'Oberrieden, située à quart de lieue plus loin, que l'on aperçoit le lac dans toute sa magnificence; le tableau que la nature a tracé dans ces lieux est ravissant et au-dessus de toute description , surtout lorsqu'il est bien éclairé par les derniers rayons du soleil. — C'est dans le presbytère
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d'Oberrieden que le célèbre Lavater a commencé et terminé son grand ouvrage sur la physiognomonie. —Le lendemain 011 partira de bonne heure de Thalwyl, afin de voir le même paysage à la faveur de l'illumination matinale. On passe par Oberrieden , Horgen Kaepfnach à côté de la presqu'île de l'Au, riche en beaux points de vue, et célébrée par Klopstock dans une de ses plus belles odes ; par Waedenschwyl, au travers d'une jolie forêt de sapins, au sortir de laquelle on découvre une vue superbe sur le bassin circulaire du lac, sur les pays de Gaster, d'Uznach et de la March, ainsi que sur les montagnes du Tockenburg, de l'Appenzell, etc.; de là à Richterschwyl, 3 lieues. {Y. cet article). Après y avoir dîné, on se rend par Baech et Freyenbach à Hurden, et l'on passe le lac sur le pont pour aller à Rapperschwyl, 2 lieues. (V. cet article ). S'il n'est pas trop tard, on suit la rive doite du lac, et l'on va par Kempraten, Feldbach (le premier endroit que l'on trouve en rentrant dans le canton de Zurich), Schirmensée et Urikon à Staefa,2 lieues. (V. Stœfa). Le lendemain on se remet de bonne heure en marche pour jouir de l'aspect de la rive opposée , tandis qu'elle est éclairée par les premiers rayons du soleil, et l'on retourne par Maennidorf, Uetikon, Meilen, Herrliberg, Erlibach, Kùssnacht, Golbach, Zollikon et Riesbach à Zurich, k lieues. On peut faire ce voyage en voiture; mais dans ce cas, on est obligé de passer à pied le pont de Rapperschwyl : ce pont est d'une mauvaise construction et n'a point de garde-fou. Les toitures pourtant y passent quand le temps est calme. Pour faire le tour du lac supérieur par Lachen et Schmérikon , il faut ajouter une demi - journée. Ce tour n'est pourtant pas aussi intéressant autour du lac. Ceux qui ne veulent pas faire le tour entier feront bien de choisir la rive gauche ou occidentale, sur laquelle est situé Thalwyl ; c'est celle qui offre la plus grande variété de sites; cependant la droite a des charmes qui lui sont particuliers , tels que sa fertilité, la richesse de sa culture, la magnificence de ses villages, et l'aspect des baies superbes du bord opposé. Des sentiers extrêmement propres s'étendent tout à côté du lac, et offrent un chemin délicieux aux voyageurs qui sont à pied. A une demi-lieue de la ville , du côté de l'ouest, on trouve un de ces sentiers qui se détache de la grande route sur la gauche, et suit le rivage jusqu'à Horgen, où Ton reprend le grand chemin. Lorsqu'on a dépassé la presqu'île de l'Au, on rencontre à gauche un nouveau sentier qui va le long des bords du lac jusqu'à Richterschwyl, et d'où Ton
découvre quantité de vues magnifiques. Cependant je conseil» lerai aux personnes qui ne peuvent faire ce voyage qu'une 6eule fois, de ne point prendre les sentiers, mais de passer par la grande route , laquelle court la plupart du temps à. mi-côte des collines, et présente par là même des points de vue plus étendus et plus variés. Sur la rive droite, on trouve immédiatement au sortir de la ville un sentier qui quitte la grande route à droite, près du moulin, et suit le rivage jusqu'à Kûssnacht. Là on reprend la grande route jusqu'à un quart de lieue au-delà d'Erlibach, où l'on retrouve bientôt à droite un sentier délicieux qui, toujours au bord du lac, passe à côté de deux campagnes (Maria-Halden et Schipf),ce sentier sera changé en grande route en peu d'années, et mène jusqu'à Herrliberg. où l'on rentre dans le grand chemin. Ce dernier est très-agréable dès qu'on a dépassé ce village, et partout où il s'éloigne trop du iac, ou bien où il devient mauvais et fatiguant, on est sûr de trouver les plus jolis sentiers.
Zurich (le canton de) est l'un des pins grands et des plus peuplés de la Suisse. Il est le premier en rang dans la confédération. Le canton sé divise en 11 districts formant 56 tribus électorales : le pouvoir souverain réside dans le peuple , représenté par un grand conseil composé de 212 membres. Sa surface, que l'on calculait autrefois à 45 milles géographiques en carré, n'est effectivement que de 32 milles: mais sa population monte à 221,000 âmes , ce qui fait plus de 7000 âmes sur la lieue carrée géographique , population énorme ! On a donné . à Tartine de la ville de Zurich, un précis de l'histoire de ce canton. On y remarque trois lacs considérables, savoir : ceux de Zurich, de Greifensée et de Pfeffikon. et plusieurs autres qui le sont moius , tels que le Dùlersée , le Katzensée . le AVidensée etleHaarsée; le sol qu'occupe ce dernier reste sou\ent à sec pendant fort long-temps; on y cultive alors de l'orge ou de l'avoine, après quoi il se remplit d'eau en une seule nuit; le Widensée nourrit des tortues. La plus haute montagne de tout le canton . savoir : le mont Hœrnli . n'a pas plus de 2,310 pieds au-dessus du lac de Zurich, ou de 3,589 pieds au-dessus de la mer; la plupart des autres sommités sont beaucoup plus basses, de sorte qu'on y trouve fort peu de pâturages alpins , si ce n'est à l'est sur la chaîne de l'Allmann , et au sud au-dessus de YVaedensehwyl et de Riehterschwyl , où l'on voit un petit nombre de chalets. Les districts de Horgen et de Mettmenstetten fournissent les plus belles bêtes à
cornes de tout le canton. Le croisement des vaches du premier de ces districts avec celles du pays de Schwytz y a produit une race d'une grandeur ramarquable. L'espèce des environs d'Uster, de Grûningen et de Fehraltorf, est aussi fort belle. La culture des champs , des prairies > des arbres fruitiers et de la vigne y est sur un excellent pied, et l'on y élève un grand nombre de bestiaux. Il n'y a aucune autre partie de la Suisse où Ton entende aussi bien l'art des engrais , et où l'on sache en tirer autant de parti pour fertiliser les prairies, les vergers, les jardins et les vignes , que dans ce canton , et surtout sur les bords du lac de Zurich, où l'on nourrit généralement les bestiaux dans leurs é tables. On a aussi poussé l'irrigation des praL ries naturelles et artificielles et le mélange des terres au plus haut degré de perfection dans différentes contrées de ce canton, entre autres près de Winterthur et de Marthalen, dans le YVenthal , etc. On y cultive une immensité d'arbres fruitiers, surtout près du lac de Zurich, et dans les ci-devant baillages de Knonau et de Kyburg, où la plus grande partie des pommes et des poires servent à faire du cidre , et où l'on distille une grande quantité d'eaude-vie de cerises. Cependant la culture de la vigne est en. core plus considérable. Il y avait une vigne à Zollikon dès Tan 1145. — Le meilleur vin du canton croit aux environs Winterthur, entre la Thur et le Rhin, et sur la rive droite du lac de Zurich, surtout près de Meiïen. Les vignes de la vigne opposée rapportent un vin faible et aigre, mais en si grande quantité que, dans une année extrêmement fertile , un arpent de 30,000 pieds carrés rend jusqu'à 250 florins. Le prix de l'arpent s'élève de 80 a jusqu'à 200 louis. — Le canton de Zurich se dislingue encore davantage sous le rapport du commerce. Cependant toutes les richesses de la nature ne sont pas d'une aussi grande ressource pour le canton . que l'industrie manufacturière. On y compte des centaines de machines de filature et de teinturerie , dont quelques-unes sont extrêmement étendues : plusieurs imprimeries de toiles peintes , etc. . Les manufactures de soie tiennent le second rang après cëlïés de coton, et il y a des entrepreneurs qui occupent plus de mille ouvriers, qui pourtant ne sont pas réunis, mais qui travaillent séparément dans leurs villages et cabanes, et qui s'occupent en même temps de l'agriculture.
Les habitans de ce canton sont réformés ; jusqu'en 1798 ils ont été soumis au gouvernement de la ville, qui y exerçait